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Samedi 29 octobre 2005



Zipang est une superbe BD. Du point de vue graphique d'abord, on remarquera sur la couverture ci-dessus, un petit air de Pratt dans ce beau portrait d'officier. On regrette très vite le petit format et l'absence de couleurs des quatre tomes parus à ce jour.

Le scénario est également bien fait. Il s'agit d'une uchronie, "thème littéraire appartenant au genre de la science-fiction qui repose sur le principe du détournement historique" (merci Wikipédia). Un bateau moderne de la marine japonaise se trouve plongé en pleine deuxième guerre mondiale (un commentateur sur le site de la FNAC signale une grande proximité du thème avec le film Nimitz).

A partir de là, l'objectif, pour les marins qui se retrouvent ainsi ramenés quarante ans en arrière, est simple : ne rien faire qui pourrait influer sur le cours de l'Histoire. Pourtant, il est tentant pour des japonais de mettre au service de leur pays la force incomparable d'un navire de guerre moderne équipé de tous les systèmes de défense les plus sophistiqués. Très vite, la tentation se présente lorsqu'un japonais du passé est recueilli par les marins du futur...

L'histoire est bien menée, un peu didactique par moments, mais on partage les sentiments de ces soldats modernes de l'armée d'auto-défense japonaises, tentés de renouer avec leur passé plus guerrier et vindicatif. Ce sont bien des thèmes d'actualité assez brûlants qui sont évoqués au détour de cette série, à l'heure où les relations entre la Chine et le Japon se tendent. Le titre de la série indique bien qu'il s'agit aussi de comprendre le décalage entre le Japon des japonais et celui des autres - Zipang est le nom du Japon tel que donné par Marco Polo et utilisé par les européens au moyen-âge, dont la version française est cipango.

Au tome 4, les américains entret en jeu et sont amenés à constater que des événements étranges se passent côté japonais. Il reste encore 12 tomes à paraître, je ne sais pas si j'irai au bout mais pour l'instant je suis tenté.


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Vendredi 28 octobre 2005
Un court papier pour signaler un article très intéressant dans Planet Jeux, sur les liens entre le "complexe militaro-industriel" et les jeux vidéo. Sans virer à la paranoïa, on pourra constater que les américains font souvent des jeux extrêmement durs, qui reflètent une vision du monde plus binaire que des jeux japonais. Vous pourrez à la fois savourer une bibliographie en fin d'article qui comprend des penseurs comme Arendt ou Fukuyama, tout en sélectionnant des jeux à acheter pour Noël.
Pas mal non ?
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Mercredi 26 octobre 2005

Un bon récit des quelques jours durant lesquels la France fut envahie, et vaincue, par l'Allemagne en mai/juin 1940. On suit les évènements d'un point de vue particulier, mais ô combien bien situé, celui de Winston Churchill.

C'est passionnant. D'abord parce que du côté français on a oublié le désastre subi à Dunkerque par les britanniques. Ensuite parce qu'on découvre combien Churchill a été initialement isolé dans sa position de résistance obstinée à Hitler.

Les partisans de l'appeasement étaient encore nombreux en juin 40, pensant que le continent pouvait être abandonné aux allemands tant que le royaume restait inviolé.

On apprécie le portrait d'un homme qui, à l'époque, eut besoin d'un grain de folie pour prendre les armes, et de nombreuses bouteilles de whisky pour se donner le courage de continuer.

On croise aussi des personnages tels que Joe Kennedy, père de qui-vous-savez, ambassadeur des Etats-Unis à Londres et adversaire farouche de l'entrée en guerre contre Hitler. Les débats et déchirements de l'époque sont très bien rendus et le livre aussi intéressant que les biographies de Jean Lacouture

Ce qui est moins agréable est que les personnages sont peints d'un seul bloc. Quelques personnages secondaires, un soldat, un prêtre, permettent en effet de suivre les combats sur le terrain, mais semblent là pour illustrer un trait de caractère particulier. Comme si la leçon d'histoire (très prenante), devait être redoublée d'une leçon de morale (bien moins réussie). A cette petite réserve près, le livre fait passer de très bons moments.


 
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Samedi 22 octobre 2005
Bruno Latour, sociologue, publie en une du Monde (du 20 octobre) un préambule qui aurait - selon lui - rendu la Constitution européenne acceptable.
On y trouve, ou retrouve, tous les clichés délirants du totalitarisme européen qui continue de s'ignorer.
Il s'agit d'abord, pour les Nations européennes, de s'avouer trop petites pour survivre et donc de s'unir pour découvrir quelle sera leur force dans le monde. Nous sommes donc conviés à abandonner toute souveraineté pour espérer qu'il en résultera, dans le grand bazar ainsi créé, un surcroît de puissance collective - démarche qui trop l'air d'une tentative désespérée.
Ensuite, Latour reconnaît qu'il n'existe pas de peuple européen, mais souhaite qu'en commençant par une constitution, on forge à terme un peuple nouveau. Je suis de plus en plus étonné que personne ne relève ce que cette réthorique constructiviste - assez fréquente, cf. article de Régis Turrini - a de quasi-totalitaire. Du peuple nouveau à l'homme nouveau il n'y a pas très loin pourtant.
Aux chapitres "redistribution de la souveraineté" et "place des religions", des formules vagues permettent de penser que n'importe quoi fera l'affaire, à condition que ce soit adopté à 25. Pareil pour le rôle de l'économie, pour les frontières de l'Europe : Latour reste flou, si bien qu'on peut conclure ce qu'on veut de son texte.
Que lui reprocher alors ? D'abord, de penser, naïvement (ou de façon extraordinairement narcissique), que ce préambule latouresque suffirait à rendre la constitution acceptable. Ensuite d'être une bonne illustration du côté délirant, prométhéen, mais rarement souligné, de cette construction dangereuse qu'est devenue l'Union européenne. Surtout, cherchez bien, ce préambule censé éclaircir le sens de la Constitution ne comprend pas une seule fois le mot "démocratie". CQFD...
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Samedi 22 octobre 2005



Une très belle BD, très longue aussi (je n'en suis qu'à trois tomes sur les six déjà publiés). Ikkyu conte la vie d'un moine japonais au 15éme siècle, et c'est passionnant. On s'identifie assez facilement à ce jeune bâtard de l'empereur, qui grandit en apprivoisant l'idée de sa solitude face à l'abandon dont il a fait l'objet. Sur cette trame intime assez profonde et subtilement menée, on découvre ensuite un univers religieux étonnant. On effleure quelques querelles internes au boudhisme qui finalement peuvent ressembler aux débats internes à la religion catholique à la même époque (faut-il se compromettre avec les pouvoirs ou s'en éloigner ?).

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Mercredi 19 octobre 2005
Robin des bois est octogénaire, erre dans les sous-bois d'une banlieue contemporaine, et souffre de la maladie d'Alzheimer... Présentée comme cela, cette BD paraît mal barrée pour attirer les foules. C'est pourtant très drôle, plein de non sens tout en restant cohérent. On apprend à connaître Robin, surveillé de près par Petit-Jean, lequel est prêt à assommer Robin dès que la maladie s'empare de ses esprits.

On croise frère Tuck devenu pape, le sheriff de Nottingham en voiture de police américaine, et pas mal d'autres. C'est dans la même très bonne veine que "l'aventure rocambolesque de Sigmund Freud". Amateurs de Gotlib et des Monty Pythons, vous ne serez pas déçus (plus proche et en BD, il y a aussi la très bonne série de Veys et Barral, Baker Street)


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Mardi 18 octobre 2005
Il y a dix, jours, au congrès du parti travailliste britannique, pendant que Jack Straw, ministre des affaires étrangères parlait à la tribune de la guerre en Irak, un cri s'élève : "nonsense !".
Heureusement, deux gardes s'emparent aussitôt du trublion et l'éjectent de la conférence. Pas de chance, l'homme a 82 ans et son éjection provoque un mini scandale national.

Quel rapport avec l'Europe ? L'éjection a eu lieu en vertu d'une loi anti-terroriste votée en 2000 au Royaume-Uni. On rappellera que la lutte anti-terroriste figurait trois fois dans le projet de constitution européenne (aucune dans celle de 1958). On citera également Slavoj Zizek : « Et si la guerre contre le terrorisme n'était pas tant une réponse aux attaques terroristes elles-mêmes qu'une réponse au mouvement antimondialiste, une façon de le contenir et de le détourner de lui » (dans "Irak, le chaudron cassé").

Pour résumer, cet incident est bien dans l'esprit de l'Europe qu'on nous construit : plus d'arbitraire et moins de démocratie.

Un article de la BBC sur le sujet
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Lundi 17 octobre 2005
Un article de Libération ce matin (Rhodia: une Commission bien complaisante, de Nicolas Cori) fait état de suspicions sur la bienveillance répétée de la Commission européenne envers Rhodia. Pour faire vite, la Commission a autorisé des opérations de Rhodia (acquisitions et cessions), sans trop se soucier du respect des conditions édictées - et ceci à plusieurs reprises, de 1999 à 2004.

On pourrait juger que pour une fois que la Commission ne vient pas faire obstacle à la marche des affaires, on ne peut que se réjouir. Sauf que M. Jean-René Fourtou, aujourd'hui patron de Vivendi Universal, était administrateur de Rhodia à l'époque, alors que le commissaire en charge des questions de concurrence en 1999 était Karel Van Miert. Surprise, M. Van Miert est aujourd'hui au conseil de surveillance de Vivendi Universal, pas loin de M. Fourtou...

Tout ceci ne sent donc pas très bon et il y aura sans doute matière à investigations (avis cependant aux internautes curieux. Les décisions en cause ont été retirées du site de notre très transparente commission, selon Alain Lipietz qui s'est intéressé au sujet : «J'ai essayé de me connecter au site de la Commission pour lire les décisions de 1999, témoigne le député vert. Et je me suis rendu compte que les liens à ces fichiers avaient été désactivés. Quelqu'un au sein de la Commission essaie de faire de l'obstruction !» )

Toute administration est sujette à dérives et nulle institution n'est infaillible. Sauf que la Commission était censée allier transparence, efficacité et compétence - par opposition aux ringardes administrations nationales. C'est donc à cet organe défaillant que certains veulent confier l'avenir de 460 millions d'européens...

Ajout du 6/11/2005 : Alain Lipietz raconte sa vision des faits ici. Quand il écrit "Le lendemain [d'une rencontre avec Lebard et de la découverte de cette affaire de liens truqués] jeudi, après une nuit courte et agitée, débriefing avec quelques Verts et avec ma présidente, Pervenche. Le Hic : Van Miert est socialiste belge et administrateur de la boite de notation éthique de Nicole Notat...", on a l'impression que le socialisme et l'appartenance à une boite dirigée par Nicole Notat confèrent quelques privilèges. Il est rare de trouver des aveux aussi crûs...


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Vendredi 14 octobre 2005
Il est devenu du dernier chic de reprocher à la France ses subventions agricoles qui pèsent tant sur le budget européen (encore une fois : 40% pour l'agriculture).
Sauf que si l'on cumule les budgets nationaux et européen, 2% du PIB européen est dépensé en recherche-développement, contre  0,3%  pour  l'agriculture. Encore une fois, le marketing bruxellois a marché, au détriment de la France, avec les applaudissements de l'opinion éclairée française.
La France a droit aux subventions agricoles, pas plus question d'y revenir que sur le chèque britannique, surtout qu'il s'agit tout de même de notre premier secteur exportateur.
On peut donc discuter qualité de la nourriture, aides à la production contre aide à la personne etc..., mais arrêtons de toujours chercher un nouveau moyen de nous repentir d'être français dès qu'il y a crise européenne. Après tout, si Blair veut dépenser en R&D il peut porter la contribution britannique au niveau où elle devrait être si Thatcher n'avait obtenu un rabais immérité.

Les données chiffrées sont tirées de The Meatrix, un site vraiment intéressant, avec une animation marrante en ouverture.
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Mercredi 12 octobre 2005

Ian Rankin a obtenu un succés considérable pour les enquêtes de l'inspecteur Rebus, mais avait commencé par écrire des romans d'espionnage, qui, du coup, sont maintenant republiés. Le Watchman est Miles Flint, un veilleur des services secrets britanniques, spécialiste de la surveillance et des filatures.

Son enquête nous permet de croiser des intrigues internes au service et surtout, à rentrer, à la moitié du roman, dans les opérations britanniques en Irlande. Le moins que l'on puisse dire est que ça n'est pas reluisant. Un polar bien fait.

 


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Lundi 10 octobre 2005
 Visité l'expo DDay sur le design à Beaubourg. Pris un coup de vieux à l'occasion. C'est farci de trucs branchouilles qui ne valent que par le discours abscons plaqué dessus. Voyez ci-dessous une installation superbe de Jurgen Bey, et essayez de voir si ça a 1. un rapport avec le design, 2. le moindre intérêt. Ce n'est pas le blabla accroché à côté de cette installation qui en sauvera quoi que ce soit (à droite, jugez vous-même).
Il y a deux ou trois choses intéressantes, mais pour 7 € l'entrée, épargnez votre portefeuille...
 
   
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Dimanche 9 octobre 2005
Que faire de "la possibilité d'une île" ? Après avoir lu ce petit ouvrage vous aurez, sinon la certitude d'une merde, du moins l'assurance d'un truc survendu.

La thèse de Naulleau mérite d'être connue : avec Houellebecq c'est la disparition de la littérature que l'on peut fêter. Le livre était déjà évènement avant que d'avoir été publié, et, au final, tout ce que l'on peut en dire n'a pas grand chose à voir avec ce qu'il contient. Il s'agit aujourd'hui, pour faire vedette littéraire, d'écrire d'abord ses souffrances intimes sur un livre avant de pouvoir aller les raconter à la télé.

Comme Houellebecq échappe un tout petit peu à ce travers, il a tout de suite l'air profond et branché sur la réalité en allant s'intéresser aux sectes, à la science etc...

Il y a également pas mal de citations de MH, assez navrantes, qui devraient lui valoir la même opprobre que celle qui a été jetée sur Eric Bénier-Burckel. Or, comparaisons à l'appui, Houellebecq peut faire passer des saillies racistes tant qu'il le veut et être encensé par la critique branchée, alors que les plus faibles tirages d'EBB ne lui autorisent pas cette licence.

Bref, il y a quelque chose de pourri dans le monde de la critique littéraire parisienne, et Naulleau décrit bien cet état, citations en main, avec humour, et glisse au passage quelques conseils de lectures plus salutaires. Aucune raison de se priver de ce petit ouvrage donc.



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Vendredi 7 octobre 2005
Un article dans Les Echos, rédigé par Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l'ESCP, suggère que la réponse la plus efficace pour empêcher Hewlett-Packard - entreprise bénéficiaire qui vient pourtant d'annoncer un millier de suppression d'emplois en France - est la menace de boycott de la part des consommateurs.

C'est une excellente idée. Comme il le souligne, la France est le troisième marché mondial de HP.

A nous de savoir leur montrer que les consommateurs sont aussi des citoyens : Boycottons HP !

N'hésitez pas à copier les logos de différentes tailles que j'ai bricolés, plus il y en a, mieux ce sera !

   
       
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Jeudi 6 octobre 2005
Un petit livre sorti en poche, qui se lit d'un trait. Qu'y apprend-t-on ? Pas grand chose pour ceux qui connaissent le sujet, les grandes sociétés, publiques ou non, au sein desquelles il faut, pour vivre heureux, vivre caché.

On s'ennuie assez vite dans ces groupes où les règles du jeu et les objectifs changent de façon quasiment aléatoire. Face à un discours sur l'entreprise devenu irrationnel en ce qu'il demande une adhésion robotique aux ordres, corinne maier recommande le je-m'en foutisme systématique, le retrait et la préservation de soi. Elle le fait avec humour et pas mal d'esprit, ce qui permettra peut-être à certains de relativiser leurs tracas. Un petit pamphlet pour temps de guerre (sociale), dont on attend peut être une suite pour temps plus apaisés, quand l'entreprise ne sera plus l'alpha et l'omega de la vie en société...


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Lundi 3 octobre 2005
Fumer un joint avant de conduire est passible de deux ans de prison. Conduire avec 0,4 grammes d'alcool n'est passible de rien du tout. Pourtant dans les deux cas, selon une étude médicale Sécurité routière et Accidents Mortels, le risque d'accidents est multiplié par deux. On peut même ajouter que conduire après avoir avalé des somnifères, ou des tranquillisants, est également parfaitement légal.

Cette différence absurde, ces trois poids trois mesures s'expliquent par beaucoup de raisons :

- la gauche, en 2001, a confié à une équipe médicale le soin d'étudier le rôle comparé des stupéfiants et de l'alcool dans les accidents mortels. La pression des lobbies du médicament a permis d'éviter que ceux-ci ne soient pris en compte ;

- la droite n'a pas attendu les conclusions de l'étude pour légiférer dès 2003 sur la pénalisation du cannabis au volant ;

- le lobby des fabricants de matériel pour contrôler le taux de cannabis a également joué son rôle dans l'affaire.

Résultat, sur 8000 accidents, 2000 sont dûs à la vitesse, 2000 à l'alcool, 220 au cannabis (il resterait à comparer les taux d'accident en proportion du nombre de consommateurs de chacune de ces drogues). En tout cas, ceux qui affirmaient que le cannabis au volant tuait d'ores et déjà plus que l'alcool en sont pour leurs frais.

Dans l'article de Libération de ce jour consacré à l'étude ci-dessus, il y a ainsi tous les travers de la politique d'aujourd'hui : la gauche qui cède au lobby du médicament, la droite qui succombe à la démagogie et ne fait même pas semblant de se fier aux études scientifiques, largement instrumentalisées.
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Dimanche 2 octobre 2005
Une BD courte mais subtile et tendre. Keiko Ichiguchi a voulu raconter et rendre hommage à de jeunes étudiants allemands (Hans et Sophie Scholl, Christopher Probst, membres du groupe de la Rose blanche), morts pour avoir, à leur façon, résisté aux nazis. C'est moins violent que les Trois Adolf, de Tezuka, mais on y suit aussi l'impact de la guerre sur les rapports humains. Le dessin est un peu éthéré, très doux, mais il s'accorde bien avec l'âge des protagonistes. Pas mal du tout.




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Samedi 1 octobre 2005
Comme beaucoup de lecteurs du Monde, j'ai un rapport parfois passionnel avec ce journal. La ligne générale, les compromis, les énormités au moment du référendum, un grand nombre de choses m'ont énervé dans les dernières années. Mais les articles d'Eric Le Boucher (ELB) décrochent régulièrement la palme de mon énervomètre intérieur.

Il y a ainsi trois semaines, le keynésianisme était enterré par ELB, mais la semaine suivante référence respectueuse était faite à Lord Keynes, pour les besoins de la démonstration du jour - la cohérence n'est pas le fort de l'homme.

Aujourd'hui, sur la dernière page du Monde - daté des 2 et 3 octobre -, ELB suggère de remplacer Villepin, Schröder et Berlusconi, par Gordon Brown, ministre des finances britannique. Chute de l'article : "le seul problème avec l'écossais Brown est qu'il ne sourit jamais. Ce n'est pas un marrant. Bon. Mais ça nous changera de nos comiques". En matière de guignol, ELB peut s'aligner, je crois qu'il ne déparera pas.

Ce n'est pas son libéralisme qui est en cause, Philippe Simonnot, autre journaliste du Monde, est tout aussi libéral. Mais il ne provoque jamais chez moi la même interrogation sur la raison qui pousse un quotidien sérieux à publier ces pochades. Les articles de Simonnot ont de la tenue et du contenu ; ceux d'ELB ne font que surfer sur la vague, suivre l'air du temps, avec des généralisations hâtives assénées comme des vérités.

A croire que le grand chic au Monde est, non pas de faire un travail de journaliste, mais de décrocher le droit de faire la morale aux lecteurs, sur l'impératif européen "inéluctable" (nouvelle chronique Europe de Ferenczi), sur le fait que cette ligne européenne doit être celle de Blair (Eric Le Boucher), ou une synthèse de ces deux points (sa majesté Colombani en personne).

Si, comme moi, vous ne supportez plus, non pas la pensée libérale, qui allie parfois rigueur et cohérence, mais sa version débraillée, moralisatrice et, pour finir, beaufisante, ajoutez un commentaire à ce message. Je me ferai un plaisir de livrer l'ensemble à qui de droit.
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