Abonnement RSS

  • Flux RSS des articles

Rechercher

Recommander

Archives

Parutions KIWI !

Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 08:32

colize.jpg Un polar historique écrit en style SAS. Le héros, plutôt peu sympathique au début, enquête sur la mort de son père, dans les années 50. Il est obligé de se replonger dans une histoire familiale complexe, dans l'Europe centrale de l'entre-deux guerres.

C'est écrit en style quasi-télégraphique. Pas de métaphysique donc mais on ne s'ennuie pas, et on se trouve plongé dans une deuxième histoire, celle de la traque des criminels nazis par une discrète organisation juive. L'ensemble est bien, voire très bien fait, assez recommandable donc. Il y a notamment une authenticité forte, une tension qui font qu'on n'est pas étonné d'apprendre, dans les notes finales de l'auteur, que l'histoire du livre recoupe en partie son histoire personnelle.

 

(acheté d'ailleurs grâce à une note des libraires de la librairie Gallimard du boulevard Raspail).

Lire une interview de Paul Colize.


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Polars
Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 17:44

Il y a de nouvelles idées reçues, que l'on peut proférer dans un dîner mondain sans craindre d'être interrogé sur ce qu'elles peuvent recouvrir. On peut ainsi se réjouir de voir le gouvernement Hollande devenir enfin franchement "social-démocrate".

C'est le genre de "social-démocratie" qui réjouit le MEDEF et a pour mot d'ordre une politique de l'offre. Rappelons que les politiques de l'offre, outre qu'elles ne marchent pas, surtout quand elles sont appliquées simultanément dans les pays de la zone euro (lire le Daily Telegraph sur ce point), étaient le fer de lance du mandat Reagan.

On peut s'interroger sur le côté social-démocrate dudit personnage.

En fait, c'est tellement gros comme approximation, que Libé a dû réviser sa couverture. Après avoir titré mercredi sur les sociaux-démocrates arrivés au gouvernement, il se demande le lendemain si ce gouvernement ne serait pas un peu de droite...

 

l1.jpg

 

l2.jpg

 

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Politique
Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 17:26

child-44.png Pas mal aimé ce polar qui se déroule dans l'URSS des années 50, peut-être pas à la hauteur des louanges qui ont salué sa sortie.

On suit un fonctionnaire de la police politique russe soviétique, Leo Demidov, qui va s'avérer meilleur policier que politique. Il est très intéressant de parcourir la russie des années 50. Le poids du stalinisme dans la vie quotidienne, la vie sous un régime policier, sont assez bien évoqués. De même, la grande famine des années 30, où là le livre a un côté littéraire et presque profond.

Si l'on en croit les commentaires finaux de l'auteur, il s'est livré à un effort de documentation important - qui donne envie de se reporter directement aux ouvrages qu'il cite (Anne Applebaum sur le Goulag, Sebag Montefiore sur Staline, Robert Conquest sur les crimes staliniens, ou Janusz Bardach, Surviving the gulag).

Là où ça pêche un peu c'est, à mon sens, dans l'aspect policier de la chose. L'intrigue est bricolée et les rebondissements souvent plus dignes de films à grand spectacle que de polars à la psychologie soignée.

Malgré tout, ça reste un bon livre, quoique pas au niveau du superbe "Dark Star", d'Alan Furst.

 



 

Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Publié dans : Polars
Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 13:55

L'amende infligée par les Etats-Unis à BNP Paribas est grotesque. A un point tel que les officiels français commencent à froncer un demi-sourcil : que coule l'industrie du pays passe encore (que PSA soit interdit de vendre des véhicules en Iran juste au moment où GM y remet les pieds), mais si l'Inspection des finances est accrochée, là c'est grave.

Christophe de Margerie (qui n'est pas un officiel mais à ce niveau chez Total on n'est pas non plus un quidam) suggère que le pétrole pourrait être payé en euros. Sapin s'inquiète du rôle illégitime que confère au dollar cette décision (lire un article de solidarité et progrès auquel renvoie mon moteur de recherche préféré, en réponse à une requête sur la réaction française amende BNP Paribas. Merci de ne pas penser qu'il s'agit d'une suggestion d'adhésion. Les infos originales sont parues dans le FT de toute façon, ce ne sont pas des élucubrations). 

Si l'Union européenne voulait avoir l'air d'un truc utile, elle pourrait donc décider de payer son pétrole en euros. Elle en a refusé le principe, en une demi-journée, en 2009. Et Michel Barnier a expliqué que ces sanctions sont très bien.

Il y aurait pourtant de quoi réagir.

Quelques calculs simples montrent en effet que :

1. l'aide du plan Marshall à la France était de 2488 MUSD de dons en 1950 (1948-1952).

2. Une conversion en valeur du dollar 2013 donne un montant de 24 100 MUSD (24 milliards), soit 17,7 milliards d'euros.

3. L'amende BNP Paribas représente 40% de cette somme.

C'est donc 40% du plan Marshall que les USA s'apprêtent à réclamer à BNP Paribas, pour des infractions dont les juges américains eux-mêmes peinent à démontrer la gravité.

*

Je crains que malgré tout, la formule de Claude Cheysson ne s'impose, appliquée à un pays occidental cette fois-ci : "comme d'habitude, nous ne ferons rien".

 

Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Vendredi 4 juillet 2014 5 04 /07 /Juil /2014 23:00

milner.jpg J'ai cru à un gag en voyant ce livre. Mais j'avais oublié que Milner avait consacré un article dans Libé à expliquer "Pourquoi Harry Potter est de gauche".


Il s'agit d'une collection des PUF destinée à commenter des séries télé, collection à laquelle a été raccroché via la série de films. De fait, Milner s'appuie plus volontiers sur les films que sur le livre - ce qui me va bien, je ne les ai pas lus, mais ila effectivement lu les livres, en VO et en VF.

C'est donc un véritable admirateur de JK Rowling, qui prend au sérieux ce qu'il nomme le "récit potterien".


Sa thèse, abruptement synthétisée par mes soins : le monde des sorciers faillis est celui de la séduction médiatique, le monde humain est celui de la fragilité qui s'éduque, les bons sorciers sont les éduqués qui respectent les humains.

 

Une façon de faire l'éloge d'un savoir non manipulateur, qui ne soit pas une simple technique de gouvernement.

 

Cette thèse pourrait être plaquée, mais elle s'appuie de façon étayée et argumentée sur le livre, sans en faire un prétexte. J'ai eu l'impression que Milner n'accordait pas un plein statut d'oeuvre philosophique à JK Rowling (il ne convoque ni Heidegger, ni Spinoza, ni de philosophe moderne ou contemporain, toutes références qui abondent dans ses autres ouvrages), mais il la respecte profondément : "...je peux rassurer celles et ceux qui se sont passionnés pour Harry Potter. Ils ne se sont pas passionnés pour des bêtises".


D'une certaine façon, en ne lui concédant pas un statut philosophique, Milner fait de l'oeuvre de Rowling un objet d'une valeur peut-être encore supérieure : c'est à l'Epopée de Gilgamesh qu'il compare Harry Potter (dans le domaine de la philosophie, Platon est cité plusieurs fois, mais c'est un philosophe pour qui le mythe a une fonction heuristique).


Poudlard appartient donc au domaine de la mythologie, de la fable, et revêt une valeur symbolique, plutôt qu'explicite.


Symbole d'abord et surtout du rôle central, et politique, du système éducatif : "toute l'organisation du monde des sorciers dépend de la coexistence ou de la non-coexistence, au sein de l'école, des sang-pur et des sang-de-bourbe. Autre manière de dire que Poudlard est la pierre angulaire du système politique et social".


Milner rappelle les liens entre l'humanisme et la magie, renvoyant à Frances Yates (je trouve cette citation de Yates en ligne : "grâce à la magie, l'homme a appris comment utiliser la chaîne liant la terre aux cieux".)

Amusant de noter d'ailleurs que Milner note que l'église s'est d'abord opposée aux universités et à l'humanisme (évidence pour l'historien, j'avoue que la lecture du Frédéric de Hohenstaufen m'a rappelé ce fait); et que l'église catholique a protesté contre Harry Potter.


Poussant un peu à partir de l'interprétation de Milner (ce que l'on apprend à Poudlard c'est à domestiquer la magie), on peut dire que ce que craint l'église ce n'est pas la sorcellerie que promouvrait Rowling, mais bien l'idée que le savoir est un pouvoir qu'il faut apprendre à maîtriser.


Contre l'humanisme et jusqu'à aujourd'hui l'église a du mal avec ceux qui ne se contentent pas des lois divines (lire ce passage sur France Catholique : "Rowling présente la victoire de Harry comme le fruit de connaissances et de pouvoirs ésotériques : cela s’appelle gnosticisme. Au contraire, Tolkien présente la victoire de Frodo comme fruit de son humilité, de son obéissance et de son courage pour souffrir pour le prochain : cela s’appelle christianisme." La limite de l'humilité, de l'obéissance et du courage, c'est qu'avec ces trois qualités on n'apprend rien).


Une autre citation sur le rôle politique, ou proprement impolitique, de l'enseignement.


Le mal est situé chez Rowling, incarné par Voldemort. Milner en fait, de façon convaincante, un Hitler, avec le même aréopage de demi-habiles qui tous communient dans "l'imaginaire de supériorité" ("l'imaginaire de supériorité recèle un vice majeur, bien différent de ce qu'on lui reproche ordinairement. Ceux qui se croient supérieurs ne sont pas dangereux par leur arrogance ; de ce point de vue, ils sont risibles, fragiles minoritaires. Ils ne tiennent pas longtemps devant cet autre imaginaire, aussi pernicieux, qu'est l'imaginaire de la normalité. Ceux qui se croient supérieurs sont dangereux par leur propension à la servilité ; ils sont toujours prêts à admirer un "plus supérieur" encore et à se soumettre ; pire, ils ne demandent que cela.")

 

Milner discute enfin la notion d'État de droit (où il prend une position très opposée au positivisme juridique de Kelsen, sans citer celui-ci, ce qui est dommage), et fait de Hagrid l'incarnation du bon juge, de celui qui concilie la lettre et l'esprit du Droit.


Il faut lire ce livre profond, qui se termine par une méditation sur Locke, et qui est riche de multiples notes, remarques et arguments.

 

Post scriptum : je vais devenir expert en milnérisme, je me rends compte que j'ai commenté les Penchants criminels de l'Europe démocratique, son Salaire de l'idéal, le Sage trompeur et enfin sa Politique des choses I

 


 


Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Publié dans : Essais / Histoire
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés