Quelques lignes pour signaler un très bon article de François Asselineau sur Hugo Chavez :
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-venezuela-avant-et-apres-hugo-132129
Quelques lignes pour signaler un très bon article de François Asselineau sur Hugo Chavez :
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-venezuela-avant-et-apres-hugo-132129
Suite à une question sur mon billet précédent, j'ai cherché quelques éléments supplémentaires sur le référendum alsacien.
Il s'agirait de fusionner départements et régions.
Ma réaction instinctive est de rejeter ce projet.
La région Alsace a déjà obtenu de négocier directement avec Bruxelles les attributions de fonds européens.
C'est une des régions françaises la plus culturellement forte, à l'identité la plus marquée (même s'il faut avoir pénétré dans une librairie locale, être tombé sur le rayon des Malgré-Nous pour comprendre qu'il y a une grande douleur d'être alsacien probablement, ou un malaise toujours présent).
Cette réforme peut donc être comprise comme un petit pas de plus vers une indépendance, ou une forte autonomie, comme en Catalogne.
Même chose avec la scission du département du Rhône et la constitution de Lyon en "métropole européenne", on a l'impression qu'il s'agit, pour les détenteurs du pouvoir parisien, de cajoler quelques féodaux en leur donnant des miettes de la république française en cours de démantèlement (belle phrase de Philippe Richert, président du Conseil Régional d'Alsace : "Paris nous laisse plutôt faire. A nous d'y aller". Paris, en effet, ne sait plus faire que cela : laisser faire.)
On aboutit à la constitution de satrapies locales, où l'arbitraire est bien pire que celui de la république honnie (par les régionalistes les plus virulents).
Il faut avoir connu le pouvoir de Georges Frêche, Septiman le terrible, pour savoir ce que cela peut recouvrir de porte ouverte au pouvoir personnel le plus abrupt.
J'entendais il y a peu que des subventions publiques du Conseil régional de Poitou-Charentes s'appellaient "bourses régionales désir d'entreprendre" : comment dire de la façon la plus directe que recevoir cette bourse c'est faire allégeance à la galaxie désirante de Dame Ségolène ?
Mais tout ceci ce n'est que réaction instinctive.
Et des alsaciens ont apparemment des éléments de réflexion plus précis.
La réforme est, par exemple, censée simplifier les collectivités alsaciennes.
En réalité, comme le montre le blog de Mathieu Lavarenne, la simplification est en réalité complexification, tant il a fallu concilier les intérêts des baronnets locaux - cf. schéma ci-dessous, recopié sur le site que les lecteurs intéressés liront plus avant. On remarque que les départements sont transformés en conférences départementales et que le paysage final n'a pas l'air plus simple que le précédent...
Il y a même une nouvelle version et des complications, puisque Hollande a annoncé à Strasbourg que la ville allait être dotée d'un statut de "métropole européenne". Le schéma devient encore plus rigolo :
Les autonomistes les plus radicaux salivent déjà en Alsace. L'association Unsri Heimet prépare déjà l'absorption de l'Allemagne par l'Alsace : " le destin de notre petit pays [...] est européen, tourné durablement vers l'autre rive du Rhin et non derrière les Vosges".
Jeune Alsace, mouvement associé à Unsri Heimet.
Il ne s'agit pas de nier que le schéma territorial napoléonien a peut-être besoin d'un coup de pinceau. Mais si la réforme alsacienne est le prototype de la future organisation de la France, pourquoi est-ce aux seuls alsaciens, le 7 avril, de décider du futur de nos territoires, comme on dit maintenant ?
Si la réforme passe, avec celle de Lyon, et d'autres à venir, il n'y aura plus de citoyens français. L'un sera ressortissant de la satrapie d'Alsace, l'autre citoyen de la bonne ville de Lyon, le troisième dépendra de l'eurorégion du pays basque. L'essentiel restera que tous ne seront plus soumis, in fine, qu'à Bruxelles, Paris ayant disparu du paysage en tant qu'autorité légitime.
C'est peut-être une bonne chose que ce projet fédéral européen. Mais les partisans d'un tel projet avancent masqués. Les éléments d'un redécoupage/dépeçage de la république se présentent de façon discrète, subreptice, comme en toute chose européenne, à petits pas.
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La nullité absolue de l'équipe Hollande sur ce sujet se comprend dans la position du maire PS de Strasbourg, Roland Ries, qui va probablement voter Non au projet,(avec des arguments assez clientélistes) et qui ne comprend pas le chèque en blanc laissé par Paris à des élus locaux alsaciens majoritairement de droite. Le projet est si mal ficelé, au passage, que personne ne sait ce qu'il restera des préfectures départementales en cas de oui.
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Le vote aura donc lieu le 7 avril. Je ne voterai pas non, n'étant pas alsacien, mais le coeur y sera.
Un ami m'a reproché mon billet précédent, me disant que répercuter la cuisine interne de l'UPR, ce petit parti, allait faire perdre son rang qualitatif à ce blog de haute volée, celui que vous lisez juste à ce moment.
Nombre de sujets mériteraient quelques lignes en ce moment :
- le prochain référendum alsacien (le démantèlement du pays s'effectue dans la plus grande discrétion, personne n'en parle. Lire quand même le M'PEP ou le message de Gilles sur un forum de discussion) ;
- les attaques contre l'inspection du travail (si quelqu'un a un article clair sur la question, je suis preneur) ;
- l'accord interprofessionnel sur l'emploi (je pense qu'il permettra peut-être de retarder quelques licenciements, mais ne fera rien contre la dépression économique européenne) ;
- la nouvelle loi Fioraso sur la recherche, qui avance discrètement, avec de très probablement de très grosses régressions en perspectives.
Chacune de ces "réformes" mériterait de longs développements. Elles ont cependant toutes deux points communs :
1. Elles sont sous-tendues par l'idée qu'il faut réduire la dépense publique, quitte à réduire le service aux usagers. Baisser le nombre d'élus locaux, de contrôleurs du travail, d'universités, ou baisser les salaires des salariés à travers l'ANI, toutes ces "réformes" sont nettement régressives.
2. Toutes ces réformes ont un arrière-goût européen. D'abord parce que l'Europe impose une pression constante pour réduire les dépenses et revenir à un déficit de 3%. Ensuite parce que l'Europe pousse toujours à l'affaiblissement de l'Etat, au renforcement des régions (si possible à leur sublimation en euro-régions), au renforcement des pouvoirs des grands groupes (on pourrait ajouter, marginalement, le fait que la réforme Peillon sur les rythmes scolaires fait encore basculer des compétences nationales vers les communes).
Il ne s'agit pas que de réduire les budgets. L'objectif est véritablement de réduire à rien les structures qui portaient habituellement ces budgets, et de faire émerger un maximum de pouvoirs face aux états-nations.
J'ai parfois tendance, je le reconnais bien volontiers, à mépriser les opposants à chacune de ces réformes, qui peinent à dégager leur cohérence d'ensemble.
Mélenchon s'est saisi du sujet ANI, l'Inspection du travail c'est Filoche qui mène l'opposition, les chercheurs se défendent contre Fioraso, et quelques élus locaux, ainsi que le M'PEP, s'intéressent aux réformes alsaciennes.
Chacun d'entre eux fait sa petite cuisine dans sa petite marmite, sans jamais pointer la logique européenne de ces réformes. J'ai tendance à penser qu'en rejetant, en bloc, l'Union européenne, l'UPR est plus dans le vrai que chacun de ces mouvements qui ont l'air de défendre leur chapelle, et prêtent donc trop facilement le flanc à l'accusation d'immobilisme.
Je voulais juste citer ces sujets mais je m'aperçois que je les ai déjà pas mal commentés. Au départ, je ne souhaitais que renvoyer à un texte fort intéressant de François Asselineau, sur le Fespaco, le festival panafricain du cinéma.
En pointant la quasi-absence pitoyable de la France, remplacée par des fonds européens et américains, en reliant cette évolution aux accords Blum-Byrnes, l'UPR renoue avec le rôle d'intégration de différents mouvements à un combat politique global, celui de l'affirmation des indépendances nationales. D'autres mouvements qui ont parfois ma sympathie n'arrivent pas à dégager une telle cohérence, et sont bien en peine d'aller au delà de la dénonciation des riches et des banquiers, ou de la dénonciation du péril étranger, côté extrême-droite.
La conclusion du texte de l'UPR :
"Alors que s'achève le 23e FESPACO dans la quasi-disparition de la France et dans le silence plein de mépris de nos grands médias, je ne peux que redire ce que je disais hautement dans notre programme.
Il n'est pas normal que le cinéma maghrébin et africain n'ait JAMAIS sa place sur les grandes chaînes de télévision française. De même qu'il n'est pas normal que l'on n'y voit jamais non plus le moindre film japonais, chinois, russe, brésilien, indien, etc.
L'objectif de l'UPR n'est nullement de refermer la France sur elle-même, comme l'affirment si mensongèrement les européistes. L'objectif est au contraire de libérer les Français de la prison mentale que ces mêmes européistes leur ont imposée, en submergeant notre culture, notre télévision, notre radio de productions quasi-exclusivement de productions commerciales états-uniennes.
Ce n'est qu'en sortant de l'Union européenne et en ouvrant la France aux créations de toutes les cultures du monde que la France renouera avec son génie séculaire : celui d'une nation qui s'adresse à l'Universel."
Un mot rapide pour signaler l'arrivée à l'UPR, comme responsable des questions de défense, du colonel Régis Chamagne.
Voilà un ancien pilote de Mirage 2000, qui a rédigé un manuel de straégie aérienne, un républicain, qui opte pour l'UPR après avoir été tenté par le Front de gauche.
Son annonce est à lire sur cette page, je me permets juste d'en extraire une partie de la conclusion :
"J'ai découvert l'UPR par hasard.
C'est en visionnant les conférences de François Asselineau que j'ai entendu la théorie d'une Union européenne comme outil de la suprématie étasunienne. Compte tenu de mon parcours dans l'armée, il est symptomatique et affligeant que ce soit la première fois que j'aie entendu semblable décryptage de la situation. Pourtant, cette explication, très argumentée, a soudain mis du lien et donné de la cohérence à mes observations et réflexions antérieures.
Après quelques mois pour digérer cela, pour vérifier l’exactitude de certaines affirmations, et pour approfondir certains sujets, j'ai décidé d'adhérer à l'Union Populaire Républicaine – le seul parti de libération nationale - et d'y prendre des responsabilités en fonction de mes capacités.
Depuis lors, je constate avec bonheur que l'UPR rassemble des personnes venues vraiment de tous les horizons politiques. C’est un cas unique sur tout l’échiquier politique français et c'est une caractéristique qu'elle partage avec la Résistance française des années 1940 (et dont porte notamment témoignage le beau livre d'Henri Fresnay La nuit finira)."
Un copain me demande ce que je pense du score de Grillo en Italie. Il me semble que j'aurais voté pour ce populiste qui entend sortir de l'euro, si j'avais été italien.
Quelques lignes dans Libé ce matin, de Gianni Vattimo, philosophe italien, à propos du couple populisme/technocratie :
"l'esprit "antipolitique" que l'on peut reprocher au mouvement de Grillo en italie, mais aussi à tous les mouvements d'indignés, est surtout un phénomène lié à la politique des "techniciens". "
Le populisme n'est qu'une réaction face à une classe politique incapable d'offrir une alternative ou des choix opposés.
Comme le fait remarquer François Asselineau sur sa page facebook :
Quand la gauche rassure les marchés financiers, oui le populisme est inévitable, et même bienvenu. Je préfèrerais qu'un parti "de gouvernement" offre une réelle alternative, mais on ne peut assister sans réagir au désastre économique et social européen dont l'intensité s'accroit sans cesse.
Post scriptum : titre de la chronique de Thomas Piketty dans le libé de ce matin, "élections italiennes, l'Europe est responsable". CQFD. Piketty s'accroche à la possibilité de politiques coordonnées en Europe. Mais il voit bien que sans cela, qui ne viendra pas, nous allons vers des temps sombres.
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