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Films & musique

Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00
Tout d’abord, Fahrenheit est plus sobre que d’autres films de Moore. Il contient plus d’informations que dans les précédents. Ces informations sont par ailleurs mises en perspective et permettent de prendre toute la mesure de la puissance de la droite conservatrice américaine : n’importe lequel des mille et uns mensonges de Bush et de son équipe aurait valu une procédure d’impeachment à Bill Clinton. Bush, lui, continue de parader haut dans les sondages à deux mois de la présidentielle.

Un lecteur assidu de la presse n’apprend peut-être pas grand chose, comme l’ont rappelé certains critiques du film et de la palme attribuée à Cannes. Il n’empêche que l’ensemble des faits rappelés, associé aux images choisies par Moore, produisent un effet difficilement descriptible sur le spectateur : l’impression de comprendre, au plus profond de soi, la logique d’un moment de l’histoire – on aimerait trouver l’équivalent pour la construction européenne et l’impasse dans laquelle elle se trouve aujourd’hui...

Trois jours après, de mémoire, je me souviens encore, grâce au film, que l’Arabie Saoudite détient aux Etats-Unis l’équivalent de 7% de Wall Street.

Je me souviens également que c’est un cousin de Bush qui fut le premier à annoncer, sur une chaîne américaine (Fox News), que Bush emportait la Floride - ce qui était probablement faux.

Je me souviens du défilé pathétique de représentants noirs américains, membres du Congrès, annonçant qu’ils n’ont pu trouver aucune signature de sénateur pour demander un recompte des voix en Floride.

Je me souviens d’images atroces de civils irakiens et américains blessés ou tués, qui n’ont plus rien à voir avec les jolis feux d’artifice que l’on présente habituellement au journal télévisé.

Je me souviens de ces recruteurs brillamment costumés qui recrutent sur les parkings des banlieues les plus miteuses de la chair à canons pour l’armée américaine.

Pour toutes ces scènes, le film méritait vraiment la récompense qui lui a été décernée. Et pour prolonger la vision du film, le site de Michael Moore.
 
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