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Mardi 28 février 2006
Dans un billet récent, j'avais évoqué une décision de la CJCE qui donnait un pouvoir supplémentaire en matière pénale à la Commission. L'article du Times cité n'était pas très détaillé sur la décision évoquée. Un papier du Center for European Reform (CER) l'est plus. En le relisant trois fois lentement, on comprend de quoi il s'agit beaucoup plus précisément. L'auteur se veut rassurant, et explique que la CJCE n'a accordé qu'un pouvoir marginal à la Commission, et qu'il n'y a guère là de quoi fouetter un chat. Sauf qu'il est insupportable de voir le créativisme juridique de la CJCE accorder sans cesse de nouveaux pouvoirs à un cénacle irresponsable pour rester dans des termes appropriés.

Sur l'orientation du CER, la première des citations suivantes, tirée du site du CER lui-même, en exprime bien l'orientation, certainement propre à juger  bénigne toute poussée vers plus de libérale Commission :

"A think-tank that manages to be both Atlanticist and Europhile." (NDLR : quel exploit !)
The Economist

Malheureusement nous n'en avons pas fini avec ces politiques :

"A think-tank with an increasingly influential role in the shaping of official policy"
Financial Times

Post scriptum : on trouve évidemment, au financement de ce think tank, de grands démocrates (Boeing, JP Morgan, Rolls-Royce...) On y trouve aussi, alors que ce think tank prétend ne pas être financé par des organismes publics (The CER's work is funded by donations from the private sector. It has never received money from governments or EU institutions.), le German Marshall Fund, organisme gouvernemental américain héritier de l'après-guerre.

Faisons bêtement de la logique aristotélicienne :

1. Le Financial Times accorde au CER une grande influence dans la décision européenne ;
2. le CER est cofinancé par le gouvernement américain ;

conclusion : le gouvernement américain influence grandement les décisions européennes.

Certainement trop trivial pour être vrai...




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Lundi 27 février 2006
"L'idéologie républicaine française est l'incarnation de l'universalisme moderne : d'une démocratie, fondée sur une notion universelle de citoyenneté. En totale opposition avec elle, les USA représentent une société globale, une société dans laquelle le marché global et le système légal servent de contenant (plutôt que le proverbial melting pot) à la prolifération infinie d'identités minoritaires particulières. Le paradoxe est pourtant que les rôles respectifs de chacun semblent s'être inversés : la France, avec son universalisme républicain, est de plus en plus perçue comme un phénomène particulier menacé par le processus de globalisation, tandis que les USA, et leur multitude de groupes demandant la reconnaissance de leur identité particulière, spécifique, apparaissent de plus en plus comme le modèle universel."
Slavoj Zizek, Que veut l'Europe ?, Climats, 2005
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Samedi 25 février 2006

Un récit intéressant, un peu décalé. Décalé car j'avais lu qu'il s'agissait de l'histoire véridique d'un flic retiré de la poilice pour avoir refusé de couvrir les explications officielles relatives à l'assassinat du prince Jean de Broglie. Et j'attendais un récit détaillé de l'événement.


En réalité, il s'agit plus, comme dans « un juge s'en va », de Laurent Leguevaque, de l'histoire d'un homme déçu de l'inhumanité de l'institution à laquelle il appartient. L'affaire de Broglie n'est évoquée que vers la fin, rapidement, comme la goutte d'eau qui fait déborder la vase. Ce qui est décrit plus finement, c'est l'évolution d'un jeune entré dans la police républicaine et qui y découvre des pratiques nauséabondes : combines avec les indics, indifférence absolue à la violence, misère humaine des policiers, rien n'a de quoi pousser à une grande solidarité professionnelle.

Eric Yung n'est pas un ange : ami d'Yves Mourousi (nommé Eric dans le livre, mais comme il subit un attentat en 1978 dans le livre, il m'a été facile de retrouver cette info : 1978 Yves Mourousi, journaliste présentant le journal télévisé sur TF1 échappe à un attentat à la bombe sur le palier de son domicile à Paris. L'attentat est revendiqué par le Front franco-arabe du refus.), il entretient lui aussi son indic, se drogue, carbure aux amphétamines pour tenir l'alternance fêtes la nuit et planques le jour. Sur les combines policières, on voit la police fournir elle-même armes et voiture volée à un braqueur sous surveillance, via un indic, pour accélérer le passage à l'acte. En lisant cela, on se dit que le film de Xavier Beauvois, Le petit lieutenant, peut représenter une version très édulcorée du livre de Yung, ou même on donne raison à Aragon lorsqu'il affirme que la réalité est plus grande que le roman, et qu'un roman doit être moins fort que le réel pour rester crédible.

Le livre est donc centré sur Eric yung plus que sur l'affaire de Broglie, mais ce n'est finalement pas plus mal. Il a un grand sens du récit, et un style qui lui permet de beaux passages. Ainsi, sur le Paris des années 70 :

« Depuis quelque temps, les Parisiens avaient le sentiment de vivre dans l'insécurité. Il est vrai que le paysage urbain avait été bouleversé. La ville n'était plus tranquille. Des quartiers entiers disparaissaient. Les maisons de Paris, ces bâtisses aux toits de zinc qui, autrefois, faisaient les délices des peintres et des photographes, étaient dévorées les unes après les autres par de grosses machines aux bouches mécaniques. Les habitants fuyaient loin pour se regrouper dans les tours des banlieues tandis que s'élevaient, là où ils avaient été enfants, des hauts murs de béton recouverts de verre ou de fausses pierres de taille ou de marbre. »

Et pour en savoir plus sur l'affaire de Broglie, une base de départ.

Un bon livre, par un homme qui est aujourd'hui producteur à france Inter.

 

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Vendredi 24 février 2006
Je plaisante évidemment, mais un moment j'ai failli douter. En effet, grâce à la nouvelle Europe, je comprends l'allemand !

Voyez le résultat des Pajama Satin Awards : catégorie Meilleur blog Allemand, le gagnant est génial, j'y comprends enfin l'Allemand !

C'est ça l'Europe de demain, United we'll stand !

Je préfère

J’ai chopé la mélancolie
En faisant des chansons sur mon lit,
Une commande pour chanteur pas bien.
Fallait que j’dise France Américain.
Ça m’a carrément miné, tout dégoûté,
Carrément miné, tout dégoûté.

Merci à Alain Souchon, Jamais content depuis 1977 !

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Jeudi 23 février 2006
J'ai fait le politest (repéré sur Embruns) et voilà mon résultat :

Vous vous situez à gauche.

Le parti dont vous êtes le plus proche :

le Parti Socialiste
   

Le(s) parti(s) qui vien(nen)t ensuite :
2. l'UDF
    mais vous accordez plus d'importance au rôle de l'Etat dans le domaine économique et social.
3. le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement
    mais vous ne partagez pas toujours les mêmes opinions sur les questions économiques ou sociales, ni sur l'importance de la responsabilité personnelle des gens.
4. le Parti Radical de Gauche (PRG)
    mais vous êtes plus conservateur sur les questions liées à l'évolution des moeurs.


Sauf que :

1. je crois que l'urgence absolue aujourd'hui est d'arrêter le délire européen
2. je ne vois pas qui à gauche affirmera cela clairement
3. je ne vois pas bien à droite qui, en dehors de gens pour qui j'exclus de voter quoi qu'il en soit (Villiers, Le Pen), exprimera le souhait clair d'arrêter ce délire.

en tout cas le premier non-boutefeu qui pose les limites de ce mouvement anti-républicain qu'est l'UE aura ma voix, droite ou gauche.
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Mercredi 22 février 2006
Un titre provocateur de ma part pour signaler un article stimulant de Denis Collin, montrant comment Bourdieu a pu taper à côté de la plaque en matière d'analyse politique et concluant sur un rappel de l'idée, que je crois forte, que "le socialisme ouvrier traditionnel, celui des origines à Marx inclus, n'est pas un antilibéralisme". Il me semble que Rosanvallon, dans son grand livre "Le libéralisme économique" disait quelque chose de pas très éloigné, et que DSK, quand il ne fume pas la moquette européiste, s'approche de cette idée avec son "socialisme de la production".
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Mardi 21 février 2006
On en dit du bien sur Econoclaste : "Si l'on veut réellement créer un marché commun et unir politiquement l'Europe il s'agit d'un mécanisme formidable qui pousse à ce qui n'a pas encore été possible jusqu'à maintenant, une harmonisation des législations fiscales et sociales. Il est dommage de voir cette opportunité sous l'angle de la concurrence déloyale du plombier polonais."

J'ai laissé un commentaire un peu long et décousu, que je reprends ici. D'abord c'est beau comme du Versac lisant LE numéro de Charlie hebdo dans le métro et s'étonnant de s'attirer un regard noir. Blague à part le "mécanisme formidable" sus-cité que'est censé être le PPO l'est cependant surtout vu à travers le microscope de l'économiste. Le plombier franchouillard a le droit d'avoir un autre point de vue et de réclamer de ne pas être aiguillonné trop vite.

Autre étonnement de ma part : le principe du pays d'origine c'est bien pour les européens, mais ça craindrait appliqué aux pays en voie de développement "Mais le principe du "pays d'origine" n'est pas indispensable à la libéralisation du commerce des services et ne saurait être un instrument réaliste si on songe à une libéralisation plus large vis-à-vis des autres économies de la planète et en particulier celles des pays en développement." Si le raisonnement relatif au PPO est bon pourtant, il doit l'être aussi pour les PVD. Ou alors c'est qu'on admet une intervention pour autoriser un peu d'aiguillon mais pas trop. Sur ce terrain sulfureux de l'interventionnisme (et rappelons nous, l'interventionnisme c'est MAL), on aimerait des chiffres, des études d'impact, des case studies.

Le bobo moyen qui assiste à cette course à celui qui aiguillonnera le mieux son prochain ("Union Européenne rempart contre la mondialisation" de son petit nom) se rend surtout compte qu'avec ces merveilleuses réformes, plus personne ne répond au renseignement téléphonique (le 12 ne répond plus, faites le 188 000, non le 37 18, non pardon le... ah mais je vais appeler le SAV moi. ah mais y'en a pas, en slovaquie c'est pas obligé et vous êtes chez un opérateur slovaque grâce au PPO et de toute façon ça répond en letton...)

Oui, je dérape. Mais pas tant que l'éconoclaste qui écrit, comme économiste, que le PPO harmonisera les législations "fiscales et sociales". Pourquoi s'arrêter là dans la généralisation rapide et ne pas écrire que cela obligerait les britanniques à rouler à droite ?

Je veux bien imaginer que le PPO harmoniserait les prix, peut-être les législations sociales (et encore à long terme, mais on sait où nous serons à ce moment là), mais la fiscalité, je reste sceptique.

Conclusion que j'ai laissée en commentaire : "je crains que votre chronique ne soit toute pleine d'idéologie eurolâtre. Merci quand même de continuer à aiguillonner nos réflexions !"


Réponse de l'auteur :

"Pour répondre à Edgar sur le principe du pays d'origine:

- Ce que je voulais dire en parlant de "mécanisme formidable", c'est que l'application de ce principe mettrait en concurrence des prestataires de service pas soumis aux mêmes règles et donc créerait une nécessité d'harmoniser les législations ou d'avoir des législations communautaires. C'est un mécanisme intéressant pour faire progresser la construction européenne car il y aurait une pression économique au changement politique. Maintenant vous avez raison, c'est "formidable" (cette fois au sens positif -je l'employais pour ma part dans le sens d' "efficace") si on est partisan d'une intégration européenne renforcée. Pour rester sur le plan du raisonnement économique, il y a du pour et du contre à harmoniser les politiques fiscales et sociales en Europe. Ce sont des considérations politiques qui à mon avis peuvent faire pencher nettement en faveur de cette harmonisation.

- J'aimerais cependant revenir sur l'argument du nivellement par le bas qui a été utilisé par tous les opposants à la directive Bolkestein (je m'éloigne là de votre commentaire mais j'y reviendrai après). Tout d'abord si on lit la directive, le PPO ne s'applique pas aux conditions de travail donc c'est un contresens majeur que d'y voir une sorte de mécanisme diabolique cette fois qui ferait disparaître le droit du travail. En fait ce qui est concrètement visé ce sont toutes les conditions pour exercer une activité comme l'inscription au registre du commerce, avoir le diplôme adéquat ou remplir les conditions pour exercer son activité. S'il faut qu'un prestataire s'enregistre dans les 25 Etats de l'Union et prouve à 25 administrations qu'il est en droit d'exercer son activité, c'est sûr que ça limite l'échange international de service. Il n'y a donc pas de raison de voir là un risque particulier pour le droit du travail ou la protection sociale.

- Maintenant pour revenir à votre question précise et intéressante, pourquoi pas le PPO pour les pays en développement aussi, je crois que ce principe nécessite d'avoir une certaine confiance dans les législations des pays avec qui on commerce. A l'intérieur de l'Union européenne, il y a des règles communautaires qui s'appliquent et les pays membres ont par définition rempli tous les critères d'adhésion qui garantissent des législations répondant aux mêmes normes que les nôtres. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas dans tous les pays en développement. Ceci dit au niveau bilatéral, dans le cadre d'accords commerciaux régionaux l'Union européenne pourrait très bien appliquer le principe du pays d'origine avec des pays qui donneraient les mêmes garanties. Et le principe ne pousse pas tant à une harmonisation au sens où les mêmes règles devraient s'appliquer partout mais au sens où le même sérieux dans le contrôle des prestataires de service devrait être opéré. On peut imaginer que si l'Union européenne commence à offrir le PPO à des pays en développement, ceux qui veulent accéder au marché européen des services seront incités à mettre en place des législations leur permettant de prétendre au PPO. Le mécanisme pourrait aussi marcher hors de l'Union européenne."


Ma réponse :

"pas franchement opposé à votre position, je le reconnais. je note juste qu'au fond on brade notre souveraineté nationale pour quelques mesures de simplification administrative. (je sais, il y a tellement d'autres avantages, chaque jour plus évidents, à la construction européenne)... "

avec quelques autres commentaires très pointus et pleins de renvois à des articles, j'espère que cet échange n'aura pas déparé dans ce blog "de référence"  !


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Lundi 20 février 2006
Me promenant sur fr.soc.politique l'autre jour, je tombe sur un message de "dobb", qui citait un article du Times annonçant un arrêt à peine croyable de la Cour de justice des communautés européennes (autre article du Times, plus précis). Depuis septembre dernier donc, la CJCE a ouvert la possibilité pour la Commission de déterminer des règles de droit pénal et d'en imposer l'application au sein des Etats-Membres. Le débat serait certainement trop technique (pour moi) pour comprendre exactement la portée de cet arrêt. Je suis simplement effrayé de voir que cette nouvelle est passée inaperçue en France. Chaque jour qui passe voit l'euro-bureaucratie rogner un peu plus consciencieusement les droits et libertés démocratiques (rien chez Maître Eolas par exemple, mais j'ai peut-être mal cherché).

En tout cas, au Royaume-Uni ils ont réagi. Le Times cite les déclarations suivantes (traductions perso) :

WHAT THEY SAID ABOUT THE RULING
Ce qu'ils ont dit à propos de ce jugement
The European Community has the power to require the member states to lay down criminal penalties”
The European Court of Justice
L'UE a le pouvoir d'obliger les Etats membres à imposer des sanctions pénales"
La Cour de justice des Communautés Européennes
“This judgment breaks new ground. It strengthens democracy and efficiency in the EU”
José Manuel Barroso, Commission President
"Ce jugement est un premier pas. Il renforce la démocratie (sic) et l'efficacité dans l'UE"
José Manuel Barroso, Président de la Commission (sales representative, Microsoft Europe)
“We firmly believed it was inappropriate to harmonise criminal law at an EU level.”
British government spokesman
"Nous pensions véritablement qu'il n'était pas nécessaire d'harmoniser ainsi le droit pénal au niveau européen"
Le porte parole du gouvernement britannique
“This Court ruling gives (the Commission) more teeth with which to bite”
Chris Davies MEP, Liberal Democrats
"Ce jugement donne à la Commission plus de crocs pour mordre"
Chris Davies, député européen Libéral démocrate
“. . . a worrying erosion of British sovereignty. It’s a significant transfer of power to the Commission”
Timothy Kirkhope MEP, Conservative
"... un recul inquiétant de la souveraineté britannique. C'est un transfert de pouvoir à la Commission significatif"
Timothy Kirkhope, Député européen conservateur
“Anyone who thought that the French and Dutch voters throwing out the constitution was the end of integration should look at this closely”
Nigel Farage MEP, UKIP
"Quiconque pensait que les Non français et hollandais signifiaient la fin de l'intégration doit maintenant se réveiller"
Nigel Farage, député européen, UKIP (parti souverainiste britannique)
“This stuff is political dynamite”
An EU diplomat
"Ce truc c'est de la dynamite"
Un diplomate européen

 “The British Government has completely misjudged the ability of the European Court to extend the power of European Union”
Neil O’Brien, Vote No

"Le gouvernement britannique a sous-estimé la capacité de la CJCE à étendre les compétences de l'Union européenne"
Neil O'Brien, Votez Non


En France on a l'impression que s'il n'y avait pas la directive Bolkestein, l'Europe ne dérangerait pas grand monde. C'est tout de même remplacer une démocratie nationale certes imparfaite mais rôdée par une techno structure illisible et irresponsable !

Le deuxième article du Times cité plus haut met bien en évidence que la Cour de Justice, organisme fédéral, donnera toujours raison à la Commission, autre organisme fédéral, contre les états fédérés. Le Times en tire une conclusion très directe : "hier, la démocratie a subi une défaite sévère devant une cour dont le mépris pour la souveraineté nationale confine au crime"  ("democracy yesterday suffered a grievous defeat in a court whose contempt for sovereignty verges on the criminal").

CQFD  (cliquer ici pour entendre avec reconnaissance le God Save the Queen)














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Samedi 18 février 2006
C'est en effet le 17 février qu'Emmanuel Poncet commit un article sur le juge Burgaud comparant celui-ci à Adolf Eichmann. Il me semble que là, la loi de Godwin se vérifie.

Cette loi veut que dans un débat au sein des newsgroups, la probabilité qu'un gros malin vienne faire une comparaison avec Hitler ou les nazis, tend vers 1 lorsque le débat dure. On peut sans doute étendre cette loi à la sphère médiatique. Et EP nous en donne une preuve.

On peut aussi considérer que le papier d'Emmanuel Poncet est une forme de reductio ad hitlerum ou, pour le cas présent de reductio ad eichmannium. Il s'agit, selon Leo Strauss, d'une tendance polémique ou rhétorique consistant à dire Hitler aimait X, Y aime X, donc Y est un dangereux nazi.

Ici, l'argument est :

Burgaud a appliqué les textes sans conscience ;
Eichmann faisait la même chose ;
ergo Burgaud est un "dommage collatéral de la fabrique des élites formatées" (excusez du peu), comparable à Eichmann.

C'est outrancier à plusieurs points de vue :

Eichmann appliquait les lois nazies et envoyait à la chambre à gaz des innocents par milliers, sans se poser de questions.

Burgaud a appliqué des textes républicains (premier point)), dans une affaire complexe où, si l'on ne retient aujourd'hui que les relaxés, il y avait aussi de vrais condamnés avec de vrais abus d'enfants (deuxième point).

Si bien qu'on peut se demander, si, en traitant Burgaud de Eichmann, Emmanuel Poncet n'aurait pas agi finalement comme s'il devait appliquer une loi non écrite du journalisme branchouille : "à coups de citations d'ouvrages historiques récents et de termes à la mode, celui qui tombe à terre tu achèveras".

Donc Emmanuel Poncet applique des lois sans réflexion ? Ca ne vous rappelle pas quelqu'un ?...







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Vendredi 17 février 2006
Cherchant une illustration pour mon billet sur le dernier (avant-dernier) Michael Connelly, j'ai été sur le site d'Amazon USA. J'y ai trouvé pas mal de fonctions étonnantes pour chercher à en savoir plus sur un livre. Tout d'abord une cartographie des 100 mots les plus courants (ici, carto choisie pour Freakonomics, de Levitt et Dubner) :


Cliquer sur chacun de ces termes donne l'ensemble des passages où il est employé et, pour chaque citation, on peut accéder directement à la reproduction de la page concernée !

Par exemple, pour Lewinsky dans un livre sur la présidence Clinton (The Survivor : Bill Clinton in the White House, de John F. Harris) :

78 pages with references to lewinsky in this book:

1. on Page 222:
"... had noticed her vaguely, on the periphery of his consciousness. This shadowy flirtation continued for several months after Monica S. Lewinsky's arrival at the White House, fresh from college, for an internship in the summer of 1995. She had been recommended ..."
2. on Page 223:
"... Where were you, Gene, on the second night? For it was on the night of the fifteenth that Clinton and Lewinsky found each other alone. Because of the shutdown, the White House was operating on a skeleton staff, while most people ..."
3. on Page 224:
"... from her neck. "This could be a problem ," he said. There was another sexual encounter two nights later, when Lewinsky arrived at Clinton's suggestion with some pizza that had been ordered to Pa- netta's office. "I'm usually here on weekends," ..."


Autre fonction, la liste des termes capitalisés, qui permet de repérer la liste des noms propres (pas mal pour rechercher dans un bouquin people), ici toujours pour le récit de la présidence Clinton :

Capitalized Phrases (CAPs): (learn more)
White House, Hillary Clinton, Oval Office, Dick Morris, West Wing, Little Rock, Washington Post, Capitol Hill, Air Force One, Paula Jones, United Nations, George Stephanopoulos, Newt Gingrich, Leon Panetta, Monica Lewinsky, Sandy Berger, Wall Street, Mark Penn, State Department, Vice President Gore, Vernon Jordan, New Democrat, State of the Union, Harold Ickes, Secret Service


Dans ce cas, cliquer sur chacun de ces termes donne, en plus des passages où ils apparaissent dans le livre en question,  la liste de tous les ouvrages vendus par Amazon dans lesquels ils figurent !

Enfin, outre la possibilité de noter l'ouvrage et autres fonctions déjà installées sur le site d'Amazon France, l'utilisateur peut tagger le livre comme dans delicious ou autre site de social bookmarking.

C'est assez vertigineux, et on ressent sur ce site l'impression que c'est l'industrie du livre tout entière qui va basculer très prochainement dans l'univers chaque jour plus tentaculaire du web !






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Jeudi 16 février 2006

Hieronymus Bosch est de retour au Los Angeles Police Department, dans une section spécialisée dans le traitement des affaires classées non résolues. Un test ADN permet de faire ressortir une empreinte sur le révolver qui a tué une lycéenne en 1988.

Harry et sa co-enquêtrice, Kiz Rider, se lancent à la poursuite du criminel, 17 ans après. Ils aboutissent assez vite dans un milieu proche des néo-nazis et dans des affaires internes à la police. Harry est toujours aussi séduisant, fonceur et têtu, mais on sent une évolution du personnage. Alors que les premiers Bosch le plaçaient clairement dans un entre-deux, entre le monde légal et les hors-la-loi, toujours un peu contestataire et traumatisé par son expérience du Vietnam, on le trouve ici assoiffé de réconciliation avec le monde officiel.


Ca tombe bien, le nouveau patron du LAPD est, comme lui, quelqu'un qui place son travail au dessus des politiques internes. C'est très agréable de suivre Harry Bosch, à deux niveaux : chaque enquête est bien sûr un polar classique, mais plus que d'autres personnages de roman policier, Harry change d'un livre à l'autre, et on attend la suite sans crainte de s'ennuyer. Un bon polar, carré et bien mené.

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Mercredi 15 février 2006
Dans un billet précédent, j'avais relevé l'argumentation ras des pâquerettes et pleine d'emphase de Régis Turrini, qui a pourtant son rond de serviette chez Libé (six Rebonds en quatre ans, pas mal pour de la m...)

Mon compteur de stats m'indiquant qu'un lecteur est arrivé sur mon blog après une requête sur Turrini, j'effectue la même requête et trouve deux autres billets consacrés à ce phare de l'esprit. Un sur la Tortue Cynique, blog d'un adorateur de JavaScript esprit libre, l'autre chez Une vie de lecteur. Ils relèvent un article idiot et prétentieux de cet avocat d'affaires, consacré à comparer la ringardise française à l'intelligence américaine. Il faut lire ces deux billets, qui ont comme point commun avec le mien, d'exprimer une violente indignation contre l'autorité hallucinante de l'expression turriniesque, inversement proportionnelle à la pertinence et à la précision de son propos. En les lisant j'ai eu l'impression de me trouver en compagnie de frère (et soeur) d'un moment.

Sympa la blogosphère : les media traditionnels, lorsqu'ils s'autorisent à publier de la m..., ne sont jamais exposés à la critique de leurs confrères traditionnels (sinon ça risquerait de voler bas). En revanche, les blogs permettent de constater tous les jours que les lecteurs ne sont pas dupes. Voilà peut-être aussi pourquoi, à force, Libération finit par avoir des problèmes financiers : quand on abuse de la crédulité du lecteur en jouant sur un passé glorieux, ça ne peut durer qu'un temps.

Bon, je voulais parler de Turrini et je termine sur Libé, pas très cohérent. Mais finalement c'est bien cela le problème : si ce n'était qu'un cas isolé, ce ne serait pas grave. Le problème est que le lecteur de Libé (et du Monde assez régulièrement), a trop souvent l'impression d'être pris pour une bille...


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Mardi 14 février 2006

La treizième enquête de Jack Palmer le conduit dans les milieux islamistes selon une expression familière.

Mais la visite est moins réussie que dans l'enquête corse. L'intrigue sert de prétexte à une visite du monde franco-musulman, et n'est pas menée avec une grande conviction.

Les querelles internes au monde musulman français sont évoquées - c'est souvent assez drôle - entre musulmans parfaitement intégrés et d'une observance religieuse pas très stricte, et d'autres plus tatillons. On a le sentiment d'une situation trop simplifiée, Israël n'est pas évoqué, et entre ça et une intrigue faiblarde, c'est dur.

Heureusement, il reste le dessin, excellent, et quand même un humour qui réussit par moments à être à la fois très fin et corrosif – j'ai beaucoup aimé les apparitions successives du duo de fonctionnaires de l'Intérieur.


Un article élogieux sur ce tome annonçait une prochaine enquête dans le Marais et dans d'autres communautés. Attention à ne pas faire les Bronzés 3...
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Lundi 13 février 2006
Le Monde, 5 et 6 février : la Commission fournit gratuitement des photographies aux agences de presse et s'apprête à rédiger leurs articles, via une agence publique satellite de la Commission (nommée ESB, à croire qu'ils auraient le sens de l'humour à Bruxelles, après leurs exploits sur la vache folle).

M. Stabenow, président de l'association de la presse internationale à Bruxelles rappelle que "les photographes basés à Bruxelles sont déjà concurrencés par les services de la Commission".

Les yeux m'en tombent ! Voilà que la Commission, qui ne cesse de pourfendre le service chez les autres, casse le marché de la photo de presse ! et s'apprête à faire la même chose avec des articles écrits ! pour nous faire voter oui, à coup de propagande ! avec notre argent !

J'avais déjà relevé la bêtise crasse du plan annoncé par la Commission pour refaire passer le TCE, et surtout la piètre opinion de l'électeur qui était ainsi révélée. je n'imaginais pas que la Commission comptait en plus ouvrir UNE AGENCE DE PRESSE PUBLIQUE !

Mais Dieu du ciel, que M. Stabenow attaque la Commission, qu'il lui fasse un procès, il gagnera !


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Samedi 11 février 2006

source iconographique: http://usinfo.state.gov/journals/itps/0604/ijpf/frtoc.htm
Une interview savoureuse de Guy Verhofstadt dans Le Monde du 10/2 ("Des Etats-Unis d'Europe avec les pays de l'euro").

Le premier ministre belge commence par expliquer que rien ne marche en Europe aujourd'hui (c'est marrant, avant le référendum ça ne transparaissait pas ces appréciations critiques). Pour finir, Guy Verhofstadt nous explique la véritable priorité de l'Europe (vous savez, le contrepoids aux USA) : devenir un « pilier de l'alliance Atlantique » !

Bravo à cette interview vérité, qui n'ouvrira peut-être pas beaucoup de yeux, mais peu importe, petit à petit l'Europe sera vue comme elle doit l'être : une pathologie qui se prend pour un remède.

  1. D'abord, donc, les aveux : « Pour le moment, nous n'avons qu'une sorte de catalogue d'objectifs, la "stratégie de Lisbonne", qui, en vérité, n'est pas une stratégie. On s'est fixé des buts à atteindre, sans dire comment, et avec quels moyens. » Là, l'électeur qui a voté non et à qui on a expliqué qu'il était ignorant doit comprendre qu'il n'était pas si bête, il avait bien repéré que la stratégie de Lisbonne, tout ce qui nous reste de politique macro-économique, est un tissu d'âneries inefficaces.

  2. Ensuite, la Constitution, au fond, on s'en fout : « Une des raisons du non français, et peut-être néerlandais (au projet de Constitution), est le sentiment que l'Europe n'avait pas la bonne réponse face au textile chinois ou au plombier polonais. Les vraies questions sont : comment rendre compétitives nos entreprises, quelle peut être notre approche commune des adaptations du marché du travail, comment éviter de tomber dans le dumping social ? Ce n'est pas en lançant quelques projets intergouvernementaux ou en essayant de sauver quelques éléments de la Constitution qu'on y répondra. ».

  3. Pour continuer, toujours plus de ce qui ne marche pas : « créons une fédération des Etats-Unis d'Europe avec les Etats de la zone euro. [...] Il faut désormais développer, sur la base de la convergence, non de l'harmonisation, une politique économique et sociale cohérente, au moins à l'intérieur de la zone euro. Avec un gouvernement économique ? En s'appuyant sur les compétences existantes, la Commission peut jouer ce rôle en rassemblant les commissaires responsables dans un vrai gouvernement socio-économique. » Là, petit interlude de ma part : je ne comprends pas comment on peut envisager que les Commissaires soient à la fois ministres des Etats-Unis d'Europe au sein de la zone Euro, et en même temps jouent un rôle pour le reste des Etats de l'Union non membres de la FEUE (fédération des Etats-Unis d'Europe, NDLR). Et puis s'il faut compter sur la compétence de Barroso pour nous sortir du marasme...

  4. Enfin, l'essentiel (la partie la plus longue des réponses de Verhofstadt) : « Quelles autres idées avancez-vous ? Je propose de développer l'espace Schengen pour créer un vaste espace commun de sécurité et de justice [Robert Badinter aussi, cf. ici ce que je pense de cette idée dictatoriale]. Ensuite, de bâtir une défense européenne pour en faire un pilier de l'Alliance atlantique. Nous pouvons aller plus loin que nos quelques expériences récentes de rapprochement, en nous interrogeant sur l'efficacité des dépenses militaires de l'Europe. Elles représentent la moitié de celles des Etats-Unis mais leur efficacité doit être de l'ordre de 10 % par rapport à elles. Troisième proposition : une véritable diplomatie européenne, avec notamment des représentations communes dans les institutions internationales. »

Bref, ce qui nous fera vraiment avancer, c'est de renoncer à nos armées qui ne servent pas assez, pour les placer au service de l'OTAN. Comme cela elles iront prendre l'air en Irak. C'est très bien, ça fera aussi baisser le chômage des jeunes. Et tant qu'on y est, il faudra que la France abandonne son siège à l'ONU au profit de la FEUE, puisque là est la signification de ce point 3.

Voilà une interview qui a le mérite d'être révélatrice. Vous l'avez sous les yeux, la nullité de ce projet anti-démocratique est flagrante. Peut-être que sur les cinquante lecteurs de ce billet, l'un d'entre eux un se trouvera-t-il convaincu de ce que j'expose.
C'est pour lui que j'écris.

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Vendredi 10 février 2006

Un bon polar. Un peu comme le très bon "la règle des quatre", on navigue autour de Harvard et d'un livre maudit.

Ici nous sommes cependant au XIXème et le livre en question n'est plus un obscur texte connu des seuls spécialistes, mais bien la Divine comédie, de Dante. Quatre poètes et membres de la meilleure société bostonienne se sont unis pour le traduire en anglais.

Des crimes qui correspondent à des scènes de la divine comédie ne tardent cependant pas à faire réfléchir les membres du club sur l'utilité de poursuivre leur travail. C'est donc un double voyage qui est organisé par l'auteur : chez Dante et à Boston, 1867. La partie Boston est très détaillée, parfois trop. Mais il est intéressant de voir par exemple les traces de la guerre civile à cette époque, ou encore la place de la religion dans l'enseignement de l'époque (une scène d'autodafé assez impressionnante au milieu du livre).

Sur Dante, l'auteur est moins précis, mais arrive cependant à intéresser à la Divine Comédie et à en faire percevoir l'intérêt : la recherche d'une rédemption sur terre et non dans l'au-delà. De la belle ouvrage, quoique un peu trop travaillée par moment.

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Jeudi 9 février 2006



Compliqué ce débat. Je préférais ne rien en dire, mais après quelques lectures, j'ai, comme souvent, le besoin d'essayer de clarifier mon opinion. En quelques points rapides, voici les conclusions auxquelles j'arrive. Je rejoins donc koz, pour penser que Charlie Hebdo est le fer de lance d'une offensive bêtement provocatrice. Le raisonnement en quelques étapes :

  1. la liberté d'expression est un principe sacré et non négociable

  2. la provocation de mauvais goût est une provocation de mauvais goût

  3. pendant que Philippe Val pose au dernier rempart contre la liberté d'expression, il a appelé à voter au Traité constitutionnel, prouvant que son amour des principes ne l'empêchait pas de vouloir prolonger des politiques antikeynésiennes porteuses de chômage

  4. peut-être que ce que veulent dire les manifestants musulmans qui portent des pancartes anti-blasphème n'est rien d'autre que « l'Occident soutient toutes les dictatures arabes et musulmanes qui nous oppriment (sauf les laïques, qu'il envahit pour pomper leur pétrole) et en plus il se fout de la religion, qui nous permet de croire à un avenir meilleur »

  5. ce qu'oublient les défenseurs intransigeants et inconditionnels de la liberté d'expression, au point de soutenir des journaux qui publient des caricatures au goût de chiotte, c'est qu'en France récemment les tribunaux ont interdit une publicité de Marithé et François Girbaud figurant une Cène très anodine (avec en plus une superbe photo), cf. commentaires d'Eolas. La disproportion entre la réaction pro-caricatures danoises et celle (plus faible d'après mes souvenirs) de soutien à M. et F. Girbaud prend donc la forme d'une campagne objectivement anti-musulmane (cf. ci-dessous, la blogosphère parle plus de caricatures de Mahomet qu'elle ne rappelle l'affaire de la Cène).

Données Blogpulse, requête bleue "caricatures Mahomet", requête jaune "cène girbaud"

6. Considérant cette jurisprudence française, je ne serais pas choqué que des amendes fussent prononcées contre certains journaux français. Je désapprouvais, à l'époque, la décision sur la Cène, et la désapprouve toujours, mais si c'est l'état du droit aujourd'hui, qu'il s'applique aussi en faveur des musulmans !

7. La réaction la plus appropriée consisterait donc à se taire. Mais c'est dur...

8. je suis un donateur régulier de l'association Le Chevalier de la Barre, donc pour ceux qui voudraient me taxer de cléricalisme, passez votre chemin !


ajout, le 9/2 : un bon papier sur Embruns, mais qui tape à côté. Oui, il faut défendre la liberté d'expression, bien sûr que l'Islam se remettra de ces quelques dessins; Ce qu'il faut voir c'est un contexte global où d'une part, l'église catholique obtient d'ores et déjà en France, très tranquillement, le retrait de photos complètement anodines, et d'autre part un monde islamique où l'islam est aussi le point de ralliement contre un occident qui n'est démocratique qu'à l'intérieur de ses frontières et se satisfait fort bien des dictatures à l'extérieur.
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Lundi 6 février 2006















Un livre titré Photographies de Personnalités Politiques, superbe. Aux antipodes des Partenariats Public-Privé qui sont la pointe de la modernité, il s'agit là d'hommes, de pouvoir, et de responsabilité individuelle - je ne sais pas si c'est un fait exprès, mais j'aime que ce PPP résonne comme un contrepoint à ces contrats de dissolution de la puissance publique.

Depardon a un génie du moment, de l'attitude révélatrice d'une personnalité, une fascination évidente pour les grands hommes. En plus, ses commentaires permettent de comprendre, à travers l'attitude du sujet politique face au photographe, la personnalité de l'homme politique : monarque lointain sous de Gaulle, sympathique voisin pour VGE, extraordinairement ambigü pour Mitterrand, insaisissable pour Chirac.

J'ai beaucoup aimé une photo en particulier. Mitterrand, dans un avion, est entouré de quatre admirateurs dont chacun semble pénétré de l'idée qu'il a un échange profond avec le Président. Lui, au milieu, a un sourire à la fois flatté et ironique, qui montre qu'il en faut plus pour l'impressionner que ces quatre conversations simultanées - à l'opposé, une photo avec Jospin le montre bien plus attentif.

Un superbe livre, magnifiquement maquetté.

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Samedi 4 février 2006
Une info de l'Atelier BNP-Paribas : "Microsoft veut former 20 millions d'Européens aux nouvelles technos". Le programme s'appellera "Alliance européenne sur les compétences pour l'emploi", (European Alliance on Skills for Employability), et a comme objectif de former  20 millions d'Européens aux nouvelles technologies d'ici 2011. "Ce projet de formation en technologie est destiné plus particulièrement aux jeunes chômeurs et aux travailleurs les plus âgés", a indiqué Jean-Philippe Courtois, Président de Microsoft international.

M. Barroso le président de la Commission européenne, qui  assistait au Forum des leaders gouvernementaux de Microsoft (Microsoft Government Leaders Forum), s'est félicité de cette annonce et a indiqué que son objectif était de faire de l'Union européenne un espace "favorisant l'innovation".

Magnifique : l'Europe comme terrain de jeu des grands groupes aux pratiques monopolistiques, par ailleurs condamnés... par la Commission européenne elle-même (cf. une brève du New York Times sur un nième rebondissement de ce procès-fleuve).

Barroso parade dans un colloque de Microsoft alors que la Commission vient d'être attaquée... par Microsoft, et alors que le montant global de le programme annoncé (60 millions d'euros, payés par Microsoft mais aussi d'autres partenaires comme Cisco ou State  Street), représente une fraction minime des amendes déjà payées par Microsoft à la Commission (497 millions d'euros, et ce n'est normalement pas fini). Pour finir, il va sans dire que ce programme consistera à former 20 millions de personnes aux...technologies Microsoft évidemment - à moins que Star Office ?

Peu de journalistes ont relevé ces liaisons dangereuses, mais ô combien révélatrices...

(PS : le site Génération NT ajoute à son compte rendu de l'événement, que lors du Forum où Microsoft a annoncé ce projet, "ce fut également l'occasion d'annoncer un coup de pouce pour le Portugal dans le domaine des nouvelles technologies". On rappellera que M. Barroso, qui honorait ce colloque de sa présence, est...portugais.)
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Vendredi 3 février 2006
J'ai mis en ligne un commentaire du - très intéressant - livre de Laurent Leguevaque, "un juge s'en va". Je suis très impressionné de le voir apparaître en très forte position (une requête sur deux depuis une semaine) dans les requêtes qui amènent les visiteurs à mon site (il faut dire que j'arrive en 6ème position sur la requête Leguevaque).

C'est certainement lié aux auditions parlementaires du procès Outreau (post scriptum : il paraît qu'il est passé à la télé, voilà l'explication !). Mais ce qui me fascine c'est que sur Blogpulse par exemple, c'est calme plat sur la recherche Leguevaque. Il y a donc encore du boulot pour ceux qui veulent suivre les tendances online.

Ci-dessous, requête "Leguevaque" sur le moteur du Monde : un seul résultat en un an

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1 - UN JUGE S'EN VA
LE MONDE | 30 janvier 2005 | Hervé Gattegno | 1921 mots
Jusqu'au 17 janvier, Laurent Lèguevaque était juge d'instruction à Tours. En démissionnant, fait très rare dans la magistrature, ce franc-tireur de 38 ans entend dénoncer les raideurs du monde judiciaire .
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