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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 23:27

Un très bel article sur une délocalisation européenne, pour laquelle le protectionnisme européen ou le buy european act ne feront rien.

Une usine ferme à Dunkerque, qui fabrique des meubles pour Ikea. Une usine roumaine, dont le propriétaire est le même, voit dans le même temps, sa production tripler.

L'article est à lire en entier. Un extrait :

"Anne, elle, garde ses sous pour rejoindre son amoureux. Même quand elle plante des clous sur la chaîne, le bonheur de cette future maman irradie. Il faut dire qu’elle a connu des moments plus difficiles… en Roumanie. Elle n’est pas la seule de GSD à être allée transmettre son savoir-faire aux ouvriers roumains. David s’est également rendu sur place à plusieurs reprises : « Au début, on a fait de la formation à distance, ensuite, on y est allés. Les Roumains peuvent produire mais, au niveau du développement, ils sont mauvais. Je savais qu’on se tirait une balle dans le pied en leur transmettant notre savoir-faire, mais, que voulez-vous ? Les ordres sont les ordres. » Gwendoline a, elle aussi, été envoyée dans l’usine roumaine, mais pour y réparer les machines. Il faut dire qu’elle les connaît bien, ces machines, car, avant d’être envoyées en Roumanie, elles se trouvaient à Dunkerque." (les prénoms ont été changés).

 


 

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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 07:00

Cette mesure a été proposée par Sarkozy pour obliger les pouvoirs publics à acheter "européen" de préférence.

D'autres ont souligné les limites intrinsèques de la mesure, notamment Alexandre Delaigue.

Une première raison de rejeter la mesure, peu efficace.

Plus au fond, ce projet est aussi une façon de faire accroire à l'existence d'un intérêt général européen, lequel ferait que le protectionnisme que l'on rejette au niveau national parce qu'il est infâme et relève de l'abomination nationaliste, se transcende en noble intention dès lors qu'on l'affuble du qualificatif européen.

Un projet de loi "achetons français" serait infâme, mais buy european c'est super chic.

Deuxième raison, symbolique, de rejeter cette idée.

Troisième raison : il ne faudrait pas oublier que la concurrence interne à l'Union européenne et à la fois féroce et biaisée.

Juste un exemple au hasard, le collectif anti-dumping européen monté par des producteurs de la filière viande. Ils dénoncent la concurrence déloyale que leur fait l'industrie allemande (cf. le dossier de presse) :

"Les emplois dans l’industrie allemande de la viande sont massivement couverts par des intérimaires étrangers, mis à disposition par des sociétés prestataires de service ayant leur siège hors  d’Allemagne et qui  facturent une prestation à l’industriel.  Le coût pour ces entreprises est sensiblement plus faible qu’avec l’emploi direct des ouvriers allemands, et surtout que chez le voisin danois. Les travailleurs viennent de différents pays de l’est de l’Union européenne (Pologne, pays baltes, Roumanie...) et parfois hors de l’UE."

collectif.gif

Pour terminer, ce collectif a noté que Jean-Luc Mélenchon appuie la démarche contre le dumping interne à l'Union européenne. Je relève pour ma part que Mélenchon approuve le principe d'un protectionnisme européen, défendant ainsi de façon un peu curieuse une mesure qu'il jugerait nationaliste au niveau français, ou en tout cas qu'il a renoncé à prôner au niveau français, montrant qu'il abandonne définitivement la politrique commerciale à Bruxelles.

C'est d'ailleurs une des attitudes pénibles du Front de gauche actuellement : pour se démarquer du FN, on taxe de "nationaliste" toute mesure qui voudrait redonner à la France des marges de manoeuvre (la sortie de l'euro, entre autres). Comme si la France n'était pas une démocratie, comme si les éloges de la République qu'on lit par ailleurs sous la plume du Sénateur - et d'autres -, ne valaient que comme hommage à un passé révolu. Comme si, dans le même temps où l'on valide un "égoisme sacré" européen, il fallait absolument villipender un "égoïsme national".

Mais l'égoïsme national républicain que nous nous refusons aujourd'hui - je ne parle pas de l'égoïsme ethnique proné par le FN - était incomparablement plus démocratique que le règne technocratique que l'on nous prépare. 



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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 17:04

Un article de Bruno Amable, professeur d'économie à Paris I, dans Libé, il y a déjà quelques jours.

Il commente le passage du mécanisme européen de stabilité, qui instaure une "solidarité" qui sera payée de l'abandon nécessaire de toute protection sociale :

"Le traité instituant le MES et le TSCG signifie deux choses : premièrement, l’instauration et, de préférence, la constitutionnalisation d’un régime strict d’orthodoxie budgétaire qui, compte tenu de la crise actuelle, implique une période d’austérité sévère et durable ; deuxièmement, un abandon significatif de la souveraineté nationale non seulement en matière budgétaire mais aussi dans tous les domaines susceptibles d’être la cible des «réformes structurelles» qu’exigeront d’un pays en difficulté les partenaires européens et la Commission.

Les deux éléments se complètent : l’austérité déprime l’activité, exacerbe les problèmes de chômage et de financement de la protection sociale ce qui facilite la mise en place des «réformes structurelles».

 

Article à lire en entier sur le site. La conclusion, pour réchauffer l'atmosphère : "Le modèle néolibéral est en train de gagner la guerre qui l’oppose au modèle social européen, sans que ceux qui devraient être les défenseurs de ce dernier jugent utile de combattre."

Là, Amable fait un contresens courant, il n'y a en effet jamais eu de modèle social européen. Il y a eu des modèles sociaux mis en place par ces chiens d'état nation européens après 1945. L'Union européenne, elle, n'a jamais été sociale.

Par ailleurs, Amable cite une interview de Mario draghi qui aurait pu faire un peu plus de bruit encore. Le gouverneur de la banque Centrale européenne, élu par personne, passé par Goldman Sachs et probablement plus puissant que le prochain président de la république français dès lors que le prochain président ne voudrait pas sortir de l'euro, y explique sa conviction que le modèle social européen c'est mort. C'est à lire (en anglais) sur un blog du Wall Street Journal



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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 16:40
En matière de politique étrangère, quelle est votre grande inquiétude ?

Personne ne regarde le grand Moyen-Orient. Nous avons une stratégie américano-anglaise, acceptée par les autres, et notamment par nous, de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même de faire un peu de provoc de temps en temps. Comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne.

Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l’ONU, contre en gros l’Occident et ses clients. Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n’ai jamais eu aussi peur.

 

Libération, 2 mars 2012

 

L'Europe a une stratégie américano-anglaise, et face au risque d'une troisième guerre mondiale elle se tait. Le problème est que les USA sont l'inspirateur de cette guerre et que l'Union européenne ne peut pas se retourner contre son créateur et parrain. Si l'Union ne sert pas à rééquilibrer le jeu international, elle ne sert à rien.

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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 16:36

Au risque de fâcher une fois de plus M. Luigné, je rends compte rapidement d'un appel récent du Parti communiste grec, assez virulent à l'égard du PCF - auquel Mélenchon est allié pour cette campagne.

Ce blog ayant un lectorat étroit mais motivé, pas mal de gens m'abonnent à des lettres d'information diverses - souvent opposées : je reçois ainsi régulièrement des appels à défendre l'Islam maltraité et d'autres à exercer ma vigilance contre l'Islam maltraitant (salut Gérard).

Là, j'ai reçu un billet du blog "Solidarité Internationale PCF", dans lequel on lit une lettre cinglante du PC grec qui invite Pierre Laurent, du PCF, à "éviter les larmes de crocodile" sur la Grèce.

Au départ, un texte de Pierre Laurent "défendant" la Grèce, maltraitée par les dirigeants européens.

Pierre Laurent y recourt à une tactique courante de la gauche de gauche alter-européenne : s'en prendre à des gris-gris sans toucher à l'essentiel (de la même façon qu'on tape sur les agences de notation sans évoquer le désastre de l'euro).

En l'occurrence, Laurent fustige le plan de rigueur imposé à la Grèce par la méchante troïka (Commission/BCE/FMI) et le méchant Sarkozy.

Ce que répond le PC grec à Pierre Laurent est plus radical, au sens premier du terme :

"Toutes ces mesures se trouvaient plus ou moins dans les programmes du PASOK et de la Nouvelle démocratie, et avaient par ailleurs été prévues par les traités européens, en commençant par le traité de Maastricht. C'est la raison pour laquelle les classes ouvrières Grecques et Britanniques – et bien sûr toutes les autres – ont une si mauvaise opinion de l'UE et de son rôle anti-populaire."

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Pierre Laurent vise des bouc émissaires mais évite soigneusement de s'en prendre à l'Union européenne. Le PC grec tient à lui mettre le nez là où réside le vrai problème :

"Le président du PGE parle d'une « mise sous tutelle » de la Grèce par la Troïka. Est-il au courant que la classe bourgeoise grecque accepte consciemment depuis des décennies de participer aux unions impérialistes de l'OTAN et de l'UE, et que sa participation dans le cadre de relations inter-dépendantes, prévoyait la concession de droits souverains à l'UE et à l'OTAN ? Sait-il que, par exemple, la Politique agricole commune (PAC) ne laisse aucune place à un développement dans le secteur de l'économie agricole qui aille dans les intérêts du peuple ? Il faudrait lui rappeler que la Grèce avait, avant de rejoindre la CEE-UE, un excédent commercial agricole, alors qu'aujourd'hui, à cause de la PAC, elle importe même certains produits agricoles qui sont cultivés en Grèce, tandis que des centaines de milliers de petits et moyens agriculteurs ont rejoint l' « armée » des chômeurs."

Le PC grec enfonce le clou :

"L'entrée de la Grèce dans l'UE, que le président du PGE évite de mentionner[...] constituent l'origine de l'inflation de la dette publique et des déficits pour lesquels le peuple Grec ne porte aucune responsabilité."

 

Et pour que ce soit encore plus clair, le PC grec accuse le PCF (et le Front de gauche puisqu'il est aussi membre du Parti de la Gauche Européenne), de s'être vendus à l'Union européenne :

"Bien sûr, ces « omissions » réalisées par le président du PGE ne nous inquiètent pas, car nous savons très bien que le PGE a prêté un serment d’allégeance à l'UE, et est généreusement financé en tant que « parti européen », c'est-à-dire en tant que parti qui accepte les « principes » de l'exploitation capitaliste qui caractérisent l'UE – cette alliance prédatrice des monopoles. [...] Le PGE, en soutenant l'UE et son système d'exploitation, a choisi son camp. Pour cette raison, il constitue un instrument dans la mutation des Partis communistes et dans la liquidation de leurs caractéristiques communistes. Il ne pose aucun problème aux adversaires de la classe ouvrière et des couches populaires en Grèce, peu importe le nombre d'appels qu'il puisse publier."

 


 

En gros, le PCF, le Front de gauche et l'ensemble des partis membres du Parti de la gauche européenne amusent la galerie et permettent de servir de caution sociale à l'Union européenne.

 

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Le texte du PC grec invite à abolir le capitalisme, je ne les suis pas sur ce point, mais j'approuve en revanche entièrement leur appréciation du rôle du PCF et du Front de gauche.

Il est absurde de persister, contre toute évidence, à prôner une évolution positive d'un système européen, dont chaque jour qui passe montre qu'il est fait pour avancer sans soutien populaire, au bénéfice exclusif des grands groupes et des quelques organisations censément de gauche mais enivrées de strapontins européens (Pierre Laurent n'a jamais été élu au suffrage direct en France, mais est Président du Parti de la Gauche Européenne, financé par l'Union européenne).



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