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Politique

Mardi 16 septembre 2014 2 16 /09 /Sep /2014 22:39

Ce matin à France Inter j'entendais Serge Moati, s'affirmant "juif, franc-maçon et socialiste", vanter le sympathique Jean-Marie le Pen - auquel il vient de consacrer un livre.

Jusqu'ici les commentateurs qui évoquaient une dédiabolisation du FN faisaient une croix sur le père et pariaient sur la fille. Là on réhabilite directement le père.

Je n'ai pas lu le livre, ne le lirai probablement pas, et ai bien entendu Moati répéter qu'il fallait combattre le FN. Il a peut-être raison sur le fondateur du FN, et sans doute Le Pen est-il quelqu'un de cultivé, roublard, que Moati trouve sympathique après de longues années de fréquentation.

C'est le genre de remarque qu'on peut glisser en fin de conversation, avant d'aborder la météo. En faire un pavé et le présenter sur la radio nationale à l'heure où les enfants écoutent, c'est propre à désorienter l'électeur qui ne sait déjà plus très bien ce que recouvre le clivage droite/gauche.

Or l'électeur risque d'être encore plus lourdement perturbé.

Le graphique ci-dessous émane de Paul Krugman, qui compare l'Europe dans la crise des années 30 et la zone euro aujourd'hui.

Dans les années 30, on voit que le PIB avait plongé de presque 10% en deux années, avant de repartir. En 2008 (année 0 du graphique), le pib de la zone euro n'a plongé que de 6%, ce qui a fait dire, à l'époque, que la crise avait été bien gérée. Mais 6 années après, on se rend compte que le PIB de la zone euro est en retard sur celui des années 30 : il est toujours à 2% en dessous du niveau de 2008, alors qu'en 1936 il avait regagné 6%.

krug9-14.png

Il ne manque pas de commentateurs pour estimer que c'est la fin de la croissance, que c'est la faute aux banques ou aux 35 heures.

Krugman, lui, a tendance à penser que l'euro s'avère pire que l'étalon-or des années 30. 

Là où on rejoint la politique, c'est que Krugman fait ensuite le lien entre cette crise de croissance et la montée de partis extrémistes dans toute l'Europe.

Si l'on récapitule donc :

1. l'euro maintient ses membres dans une quasi-récession ;

2. Cette quasi-récession commence à ressembler à la crise des années 30, montée de l'extrémisme comprise ;

3. le moyen d'en sortir est d'en finir avec l'euro ;

4. ceux qui souhaitent rester dans l'euro contribuent à paver le boulevard front National, puisque ce parti est en France, le seul à avoir accès aux médias et à souhaiter en finir avec l'euro.

 

Poursuite de la crise aidant, on risque de voir beaucoup de choses bizarres dans notre paysage politique, pas seulement un gouvernement "de gauche" réduit à des politiques restrictives inutiles.

C'est probablement un élément qui me pousse à moins écrire ici, l'impression de regarder se dérouler un scénario stupide, dont je devine une fin pas sympathique. Ca doit être ça la fin de la fin de l'histoire.

 

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