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Parutions KIWI !

Jeudi 29 septembre 2005 4 29 /09 /Sep /2005 00:00

Barbara Vine (pseudonyme de Ruth Rendell pour certains de ses livres), a rédigé là un livre qui tient de l'histoire contemporaine, du récit familial et de l'enquête policière.
L'histoire contemporaine est retracée à travers le narrateur, un lord héréditaire en train de perdre son titre, du fait de la réforme de la haute chambre britannique menée par les travaillistes.
Le récit familial vient de ce que ce lord cherche à écrire la vie de son ancêtre, premier lord de la famille.
Enfin, il résulte de cette volonté de remonter aux sources une intrigue policière, puisqu'enfin quelques zones d'ombre subsistent dans la vie de ce digne ancêtre.

Qui trop embrasse souvent mal étreint. Barbara Vine aurait donc pu rater complètement son livre. On ne s'ennuie pourtant pas trop, même si on ne peut pas dire que ce soit d'un suspense haletant (on commence à comprendre qu'il y a du louche à peu près vers la page 300. Ceux qui aiment être accrochés à la page 2 râleront un peu...) Il faut donc aimer l'atmosphère de l'Angleterre victorienne et le contraste avec celle de Blair que Barbara Vine fait ressortir de façon finalement assez réussie.


 
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Dimanche 25 septembre 2005 7 25 /09 /Sep /2005 00:00
Depuis plusieurs mois, une fondation inconnue, l'ESAG (European Security Advocacy Group), fait de la publicité contre le terrorisme. Le Journal du dimanche, Libération, pour ce que j'ai pu en voir, mais il y en a sans doute d'autres, publient régulièrement des encarts émanant de cette organisation, avec pour but de sensibiliser les populations à la lutte contre le terrorisme.
(Pour voir la collection complète des bulletins publiés : http://esag.info/article.php3?id_article=80 )

On y trouve des appels à la vigilance contre le terrorisme pour "vous aider à vous impliquer dans la lutte."

Quelques extraits significatifs :

L'Europe est en retard contre le terrorisme : "...En Europe, les opérations d'Al Quaida [sic] se sont développées plus vite que dans toute autre partie du monde. Un seul chiffre : dans les deux années qui ont suivi le 11 septembre 2001, plus de 200 terroriste présumés ont été arrêtés en Europe - plus que sur les autres continents..." Que l'on sache cependant, les arrestations peuvent aussi être preuve d'efficacité, et le bilan du terrorisme reste, à ce jour, plus lourd aux Etats-Unis qu'en Europe.

Les nations ne doivent pas résister à l'Europe : "...l'Union Européenne a proposé par exemple que les forces de police nationales soient autorisées à faire la chasse aux terroristes qui fuient se réfugier dans un pays voisin. Mais les lois de certains pays n'ont pas encore été modifiées dans ce sens..." Il n'est peut être pas apparu aux obscurs commanditaires de cette propagande abjecte que les pays en question ont peut-être des réserves sur l'opportunité d'adopter telle ou telle politique privatrice de libertés - car c'est aussi bien souvent de cela qu'il s'agit en la matière.

Bref, cette campagne veut inciter à toujours plus d'Europe pour toujours plus de mesures anti-terroristes (simple rappel, le texte du projet de traité comprenait onze mentions du terrorisme ou des terroristes).

En quoi est-ce gênant ? C'est gênant d'une part parce que ces encarts n'apportent aucun élément précis au débat. Ensuite parce que les mesures préconisées, d'ordre à la fois législatif et européen, n'apporteront pas forcément plus d'efficacité qu'une organisatioin policière efficace (il a suffisamment été dit au moment du 11 septembre que les polices européennes auraient sans doute été plus efficaces que la police américaine pour arrêter ces attentats).

Enfin, il est très gênant qu'une campagne aussi organisée, coûteuse et pérenne, émane de parfaits inconnus. Voilà les renseignements qu'on peut trouver sur cette organisation sur le site www.esag.info : "Le conseil d’administration actuel représente six pays différents [...] la Fondation ESAG ne révèle pas les noms des personnes ou des organisations qui consacrent leur temps et leurs ressources financières à cette cause." De vagues problèmes d'assurance sont invoqués pour justifier que même la nationalité des membres du Conseil d'administration ne soit pas diffusée ! Pourrait-on découvrir à cette occasion qu'un, deux ou six américains se seraient glissés parmi eux ? Voilà des personnalités qui ont de quoi financer la parution de plus de soixante encarts publicitaires dans la presse européenne et ce pendant plusieurs mois et qui ne peuvent même pas annoncer leur nationalité par peur de problèmes avec leur assureur ?!

Pourquoi donc ne pas voir la main de la CIA dans cette campagne. Après tout, cela ne fera que confirmer le fait que les USA soutiennent évidemment la construction européenne et un élargissement à tout crins (Turquie, Ukraine...) Et il ne faut pas s'interdire de temps en temps de voir un complot, ou de la propagande, quand on l'a sous les yeux (on peut lire aussi la lettre volée, fameuse nouvelle d'Edgar Poe, aux Etats-Unis comme ailleurs).

Enfin, dans Irak, le chaudron cassé, Slavoj Zizek écrit : "aujourd'hui, le rejet critico-idéologique, plein de suffisance, dont sont victimes tous les complots, traités en simples fantasmes, pourrait bien constituer l'idéologie suprême..." Dernière raison de réfléchir un peu au sens et à l'origine de cette vaste campagne, au sujet de laquelle les journaux, concernés ou pas, devraient également s'interroger, pour, éventuellement, refuser de prêter concours à une entreprise de manipulation.




18/1/2006 : trouvé un article d'Infoguerre là dessus, qui confirme un lien vraisemblable avec les services américains
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Jeudi 22 septembre 2005 4 22 /09 /Sep /2005 00:00

Pour s'offrir quelques minutes d'antiaméricanisme primaire, un site gouvernemental américain sur que faire en cas d'attaque terroriste.


Un extrait, sur le risque nucléaire :

"Use available information to assess the situation. If there is a significant radiation threat, health care authorities may or may not advise you to take potassium iodide. Potassium iodide is the same stuff added to your table salt to make it iodized. It may or may not protect your thyroid gland, which is particularly vulnerable, from radioactive iodine exposure. Plan to speak with your health care provider in advance about what makes sense for your family."

En gros, en cas d'explosion atomique, prévoir d'avoir consulté avant son médecin de famille pour savoir si l'ingestion d'iode peut faire quelque chose... Finalement mieux vaut décréter que les nuages nucléaires s'arrêtent aux frontières françaises, comme pour Tchernobyl.

Blague à part, outre que le site www.ready.gov émane de la FEMA, dont l'incompétence contre l'ouragan Catrina a été remarquée, c'est à se demander si l'intérêt n'est pas en réalité d'entretenir aux USA un climat permanent de terreur, propre à toutes les manipulations.


C'est un peu la thèse de Slavoj Zizek dans son livre sur l'Irak, et le site en est une bonne illustration.


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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /Sep /2005 00:00
Le titre original de ce succés planétaire est "How to win friends and influence people", qu'on peut traduire approximativement  par "comment conquérir des amis et influencer les gens". Le titre ainsi précisé, on est plus près de "l'art de la guerre" que du manuel pour mélancolique isolé.

Et, en effet, il s'agit d'un manuel de savoir vivre revu à la sauce anglo-saxonne. Il ne s'agit donc plus de l'étiquette versaillaise mais bien d'apprendre à convaincre des clients récalcitrants, à demander une augmentation ou autre événement courant de la vie professionnelle. C'est très bien fait et Carnegie a truffé son ouvrage de références, dont certaines datent (la première édition est de 1934), mais où on trouve cités à l'occasion Freud où William James.

Dans un format court, on trouve pas mal de rappels de bon sens bien illustrés, dont la finalité ultime et commune est de pousser à arrondir les angles : "Sachons bien que la critique est comme le pigeon voyageur, elle revient au départ". Moins commun "je juge les gens selon leurs principes à eux, et non les miens", de Martin Luther King (qui avait 5 ans lors de la parution de la première version du livre, mais les versions suivantes ont été enrichies).

Le livre fourmille de cas, tirés des cours donnés par Carnegie lui-même, ce qui entraîne une accumulation parfois lourde de détails incongrus : "Dorothy Wrublewski, directrice de la succursale de Fort Monmouth, dans le New Jersey, de l'Union fédérale de crédit, a raconté lors d'une séance de notre entraînement comment elle a pu aider l'une de ses employées à devenir plus efficace..."

On peut voir dans le livre une méthode cynique d'entraînement à la manipulation "...Il en faudrait si peu, pourtant, un instant de réflexion, quelques bonnes paroles, un effort sincère pour nous oublier et comprendre les autres, il en faudrait si peu pour adoucir les coups que nous sommes obligés de porter. Souvenons-nous de cela la prochaine fois que nous aurons la détestable tâche de licencier du personnel..."

Cette limite mise à part, les 250 pages du livre peuvent être utiles à tirer profit de nos interactions quotidiennes dans un cadre essentiellement professionnel.




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Dimanche 18 septembre 2005 7 18 /09 /Sep /2005 00:00
Fort et déprimant. Très formel et touchant. Superbe.
Une histoire de drogues ambitieuse, tirée d'un roman de Hubert Selby Junior. On peut y trouver, un peu comme dans Elephant, de Gus Van Sant, une tentative d'explication d'un fait divers, sauf que les faits divers sont deux ici. Il s'agit du destin d'une mère et de celui de son fils, dont l'un et l'autre vont mal se terminer. La mère est droguée à la télé d'abord, puis aux amphétamines. Le fils se drogue à des choses plus dures. En quatre saisons, de l'été à l'hiver, Aronofsky raconte leur déchéance.

Le message est ambivalent : on peut voir dans le film un simple "la drogue c'est de la merde". Il est cependant très clairement montré que les présentateurs d'émissions débiles, les médecins pressés de faire du fric, contribuent à vider la vie des gens de leur substance. Pas étonnant ensuite que leurs enfants aient du mal à se projeter de façon dynamique dans un futur qui soit le leur.

Il y a beaucoup de très belles scènes, c'est à la limite du formalisme ou du maniérisme de temps en temps, mais c'est un choc. Et les acteurs sont excellents, avec une prestation de Ellen Burstyn spécialement impressionnante - elle a, dans les scènes de la fin, une tête qui tient plus du crâne que de l'humain vivant.
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