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Parutions KIWI !

Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 14:00

Un copain me demande ce que je pense du score de Grillo en Italie. Il me semble que j'aurais voté pour ce populiste qui entend sortir de l'euro, si j'avais été italien.

Quelques lignes dans Libé ce matin, de Gianni Vattimo, philosophe italien, à propos du couple populisme/technocratie :

"l'esprit "antipolitique" que l'on peut reprocher au mouvement de Grillo en italie, mais aussi à tous les mouvements d'indignés, est surtout un phénomène lié à la politique des "techniciens". "

 

Le populisme n'est qu'une réaction face à une classe politique incapable d'offrir une alternative ou des choix opposés.

Comme le fait remarquer François Asselineau sur sa page facebook :

italie_wsj.jpg

 

Quand la gauche rassure les marchés financiers, oui le populisme est inévitable, et même bienvenu. Je préfèrerais qu'un parti "de gouvernement" offre une réelle alternative, mais on ne peut assister sans réagir au désastre économique et social européen dont l'intensité s'accroit sans cesse.

Post scriptum : titre de la chronique de Thomas Piketty dans le libé de ce matin, "élections italiennes, l'Europe est responsable". CQFD. Piketty s'accroche à la possibilité de politiques coordonnées en Europe. Mais il voit bien que sans cela, qui ne viendra pas, nous allons vers des temps sombres.



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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 13:36

Quelques lignes.

Sur OkeaNews, excellent site en français d'informations sur la Grèce (il faut une inscription gratuite pour accéder au contenu), l'interview d'un très haut fonctionnaire grec, ancien ambassadeur en Pologne ou au Canada, avant d'être responsable des affaires européennes :

"Nous n'avons pas six mois. Si l'UE veut changer quelque chose, ils doivent le changer hier. Nous avons même des problèmes à enterrer les morts parce que les gens ne peuvent plus payer les frais d'obsèques. Nous nous dirigeons sur la voie de la destruction. (...) La situation en Grèce est dramatique. Si nous poursuivons la voie de l'austérité, nous finirons par un désastre. Si la Grèce d'abandonne l'euro et revient à la drachme, la situation serait difficile, mais plus facile à gérer. Si nous devions revenir à la drachme, cela se ferait progressivement avec les deux monnaies en coexistence pour une période d'un an, ce que nous avons fait lorsque nous avons adopté l'euro. Mais avec une monnaie nationale, la Grèce sera en mesure de la dévaloriser et de rendre son économie plus compétitive."

Article à lire en entier pour comprendre à quel point les partisans de l'euro jusqu'au bout finiront par avoir du sang sur la conscience, à défaut d'en avoir sur les mains.

Pas de rapport complètement direct, mais juste pour ceux qui ne seraient pas convaincus du lien entre les politiques eurostéritaires (j'ose le néologisme) et la régression économique de la zone euro, un graphique de Paul Krugman, dans un article récent :

 

022313krugman1-blog480.png

Plus l'austérité est forte (en abscisses), plus la régression est forte (en ordonnées), avec une corrélation de 84%.

L'Europe va dans le mur, la question du moment c'est de savoir combien coutera le choc...

 

 


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Mercredi 20 février 2013 3 20 /02 /Fév /2013 00:23

Deux anecdotes et un point commun ne font pas une analyse.

Mais quand même.

J'avais déjà été un peu choqué que Hollande signe l'accord Google/éditeurs aux côtés d'Eric Schmidt. Je suis probablement un jeune vieux con mais voir le président de la république, et surtout ses communicants, présenter comme extraordinaire que le PDG d'une société américaine, fût-ce Google, condescende à poser à côté du chef de l'état m'avait un peu étonné.

Surtout que l'accord avait l'air de beaucoup satisfaire Google, ravi d'éviter une loi, et que Hollande a écarté d'une de ses habituelles blagounettes la question de savoir ce que fera Google après la durée de vie de ce fonds de 60 M€.

Aujourd'hui je lis dans les Echos que Hollande invite les entreprises françaises à "saisir les opportunités" en Grèce.

Il s'agit d'acter le fait que la France a échoué à impulser une relance européenne, et que donc la seule chose qui reste à faire - puisque la Grèce, un genou à terre, est à vendre - est d'en ramasser un maximum (lire l'analyse de Mediapart, dans la même veine, ou encore OkeaNews, encore plus direct).

Dans les deux cas, Hollande entérine l'impuissance publique, la sienne ou celle des autres, et ravale l'Etat, au rang de première entreprise de France. Juste une méga-boite, un peu plus grosse que les autres. 

L'idée que l'Etat puisse être d'une autre nature, supérieur à des entreprises qu'il surplomberait, encadrerait, semble avoir disparu. Sans quoi Hollande ne se serait pas assis à côté d'un Eric Schmidt pour signer un vague compromis commercial (tu me fous la paix et je te file 60M€ plus un coup de pub...), ni n'accepterait que l'on dépouille les grecs de leurs biens publics privatisés.

A travers ses diverses prestations, c'est, sinon au fond, du moins dans la forme, la dignité particulière du politique que brade notre chef de l'état PDG.

 

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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 22:40

tammet.jpg J'avais beaucoup aimé Je suis né un jour bleu et Embrasser le ciel immense, d'où j'avais retiré cette citation.

J'ai avalé ce troisième livre de Tammet. J'aime sa façon non d'expliquer les mathématiques, mais de montrer en quoi elles peuvent avoir une signification individuelle. Ou la façon qu'il a, en les expliquant, d'aider chacun à s'en approprier un morceau.

Par exemple, quand il explique que bien des cultures n'ont pas de mots pour désigner les grandeurs supérieures à deux, on se sent plus riche de notre système décimal.

Le lecteur littéraire sera également curieux de lire un chapitre convaincant sur la proximité entre rhétorique et mathématique ("En fait, sans les raffinements de la rhétorique, il n'y aurait pas eu de logique, et, sans logique, il n'y aurait pas eu ces mathématiques qui forment l'une des pierres angulaires de notre civilisation occidentale éprise d'empirisme. Avant ces entreprises intellectuelles et culturelles, il y eut la pratique de la persuasion, par l'argument et l'évaluation des pièces justificatives. C'est dans les tribunaux, avec leurs procès publics, que les bases de notre système de pensée furent posées.") En relisant cette phrase, je m'aperçois que l'on peut également la lire comme un hommage à la justice !

Plus loin : "Au milieu du XIXème siècle, plus de deux millénaires après Euclide, un juriste de l'Illinois transportait ses éléments dans sa sacoche. Il s'appelait Abraham Lincoln."

Autre chapitre sur les villes, où l'on apprend que le plan de construction en carrés réguliers de New York date de 1811. Je me suis souvenu en lisant cela que peu de temps avant, en 1789, l'Assemblée nationale avait refusé un découpage administratif de la France en carrés réguliers (le "projet Thouret"). Comme si le vieux monde avait laissé la place au nouveau en décidant de s'en tenir à un ordre "naturel" des choses.

thouret.jpg

Un passage très bon sur Tolstoï et le calcul différentiel et de multiples autres considérations sur la durée (de la vie) le rôle réel (nul) des moyennes statistiques, la place (excessive) des inégalités selon Keynes, la poésie japonaise... Tous les chapitres sont inégalement intéressants, notamment en fonction du degré de connaissance du lecteur (tiens, au chapitre lecteur, cette citation de Nabokov fournie par Tammet : "un bon lecteur, un grand lecteur, un lecteur actif et créatif est un relecteur"), mais dans l'ensemble c'est excellent.

Pour finir, encore une citation, d'une dame à laquelle Tammett, gagnant ses premiers salaires comme prof de maths à domicile, donnait des cours particuliers : "Il n'y a rien dont la moitié n'est rien".



 

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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 15:17

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