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Parutions KIWI !

Samedi 16 février 2013 6 16 /02 /Fév /2013 13:27

kahn.jpg Acheté dans une gare et lu en un trajet. JF Kahn est égal à lui-même : riche en formules qui font mouche, original dans les détails et ultra-conformiste en général.

Son idée première est qu'il nous faut une troisième voie, un gouvernement du bon sens, qui n'existe pas. En dehors de cet appel à la bonne volonté, on est bien en peine de trouver une idée forte chez JFK (et notamment, bien sûr, rien sur l'Union européenne et l'euro).

Après le 6 mai, Hollande est, selon Kahn, voué à s'engluer dans les non-choix socialistes. C'est assez bien vu. La suite, pour Kahn, c'est la montée du FN.

On peut y croire aussi, et comme commentateur du paysage politique national, JFK n'est pas mauvais. J'aime bien sa formule : "La limite de Jean-Luc Mélenchon ? [...] Avoir sacrifié la qualité des paroles à la force entraînante de la musique".



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Mercredi 13 février 2013 3 13 /02 /Fév /2013 23:51

Parfois il n'y a rien à analyser.

Le constat suffit :

Après que les industriels nous vendent du cheval à la place du boeuf, Bruxelles prendra tout son temps pour agir le moins possible : "Face aux demandes de la filière viande de rendre obligatoire la mention de l'origine de la viande dans les plats cuisinés, le commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs joue la montre." (Usine Nouvelle)

Faut dire qu'il va bien falloir manger toute la viande américaine traitée à l'acide lactique que les autorités bruxelloises viennent d'autoriser.

On se souvient que Bruxelles, en 2008, avait déjà autorisé les poulets traités au chlore.

On espère que les abeilles ne butineront pas lesdits poulets. En tout cas celles qui demeurent vivantes après que l'Autorité européenne de sécurité des aliments a reconnu que les pesticides systémiques étaient dangereux pour lesdites abeilles - sans aller jusqu'à interdire ces produits, faut pas rêver.

Notre santé est donc en de bonnes et européennes mains.

Notre économie aussi, avec Mario Draghi qui, doté d'une meilleure vue que notre bon président (celui qui s'alarmait d'une guerre des monnaies), affirme que "nous n'observons rien de tel". Il n'y a donc rien à faire dans ce domaine.

A se demander pourquoi un économiste taquin comme Patrick Artus affirme alors que "les européens ne veulent plus de l'Europe".

Allons, un truc aussi utile.

Apparemment on s'inquiète aussi côté institutions bruxelloises, car la remarquable sobriété dans l'action dont font preuve ces élus et fonctionnaires si utiles pourrait passer inaperçue.

Ils ont donc imaginé de consacrer un budget au suivi des débats européens sur Internet, "particulièrement dans les pays connaissant un regain d'euroscepticisme". Cela permettra ensuite à des fonctionnaires ou à des descendants des pères fondateurs d'intervenir dans ces débats pour "fournir des faits et des chiffres et déconstruire les mythes" (car il est bien connu que seuls des chiffres tronqués pourraient laisser croire que l'Union est un attelage funeste qui ne nous mène nulle part). Le Daily Telegraph est un peu sceptique sur le côté très légitime d'une telle intervention de l'administration européenne dans le débat politique. En tout cas la troll patrol européenne est bienvenue sur ce site, on verra qui véhicule des mythes !


Comment dit-on déjà dans le document cité par le Daily Telegraph ?

Ah oui : "Pour renverser l'idée que l'Europe serait un problème, nous devons répandre l'idée que la solution aux défis que nous rencontrons réside dans plus d'europe, pas moins d'europe". Indeed.

Plus d'Europe donc, pour plus de poulets chlorés, moins d'abeilles, plus de viande à l'acide, pour du cheval dans nos barquettes surgelées, pour un euro à deux dollars et autres bienfaits européens encore à venir.

 

j_aime_l_europe.jpg

Le surréalisme n'est pas mort, il bande encore

 

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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 21:29

Dans un billet synthétique sur l'euro, j'avais montré à quelle impasse aboutissait, pour les pays qui l'ont adopté, la rigidité des taux de change : une perte colossale de compétitivité.

Pour la réduire, là où autrefois on dévaluait, on doit aujourd'hui baisser les prix en baissant les salaires.

Vous n'avez pas entendu François Hollande en parler pendant la campagne électorale ?

Il était probablement occupé à combattre la finance.

Mais aujourd'hui ceux qui n'ont pas besoin d'être élus mais qui savent compter se rappellent à notre bon souvenir : Goldman Sachs vient d'inviter la France à réduire ses salaires de 33%.

Il faut ça en effet pour compenser la surévaluation de l'euro, et dans les pays du sud il faudra deux fois ça : une fois pour compenser la surévaluation de l'euro, une autre pour compenser les écarts de compétitivité internes à la zone euro.

Il faut s'appeler Goldman Sachs pour pouvoir écrire cela sans craindre les électeurs.

Notre bon gouvernement a, lui, des échéances électorales, et ne peut claironner que c'est en effet dans ce cadre général qu'il lui faut travailler.

Nous n'aurons donc pas de baisse des salaires de 33%, mais une lente diminution du pouvoir d'achat de tous les revenus.

Par exemple, nous dit Le Monde, le gouvernement trouve que les retraités vont devoir payer. Un autre papier du Monde nous apprend que "L'objectif est de rassurer Bruxelles et les marchés financiers".

 

Une dévaluation suffirait à faire rentrer des revenus et à renflouer nombre de caisses, publiques, privées et parapubliques.

Mais les minauderies ministérielles puis présidentielles françaises, qui ont visé à élever timidement la voix pour affirmer que peut-être l'euro était-il un chouia trop fort, n'ont reçu aucun écho.

Il faut dire que dès janvier les irlandais trouvaient déjà que M. Draghi, ex Goldman Sachs, en faisait beaucoup pour faire monter l'euro.

Peu importe, le porte parole de Mme Merkel a répondu à notre président que l'euro était "proche de sa valeur de long terme". Une bonne baffe et ça repart.

Et pour enfoncer le clou, un membre du directoire de la BCE vient de rappeler à la France son devoir de respecter la règle des 3%.

La France ne doit pas bouger, mais bien subir sa crise de très forte austérité sans bouger, jamais.

En fait, ce sont les grands qui vont s'occuper des taux de change.

Le patron de l'eurogroupe, qui a été préféré à notre Moscovici, a expliqué que les taux de change ça se discutait au G20.

Ca tombe bien, les USA viennent de dire qu'ils allaient profiter du G20 pour parler changes.

Moscovici pourra triompher en affirmant qu'on aura parlé taux de change au G20. en réalité, le seul taux de change qui sera discuté au G20 sera celui du yen, qui gêne les américains et un peu les allemands, car la baisse du yen obtient déjà des résultats spectaculaires en rétablissant les comptes de Toyota (heureusement, en France, nous n'avons pas de constructeur automobile qui aurait besoin d'une dévaluation pour rétablir ses comptes, on nous en aurait parlé).

 

Quand on suit ce qui se passe au jour le jour, qu'on le met en perspective, on ne peut pas ne pas voir que :

 

1. L'europe est un carcan bien pratique pour ligoter ses états-membres, sauf pour l'Allemagne et les Pays-Bas, qui conservent une relative marge de manoeuvre ;

 

2. Ce carcan est très pratique pour les USA (sans quoi certains états européens se soucieraient plus de la parité de leur monnaie avec le dollar) ;

 

3. en restant dans ce système, on ne peut qu'assister au lent déclin d'un pays qui a été une grande puissance industrielle.

 

4. tout cela dans le plus parfait silence du gouvernement, qui doit masquer l'ampleur de la farce grotesque dont nous sommes les dindons.

 

silence-on-ferme.jpg

 

 

 

 

 

 

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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 21:22

J'avais il y a peu égratigné le site de l'INA.

 

Apparemment ça ne fait pas de bruit, mais je note le passage régulier de lecteurs venant de l'INA.

 

Si ça sert à faire réfléchir un peu en interne et à supprimer ces publicités débiles entre deux archives poignantes, ce sera toujours ça de pris... Bonne chance aux gens intelligents qui doivent très porbablement subister dans cette maison...

 

snoop_ina2.jpg

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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 12:00

Jacques Julliard a changé d'église : parti du Nouvel Obs, il est venu pontifier chez Marianne.

Cet éditorialiste termine son couplet d'hier avec un appel à réformer le marché du travail :

"Il y a un effet un paradoxe dans les positions du conservatisme de gauche. Elles reposent en définitive sur une croyance aveugle dans les vertus de la croissance à un moment où, à défaut de réformes sociales, la croissance n'est plus automatiquement génératrice d'emplois."

Pour mémoire, la croissance française en moyenne depuis 2008 est inférieure à 1%. Jacques Julliard ne peut donc dire que la croissance n'est pas génératrice d'emplois, car en réalité il n'y a pas de croissance. Son raisonnement est parfaitement tautologique : la croissance ne crée plus d'emplois car il n'y a pas de flexibilité et vice-versa.

Quelle mouche a piqué ce brave homme pour qu'il conclue sa page hebdomadaire par une telle ânerie ?

Les élites françaises de gauche non conservatrices (la France de gauche qui gagne) ont en réalité décidé que l'Union européenne et l'euro étaient notre avenir.

Il est donc interdit d'imaginer que l'absence de croissance puisse être imputable à l'euro (cf. pourtant l'analyse de Nouriel Roubini , un des macroéconomistes les plus en vue du moment, sur les ravages de l'euro en Grèce ; ravages qui affectent également l'économie française à une moindre échelle comme je l'avais indiqué dans un article précédent.)

Voilà pourquoi, en gros, quand ça ne marche pas en France, c'est la faute à la gauche conservatrice qui n'a rien compris, tandis que la gauche qui gagne nous trace brillamment la route vers des lendemains qui chantent :

Que Vincent Peillon réforme les rythmes scolaires sans avoir le moindre euro pour financer des activités extrascolaires dignes, ce qui ne trompe personne, les instits qui trient le signal d'alarme sont décrits comme des conservateurs (cf. la lettre d'un instituteur twittée par André Gunthert).

Que Goodyear ferme un site à Amiens et c'est la faute à la CGT

Que quelques voix trouvent à redire aux accords sociaux récents, et Julliard s'élève contre les résistances à la flexibilisation du marché du travail (on remarque au passage que la gauche moderne de 2013 fonctionne au carburant intellectuel du RPR de 1986).

rpr-affiche-1977-d.jpg

      Déjà, en 1977, le RPR n'aimait pas les grincheux.

Je ne cherche pas qu'à égratigner la gauche dynamique et européenne qui a les faveurs de Julliard. Il y a pléthore de groupes qui ont décrété que l'urgence du moment c'est la séparation des activités bancaires de marché et des activités de spéculation, ou la lutte contre les "spéculateurs", ou le tirage au sort, ou la réduction du temps de travail.

Je crains fort que si l'euro continue à tuer la croissance, tous ces débats parfois intéressants n'aient qu'un rapport très lointain avec l'urgence du moment. Mais je constate, et Julliard n'en est qu'un exemple, nombreux sont les volontaires pour inviter les électeurs à regarder ailleurs.

 

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