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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 00:33

Il manque des signatures à l'UPR pour valider la candidature de François Asselineau à la présidence de la république.

il serait dommage qu'il n'en collecte pas 500. François Asselineau est en effet en train de montrer que l'on peut ranimer l'envie de politique de nos concitoyens.

Cet inspecteur des finances dont j'ai déjà parlé ici ou , travaille d'arrache-pied à faire connaître ses analyses. Elles le conduisent, fort justement, à souhaiter que la France sorte de l'OTAN et de l'Union européenne.

Les résultats commencent, essentiellement grâce à Internet, à apparaître :

- ses conférences en vidéo recueillent pas loin de 400 000 vues, uniquement surla chaîne UPR-TV. Elles ont souvent été filmées lors de réunions publiques que le président de l'UPR a tenu depuis quelques mois, dans toute la France, à Roubaix, Moirans, Grenoble, Sens, Montpellier, Auxerre, Bordeaux, Petitbonum, Nogent, Paris, Lyon...

  a.jpg

 

- la page Facebook de l'UPR accueille un nombre croissant "d'amis", bientôt 4500. Le graphique ci-dessous montre que la progression s'accélère. Par comparaison, Nicolas Dupont-Aignan a 9000 amis, Mélenchon 2000, Bayrou 23000. Mettons donc que Bayrou a 5 à 6 fois plus "d'amis" sur sa page. La couverture médiatique dont il bénéficie n’a cependant aucun rapport avec celle de François Asselineau.

La popularité d'Asselineau est donc très impressionnante compte tenu de son absence totale de moyens. Elle est construite sur l'appel constant à la fréflexion de ses soutiens, via les vidéos mises en ligne et la qualité des textes produits. (Je rappelle que pour des raisons qui m’échappent, Asselineau n’a toujours pas de page wikipedia.)

 

fb.png

Progression du nombre d'amis de la page Facebook de F. Asselineau


Il manque à l’UPR d’accéder aux médias nationaux pour enfin décoller.

Nous n’en sommes peut-être pas loin. Par exemple, jeudi dernier Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, s’interrogeait sur qui était cet Asselineau, dont les partisans assaillent régulièrement le standard de RMC ?

Dès le vendredi, une supportrice de l’UPR le prenait au mot pour apporter des précisions en direct.

 

 


Et depuis hier, le site de RMC arbore un sondage demandant s’il faut inviter Asselineau, lequel sondage a déjà plus de 600 votes « oui » (il faut s'inscrire - gratuitement - sur le forum RMC pour voter) :

 

rmc.jpg

http://www.rmc.fr/forum/rmc/bourdin-2012/votez-pour-que-mr-bourdin-invite-fran%E7ois-asselineau-5970/messages-5.html

 


*

Malgré ces vicissitudes, on peut penser que l’UPR est juste au bord d’un décollage national. On pourra alors réellement parler d’un parti né d’Internet.

 *

En attendant, l’UPR cherche toujours à être présente pour la présidentielle, où elle pourrait proposer une alternative réelle, mais se heurte à un verrouillage médiatique persistant (lire à ce propos le message de François Asselineau racontant les multiples tentatives de l'UPR pour décrocher une invitation à Ce Soir ou Jamais (qui a reçu des invités bien plus anecdotiques et moins représentatifs), chez Bourdin ou ailleurs).

 


 

 

 

Dans la vidéo ci-dessus, François Asselineau se présente aux maires qui souhaiteraient le soutenir (la version écrite est téléchargeable ici).

Il présente d'abord l'UPR :

"L’UPR est un mouvement politique atypique qui rassemble pour de bon, au-delà du clivage droite-centre- gauche, des Français venus de tous les horizons pour sauver notre pays. Comme dans le Conseil National de la Résistance, les adhérents de l’UPR sont de toutes les origines ethniques et sociales, de toutes les religions, de toutes les professions et de toutes les opinions politiques (avec, sans doute, une légère majorité de sensibilité de gauche)."

 

Il aborde ensuite des questions concrètes, comme la réforme des droits à plantation, dramatique pour la viticulture française :

 

"La PAC pose bien d’autres problèmes, dont l’un des plus brûlants actuellement réside dans le projet lancé par la Commission européenne de supprimer les droits de plantation, avec effet au 1er janvier 2016. Cette décision pourrait provoquer un véritable désastre chez nos viticulteurs, là encore pour le seul profit des grands groupes de l’industrie agro-alimentaire.

Je pourrais multiplier les exemples d’une évolution funeste qui tend à corseter les agriculteurs français dans des réglementations toujours plus tatillonnes, et même à les transformer en jardiniers paysagistes vivant de subventions publiques. Dès lors, soit nous laissons mourir à petit feu notre agriculture, soit nous prenons des mesures de protection pour sauver le monde rural. Mais ces mesures de bon sens imposent que la France dénonce juridiquement plusieurs articles des traités européens, et notamment les articles 38 et 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)."


Il déclare enfin que s'il réunit 500 signatures :

"je saisirai l’occasion de l’accès aux grands médias que me procurera ma candidature officielle pour expliquer aux Français :

qu'il n’est pas possible de récupérer la maîtrise de notre politique monétaire — notamment pour le taux de change externe —, sans dénoncer l’article 282 du TFUE ;

- qu'il n’est pas possible de nous opposer à l’implantation et à la dissémination des OGM (Organismes génétiquement modifiés) sans remettre en cause de nombreux articles du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), et notamment les articles 168 et 169 ;
- qu'il n’est pas possible de défendre nos retraites sans remettre en cause le rapport COM 2003 du 8 avril 2003 de la Commission européenne et l’article 121 du TFUE ;
- qu'il n’est pas possible de préserver nos départements et la diversité de nos communes rurales sans se soustraire aux injonctions européennes qui visent, sous couvert d’ « Europe des régions » à forcer la France à adopter le découpage administratif américain. La Commission européenne veut en effet redécouper l’Europe selon des grandes « régions européennes » négatrices des nations et de taille comparable aux États américains. De même, elle veut nous forcer au regroupement artificiel de nos petites communes, auxquelles les Français sont si attachés, dans le seul but de nous rapprocher de la taille des « comtés » américains ;
etc."
Je crois qu'il y a un intérêt véritable, même pour les maires qui ne le soutiendraient pas ensuite par leur vote, à ce qu'un homme de cette qualité de vues soit présent dans le débat présidentiel. Il est susceptible de poser enfin clairement les questions fondamentales. Personne ne pourra reprocher aux maires qui le soutiendront d'avoir ouvert la porte à un candidat extrême, c'est un républicain. 
Les signataires permettront à François Asselineau de bénéficier d'un temps de parole équivalent à celui des "grands" candidats, qui ne sont grands que du fait d'un matraquage médiatique constant, dont sont lassés les électeurs qui s'abstiennent en nombre croissant.

Pour ceux qui souhaitent contribuer à faire en sorte que François Asselineau récolte ses signatures, la page ci-dessous donne des conseils précis :

 

http://www.u-p-r.fr/actualite/upr/objectif-500-parrainages-francois-asselineau-presidentielle-2012



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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 00:09

Quelques lignes pour signaler un article de la revue The American conservative. "The Christian Jihad" appelle les chrétiens, avant de blamer la violence du Coran, à revenir sur quelques passages bibliques pas piqués des hannetons. Il s'agit d'une recension d'un livre récemment paru ("Philip Jenkins’s challenging new book Laying Down the Sword shows that the Bible contains incitements not just to violence but also to genocide. He argues that Christians and Jews should struggle to make sense of these violent texts as a central element of their tradition, rather than hurry past them or ignore them altogether.")

L'auteur de l'article ajoute en commentaire final qu'il est tout de même étonnant que la culture chrétienne présente assez généralement l'épisode de l'arche de Noé comme une aventure positive, alors qu'il s'agit d'un récit ou Dieu décide que toute la planète doit périr à l'exception de quelques élus...

 

pirelli-truck-the-ark.preview.jpg


 


 

 

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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 17:48

Le billet ci-dessous résume la plupart des reproches que l'on peut adresser à l'euro, et explique clairement en quoi il est un problème y compris pour des pays différents de la Grèce. J'ai, du coup, souhaité qu'il reste en évidence !

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Télécharger la note en PDF

 

Les partisans de l'Union européenne ont une habileté extraordinaire pour cadrer les débats d'actualité d'une façon qui les arrange. Par exemple mardi prochain, les députés sont censés voter un traité extraordinairement contraignant, le Mécanisme européen de stabilité (lire les billets sur Les Crises - premier, deuxième, troisième). Le Monde n'a, à ma connaissance, jamais consacré un article de fond à ce sujet, même s'il retrace que le PS s'abstiendra - malheureusement mais sans surprise - de voter ce texte.

Sur la Grèce, c'est un éditorial du Monde du 17 février qui a rappelé la doxa : "La crise de la dette souveraine grecque - qui n'est pas due à l'Europe - a montré les défauts de fabrication de la monnaie unique."

Pour que l'éditorialiste du premier quotidien français se permette ce genre d'affirmation, il a fallu que toute la classe politico-médiatique s'emploie à nier l'impact de l'euro sur les économies des états membres.

 

Rappelons-donc que la surévaluation de l'euro (estimée très généralement à 30% par rapport au dollar et au yuan chinois), coute très cher en termes de perte de croissance et de déséquilibre des balances commerciales. Une note de l'INSEE en 2008 estimait à 1,7% la perte de PIB à quatre ans d'un euro surévalué de 10%. Et 1,7% du PIB c'est 33 milliards d'euros. Avec 30% de surévaluation, depuis près d'une dizaine d'années, combien de croissance et de recettes fiscales avons-nous perdu ?

 

Ce premier point, l'impact de la surévaluation de l'euro, commence à être connu. Ce qui l'est moins, c'est l'impact des différentiels d'inflation sur la compétitivité des pays membres de la zone.

Les parités entre les anciennes monnaies de la zone euro ont été figées en 1999. On a donc 11 années d'existence de l'euro pour faire un bilan.

J'ai comparé ces 11 années avec les 11 années précédant le gel des parités, pour voir l'impact sur les balances commerciales des pays membres.

Les données sont celles des balances courantes, telles que publiées par la Banque Mondiale.

J'ai cumulé le solde des balances commerciales sur deux périodes : 1989-1999, onze ans avant l'euro, puis 2000-2010. Ceci pour la France, L'Italie, l'Allemagne, la Grèce et l'Espagne.

 

balances.jpg

 

Solde cumulé des balances des comptes courants, avant et après l'euro


La France avait donc 152 milliards d'excédents cumulés sur la première période, alors que "grâce" à l'euro-qui-nous-rend-plus-forts, elle est passée à 99 milliards d'euros de déficit. Et rappelons qu'en 2011, nous aurons plus de 70 milliards de déficit commercial. Le phénomène s'aggrave donc.

 

Même chose pour l'Italie, qui passe de 60 milliards d'excédents à 360 milliards de déficits.

L'Espagne voit également son déficit cumulé multiplié par 7, qui passe de 113 milliards à près de 800 milliards.

Enfin, la Grèce passe de 44 milliards de déficits, soit 4 milliards par an, à 256 milliards de déficits, soit près de 25 milliards par an.

Sur le sujet de la Grèce, rappelons donc que, selon Le Monde, l'euro n'est pour rien dans ses problèmes, qui sont donc dus exclusivement à la paresse, la corruption, la fraude fiscale et autres plaies qui affligent ces attardés. Rappelons également que pour le Front de gauche, le Parti socialiste ou Gérard Filoche, c'est la faute aux banksters ou à un positionnement sur le bas de gamme, puisque ni le PS ni le Front de Gauche ne veulent sortir de l'euro. Ils sont tous, comme l'éditorialiste du Monde, convaincus que l'euro n'est pour rien dans les problèmes de la Grèce. C'est dire la gravité de la situation politique aujourd'hui. Il faudra tout de même qu'on explique comment les défauts qu'on impute à la Grèce ont pu évoluer de façon si spectaculaire, qu'en dix ans ils ont entraîné une multiplication par 5 du déficit extérieur du pays ? Alors que la naissance de l'euro, intervenue dans la même période, n'y serait pour rien !

*

C'est bien l'euro qui est pourtant coupable de l'appauvrissement de la plupart des pays membres - essayons de montrer comment.

Traditionnellement, lorsqu'un pays subit des déficits trop importants de sa balance commerciale, il dévalue sa monnaie, pour regagner de la compétitivité.

La principale raison pour laquelle un pays perd de la compétitivité est l'inflation : la hausse des prix rend les biens qu'il produit moins intéressants pour les acquéreurs étrangers.

Le problème de la zone euro est qu'elle empêche les pays qui ont des taux d'inflation différents de procéder ponctuellement à des dévaluations, puisque les taux de change ont été figés.

Hors, les taux d'inflation sont très différents au sein de la zone euro. Prenons les données d'Eurostat sur l'inflation.

Depuis 1999, l'inflation allemande a été, en moyenne annuelle, de 1,6%. En Grèce, elle a été de 3,2%, le double.

 

 

inflation.jpg

Evolution comparée de l'inflation dans 5 pays de la zone euro

 

Si l'on prend l'année 1999 comme référence, avec tous les prix européens égaux à 100 à cette époque, les prix allemands ont atteint le niveau de 122 en 2011, alors que les prix grecs ont atteint un niveau 148.

Les prix grecs sont donc surévalués en 2011 de 20% à l'égard de son partenaire allemand. Et rappelons que par rapport à l'extérieur de la zone euro, l'euro est également surévalué de 30%. L'euro constitue donc une double peine pour les grecs.

*

Il y a bien deux effets néfastes de l'euro : la surévaluation de l'euro par rapport aux autres monnaies est le premier effet, le plus connu, que l'INSEE évaluait dans la note de 2008 citée plus haut. Le deuxième effet est le gel du taux de change entre des partenaires qui connaissent des taux d'inflation différents.

On peut alors établir une typologie des pays membres de la zone euro par rapport à ces deux phénomènes.

D'abord, tous les pays membres sont victimes de la surévaluation de l'euro. Il n'y a aucun miracle à cet égard, même si la classe politico-médiatique tend à croirre que l'Allemagne disposerait d'une recette miracle.

 Avec l'extérieur de la zone euro, l'Allemagne est en déficit : elle souffre comme tout le monde de la surévaluation de l'euro. Ce qui masque ce phénomène est que, du fait de son inflation la plus basse de la zone, la compétitivité allemande s'accroît mécaniquement chaque année par rapport à ses partenaires de la zone euro.

Les autres pays sont d'autant plus affectés par le deuxième effet qu'ils ont une inflation supérieure à l'Allemagne.

On constate en effet que la dégradation de la balance commerciale constatée plus haut varie en lien direct aux écarts de taux d'inflation avec l'Allemagne :


  Allemagne France Italie Grèce Espagne
Différentiel d'inflation avecl'Allemagne 0,0 3,0 9,5 26,0 17,6
Evolution de la balance commerciale entre les deux périodes +1 436 -251 -424 -212 -675

 

Prenons le cas français : la France a un taux d'inflation très proche de celui de l'Allemagne, si bien qu'elle ne souffle pas trop du deuxième effet néfaste de l'euro. En revanche, elle souffre de la surévaluation de l'euro vis-à-vis de l'extérieur.

La Grèce, l'Espagne et l'Italie, à des degrés divers, souffrent des deux problèmes de l'euro. Leur déficit commercial a donc explosé depuis l'adoption de l'euro. Pas celui de la France.

Pour revenir au titre de ce billet, la distance entre la France et la Grèce est assez importante au sens où l'inflation française est mieux maîtrisée. En revanche, isoler le cas grec relève de la pensée magique car l'Espagne et l'Italie sont exactement dans la même situation de dégradation rapide de leur compétitivité, sous le double phénomène de la surévaluation de l'euro et de la fixité des parités entre partenaires d'une zone où les taux d'inflation sont divergents.

*

 

Au sein d'une zone où les échanges commerciaux sont développés, la fixité des taux de change est donc directement responsable de la dégradation de la balance commerciale. La surévaluation de l'euro s'ajoute à ce problème de base. Par ailleurs le financement de ces déficits est le principal responsable de la dette.

 

Il n'y a donc pas de crise de la dette, il y a une crise des balances commerciales. Il n'y a pas non plus de problème grec qui serait isolable des problèmes économiques des autres membres de la zone euro.

Deux points permettent alors de conclure définitivement que l'euro est intrinsèquement néfaste pour les états qui l'ont adopté - sauf pour l'Allemagne, pour qui c'est une véritable martingale. Il s'agit de répondre aux partisans de l'Union qui pourraient suggérer qu'il suffirait d'harmoniser les taux d'inflation pour en finir avec les crises au sein de la zone.

1. Les taux d'inflation résultent des structures profondes d'une économie, et vouloir les harmoniser n'aurait aucun sens.

 Il y a des raisons pour que les taux d'inflation soient différents. On peut citer notamment l'effet Samuelson-Balassa, qui explique que les pays en rattrapage au sein d'une zone ont un taux d'inflation supérieur aux autres. On peut aussi trouver normal que l'Allemagne, dont la démographie décline, soit un pays où les pressions inflationnistes sont faibles.

On peut également, enfin, citer les travaux de Layard, Nickell et Jackman sur les structures des négociations salariales : que les négociations salariales dans un pays aient lieu par branche, par entreprise ou au niveau centralisé, les résultats en termes d'inflation seront très différents.

2. Le fait même d'avoir intégré la zone euro empêche les états membres de recourir à un moyen plus simple que le bouleversement complet des structures de leurs économies ou la dévaluation. En effet, avant d'être contraints de dévaluer, les états normaux, libres, ont la possibilité de modérer l'inflation par la hausse des taux d'intérêt. Malheureusement pour les pays membres de la zone euro, ils ont aujourd'hui dévolu cette compétence à la Banque centrale européenne, qui définit un taux d'intérêt et un seul, pour tout le monde.

*

Tous les points rappelés ici sont de la macroéconomie de base. Mais les chiffres aident à comprendre que la Grèce n'est en rien un problème isolé au sein de la zone euro. Elle n'est que le maillon le plus faible parce qu'elle a l'inflation la plus élevée de la zone. Les autres maillons sauteront aussi. A moins que la classe des partisans de l'Union - accompagnée des aveugles du Front de gauche et du PS, qui s'imaginent que l'euro est un projet internationaliste - ne réussisse à accroître partout la discipline absurde qu'elle applique à toute la zone. C'est une énigme qu'il appartiendra à d'autres d'éclaircir plus tard. L'aveuglement sur l'euro est notre nouvelle ligne Maginot. Probablement que l'illusion que la construction européenne est internationaliste frappe la gauche - alors qu'il ne s'agit que de la construction à marche forcée d'un état pas plus généreux que les autres. 


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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 17:44

514XSWV274L._SS500_.jpg Jean Améry est un autrichien né à Vienne qui a été déporté par les allemands pour des faits de résistance et parce qu'il était juif.

Plus qu'un récit, ce sont des considérations sur l'humanité et le pardon que livre Améry. Son livre est sous-titré "essai pour surmonter l'insurmontable", ce qui marque clairement que la pensée de Améry n'est pas figée : il arrive à des conclusions qui visiblement l'ennuient mais lui apparaissent inévitables.

Il ne s'agit pas de tirer des enseignements de son expérience. Pour deux raisons : d'une part l'expérience du camp, ou de la torture ne peut être partagée jusqu'au bout par le lecteur. Il insiste sur la dimension physique de la peur, de la douleur, qui ne se partage pas par les mots ("si le comment de la douleur se dérobe à la communication langagière, je puis peut-être tenter d'expliquer approximativement ce que fut cette douleur.")

D'autre part, il ne prétend pas tirer de son expérience une supériorité morale "A Auschwitz, nous ne sommes pas devenus plus sages, si par sagesse il faut entendre une connaissance positive du monde : rien de ce que nous avons appris là n'était tel que nous ne l'avions déjà appris avant ; rien de tout cela ne s'est transformé pour nous en guide pratique. Au camp nous ne sommes pas non plus devenus "plus profonds", si tant est que la profondeur fatale puisse être une dimension spirituelle indéfinissable. Qu'à Auschwitz nous ne soyons pas devenus non plus meilleurs, plus humains, plus altruistes et moralement plus mûrs, cela va sans dire, je crois."

C'est donc avec modestie qu'il rédige, ce n'est pas pourtant sans force.

Par exemple, pour cet humaniste non marxiste, "il nous est impossible de souscrire ici aux grandes mystifications historiques de l'aprés-guerre, qui présentaient le communisme et le national-socialisme comme deux manifestations apparentées d'un seul et même phénomène".

Il évoque Thomas Mann à ce propos "le communisme, aussi effroyable que soit l'image provisoire qu'il donne de lui, symbolise quand même une idée de l'homme, tandis que le fascisme hitlérien n'était pas une idée, c'était une turpitude".

C'est un intellectuel - étudiant en littérature et philosophie avant la guerre - et son texte est parsemé de réflexions sur des auteurs tels que Sartre, Enzensberger, Bataille...

Loin de partager la thèse de Hannah Arendt sur la banalité du mal, il considère, à partir de son expérience de la torture, et citant Georges Bataille, que l'essence du nazisme est avant tout sadique. Pas dans un sens sexuel, mais au sens où "le sadique ne se soucie guère de la perpétuation du monde. Au contraire, il veut abolir le monde, et par la négation de son prochain, qui pour lui est aussi "l'enfer" dans un sens bien particulier, il veut réaliser sa propre souveraineté totale."

Après cette sorte de conclusion provisoire sur le nazisme, Améry évoque la notion de patrie puis revendique sa judéité.

Les considérations sur la notion de patrie m'ont stupéfait.

Je ne pensais pas acheter ce livre pour y retrouver des thématiques européennes, j'ai donc été surpris. Un imbécile pressé pourrait traiter Améry de souverainiste. Par exemple, lorsqu'il énonce qu'il est "convaincu qu'il faut se trouver au milieu de ses compatriotes dans les rues du village ou de la ville pour mieux apprécier ses concitoyens spirituels, et que l'internationalisme culturel ne peut prospérer que dans l'enceinte d'une sécurité nationale. [...] il faut avoir une terre à soi pour ne pas en avoir besoin, de la même manière que la pensée doit posséder les structures de la logique formelle pour en franchir les limites et accéder aux domaines plus fertiles de l'esprit."

Encore : "vivre dans son pays signifie voir ce que l'on connaît se reproduire toujours de la même manière autour de soi, avec des variations minimales. Certes, si l'on ne connaît rien d'autre que son pays, cela peut conduire à l'appauvrissement et à l'étiolement intellectuel mieux connus sous le nom de provincialisme. Mais quand on est privé de pays, on est livré à l'absence d'ordre, à un ordre dérangé, à l'aberration".

Cette démarche l'amène à exprimer, dès 1966, les plus vives réserves à l'égard du projet européen. Je renvoie à la longue citation mise en ligne séparément, fascinante de prescience. 

La situation actuelle, et spécialement celle de la Grèce, l'aurait conforté dans ses thèses. Il défend en effet l'importance anthropologique d'un cadre national, ou étatique, ou stable :

"...la terre natale c'est la sécurité. Chez soi on maîtrise souverainement la dialectique du connaître et du reconnaître, du risque pris en confiance : c'est parce que nous connaissons notre pays que nous le reconnaissons, et nous nous y risquons à parler, à agir, parce que notre confiance en ce processus de connaissance-reconnaissance est fondée. Tout le champ sémantique qui regroupe des mots comme foi, fidélité, se fier, confiant, confier, confidentiel, etc., s'inscrit dans la catégorie psychologique plus vaste du sentiment de sécurité. On ne se sent en sécurité que là où l'on a rien à craindre de fortuit ou de totalement étranger. Vivre dans son pays signifie voir ce que l'on connaît se reproduire toujours de la même manière autour de soi, avec des variations minimales. Certes si l'on ne connaît rien d'autre que son pays, cela peut conduire à l'appauvrissement et à l'étiolement intellectuels mieux connus sous le nom de provincialisme. Mais quand on est privé de pays, on est livré à l'absence d'ordre, à un ordre dérangé, à l'aberration."

Des passages très intéressants sur le pardon. Face aux crimes des nazis, il refuse le pardon collectif trop généreusement attribué - sous couvert d'Europe assez largement : "J'ai été témoin de l'empressement et de l'enthousiasme avec lesquel les politiciens allemands, dont un très petit nombre seulement, si je suis bien informé, s'étaient distingués dans la Résistance, mirent tout en oeuvre pour se rattacher à l'Europe : ils n'eurent aucune peine à faire le lien entre la nouvelle Europe et l'autre, celle qu'Hitler avait déjà entrepris avec succès de réorganiser à sa manière entre 1940 et 1944."

Pour Améry, "un pardon et un oubli résultant d'une pression sociale sont immoraux. Celui qui pardonne par paresse et à bon compte se ralllie docilement à un sens du temps biologique, que l'on qualifie aussi de "naturel" [...] L'homme moral exige que le temps soit aboli."

Améry rappelle l'exceptionnalité des crimes nazis et exige qu'ils ne soient jamais confondus avec d'autres. Sans aucun espoir.

Ces lignes sont d'ailleurs fascinantes à lire en 2011, quarante-cinq années après leur rédaction : "Quant au massacre de millions de personnes par un peuple hautement civilisé et réputé pour sa fiabilité, son sens de l'organisation et sa précision presque scientifique, il fera figure d'événement presque regrettable mais pas du tout unique en son genre et il sera mis sur le même pied que l'expulsion meurtrière des Arméniens par les Turcs ou le comportement ignoble des colonialistes français. Tout sera englouti dans un sommaire "siècle de barbarie".

Améry est profondément réaliste. En une époque relativiste, il défend une certaine idée du sens commun, de la reconnaissance sociale : "...la dignité, qu'il s'agisse de celle du dignitaire, du professionnel ou plus généralement du citoyen, ne peut être octroyée que par la société, et la revendication qui s'élève dans le seul espace intérieur de l'individu ("je suis un homme et en tant que tel j'ai ma dignité, quoi que vous puissiez dire ou faire") est un jeu de l'esprit ou une aberration."

Un dernier chapitre sur ce que c'est que d'être juif est profond et mériterait d'être commenté longuement.

A le relire rapidement pour rédiger ces notes, Améry m'apparaît comme un sociologue profond, convaincu que l'homme est un animal social. Il invite à pondérer toutes les propositions de principes, prétendument morales, par la prise en compte de leur valeur sociale, de leur capacité à se réaliser, à s'incarner, à accueillir des expériences vécues. A cette aune, comme il le soupçonnait, l'Union européenne n'a rien d'un idéal concret, d'une pensée accueillante à l'homme réel. Elle n'est qu'un fantasme résultant de notre digestion, jamais terminée, d'une deuxième guerre mondiale qui a constitué le sommet de l'horreur humaine. Un livre à lire absolument, pour lequel je remercie la librairie l'Arbre du voyageur, rue Mouffetard, qui l'a inclus dans ses rayons.

 


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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 21:32

Le 13 janvier, les habitants de Gföhl, en Autriche, ont rejeté à 67% la construction d'un temple boudhiste.

L'info se retrouve le jour même sur La Croix, l'Agence de presse internationale catholique et 20 minutes.

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Qautre jours avant, une pétition demandant la sortie de l'Autriche de l'Union europénne a été remise au ministère de l'intérieur autrichien. elle est signée de plus de 9000 autrichiens, plus que n'écessaire pour obtenir ce référendum.

L'info ne se trouve que sur Agoravox.

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Merci à la presse française de nous éviter ainsi toute inquiétude, et surtout de nous éviter de penser que l'Autriche ne se sent pas trop petite pour survivre en dehors de l'Union...

 

 

 

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