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Parutions KIWI !

Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 11:49

"Si j'affirme qu'il est urgent de continuer à exceller dans le plus grand nombre de domaines, me reprochera-t-on de prêcher un idéal élitiste ? Un petit pays doit compenser l'étroitesse de son territoire par la valeur de ses productions et de ses accomplissements. L'élitisme, alors, consisterait à réduire les dépendances et à développer plus complètement les pouvoirs que chacun porte en soi, non pour affirmer une hautaine supériorité, mais pour avoir davantage à communiquer. L'acte de solidarité vaut par la qualité de ce que nous offrons à ceux d'ailleurs."

Jean Starobinski, discours de commémoration du 700ème anniversaire de la Confédération helvétique, 10 janvier 1991.

Publié dans Jean Starobinski, Un destin solidaire, éditions Zoé.


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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 00:00

Je n'ai pas une grande sympathie a priori pour Manuel Valls. Il me paraît bien trop souple avec les puissants, et dur avec les faibles, pour être adapté à des temps difficiles.

Au moins est-il responsable devant l'Assemblée nationale, et a-t-il été élu.

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a été nommé à sa place par Jacques Chirac et renouvelé par Sarkozy. Il est intouchable en raison du statut de la Banque de France qui, depuis l'euro, lui interdit de recevoir aucune instruction du gouvernement.

Son rôle, toujours défini par le même statut, consiste d'abord à faire appliquer les traités européens et principalement l'objectif de stabilité des prix contenu dans lesdits traités. De façon très subsidiaire, la Banque de France, qu'il dirige "apporte son soutien à la politique économique générale du Gouvernement".

On ne s'attend donc pas à entendre un Gouverneur critiquer publiquement et instantanément le discours d'investiture d'un Premier ministre.


C'est pourtant ce qui vient d'arriver, comme l'a rapporté Libération.

Non content d'oublier son rôle de soutien, Noyer a ouvertement accusé Manuel Valls de se tromper sur le rôle de la Banque Centrale Européenne.

Valls aurait en effet imputé la faiblesse de la croissance à la politique de la BCE. Noyer d'expliquer que «la BCE a la politique monétaire la plus accommodante» en matière de taux d’intérêt et que les taux européens à moyen et long terme sont «plus bas que les taux américains».


Quelques recherches montrent que Christian Noyer s'est arrangé avec la vérité. Ce qui compte principalement, en matière de politique monétaire, ce sont les taux d'intérêt réel. Avec un taux d'intérêt de 1% et pas d'inflation, un emprunt coûte plus cher qu'avec un taux d'intérêt de 3% et 5% d'inflation.

On ne peut donc pas juger une politique monétaire sur les seuls taux d'intérêt nominaux.

Par ailleurs, les banques centrales agissent surtout sur les taux de court terme, et ont moins de moyens d'actions sur les taux à moyen et long terme. Juger une politique monétaire sur ces taux est pour le moins lacunaire.

Enfin, dans une zone euro où les pays membres ont des taux d'inflation différents, les taux d'intérêts réels sont également très différents.


Avec ces quelques points en tête, j'ai recherché sur Eurostat les données sur les taux d'intérêt de la BCE et l'inflation dans les différents pays de la zone euro (séries IPCH - taux d'inflation et Taux d'intérêt du marché monétaire - données mensuelles - j'ai pris la valeur de janvier chaque année).

On constate qu'en 2002 l'Allemagne avait un taux d'intérêt réel de +1,89%, et la Grèce de -0,6%.

Quelques années de crise plus tard, la Grèce en 2013 emprunte à un taux réel de court terme de près de 1%, alors que l'Allemagne est à -1,5% (pour les curieux, la France est à-0,9%, l'Italie à -1,2% et l'Espagne à -1,4%).

La politique monétaire est donc assez exactement inadaptée à la situation économique des pays membres : accommodante avec le pays le plus fort de la zone et écrasante pour le plus faible (les tenants d'une vision punitive de l'économie y verront la saine sanction de pêchés passés, c'est oublier que l'endettement grec est aussi né de l'inadapation initiale des taux, les taux étant négatifs en 2002).

On note par ailleurs qu'aux USA les taux réels sont à -1,75% et les taux britanniques à -2%. Donc non seulement la politique monétaire de la BCE est inadaptée aux différences entre pays membres de la zone, mais elle est également moins accommodante que celle des USA ou du Royaume-Uni (le taux réel moyen de la zone euro est de -0,9% en 2013).

Ce ne sont là que calculs de coin de table, sur lesquels on pourrait pinailler (comparer un taux monétaire qui peut varier plusieurs fois dans l'année et un taux d'inflation annuel moyen est par exemple délicat).

Mais je crois bien que, répliquant à Manuel Valls, Christian Noyer n'a pas fait preuve d'une grande rigueur. Son travail de propagandiste de l'euro l'a emporté.


 

 

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Mercredi 2 avril 2014 3 02 /04 /Avr /2014 00:45

J'avais raté ce billet de Jacques Attali dans l'Express, signalé par Olivier Berruyer.

Que dit-il au fond ? Que c'est une erreur d'avoir voulu sortir complètement l'Ukraine de l'orbite russe, et que le traitement infligé actuellement à la Russie est analogue à celui infligé à l'Allemagne après le Traité de Versailles - une humiliation excessive, propre à alimenter des envies de revanche.

Son billet est titré "Sont-ils tous devenus fous ?". Comme c'est ce que je me demande à chaque fois que j'entends parler un partisan de l'euro (même si ça baisse, c'est encore plus de 80% de ce qui passe dans les médias), je compatis.

Son billet suivant est probablement encore plus fort, dans le genre désabusé, une remake du "barrez-vous" de Marquardt mâtiné de Adam Smith et d'une pincée de Ayn Rand : n'attendez rien de personne ("Le monde appartiendra demain à ceux qui, aujourd’hui, auront su renoncer à attendre quoi que ce soit de qui ce soit. De leurs parents. De leurs patrons. De leurs maires. De leurs gouvernants.")

*

Ce désarroi profond d'un des imams (à peine) cachés de l'élite française n'est pas bon signe. Il me fait penser à l'impression ressentie dimanche soir en regardant les résultats des municipales : vainqueurs ou vaincus, tous m'avaient l'air quelque peu effrayés.


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Mercredi 19 mars 2014 3 19 /03 /Mars /2014 23:31

Peu de temps pour creuser de nouveaux sujets en ce moment. Mais l'euro et l'Ukraine restent pour un moment probablement, d'actualité.

Sur ces deux sujets, des petits faits vrais que les uns balaieront d'un revers de main tandis que les autres y verront confirmation de leurs idées. Des fois, il faut savoir se contenter de cela.

Donc, côté euro, Stiglitz met les points sur les i : sortir de l'euro, c'est douloureux, mais y rester est encore pire. Stiglitz évoque la situation de l'Espagne et de la Grèce particulièrement.

Il ajoute une réflexion que je trouve très juste : la pire des situations est celle à laquelle nous assistons. Quand la situation devient intenable, on lache quelques mesures sociales, un prêt de quelques milliards, et on repart. C'est une mort à (plus ou moins) petit feu, qui fait que l'on continue dans un jeu où, l'un dans l'autre, c'est Stiglitz qui l'ajoute, la zone euro a probablement, depuis sa création, causé plus de dégâts qu'elle n'a amené d'avantages. [s'il y a un volontaire pour transcrire en français tout le passage de Stiglitz, je publierai volontiers]

 

*

Côté Ukraine, un lecteur fidèle me signale le programme de Svoboda, ce parti ukrainien que Catherine Ashton adore.

 

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Oleh Tyahnybok, patron de Svoboda, à droite.

Donc le programme de ce gentil parti qu'est Svoboda, parti qui veut rejoindre l'Europe-c'est-la-paix, vaut la peine d'être lu. On y trouve des articles très empreints des valeurs européennes : "demander l'aide des USA et du Royaume-Uni pour restaurer les capacités nucléaires de l'Ukraine." Un peu plus haut, le corollaire : "en appeler à l'Assemblée générale et au Conseil de Sécurité de l'ONU pour envisager la possibilité de frappes nucléaires sans déclaration de guerre"... A côté de cela, lire que les manifestations d'ukrainophobies seront considérées comme des actes criminels relève du zakouski.

Le lecteur sera rassuré d'apprendre que Svoboda n'a que quelques portefeuilles au sein du gouvernment ukrainien actuel, dont celui de la Défense, celui de Vice-Premier ministre, les finances, l'éducation...

*

En conclusion c'est donc avec un tel gouvernement de baltringues provisoire, autoproclamé, pas confirmé par des urnes, que l'Union Européenne entend signer en urgence un accord d'association, dès le 21 mars. Le gag absolu c'est que ce sont les gouvernants ukrainiens qui sont obligés de freiner la signature, tant ils redoutent des troubles dans leurs régions orientales.

On remarquera, et appréciera, la pudeur de violettes de nos bons médias, discrets sur ces accords. Reuters est plus direct et titre "Berlin ouvre la voie à une coopération politique avec l'Ukraine".

L'article commence comme ça : "Le gouvernement allemand a approuvé un projet européen pour une coopération politique plus étroite avec l'Ukraine, indique une source gouvernementale, mercredi. 

Cette approbation devrait permettre à la chancelière Angela Merkel de signer la première partie d'un accord de partenariat lors d'un sommet de l'Union européenne cette semaine."

Ce média mal dégrossi a l'air d'insinuer que les 27 membres de l'UE seraient complètement à la remorque de l'Allemagne. On nous aurait menti ? Cela ne se peut.

*

Je ne sais pas si l'Europe c'est la paix, mais qu'est-ce qu'on rigole...


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Jeudi 13 mars 2014 4 13 /03 /Mars /2014 21:48

Un journaliste indépendant, sur le Huffington Post, balaie l'ensemble de l'affaire ukrainienne.

Tout y passe : les USA ont délibérément voulu soustraire l'Ukraine à l'emprise russe, quasi-directement fomenté un coup d'état, permis l'accès, dans le nouveau gouvernement, à de véritables néonazis...

Ce qui est intéressant c'est que pour étayer chacun de ses points il a recours à des sources ou avis très autorisés : un prof à Princeton, la BBC, un universitaire suédois etc.

 

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Sa conclusion est lapidaire :

"Que ce soit des moudjhahidines ou des néofascistes, Washington a le goût d'encourager des combattants clandestins, en les affublant généralement de noms tels que "combattants de la Liberté", pour satisfaire les besoins à court terme de la géopolitique américaine, alors même que ces factions agissent à l'opposé des intérêts à long terme des USA".

J'ajoute que ce qui change, c'est qu'à chaque manipulation de ce type, le grand public se rend compte de la manoeuvre de plus en plus rapidement. 

 

 

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