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Jeudi 31 août 2006
Il a du talent Laurent Gloaguen, un billet de trois lignes posté à 1h du mat et voilà des commentaires à n'en plus finir, où l'on cite Paul de Tharse et les pères de l'église à tour de bras. Eolas y pousse un grand cri d'amour pour l'église catholique, aussitôt accueilli par des larmes d'émotion de Koz. C'est beau, allez voir.
 
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Jeudi 31 août 2006
Parfois je me prends de passion pour un billet, et je suis prêt à laisser dix commentaires tant qu'il me reste un argument. Comme le coucou, je fais alors mon nid chez les autres. C'est dommage quand même tous ces beaux arguments qui se perdent pour mon blog ! J'inaugure donc un noue velle catégorie de ce blog, "chez les autres", qui renverra à ce qui se passe ailleurs, sur des billets aux  commentaires enflammés...

Je résume donc deux échanges récents.

L'un avec Cacambo (il a, comme Versac, repris un personnage de notre littérature classique pour trouver son pseudo - j'ai cherché, spontanément je pensais que c'était une variation autour de la rue Cambon, siège de la Cour des comptes...), sur le sujet de la mobilité des fonctionnaires.

En gros, contrairement à l'éloge de la mobilité public/privé repris par notre anonyme ami, je suis pour une mesure simple : les fonctionnaires qui vont dans le privé doivent démissonner, point. Il y a une vingtaine de commentaires sur son billet initial, et j'ai conclu en constatant qu'il y avait peu de différences entre un fonctionnaire qui veut conserver ses avantages acquis et un cheminot attaché à sa retraite (sauf que généralement c'est le premier qui traite le second d'immobile - ou de moule).

Au passage, en relisant les commentaires, je me suis rendu compte que j'avais parfois emmêlé les commentaires de Cacambo avec ceux de Boah, qui passait par là.

L'autre avec Diego Melchior, qui avait rédigé un billet assez sidérant sur (en gros) "la nation, une erreur historique"  (billet au passage chaudement recommandé par Dominique Reynié, l'homme pour qui nonisme = nazisme). J'ai un peu discuté avec Diego, fort civil, auquel j'ai essayé de faire valoir que c'était bien de projeter l'Europe pour tous, mais que la Nation avait pour elle quelques références. Il m'a renvoyé à 11 lignes (dans wikipedia, sur l'état "post-moderne") qui sont censées justifier l'angélisme des Reynié, Negri et autres Quatremer, pour lesquels le plus simple face au chahut des Nations est de supprimer les nations. Ca me fait irrésistiblement penser au Didi de Tintin, qui voulait lui couper la tête pour l'aider à trouver la voie. Au passage, on apprend comme de bien entendu que le modèle pour l'Europe est bien l'Empire (austro-hongrois pour Melchior, qui reconnait que le multiculturalisme local était assis sur un autoritarisme certain).

Voilà, deux échanges intéressants en tout cas, dont je ne voulais pas priver mes lecteurs !
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Mercredi 30 août 2006
"Finalement, la guerre contre le terrorisme creuse le fossé entre "nous" et "eux". Nous sommes les victimes innocentes, ils sont coupables de crimes. Alors que nous ne remarquons pas que dans le processus nous devenons aussi coupables de crimes, le reste du monde s'en rend compte – une différence de perception qui affaiblit gravement la crédibilité et la position de l'Amérique sur la scène internationale." Georges Soros, L'aberration de la guerre contre le terrorisme.

Le reste de l'article ici.

Pour mémoire il y avait de nombreuses références au terrorisme dans le projet de constitution européenne, avec les même ambiguïtés que celles que relève Soros (difficulté de définition de la notion de terrorisme, prépondérance du pouvoir exécutif) etc...

Pour mémoire, le TCE contenait trois mentions de cette vague notion de "terrorisme"...
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Mercredi 30 août 2006
Une Opinion dans le Monde, sur ce qu'il faut pour sauver l'Europe, est signée "Zoé Magariños-Rey, a participé à la convention sur l'avenir de l'Europe en tant que représentante de la société civile". L'article n'a aucun intérêt.

Fort bien.

Curieux cependant de voir quel background était nécessaire pour participer à cet aréopage, je googlise un peu ce nom. Pas grand chose.

Du coup j'essaie de me raccrocher au site de la Convention, ou au compte rendu des travaux disponible sur le site de l'Assemblée nationale. Là, surprise, il n'y a même pas de représentants de la société civile à la Convention, et pas de Madame Magariños-Rey.

J'ai dû mal chercher, ou alors il y a un problème...
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Mercredi 30 août 2006

Un polar longuet, sur fond de franc-maçonnerie. Un journaliste ayant enquêté sur la franc-maçonnerie et un maçon sous pseudonyme ont écrit ce polar un peu ramolli.

L'intrigue oppose des franc-maçons à une société secrète crypto-nazie, qui rivalisent pour la découverte d'un secret explosif (qui de révèle de faible ampleur assez rapidement).

Le sens de l'ouvrage est plutôt une présentation à but pédagogique de la franc-maçonnerie contemporaine – avec lexique en fin d'ouvrage, bibliographie et liste de sites internet à l'appui.

De ce point de vue « initiatique » si l'on ose dire, le but est atteint, mais de façon très délayée. On comprend, à l'issue de ces pages, que la franc-maçonnerie est diverse, avec des affairistes et des hommes d'une certaine noblesse, et qu'elle a connu des heures glorieuses. Au delà de ce j'en connaissais aupravant, j'ai découvert que les obédiences regroupaient des loges spécialisées par thématiques, ce qui peut constituer un gage d'efficacité.

On ne sent pas complètement cependant l'actualité de ces groupes, divisés entre obédiences diverses, qui ont l'air, faute d'être animés d'un but évident, de se réfugier dans l'observation assez plate des rituels et la justification par un passé glorieux.

On suit tout à fait les auteurs lorsqu'ils protestent, par la bouche de l'un de leurs personnages, contre les projets de déclaration obligatoire d'appartenance à la franc-maçonnerie pour les magistrats par exemple. Après tout, pourquoi ne pas demander cela aussi aux catholiques, aux membres des différents paris politiques etc...

La description qui est faite des cérémonies d'initiation prête à rire. Comme tout rituel ésotérique, le plus grand danger risqué par les franc-maçons en dévoilant leurs rites, est surtout le ridicule. Les auteurs décrivent des cérémonies lourdingues avec des phrases extatiques, comme si le propre de tous les rites, depuis le bizutage d'étudiant en médecine jusqu'aux rites maçons apparemment, n'était pas de créer un clivage artificiel entre initiés et profanes. Dans les débats, abordés par l'ouvrage, entre rationalistes peu soucieux du rituel, et traditionalistes plus sourcilleux, les auteurs se placent plutôt dans le camp des traditions.

Sur le style enfin, c'est un peu long, l'intrigue est un peu plate, et quelques scènes sont d'un érotisme facile. Une trouvaille malgré cela assez réussie, le personnage du jardinier tortionnaire, relance l'intérêt en milieu d'ouvrage. De quoi tuer le temps dans un voyage en train.

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Lundi 28 août 2006









Bon, voilà, j'ai récupéré le mot de passe égaré, je peux lancer mon programme présidentiel.

C'est un programme coopératif, dont l'idée me trottait en tête depuis longtemps. Je présente l'idée sur cette page, de façon assez détaillée.

Il n'y a pour le moment qu'une dizaine d'idées, ce sont celles auxquelles je suis le plus attaché, les plus évidentes pour moi. Si ça prend, j'espère bien pouvoir en retenir d'autres.

J'ai modéré les commentaires par défaut, autant pour ne pas passer mes journées à regarder les nouveautés et à répondre, que par crainte des trolls et autres nuisibles.

A priori, c'est un site qui se veut sérieux, pas un défouloir...

Je serai ravi si ça vit, si des commentaires intelligents m'amènent à préciser des propositions ou à en inclure d'autres (j'aime bien cette discussion sur la baisse des charges cez Optimum).

Dans tous les cas, je ne vise ni à faire de l'audience (garanti sans pub), ni à devenir célèbre (le site est anonyme et comme le port de pêche, il entend le rester, juste à participer à mon rythme au débat qui s'annonce (plutôt mal d'ailleurs à mon humble avis...)

Merci à Laurent Guerby qui m'a déjà référencé !

Les dés sont jetés !


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Lundi 28 août 2006
J'avais échangé avec Versac quelques courriels après avoir relevé une incidente choquante - de mon point de vue - dans un de ses billets.

Il estimait que "La parole, ici [en France], est moins libre qu'aux Etats-Unis, ne l'oublions pas."

Juste pour info, aux Etats-Unis, un journaliste est en prison depuis le premier août pour avoir refusé de livrer à la police des images d'une manifestation anti G8 - voir l'info sur PointBlog, et le blog de soutien à ce journaliste, Josh Wolf.

A chacun sa conception de la liberté d'expression sans doute

:-)


Mise à jour : il est libre Josh, depuis le 1er septembre. Un mois de prison finalement. Cher payé.
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Dimanche 27 août 2006

Le chewing gum est facile à mâcher, plaît à tout le monde, mais son goût agréable s'efface en quelques minutes. Il faut ensuite deux fois plus d'énergie pour enlever les tâches qu'il cause sur la chaussée publique qu'il n'en faut à le consommer.

Zaki Laïdi c'est la pensée chewing gum du moment, comme le démontre son Rebond récent dans Libération.

1. Son papier est facile à mâcher : critiquer le programme du PS est un préalable requis pour qui souhaite parler de cet objet mort-né tant il est acquis par avance que le candidat désigné du PS n'aura de cesse qu'il se sera assis sur ce patchwork bricolo.

2. Tout le monde va y trouver son compte, dans l'appel à l'optimisme qu'il lance ; optimisme qui serait une sorte d'impératif moral de la gauche – la confiance dans la nature humaine peut en effet carcatériser la gauche progressiste, comme le pessimisme conservateur sied à la droite classique.

3. Son goût agréable s'efface en quelques minutes, lorsqu'on se rend compte du vide sidéral de ses propositions : accepter le marché et la mondialisation tels qu'ils sont.

Il peut tenir cette position en donnant un exemple qu'il interprète, de mon point de vue, trop rapidement.

Il suggère en effet, pour financer le logement social, que les personnes qui bénéficient d'un HLM mais ont atteint un niveau de ressources qui ne justifie plus un tel privilège, paient un surloyer qui rapproche leur loyer de celui du marché. Le mécanisme n'est pas idiot et permettrait en effet de financer des constructions supplémentaires. Là où Laïdi se plante complètement, de mon point de vue, c'est qu'il voit dans cette mesure un triomphe du marché. C'est idiot. Par définition, le marché se fout du niveau de ressources de x ou y et c'est bien ce qui peut nous amener à trouver injuste le niveau des loyers atteint dans les grandes villes et nous conduire à souhaiter la construction d'habitations à loyer modéré. Le mécanisme que propose Laïdi n'est pas un mécanisme de marché, c'est un correctif, de la régulation, de l'intervention publique (horreur !) et ça change pas mal de choses.

Cela veut dire que ceux qui râlent contre les logiques de marché pures n'ont pas tort, et que la solution à gauche viendra d'une conciliation des logiques de marché et d'intérêt social où c'est l'intérêt social qui l'emportera, comme le montre son exemple même. Contrairement à ce qu'il écrit, ce n'est pas le marché qui triomphe dans ce mécanisme de régulation des loyers HLM.

C'est important, au delà du pinaillage sur les mots, car il s'agit bien de savoir où est le but, s'il est dans la victoire du marché, dont on se serait convaincu qu'il est supérieur à la régulation sociale, ou bien s'il réside dans l'adoption, chaque fois que c'est nécessaire, de digues contre les abus du marché.

Au fond, Laïdi est convaincu de la supériorité du marché, point : il mentionne que les systèmes de droit à polluer ont fait plus pour l'environnement que la régulation.

Manque de bol, il se plante, et NG Mankiw, ex économiste en chef de Bush II publie sur son blog la longue liste d'économistes qui pensent le contraire et estiment que des taxes seraient plus efficaces que des droits à polluer (on trouve sur cette liste, outre Mankiw lui-même, des démocrates comme des républicains, avec rien moins que Gary Becker, prix Nobel d'économie 1992, Paul Krugman, Martin Feldstein...)

Voilà un condensé de ce que je reproche à la gauche « moderne » : toute fière d'avoir, avant la première gauche, découvert que le marché n'était pas forcément à vouer aux gémonies, elle ne cesse de brandir son sabre de bois contre l'ultra-gauche, en oubliant de continuer à penser.

C'est bien de combattre l'arriération des masses, c'est encore mieux de rester à l'avant-garde des idées et de ne pas vendre une soupe vieillie et tiédasse comme si c'était le must de la pensée.

La prochaine fois, souhaitons que Zaki Laïdi se documente avant d'écrire un nième papier dans Libé pour tancer ses frères (et soeurs) de gauche, alors que la seule question qui compte est de savoir comment s'assurer que la dignité humaine de chacun n'est pas bafouée, que ce soit par le marché, par un despote, par un état trop bienveillant ou par quoi que ce soit.


 

PS (... ! ) : Au passage, je note que l'énergie disparaît des biens publics : "Plus que jamais, l'éducation, la santé, l'eau et l'environnement sont des biens publics."

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Dimanche 27 août 2006
Il y a pas mal de critiques de livre sur ce blog, qui est aussi pour moi une bibliothèque électronique, où je veux pouvoir retrouver les quelques idées que m'a inspiré un bouquin après sa lecture. Mais dispersées dans les pages du blog, ces lignes sont un peu éparpillées.

La liste complète de mes notes de lecture est donc ici. N'y figurent pas, malheureusement, beaucoup de livres qui m'ont marqué avant que je ne tienne ce journal en ligne.

J'ai classé ces livres en commençant, à chaque fois, par ceux qui m'ont le plus plu. C'est un peu vain – il y a des jours où, de toute façon, une BD ne passe pas et des livres qui ne boxent pas dans la même catégorie, mais pourquoi pas ? Le classement complet et parfait est impossible, surtout pour les livres moyens. Ceux que je place en tête sont, en tout cas, pour moi, des livres exceptionnels.

N'hésitez pas à commenter, ou à me recommander d'autres lectures !

 Il y a des essais,des polars, des BD,d'autres livres.


Les essais et livres d'histoire :

 
Marc Bloch, l'étrange défaite

Sebastian Haffner, Histoire d'un Allemand, souvenirs 1914-1933

Pierre Manent, « La raison des nations, réflexions sur la démocratie en Europe »

Le grand échiquier, l'Amérique et le reste du monde, de Zbigniew Brzezinski

Le secret de l'Occident, du miracle passé au marasme présent, David Cosandey, Arléa, 1997

Robert Merle, la mort est mon métier

Résurrection, de Christophe Nick

"Never Surrender", de Michael Dobbs

Churchill's hour, de Michael Dobbs

Irak, le chaudron cassé

"La fabrique des meilleurs", Patrick Fauconnier

Robert Baer, Or noir et Maison Blanche : Comment l'Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien

"Le B.A. BA du BHL", Jade Lindgaard et Xavier de la Porte

Eric Naulleau, "Au secours, Houellebecq revient"

"Comment se faire des amis", de Dale Carnegie

Bertrand Ogilvie, "Lacan. Le sujet"

Marc Dugain, La malédiction d'Edgar

La face cachée du 11 septembre, d'Eric Laurent

Olivier Schramek, Matignon rive gauche, 1997-2001

Plaidoyer pour le mensonge, Laurent Leguevaque

Chahdortt Djavann, Que pense Allah de l'Europe ?

Régis Debray, Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe siècle

Carnets d'un inspecteur du travail, Gérard Filoche

Jean Roux, La grande braderie du patrimoine public des français, une OPA géante sur la France. Eds François-Xavier de Guibert

Eric Yung, La tentation de l'ombre

Un juge s'en va, de Laurent Leguevaque

"L'Autre", d'Eric Zemmour

Bonjour paresse, de Corinnne Maier

"Le Lacan dira-t-on", de Corinne Maier

Faut-il brûler le modèle social français, Alain Lefèvre et Dominique Méda

La France qui tombe, de Nicolas Baverez

Pascal Sevran, "Mitterrand, les autres jours"

Le crépuscule des petits dieux, d'Alain Minc

Notes sur "le vertige social nationaliste", de Dominique Reynié



  Les BD



"Le Sommet des Dieux", Yumemakura/Taniguchi - "Le Photographe", de Guibert, Lefèvre et Lemercier

"Le combat ordinaire" et "Les pilules bleues" de Frederick Peeters

Monster, de Naoki Urasawa

"Blankets", de Craig Thompson

"Ma circoncision" et "Manuel du puceau", de Riad Sattouf

L'étrange affaire des corps sans vie, de Hautière et François

Napoléon, Hasegawa Tetsuya

Noir métal, au coeur de Métaleurop, de Jean-Luc Loyer et Xavier Bétaucourt

Pétillon, l'affaire du voile

La vengeance du comte Skarbek (de Rosinski et Sente)

"Don Giovanni", de Fukuyama

Fog, de Bonin et Seiter

Zipang, de Kaiji Kawaguchi

Ikkyu, de Hisachi Sakaguchi

La légende de Robin des bois, de Larcenet

1945, de Keiko Ichiguchi

Step up love story, de Katsu Aki

Retour au collège, Riad Sattouf

Total souk pour Nic Oumouk







"Dark Star", d'Alan Furst

Garden of beasts, de Jeffery Deaver

Dominique Manotti, Le corps noir

The Dante club, Matthew Pearl

Richard North Patterson, Balance of Power

Monkeewrench, de PJ Tracy

Michael Connelly, The Closers

Stag Hunt, Anthony McGowan

"Shutter Island", de Denis Lehane

The rule of four, de Ian Caldwell et Dustin Thomason

"Watchman", de Ian Rankin

"The blood doctor", Barbara Vine

Darkly Dreaming Dexter, de Jeff Lindsay

Travail soigné, de Pierre Lemaître

"La dernière cantate", de Philippe Delelis

Michelangelo's notebook, Paul Christopher

"Affaire Classée", de Danièle Thiéry





Les autres livres (je sais, je lis peu de romans...)



PPP, de Raymond Depardon

Adrian Mole and the weapons of mass destruction, de Sue Townsend







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Dimanche 27 août 2006
Lionel Jospin ému à l'évocation de son retrait (vidéo du JT de la 2). Pas encore une analyse très fouillée, ni un programme, mais peut-être enfin l'aveu qui permet de passer à autre chose - au delà du discours ultra formaté tout en restant extraordinairement vague, de Ségolène (voir la vidéo d'après).
Lire aussi un billet finalement positif pour yoyo, sur com-vat.com.
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Samedi 26 août 2006
Vu les comptes du Canard enchaîné dans le dernier numéro.

Incroyable : les réserves (90 millions d'euro) font 93% du bilan. Il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui peuvent en dire autant. Par curiosité, j'ai regardé pour Le Monde (qui présente encore ses comptes 2003 sur son site web...), c'est 14% du bilan (mais Le Monde, c'est très différent, ils publient aussi Abricot, Papoum, Prier... on est pas dans la même catégorie).

Résultat net positif de presque 6 millions d'euros, symétrique de la perte (2003, certes) du Monde.

Là où le Canard aggrave son cas, comme le savent ses fidèles, c'est que le Canard ne fait pas de pub, a un site web bricolo et n'insulte même pas ses lecteurs qui ont voté non.

Ca prouve que quand on a une ligne éditoriale cohérente (au Monde, les papiers de Le Boucher contredisent régilèrement ceux de Laurent Mauduit par exemple), quand on prend les hommes politiques avec des pincettes et sans leur servir la soupe, quand on amène chaque semaine de l'information pas complètement (ne soyons pas naïfs) instrumentalisée et directement sortie de chargé(e)s de presse, ben on trouve des lecteurs payants, et fidèles.

Pas la peine d'accuser les gratuits.

PS : l'illustration de cet article, d'un goût exquis, vient de ce que j'ai tapé "Canard enchainé" dans ma fenêtre de recherche firefox, laquelle était restée sur ebay. Le numéro du Canard qui inclut donc cette vue sur les fesses de notre octogénaire le plus à droite du paysage politique français est ainsi aux enchères, ou en vente directe pour 3 euros, sur ebay.
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Vendredi 25 août 2006
Chacun sait que Ségolène Royal a une histoire familiale complexe. Mais saviez-vous qu'elle est la soeur de Valérie Lemercier ?

La preuve, qui est qui ? :










NB : Certain blog sérieux et de haute tenue passent plusieurs billets à commenter des matches de foot. Ca ne risque pas d'arriver chez moi, je ne fais même pas la différence avec le rugby. En revanche j'aime les Monty Python et dans une autre vie je ferais bien Coluche (juste avant le camion)... Pardonnez donc ce billet léger... En tout cas si on  me fait un procès j'organiserai moi aussi une
quête planétaire.
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Jeudi 24 août 2006

On sait, pour le lire partout, que la deuxième guerre en Irak a été faite aussi, sinon principalement, pour le pétrole (sauf Philippe Val, persuadé du contraire). On comprend mieux, à la lecture de ce livre, à quel point le pétrole est la croix de la politique américaine actuelle, et pour quelles raisons à la suite du 11 septembre, les USA ont préféré envahir l'Irak, qui n'y était pas pour grand chose, que d'affronter les yeux dans les yeux l'Arabie Séoudite.

Un petit cours d'économie pétrolière permet de comprendre en quoi le pétrole moyen-oriental est important pour les économies mondiales : peu cher à extraire, il permet d'assurer la marge de production supplémentaire qui va lisser les cours. L'objectif ultime de Ben Laden serait en réalité de prendre le pouvoir en Arabie Séoudite et de faire plier les USA – et le reste des économies développées au passage - en amenant les cours à près de 140 dollars le baril. Sans excuser Ben Laden et ses acolytes, l'auteur nous permet de comprendre plus précisément les racines de ce phénomène : « Peut-être [...] Ben Laden fait ce que les Etats-Unis n'ont pas le courage de faire : s'opposer aux voleurs qui dirigent leur pays [ l'Arabie Séoudite] ».

Et les Etats-Unis manquent de courage à ce sujet parce que depuis des années leur classe politique dépend en bonne partie de l'argent saoudien. Les richesses pétrolières de l'Arabie sont en effet recyclées en contrats avec des sociétés américaines d'armement, de conseil ou autres prestations pas réellement utiles (l'Arabie n'a pas réellement besoin de consacrer près de la moitié de son budget aux dépenses militaires, elle bénéficie de la protection de bases américaines sur son sol). Lesquelles sociétés américaines ont des conseils d'administration qui regorgent d'anciens secrétaires d'Etat, directeurs de la CIA ou du FBI , ou de politiques influents.

Bref, une confusion des genres qui explique la grande mansuétude dont bénéficie la dynastie régnante saoudienne. Cette mansuétude permet enfin à ladite dynastie d'assurer le financement à jet continu du réseau Al Quaeda. Pour pouvoir en effet maintenir un train de vie pharaonique au milieu d'une population de soutiers, la dynastie a recours à l'Islam intégriste comme opium du peuple. Les frères musulmans bénéficien d'un soutien constant, à l'intérieur, comme dans d'autres pays que Baer nous fait parcourir. On apprend ainsi au passage que la rebellion tchétchène est financée et armée en grande partie par les saoudiens. Et alors que la Russie contribue elle aussi, ce faisant, à la lutte contre l'islam intégriste, elle est clouée au pilori comme n'étant plus une démocratie.

On apprend dans cet ouvrage que l'Arabie Séoudite, alliée indéfectible, et au dessus de tout soupçon, des USA, est pire qu'un régime autoritaire : une tyrannie ou le bon plaisir des princes peut valoir dépossession, expropriation de toute propriété, ou l'opposition est interdite, où, lorsqu'un attentat survient, on décapite quelques suspects sans trop se soucier de leur culpabilité.

Bref, l'anarchie règne à un point tel que l'auteur donne la Syrie comme modèle d'un Etat de droit, et avec quelque crédibilité : « Dans le cas où Abdallah [prince héritier] ou un autre, voudrait tenter sa chance, la Syrie me semble indiquer le chemin à suivre [vers un Etat de droit]. (je suis bien conscient qu'une telle suggestion fera sans doute blémir les experts à la mords-moi-le-noeud de Washington.) Un Etat de droit, telle est la priorité numéro un au Moyen-Orient et notamment en Arabie Saoudite. Je ne parle pas d'une constitution ni d'une déclaration des droits de l'homme, d'une presse libre, de la liberté de religion, ou du droit de posséder des armes. Je parle d'une notion plus élémentaire, l'autorité d'une loi qui proscriarait l'obligation religieuse de tuer, la guerre sainte, les Frères musulmans. Cette étape constituerait un début. Ensuite on pourrait interdire les commissions faramineuses, le vol, les rapines et exactions de toutes sortes. L'instauration des libertés citées plus haut, puis de la démocratie, ne peut intervenir qu'à partir du moment où ces droits élémentaires sont assurés. »

Pour schématiser l'une des conclusions de l'ouvrage, on peut distinguer trois types de pays : la première catégorie comprend les démocraties, la deuxième comprend des pays où un minimum de règles légales est respecté (les Etats de droit), la troisième comprend des dictatures violentes.

Selon cette grille, la politique américaine des dernières années a consisté à s'appuyer sur des pays de première (Israël, la Grande-Bretagne, l'Europe passive) et troisième zone (Arabie saoudite, autres pétro-monarchies) pour affaiblir ou anéantir les pays de seconde zone (Irak,Iran, Russie – selon la rhétorique américaine).

Là où cette politique est dangereuse, c'est que ces pays affaiblis (Irak, Iran, Russie) sont de grands pays, aux traditions culturelles fortes et riches, qui ne se laisseront pas faire par une amérique satrapique sans se radicaliser. Et, de ce point de vue, on ne peut que donner raison aux néoconservateurs américains – dont Robert Baer semble proche - qui ont souhaité que l'amérique durcisse ses rapports avec l'Arabie Saoudite. Sauf que les néoconservateurs ont tort de vouloir employer des moyens militaires là où la persuasion de long terme devrait s'imposer.

Au delà de cette conclusion personnelle, le livre permet de se plonger de façon passionnante dans les dessous de la politique américaine au Moyen-Orient arabe, ce qui, trois ans après sa rédaction, reste d'un intérêt fort pour comprendre l'actualité. On attend avec impatience qu'au delà d'un discours imbécile sur la lutte contre le terrorisme partout où il n'est pas, les USA repensent les fondements de leur politique arabe. Pour l'anecdote, le livre souligne à quelques reprises que de l'argent est versé aux politiques en France, et que la France tient presque autant que les USA à conserver de bonnes relations avec cette si riche monarchie saoudienne. Il reste que dernièrement la France fait preuve de bien plus de juste prudence dans les pays arabes que le tandem USA/Israël.

Ce livre donne donc peu de raisons d'espérer, mais permet au moins de comprendre un peu plus précisément les raisons de se préparer au pire.


Pour bien comprendre l'actualité du système pervers mis en place, l'annonce d'un contrat d'achat de vente de 3 milliards de dollars d'armes à l'arabie saoudite, fin juillet dernier...


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Mercredi 23 août 2006
Un débat passionnant se déroule en ce moment entre deux top gun de l'économie américaine (donc mondiale), Mankiw, ex chef économiste de Bush 2, et Paul Krugman, très démocrate.
Il s'agit de savoir si le biais inégalitaire constaté dans l'évolution des salaires est lié à l'évolution technologique ou à des décisions politiques.

Je ne reprends pas le détail de cette controverse qui enfle mais qui est passionnante. Au fond, la question est aussi du coup celle de savoir ce que peut la politique : pas grand chose si la technologie seule conduit l'évolution des salaires, beaucoup si ce n'est pas le cas...

Voir un courriel de Krugman (pour qui Bush est fort coupable dans la distorsion des revenus en défaveur des bas salaires) à Mankiw (pour qui - pour simplifier - c'est la techno qui commande) :

Government Policy and Income Inequality Yet Again Again

Paul Krugman emails:

I think it's really important to realize that we have only a modest amount of direct evidence that technological change is driving increased income inequality. That is, while there have been a few studies showing some connection between increased use of IT and changes in the wage structure, very little of the conventional wisdom that technology is the culprit is based on those studies.   So why is technology given the credit? Basically because it's the residual category - and as Bob Solow said about the role of technology in growth, the residual is the measure of our ignorance. We estimate the effects of the stuff whose effects we know how to measure - taxes and globalization, mainly - and then attribute the rest to technology.   The point is that it's all too possible that we're attributing to technology rising inequality that may be largely due to hard-to-quantify political and institutional change.   There are several reasons to think that politics plays a big role. One is the broad correlation between the political climate and trends in inequality, which I pointed out in the Times. (By the way, Larry Bartels in Princeton's politics department shows that there's a strong correlation between party control of the White House and inequality trends even in the short run; see http://www.princeton.edu/~bartels/income.pdf. It's kind of a mysterious result, but worth pursuing.)   Another piece of evidence is the wide difference in inequality trends between the US and to a lesser extent the UK, on one side, and everyone else.   Yet another piece of evidence, which I think is very suggestive, is the discontinuous nature of the Great Compression. If you go back to the original Goldin and Margo paper, http://www.nber.org/papers/W3817, they found that there was a drastic reduction in wage inequality over the course of just 5 or 6 years in the 40s, which then stuck for another 30 years. In the paper, they struggle to reconcile this with a supply-and-demand framework, but it sure looks like a change in norms which had sustained effects on market outcomes.   So what are the mechanisms? Unions are probably top of the list; I believe that there's a qualitative difference between wage bargaining in an economy with 11 percent of workers unionized, which is what we had in the early 30s, and one with 35 percent unionization, which is what emerged from World War II. That's discontinuous change, partly driven by a change in political regime. And the process went in reverse under Reagan.   An overall climate of public scrutiny may matter too, especially at the top of the scale.   And don't forget that some taxes affect the pre-personal-tax distribution of income. Taxes on corporate profits went from a minor inconvenience before FDR, to a major source of revenue under Eisenhower, and back again.   The bottom line is that the view that rising inequality reflect forces beyond the reach of politicians may sound sensible, but it's actually a supposition based on very little evidence, and there's a lot of evidence on the other side.


Voir aussi une présentation plus détaillée sur le blog d'Olivier Bouba-Olga : http://obouba.over-blog.com/article-3620188.html

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Mardi 22 août 2006
Joie, joie, joie, pleurs de joie...

Surveillant la provenance de mes visiteurs, je constate des arrivées directes chez moi depuis Ceteris Paribus. N'écoutant que ma curiosité, j'ai dévouvert mon intégration dans la liste de liens de ce prestigieux site. Merci donc à toi, ami inconnu, d'avoir pardonné ma défense de Mélenchon et mon billet qui tournait en dérision rien moins que Lieu Commun, le web ring de la blogosphère éduquée française.

La venue de nouveaux visiteurs est un encouragement à continuer. L'intérêt premier de ce blog est de m'obliger, en les rédigeant, à coucher mes pensées sur le clavier de façon (à peu près) cohérente et ordonnée. Si en plus des commentaires permettent de relancer la discussion, champagne ! Mais pour s'attirer un commentaire, il en faut des lecteurs. Donc, au delà du plaisir de connaître ses stats de fréquentation, la notoriété d'un blog est une condition nécessaire pour qu'un échange s'instaure à partir de ce travail personnel de prime abord fort ascétique (cf. l'emblématique coup de déprime d'un blogueur comme Pikipoki, qu'il a fort bien appelé le complexe du blogueur)...

Je continue donc, après un an en ligne, 273 billets, 27 000 visiteurs, 80 000 pages vues et à peine 59 commentaires !

C'est vous dire combien chaque commentaire est apprécié, surprenant, et bienvenu !
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Lundi 21 août 2006

Dans la lignée du American Tabloid, de James Ellroy, Marc Dugain parcourt l'amérique des Kennedy à travers l'oeil d'acteurs capables d'en voir les côtés les plus sombres.

Le narrateur n'est rien moins que Clyde Tolson, fidèle adjoint de John Edgar Hoover.

Le roman historique est une réussite s'il permet de comprendre l'esprit d'une époque, la logique d'une situation, de façon crédible et complète.

C'est ici le cas : Hoover est un vrai méchant, mais cohérent par rapport à ses valeurs – l'amérique comme idéal de réussite individuelle côté jour, hystériquement anticommuniste et corrompue côté nuit, jusqu'à la bêtise. Dans un passage qui sonne vrai, l'adjoint de Hoover effectue un voyage dans un trou perdu pour interroger un prof spécialiste de Camus, afin d'en savoir plus sur ce dangereux subversif cité par Bob Kennedy.

L'auteur tire de ses lectures les mêmes conclusions qu'Ellroy : Kennedy est mort d'avoir échoué à soutenir l'attaque de la baie des cochons, d'avoir voulu s'en prendre directement à la mafia – via son frère Bob -, et d'avoir enfin négligé de composer avec les pouvoirs cachés de l'amérique – un projet fiscal s'attaquant aux pétroliers texans, opportunément interrompu par sa mort par exemple.

Entre parenthèses, le pétrole et la Floride composent encore le coeur de l'amérique des Bush.

Bref, la compréhension de l'amérique est une des clés du monde d'aujourd'hui, et Marc Dugain fournit une très bonne introduction à la période des années 60. Pour compléter l'approche des années Kennedy il manquera un récit du côté positif (une politique économique bien construite, un brain trust d'excellence), mais c'est généralement celui que l'on a en tête.

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Dimanche 20 août 2006
Les graphiques montrant l'intégralité de la blogosphère me laissent toujours de marbre : trop vaste. Mais l'idée de cartographier les sites est intéressante et je l'ai appliquée à l'ensemble des sites personnels que je suis via leurs flux RSS.

Je les ai pesés non en fonction de leurs liens réciproques, mais du nombre de billets qui pointent vers chacun d'entre eux. Les liens réciproques (ou non) sont difficilement lisibles et font vite ressembler les cartes à une toile d'araignée.

Pour mesurer "l'importance" de chaque blog, j'ai relevé le nombre de liens vers les différents billets du blog considéré, selon Technorati. Certes, cette mesure est biaisée, mais je n'en ai pas de meilleure à proposer : le pagerank google varie peu, je ne connais que mes statistiques de fréquentation, pas les autres, le classement Alexa ne m'a pas paru très parlant...

J'ai ensuite classé les 27 suites qui composent ma blogosphère selon le nombre de liens qui pointent vers eux (j'ai écarté les sites professionnels et les sites collectifs, journaux, revues etc...).

Première remarque : on est pas loin du zéro et l'infini. NG Mankiw, le premier blog, celui d'un économiste, a 2800 liens, contre 3 pour le blog d'admiroutes.

Ce classement m'a fourni les abscisses d'un graphique Excel à bulles.

Pour les ordonnées, j'ai pris la distance en nombre de billets liés par rapport au premier (concrètement, Radical chic, avec 464 billets, est à une distance de 2332 billets de Mankiw, qui lui en a exactement 2796. Vérifiez avec moi : 2796-464=2332).

Pour la taille des bulles, j'ai pris le nombre de billets. Voilà le résultat :










 Quelles remarques m'inspirent ce graphique ?

1. Les sites sont de nature très variables. Embruns est autant un site où l'on recherche du contenu propre qu'une passerelle vers les nouvelles blogosphériques du jour. Versac est celui qui se rapproche le plus de l'éditorialiste classique. Certains ne traitent que d'un sujet (Le monde sans Schopenhauer, qui ne parle que du nombril de son auteur, avec un style inimitable. C'est de toute la liste presque mon préféré !). Entre les deux, les "éditorialistes" et les "spécialistes", les fourre-tout (dont le mien), qui sont un peu des cabinets de curiosités. L'auteur y parle de tout et de rien, autant pour lui (retrouver des notes de lecture, le sentiment éprouvé en sortant d'un film, cf. Matooblog comme bon exemple) que pour les autres. Pour une part aussi, ces blogs sont une façon d'évoluer, d'effectuer un travail personnel, de préparer une reconversion, de creuser une voie qui n'est pas directement celle de sa profession, de façon parfois très fouillée (cf. Pikipoki, un billet sur "la gestion du stress dans la méthode ACP). Autour d'un ou deux thèmes pointus, l'auteur ajoute ses opinions sur la pluie et le beau temps, la politique etc...

2. L'ensemble de ces sites forme un univers complet, qui finit par composer, lorsqu'on le réunit sur un intégrateur de liens, un véritable journal personnalisé. Chacun peut composer, via Netvibes par exemple, ses pages sports avec les blogs qui vont bien pour ça, etc... Le jour où des supports de lecture en ligne type e-ink se répandront, ces journaux composés personnellement entreront directement en concurrence avec les journaux papiers (spécialement ceux qui auront une identité peu marquée, les gratuits au premier rang sans doute). On peut d'ailleurs voir dans la création du blogroll par le Washington Post un pas vers cette situation. Netvibes pourrait aussi encourager cette évolution en permettant d'ouvrir le netvibes que l'on compose à des invités, sans leur autroiser d'en modifier la composition. Le Netvibes de M. X ou Y deviendrait ainsi une sorte de blogroll plus sophistiqué.

3. Pour les journalistes, c'est un moyen de mesurer la pression concurrentielle qui va peser sur eux : des poids lourds comme Mankiw en économie se rapprochent, via leurs blogs, du lectorat des éditorialistes économiques. Idem pour les journalistes juridiques, entre Eolas et Philipe Bilger par exemple, les références sérieuses en dehors de l'univers de la presse se multiplient. Peut-on imaginer qu'à terme les journalistes soient recrutés non plus au sortir d'écoles spécialisées mais après repérage de leurs oeuvres en ligne ? J'attends avec intérêt de voir non pas le passage d'un journaliste vers le blog, très fréquent, mais celui d'un bloggeur vers le journalisme,

4. Le nombre de billets liés n'a certainement qu'un rapport lointain avec la  fréquentation ou l'audience. Par le nombre de commentaires, par exemple, les Coulisses de Bruxelles, de Jean Quatremer, doit surclasser l'ensemble de ces sites. Un site comme le blog de la gazette d'admiroutes souffre certainement du fait qu'il reste une mailing list (fort intéressante) et n'est pas animé comme un blog (ne serait-ce que pour rechercher le site, dans l'ensemble des sites admiroute/Baquiast, ce n'est pas simple). Il a certainement une audience plus forte que ce qui résulte de ce graphique.
Pour bien faire, sur les aspects fréquentation,  j'aurais pu croiser avec les rangs Alexa ou Technorati mais ce sera pour plus tard...

5. On voit fort bien l'impact que peut avoir un lien venant d'un des seigneurs du web vers les cancres du fond de la classe. Entre un Ceteris Paribus et mon blog, il y a une différence de 1 à 25 entre le nombre de liens. L'inclusion dans le blogroll de l'un de ces seigneurs est l'équivalent de l'annoblissement moyenâgeux (je ne retrouve pas le joli texte en anglais lu récemment sur les seigneurs du web, où à la fin, un paysan ramassait une boule de cristal)...

6.. Pour le moment, l'argent est encore peu présent. Seuls trois sites sur 27 (What's next, Versac et Pierre Assouline) affichent des publicités.

Merci par avance pour les commentaires et liens vers ce papier, que j'espère suffisamment linkbaiter    ;-)


PS j'oubliais un 7 : pas de fille a priori !
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Dimanche 20 août 2006
Arnaud Montebourg démontre, à l'approche de la présidentielle, le vide de son projet de 6ème république. Voilà quelqu'un en effet qui ne veut rien moins que réformer le texte le plus élevé de notre hiérarchie juridique, qui a donc de l'ambition et une vision large des choses.

Hé bien, le voilà s'empressant de soutenir la candidature de Ségolène Royal. Il s'aligne ainsi pour la course aux portefeuilles ministériels, moyen indispensable de revenir au premier plan.

Il accepte ce faisant de taire toute critique sur la procédure en cours au sein du PS.

En 2001, Jospin avait ainsi clamé que son programme n'était pas socialiste. En 2006, le programme du PS est déjà adopté, et l'on sait parfaitement qu'il ne convient à personne, et que la personnalité investie comme candidat s'assoiera sur le texte choisi au début de l'été.

Nul plus que Montebourg, apparemment sensible aux questions institutionnelles, n'aurait dû signaler cette anomalie, qui fait que les adhérents du PS seront ainsi privés de leur programme. Il a actuellement mieux à faire, et préfère voir la 6ème république d'après-demain, que l'injustice qui règne ainsi aujourd'hui au sein de son propre parti !

Mais ce n'est pas le seul point sur lequel Montebourg abdique toute ambition. Il signe dans Libé lundi un papier où il abdique toute tenue intellectuelle, pour servir de la daube pro-Ségo.

Selon lui, le projet de Ségolène serait en effet "novateur et audacieux" selon lui. Parmi les premiers arguments de Ségolène cités par Montebourg pour nous convaincre de la justesse de son choix, cette phrase de notre future présidente : «Nous ferons en sorte que le capitalisme financier soit mis sous contrôle et refuserons de laisser broyer les hommes et les femmes par la dynamique du libéralisme sauvage.»

Quelle novation ! S'attendait-il à ce qu'un prétendant à l'investiture socialiste vante la libre entreprise effrénée ? Cette phrase ne prouve rien, c'est une intention, pas un engagement.

Il poursuit en faisant un éloge de l'adhésion obligatoire à un syndicat, mesure dont l'intérêt peut être discuté et l'une des rares propositions concrètes de Ségo. Mais, selon Montebourg, cette mesure permettrait à ceux qui ont voté non en 2005 de "s'y retrouver". On ne voit pas bien le rapport entre ce syndicalisme obligatoire et le vote Non, sauf à imaginer que les nonistes sont, selon le play boy de Gala des personnalités à tendance autoritaire - Montebourg a déjà oublié qu'il avait appelé à voter Non.

Tout un blabla sur l'ordre juste, où l'Arnaud évite de rappeler l'origine catholique sociale de ce concept, pour poser que les Chevènementistes s'y retrouveront (pas les autres ?).

Une autre bonne phrase vide pour l'environnement, pour faire plaisir à Voynet.

Suit le merveilleux  : "La «révolution démocratique» est l'instauration d'un rapport de responsabilité entre les dirigeants mandatés pour décider et les citoyens dépositaires de la souveraineté."  A peine croyable, la démocratie voyez-vous, c'est Ségolène qui l'a inventée !?

Enfin, on termine par le sublimement démagogique : «Notre projet affirme la compétence également légitime des citoyens ordinaires, ce pouvoir des "n'importe qui" toujours dénié par les élites autoproclamées de la naissance, de la richesse ou de la cooptation endogame.»

Après avoir décrit le n'importe quoi de Ségolène, il nous affirme que c'est destiné à "n'importe qui".

Ségolène, à la lecture de cet article de Montebourg : n'importe quoi, à n'importe qui.

 


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Samedi 19 août 2006
Sur la diplomatie française menée par Jacques Chirac, un papier laudateur sur le thème comment nous (cocorico !) avons pu ramener une situation à la normale alors que les deux parties prenantes s'étaient placées dans des situations inextricables.

Le papier est signalé sur le blog de JB DeLong, prof. d'économie américain, ex-adjoint au secrétaire d'Etat au Trésor dans l'administration Clinton. L'auteur du papier lui-même est journaliste,  titulaire d'une maîtrise de philo à Harvard. Selon Philippe Val, Claude Imbert, JM Colombani, (ou, comme toujours quand il s'agit de taper sur notre beau pays, chez Jules) ce ne sont certainement que deux ivrognes égarés...

On va finir par regretter Chirac quand il sera parti ?
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Samedi 19 août 2006
Dans un éditorial cet été, Paul Krugman relatait les conclusions d'un ouvrage de sciences politiques sur la bipolarisation aux Etats-Unis ("Polarized America: The Dance of Ideology and Unequal Riches," by Nolan McCarty of Princeton University, Keith Poole of the University of California, San Diego, and Howard Rosenthal of New York University).

Selon les auteurs, analyses des votes à l'appui, l'affrontement entre partis aux USA n'est jamais aussi violent que lorsque les inégalités s'accroissent.

Krugman en retire l'idée que les violents affrontements bipartisans actuels aux Etats-Unis
ne prendront fin que si les inégalités diminuent, permettant la reconstitution parallèle d'un centre politique et d'une classe moyenne économique.

La situation française est inverse de celle décrite par Krugman : ce qui prévaut est un consensus mou des élites, sur fond de programmes électoraux interchangeables. Je pense que la violence des affrontements bipartisans nous est épargnée parce que le clivage européen vient tout brouiller. Nos consciencieuses élites sont régulièrement désavouées par la population mais cette opposition de classes (il convient de rappeler que le vote oui/non au référendum sur l'Europe a été très fortement corrélé au niveau de revenu, pas au clivage droite/gauche), passe inaperçue parce qu'elle ne se traduit pas dans une opposition droite/gauche.

Pour une raison obscure, la gauche s'obstine en effet à ne pas voir que l'Europe d'aujourd'hui vise à accroître les inégalités (fin des services publics, prime à l'assurance personnelle contre les systèmes de garanties collectives, exacerbation de la concurrence...)

Si la gauche se réveille avant 2007 (vas-y Fabius !), elle parviendra peut-être à rendre enfin lisible la politique aujourd'hui : l'Europe libérale à la droite, la défense du modèle français de protection sociale à gauche.

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