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Dimanche 16 novembre 2014 7 16 /11 /Nov /2014 20:58
zemmour.jpg J'ai voulu lire un deuxième livre de Zemmour, après celui-ci. Notamment pour comprendre ce qui l'a placé en tête des ventes. Mon avis, en résumé : un très bon livre, écrit par un homme peu estimable.

Je commencerai par les qualités de cet ouvrage.

1.  "Le suicide français" est un très bon titre, qui dit deux choses justes sur la France d'aujourd'hui : la France va très mal, d'une part, et, d'autre part c'est un problème interne et pas venu de l'extérieur.

2. En économie et dans les relations internationales, pas grand chose à redire, je pense que Chevènement n'aurait pas écrit, sur les quarantes dernières années de la politique française, quelque chose de très différent.

En résumé, les élites françaises ont fait le choix d'associer la France à un projet d'intégration internationale commerciale (et militaire), sous la forme de l'Union européenne, mais c'est un choix qui n'a pas été assumé.

Dans les partis de gouvernement, le choix de l'Europe a été maintenu et approfondi depuis 1957, mais en catimini (les fameux "petits pas" de Monnet). Il a toujours été dit au bon peuple que le choix européen n'engageait pas à grand chose de fondamental. Jusqu'au moment où on réalise que la commission européenne valide le budget français avant l'Assemblée nationale. Zemmour décrit de façon très documentée cette trahison des élites nouvelle vague.

A l'ultra gauche, ou même au sein de la "gauche de gauche", personne n'a réagi contre l'unification européenne parce que la question de l'Etat est jugée, au fond, peu pertinente. Tous les états se valent comme oppresseurs du peuple et valets du capitalisme (au risque de ne plus distinguer un état tyrannique et une démocratie libérale, ce qui est le fond d'un bon bouquin de Wendy  Brown.)

(aparté : Il y a un peu de cela dans la querelle Gauchet/Lagasnerie :  Lagasnerie ne voit probablement pas l'intérêt qu'il y a à parler de vieux sujets comme l'état, la démocratie etc. Il reste qu'en attendant que l'étude des biopouvoirs à la Foucault puisse dire quelques chose de la société française au quotidien, il faut bien se coltiner les problèmes de baisse des salaires, de fermetures des services publics etc. Gauchet n'a pas forcément un point de vue juste sur ces questions, mais il ne les disqualifie pas comme questions).

3. Le livre est mal écrit (ouvrir un bouquin auquel on dit avoir travaillé trois années, avec un cliché tel que "la France est l'homme malade de l'Europe", il faut le faire), mais très bien conçu.

L'histoire immédiate est un exercice difficile et Zemmour ne rate pas beaucoup d'étapes importantes.

Il n'y a probablement pas beaucoup d'auteurs ayant fait le même travail de décorticage des évolutions politiques dans les 40 dernières années et écrivant pour un lectorat populaire. Il faut rendre ce point à Zemmour, il a bien travaillé à rassembler et rappeler des moments significatifs de l'évolution française depuis 1968 : l'affaire de Bruay-en-Artois, les bulldozers de Vitry ou les chansons de Balavoine sont des marqueurs bien vus.

On verra plus bas que l'interprétation qui en est faite n'est pas toujours mesurée.

Zemmour fait pour l'histoire de Fance, avec une intention exactement contraire, ce que Zinn a fait pour l'histoire US - là où l'un réhabilite, ou croit réhabiliter une France déconsidérée, Zinn entend faire tomber l'aigle américain de son perchoir.

Les deux s'adressent directement à l'opinion publique, pas aux seuls lettrés.

Pour revenir au sujet qui me semble essentiel, la dissolution de la France, comme corps politique dans l'Europe, Zemmour enfonce le clou que Chevènement n'a fait qu'effleurer. Pour Zemmour, pas d'avion dont on ne doit sauter en plein volle projet européen est inutile, n'a pas fonctionné, et suppose sinon le suicide, du moins l'effacement de la France en tant qu'institution politique signifiante (chacune des trois grandes parties du livre se termine d'ailleurs par un chapitre consacré à l'Europe, signe que le sujet est, au fond, le seul qui compte dans cette histoire immédiate).

Il est donc dommage que Zemmour n'ait été traité, par ses critiques de gauche, que comme symptôme, sans chercher à voir ce qu'il peut bien pointer comme problème réel. Il faut dire que Zemmour a largement tendu la perche pour que n'importe quel lecteur puisse révoquer son livre, à raison.

Zemmour en effet surfe sur de nombreux thèmes, dont certains sont pour lui des obsessions - les femmes, les immigrés. Il entend se faire successeur de Roland Barthes et de ses Mythologies, en déconstruisant la société française d'aujourd'hui à partir d'une chanson ou d'un événement significatif - l'imaginaire personnel de Zemmour emprunte d'ailleurs probablement beaucoup à la gauche ; ses lectures, ou du moins ses citations, parfois pointues, viennent assez facilement de ce camp (Lasch, Baudrillard, Sullerot, Simone de Beauvoir ou Rawi Abdelal...)

Nombre de thèmes qu'il aborde ont également été évoqués, sans les formules à l'emporte-pièce qui sont la marque de fabrique de l'homme au Z. Sur la féminisation de la société, Michel Schneider a écrit un Big mother, dans lequel il se demande où sont les pères. C'est un nouveau lieu commun, sur lequel Zemmour a également déjà publié.

Mais Zemmour n'est pas chercheur. Il n'entend pas s'inscrire dans une communauté universitaire. Il écrit pour agir. Fort de ses connaissances assez structurées, il veut convertir son autorité intellectuelle, à peine acquise, en un argument politique définitif.

Ca marche à la télé, face à des contradicteurs soit savants mais peu habitués aux projecteurs, soit face à des personnalités télévisuelles à la culture moins profonde.

Dans un livre, ça ne marche pas sans un travail supplémentaire d'argumentation, que Zemmour ne fournit pas. Il aimerait qu'à l'écrit comme à l'oral, la petite phrase suffise à emporter le débat. Manque de bol, ses formules, si elles frappent, sont rarement bien ajustées.

Prenons la question du divorce par consentement mutuel, que Zemmour n'aime pas.

Il écrit donc que "le divorce par consentement mutuel est un mythe, comme le divorce sans douleur pour les enfants"... La phrase n'a aucun sens. Le divorce par consentement mutuel n'est pas un mythe, il s'en prononce quelques milliers chaque année. Si le mythe est que le consentement serait faussement mutuel, qu'il y a toujours l'un des deux qui ne consent qu'à regret, c'est assez évident, et le terme même de consentement indique que l'on accepte, sans forcément vouloir. Zemmour enfonce en réalité une porte ouverte.

Pas grave, la formule permet de poser au briseur de mythes. Zemmour confond d'ailleurs briser un mythe et et détonner, voire déconner. Il explique ainsi qu'avant, les rapports homme-femme étaient plus détendus et d'ailleurs les mains balladeuses, dans les autobus ou ailleurs, enchantaient les femmes qui les subissaient !

Il faudrait un florilège des citations de Zemmour toutes aussi peu étayées les unes que les autres, mais qui n'ont comme seul objet que de donner à l'auteur un air de briseur de tabous, au risque de paraître simplement odieux ("il n'y a pas de grossesse non désirée même s'il y a des grossesses non voulues" On songe au néocon américain qui s'était illustré en énonçant qu'une femme violée ne pouvait pas tomber enceinte - Todd Akin).

Zemmour hésite rarement à tordre les faits pour les plier à sa thèse. Parlant d'immigration par exemple, quand Debré transfère des enfants de la Réunion dans les campagnes françaises, il évoque l'adoption par des paysans, sur un mode serein (lire une autre version moins reluisante). Lorsque ce sont des petits arabes que l'on fait venir en France, là Zemmour les voit "arrachés à leurs douars".

C'est probablement avec Vichy que la manipulation est la plus contestable - peut-être pas sur le point qui a été pourtant partout soulevé.

Zemmour atténue en effet la responsabilité de Pétain dans les déportations, notant qu'il aurait, à ce prix douloureux, sauvé les juifs français. La position de Zemmour s'inscrit dans une discussion à propos des travaux de Paxton, historien qui a beaucoup contribué à faire tomber la thèse de Pétain-bouclier défendant, au prix de sa réputation, les Français contre les allemands.

Paxton a justement montré, sur de nombreux points, la complicité active de Vichy. Mais il est vrai que ce faisant, à lire Paxton, et pour faire rapide, on pourrait oublier que les nazis occupaient Paris de 1940 à 1944.

Plusieurs auteurs s'emploient donc à retracer un portrait plus nuancé de la période (j'ai l'impression que le livre de Pierre Laborie, Le chagrin et le venin, fait un travail intéressant dans ce domaine). Les critiques de Zemmour se sont généralement arrêtés à ce point, certes déjà bien lourd : Zemmour réhabilite assez largement la thèse d'un Pétain défenseur des Français face à l'Allemagne nazie.

A mon sens, il y a cependant pire. On oublie tout d'abord que le premier crime de Pétain est l'armistice, ce que Zemmour passe complètement sous silence. Lui qui se veut souvent plus gaulliste que de Gaulle, devient très clément avec Pétain et, en le défendant, oublie que c'est d'abord celui qui a appelé à cesser un combat qui n'était pas forcément perdu. On peut même se demander si Pétain n'a pas hâté la défaite, qui paraissait à Marc Bloch bien étrange.

C'est que Zemmour a besoin de Pétain a l'appui d'une thèse boiteuse.

Pour Zemmour, Paxton est un communautariste qui aurait voulu que Vichy ne distingue pas entre juifs français et étrangers, en les défendant tous. Alors que Zemmour, partisan de l'assimilation, fait du coup de Pétain un autre champion de l'assimilation  ("les juifs étrangers... ne pardonneront pas à la France sa rigueur assimilationniste d'alors.") Comme si Pétain avait été un héros républicain.

Zemmour n'a pas l'air de se rendre compte que, ce faisant, il met à plat toute la thèse gaullienne qui veut que Vichy n'était pas la France. Thèse peut-être forcée si l'on considère qu'une part des français soutenait Pétain (16% à 20% du pays selon Philippe Burrin, chiffre qui paraît surestimé à Pierre Laborie cité plus haut), mais thèse logique d'un point de vue républicain : l'Etat français a chassé la France républicaine, le 10 juillet 1940.

On peut donc se demander légitimement si Zemmour reste un républicain, et se demander avec inquiétude ce que signifie et nous prépare sa soudaine popularité. Se demander aussi si la seule chose que demande Zemmour à un régime politique est d'être assimilationniste, quitte à être autoritaire, voire dictatorial.

Au fond, les critiques de Zemmour le rejettent souvent pour une sorte de ringardise. Je le crois moins ringard que dangereux - s'en rend-il même compte ? Et j'aimerais qu'une critique républicaine de l'intégration européenne se fasse plus vigoureuse, pour contrer celle-ci.

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Dimanche 16 novembre 2014 7 16 /11 /Nov /2014 20:19

La tâche d'un président de la république partisan de l'Union européenne consiste à accompagner la dissolution de la France comme forme politique. Cela se fait par petites touches, afin que jamais l'électeur ne s'aperçoive du mouvement.

Il faut, pour cela, des comparses.

François Hollande les trouve dans les notables locaux, trop heureux de récupérer les miettes de la nouvelle répartition des pouvoirs : un cheval pour Bruxelles, une alouette pour les régions et métropoles.

Bruxelles voit tout cela du meilleur oeil évidemment, tout ce qui affaiblit Paris est bon à prendre. C'est pour cela que les régions sont chouchoutées par l'Union européenne, et vont notamment traiter directement avec la capitale fédérale pour la gestion des fonds européens (cf. les Echos). L'Union détricote ainsi le système territorial français, qui n'avait pas que des qualités mais qui était accepté et avait sa cohérence.

On a donc des barons locaux, à la Gérard Collomb, dont aucun français ne serait capable de citer la moindre idée, mais qui redessinent le visage de la France.

Le Gérard a par exemple obtenu la création d'une métropole lyonnaise absorbant les pouvoirs du département. Mais comme la grenouille n'a voulu atteindre la taille que d'un demi-boeuf, il restera un département du Rhône croupion. Ce département accueillera les bouseux et les culs-terreux territoires ruraux qui ne feraient pas chic dans une métropole digne de ce nom, à dimension européenne. La capitale de ce nouveau département sera Villefranche-sur-Saône. Ce redécoupage a dû paraître si grotesque aux rédacteurs de wikipedia qu'ils ont assorti le paragraphe "Métropole de Lyon" de la page département du Rhône, de la précaution suivante : 

Cet article concerne un projet de loi de décentralisation..

Il se peut que ces informations soient de nature spéculative et que leur teneur change considérablement alors que les événements approchent.

 

N'hésitez pas à l'améliorer en veillant à citer vos sources.

lyon-copie-3.jpg

Voilà les projets gouvernementaux ravalés au rang de junk bonds, hautement spéculatifs.

Je n'évoque qu'en passant le redécoupage des régions, inutile et coûteux, dont les contours sont arrêtés au gré des coups de gueule des différentes notabilités régionales.

Ces charcutages territoriaux ne visent qu'à montrer à Bruxelles qu'on réforme douloureusement le pays - pas sûr que ça marche d'ailleurs, les Français se désintéressant assez complètement de projets qui ne passionnent guère que le microcosme. 

Comme il pourrait quand même venir à l'idée de la populace de ne pas approuver ces desseins grandioses, le gouvernement a imaginé de revenir sur l'engagement de soumettre à approbation par référendum toute fusion de collectivités.

Magali Pernin, du site Contre la Cour, qui suit les débats sur le traité transatlantique et autres projets destinés à empêcher toute ingérence des populations dans les affaires du monde, a lancé une pétition.

N'hésitez pas à la signer et à indiquer ainsi à nos bons élus que la baisse de la qualité moyenne de leur travail, n'échappe à personne, et que ce n'est pas en cassant les thermomètres qu'ils convaincront quiconque de l'intérêt de leur production.

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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 23:43

L'actualité m'incite à ressortir deux articles de 2007 sur le Luxembourg et la fiscalité.

Je renvoie aussi à un autre billet sur le statut de société européenne, qui permet d'aller s'installer librement au Luxembourg et de bénéficier d'une fiscalité allégée.

J'ajoute que l'American Chamber of Commerce publie une charmante brochure, Why Luxembourg, qui permet de constater que, depuis 2007, les fonds gérés au Luxembourg, loin de se réduire, ont progressé d'environ 50 %.

 

lux_funds.jpg

 

En page 8 de la même brochure, on lira avec intérêt que le Luxembourg offre des avantages fiscaux croustillants pour les quartiers généraux de sociétés multinationales ("Specific value proposition for headquarters: − opportunity to centralize the company’s group functions and assets from Luxembourg; − flexible and competitive tax structuring models.") Les USA ont donc au moins un intérêt très concret à promouvoir les mécanismes européens, si doux pour leurs grands groupes.

 

On notera également que l'American Chamber of Commerce avait fort bien choisi les rédacteurs de la brochure en question, puisqu'il s'agit de Price Waterhouse Coopers, au coeur du scandale récent sur les accords fiscaux du Luxembourg.

 

Si j'accordais la moindre crédibilité aux institutions européennes, je réclamerais volontiers la démission de Juncker...

 

 

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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 23:34

Je republie cet article d'octobre 2007, l'actualité remettant sur le devant ce sympathique havre fiscal qu'est le Luxembourg...

 

C'est Bernard Guetta qui l'a dit vendredi matin sur France Inter : "certains croient que l'Europe est synonyme de libéralisme : ils ont tort."

Du coup j'ai eu une illumination, et j'ai compris que j'étais dans l'erreur. Par exemple, j'ai été méchant avec M. Juncker, en rappellant qu'il était à la tête d'un paradis fiscal.

C'est terrible de passer à côté de la formidable réussite que constitue le Luxembourg en étant aussi méchant.

Regardez, quelques stats sur le Luxembourg (issues de l'American Chamber of Commerce, pour les sceptiques), ce formidable pays qui devrait nous servir d'exemple, nous autres feignants élevés aux régimes spéciaux.

Tiens, la collecte bancaire par exemple :

 

lux1.jpg

 

 

Pas mal non ?

Ca reste abstrait, après tout, une courbe qui monte ne veut rien dire, si on part de bas...

Comparons donc à d'autres pays européens :

 

lux2.jpg

 

Pas mal non ? Plus de 24% de la collecte d'épargne financière collective en Europe. Pour un pays qui fait un millième de la population de l'Union, respect !  (UCITS c'est l'équivalent d'OPCVM : SICAV, FCP etc...)

D'ailleurs, tant de mérites ne sont pas passés inaperçus, et on vient de loin pour fêter les succès européens :

 

lux3.jpg

 
Au Luxembourg, ce sont les banques américaines, puis suisses, qui gèrent près de 40% de l'épargne collectée.

Bravo donc le Luxembourg, qui, en travaillant plus gagne plus (PIB/hab. 2006, source : CIA World Factbook)  :

 

pib-hab.jpg

 

Bon, quelques aigris qui ne comprennent pas bien l'intérêt de l'Europe, iront imputer le miracle luxembourgeois au caractère fiscalement paradisiaque de ce grand duché industrieux qui peut, de bon droit, donner des leçons de gestion à la France. Mais je leur pose la question : croyez-vous qu'on peut devenir le premier PIB mondial par habitant grâce à la fraude fiscale ? Les Bermudes et Jersey, deuxième et troisième, sont-ils des paradis fiscaux ? Quel mauvais esprit ne faut-il pas pour imaginer de telles choses ?...

Et il a raison, Bernard Guetta, la directive services, et les directives OPCVM, ne sont pour rien dans la spectaculaire hausse de la collecte du Luxembourg. D'ailleurs, c'est promis, si les gauchistes cessent de bloquer les progrès de l'Europe, en 2065 l'harmonisation fiscale mettra un terme à tout ça.


Décidémment, je crois que je vais beaucoup aimer l'Europe.

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Jeudi 6 novembre 2014 4 06 /11 /Nov /2014 23:38

Je republie cet article d'octobre 2007, l'actualité remettant sur le devant ce sympathique havre fiscal qu'est le Luxembourg...

 

Jean-Claude Juncker est Premier ministre d'un paradis fiscal installé au coeur de l'Union européenne, le Luxembourg. Il n'a donc guère de problèmes de politique économique - le PIB par habitant du Luxembourg est le premier mondial, à près de 88 000 $/habitant.

Pour l'occuper, on lui a donc trouvé un emploi comme président de l'Eurogroupe. Là, il peut s'intéresser à de vraies économies grandeur réelle, et donner son avis sur la gestion des autres.

Le 9 octobre, le Monde titrait donc sur l'opinion de M. Juncker sur le budget français : "Pour ce qui concerne le projet de budget... nous avons le sentiment qu'il n'est pas entièrement conforme à nos attentes".

Pour faire ainsi la leçon à un pays de plus de 60 millions d'habitants quand on est garde-champêtre Premier ministre d'un pays de 0,5 millions d'ahbitants, il faut tout le poids de fonctions européennes.

En s'exprimant ainsi, nul doute que M. Juncker renvoie la balle à Sarko, coupable d'avoir critiqué la politique économique de la BCE et l'inaction de l'eurogroupe.

Pour balayer les critiques françaises d'un revers de main, dans ce qu'elles peuvent avoir de fondé (l'euro est trop fort), Juncker avançait, après avoir tancé notre budget : "Nous avons noté avec une grande attention que les autorités américaines ont réaffirmé qu'un dollar fort était dans l'intérêt de l'économie américaine" (yet another poodle).

9 jours plus tard, force est de constater que les USA, eux, savent estimer M. Juncker à son vrai poids : l'euro ne cesse de grimper et le dollar de baisser...


doll.jpg

Actualisation (article de Business Week, lundi 22) :

Euro hits all-time high against dollar



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