Commentaires

Sélection

lalettrevolee  @  yahoo.fr

W3C

  • Flux RSS des articles

Recherche

Calendrier

Mars 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Jeudi 30 mars 2006





Il manque encore 3000 euros pour permettre à Guillermito de payer sa condamnation s'acheter un nouvel antivirus. C'est le prix à payer pour défendre le droit que nous devrions tous avoir de démonter un logiciel pour voir s'il fait bien ce qu'il est censé faire.

Tout est expliqué ici.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Divers
Mercredi 29 mars 2006
Finalement, ce sont les déclinistes qui ont raison, la France est nulle : ces deux titres du Monde , parus le même jour, mettent en évidence que nos fonctionnaires fascinés par le libéralisme s'entichent des PPP, au moment précis où les britanniques en reviennent :

Police, justice, santé : les nouveaux partenariats public-privé se multiplient en France
LE MONDE | 1 mars 2006 | Isabelle Rey-Lefebvre | 612 mots
LES PARTENARIATS public-privé (PPP), que la France expérimente depuis 2002, prennent leur envol. Ces partenariats permettent à une administration ou une collectivité locale, après un appel d'offres global, de confier à un opérateur privé le financement, la réalisation et la gestion d'un équipement...

Le gouvernement britannique ne croit plus au financement mixte des hôpitaux
Article publié le 01 Mars 2006
Par Marc Roche
Source : LE MONDE
Taille de l'article : 570 mots

Extrait : L'impact de l'endettement des hôpitaux sur les moyens accordés aux soins, les dérives spéculatives du BTP ont convaincu l'équipe Blair de réviser sa position. Au Royaume-Uni, pionnier du partenariat public-privé (PPP), le système de financement de la rénovation du parc hospitalier vétuste semble en panne. La récente décision du gouvernement Blair de réexaminer le plus gros marché hospitalier de ce type, le Barts/Royal London Hospital, portant sur 1,15 milliard de livres (1,68 milliard d'euros), illustre l'inquiétude croissante devant l'escalade du coût pour l'Etat de ces méga-projets de financement mixte. « Cette privatisation en douce des hôpitaux est un retour aux pires pratiques du XIXe siècle.


C'est moi qui souligne le dernier passage, déclaration d'une universitaire britannique spécialiste de la santé... Cette dame n'a rien compris aux réformes nécessaires selon Eric Le Boucher, Baverez et autres Diafoirus mondains...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Mardi 28 mars 2006
Patrick Jarreau, dans Le Monde du 7 mars dernier, a recensé le livre de Pierre Manent, la Raison des nations. Pour qui sait lire, il ressort de cet ouvrage que l'Europe actuelle est une entité non démocratique, dont la seule cohérence éventuelle pourrait être de se reconnaître comme un bloc de pays chrétiens – voilà ce que j'ai retiré du livre, je détaille le raisonnement ici.

Même si j'ai bien évidemment pu faire une erreur d'interprétation, la force du livre de Pierre Manent est de toute façon qu'il est corrosif et sans concession. D'ailleurs Patrick Jarreau en souligne « la richesse des analyses », « servies par un sens aigu de l'éloquence ».

Comme il ne faudrait tout de même pas faire l'éloge d'un eurosceptique, il faut, comme dans 1984 afiirmer haut et clair que « la guerre c'est la paix ».

L'article se conclut donc sur un appel à dépasser les égoïsmes nationaux, pour atteindre enfin à l'Europe, ce graal mortifère :

« S'il est vrai que la Shoah ait persuadé les Européens de préférer toujours et partout l'identité à la différence, la reconstitution d'Israël en nation séparée et autonome ne devrait-elle pas les faire réfléchir sur le lien qui unit toute existence à une communauté humaine ? Et leur montrer, aussi, qu'il n'est pas de telle communauté qui puisse être dissociée d'une religion conservée, réformée ou même dépassée ? ».

C'est d'une part très alambiqué, et d'autre part ça n'a aucun rapport avec les propos de Pierre Manent. Voilà comment le Monde permettra à ses lecteurs de préserver une vision du monde neuneuisée...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Media
Lundi 27 mars 2006



Tremblez tyrans, me voilà adhérent du PS, grâce à la web adhésion. Si je me laissais aller à mon goût mal maîtrisé pour la provocation quasi infantile, j'adhèrerais bien à l'UMP dans la foulée...

Mise à jour, reçu le lendemain :

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Divers
Jeudi 23 mars 2006


"Des dizaines de jeunes mettent en danger leurs études en occupant les universités." C'est l'édito de Libé, ce matin 23 mars 2006. Je serais Pierre Marcelle, j'écrirais bien volontiers que c'est ce jour là que Libé fut enterré.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Mercredi 22 mars 2006
Combien de fois ai-je entendu, ou lu, qu'il fallait rejeter le "gauchisme", de la part de membres du PS appellant à voter oui au TCE. Aujourd'hui, Ségolène Royal appelle à couper les aides aux entreprises qui embaucheront des jeunes en CPE. Je ne soutiens pas le CPE mais je trouve comique que Madame Royal sanctionne des entreprises qui embaucheraient des jeunes, et j'ai du mal à ne pas trouver cette attitude très ... gauchiste.

Et l'attitude générale de Ségolène me paraît bien proche de celle de Sarkozy, avec un fond très libéral mâtiné de quelques cacahuètes pseudo-sociales. Dans le cas de Sarkozy, on voit moins bien le social, certes. Mais pour l'un comme pour l'autre, on sent plus le marketing que les convictions.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Mardi 21 mars 2006

Noël 2005. Vacances aux Etats-Unis, New York. J'entre dans un magasin de vêtements sur la cinquième avenue, genre sport et chic : Abercrombie & Fitch. Musique assourdissante – mais excellente -, vendeurs et vendeuses blond(e)s et musclés. Des images aux murs, de jeunes, torses nus : une esthétique qui approche les images de paysans soviétiques des années 30. Remarque rapide : visiblement pas de membre d'une quelconque communauté ethnique.

Retour en France, coup d'oeil sur leur site : même esthétique fascisto-honcho.

 

a-f2.jpg
a-f1.jpg

Décidant d'enquêter, je tape « A & F racism » sur un moteur de recherche de référence, qui renvoie à un site créé par les avocats des plaignants dans un procès contre A&F, pour discrimination raciale à l'embauche. Abercrombie vient de perdre et devra donc verser à l'ensemble des plaignants, regroupés dans une action collective (class action), 40 Millions de dollars !

Le détail des peines est, à lui tout seul, un reportage sur les Etats-Unis. Selon le jugement rendu en décembre 2005, Abercrombie devra, d'ici 2009 :

  • - fixer des objectifs de recrutement de « femmes, latinos, afro-américains et d'américains d'origine asiatique » ,

  • - cesser de cibler son recrutement sur des « fraternités ou sororités ». Pour le lecteur non averti, ce sont des clubs d'étudiants (un peu comme les corpos) extrêmement fermés, apparemment plutôt blancs comme publics (voir Wikipedia là dessus),

  • - les postes disponibles chez Abercrombie devront être annoncés dans des revues des minorités culturelles des deux genres,

  • - un poste de vice-président en charge de la diversité, rapportant directement au DG d'Abercrombie, sera créé. Il devra rendre compte de l'avancement de la société en matière de mixité à l'embauche,

  • - 25 postes de recruteurs devront être consacrés au recrutement de minorités,

  • - les autres recruteurs devront être formés à la réglementation sur la diversité à l'embauche,

  • - les managers devront être évalués sur leur capacité à diversifier le recrutement,

  • - les publicités pour Abercrombie devront inclure des membres de minorités raciales et de groupes ethniques.

Ce dernier point a été respecté à la lettre, avec sur le site d'A&F une rubrique spéciale "diversity and inclusion", qui comprend quelques membres présentables de minorités ethniques diverses, avec un noir encore moins noir que Michael Jackson ! Ou une asiatique heureusement protégée par un blond bien de chez nous :


Bon, un dernier détail marrant, le siège d'Abercrombie est dans l'Ohio, ce charmant état qui a permis à la planète de bénéficier quatre années de plus des services de George Bush junior. Avec les jolies photos de l'Ohio visibles sur le site, genre petite maison dans la prairie, on comprend mieux. Vu de là, l'Irak, l'Afghanistan...

Tout ça pour dire que certes, les USA sont un pays libéral. Mais ce jugement montre qu'on n'y fait pas n'importe quoi. On peut même le trouver liberticide. La visite du site montre qu'A&F a su jouer avec les requêtes du juge, et ma visite in situ m'a permis de constater que les membres des communautés ethniques, soit n'ont pas encore été recrutés, soit sont confinés au nettoyage le matin et à la logistique...

 

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Le modèle social cocorico
Dimanche 19 mars 2006
Il y a fort à parier que 80% des gens pensent encore que pour obtenir les renseignements téléphoniques, il faut composer le 12. Grâce à la Commission Européenne, il n'en est plus rien : une foultitude de numéros plus baroques les uns que les autres permettent à chacun d'exercer le seul choix qui lui reste : Coca ou Pepsi (pardon, 118 112 ou 118 000 ou 118 XXX, il y en a une vingtaine).

De sympathiques humains que cela fatigue ont ouvert un blog à ce sujet : "vive le 12". Longue vie à eux ! (avec même une chanson qui résume bien l'affaire)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Mercredi 15 mars 2006
"Les employeurs gémissent à propos des charges sociales. Pourquoi parlent-ils de "charges" ? C'est un mot inventé pour tromper. Tous les matins, France Inter et autres y contribuent. Les charges ça n'existe pas dans le Code du travail ni dans aucun livre de droit. En réalité c'est le salaire brut. D'ailleurs, regardez sur n'importe quel bulletin de paie conforme à la loi, il est écrit "cotisations", pas charges. Les charges, ça pèse tout de suite sur le moral. Les cotisations, ça allège vos vieux jours, ça vous soigne, c'est du salaire différé, indirect, ce n'est pas une charge, c'est du bonheur".

Gérard Filoche, Carnets d'un inspecteur du travail



Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Citations
Mardi 14 mars 2006

« Dans les deux cliniques privées que j'ai inspectées, les infractions étaient légion. Dire que, fin 2001, les patrons de ces cliniques, qui gagnent un argent fou, ont incité leurs personnels à se mettre en grève pour obtenir des rallonges de l'Etat. Élisabeth Guigou, alors ministre du Travail et de la Santé, a fini par verser aux médecins chefs des cliniques privées de quoi augmenter leurs infirmières. Ces libéraux qui ne jurent que par « moins d'Etat », par la rentabilité, et disent pis que pendre de la Sécurité sociale, du droit du travail et de l'hôpital public, savent trouver la voie des financements publics lorsqu'ils le veulent... Ils ont obtenu de l'argent pour leurs personnels, sans même sacrifier un euro de leurs profits. Ensuite, le ministre Mattei a cédé, sans contrepartie, en accordant la consultation à 20 euros aux médecins et davantage aux spécialistes. Il a accru le « trou » de la Sécurité sociale dont il feint ensuite de s'alarmer pour mieux l'étatiser et la privatiser ».

Une bonne citation vaut mieux qu'un long discours. Pas de blabla, le livre de Gérard Filoche est vivant, rempli d'exemples, engagé, concret, à 10 000 lieues du chichi idéologique dans lequel s'est engluée la gauche.

Gérard Filoche fait l'éloge des 35 heures et pose qu'elles ont échoué parce que la gauche a voulu négocier. Or, fondamentalement, pour faire passer des réformes de gauche, mieux vaut ne pas attendre l'accord du MEDEF : « Toute une partie du battage mené par le MEDEF contre les 35h et l'ordre public social feint d'ignorer cette contradiction juridique fondamentale : un subordonné ne peut négocier librement à son avantage ». « [...le MEDEF...] fait mine de vanter le contrat, mais ne cède qu'à la loi. »

Les bienfaits de l'Europe sont naturellement rappelés : temps de travail maximal à 48h hebdomadaires, dépassable avec « accord individuel » du salarié (de fait, l'accord est obligatoire pour être embauché au Royaume-Uni de M. Blair - celui dont Ségolène apprécie la flexibilité).

Autre conquête sociale européenne, l'arrêt Stoeckel (25 juillet 1991) : l'égalité hommes/femmes exige que les femmes puissent travailler la nuit. Derrière cela c'est la banalisation du travail de niut qui pointe (soldes nocturnes, ouvertures à minuit, ouvertures 24/24). Or l'interdiction du travail de nuit des femmes datait de 1892 en France, et avait été confirmée par l'OIT en 1919.

Fort de son expérience d'inspecteur du travail, l'auteur propose des mesures concrètes, par exemple la responsabilité automatique du donneur d'ordre lorsqu'un accident du travail se produit sur un chantier. Un grand du BTP peut en effet signer un contrat et faire travailler - exemple donné dans l'ouvrage -, sur un petit chantier de rénovation, 70 salariés répartis sur 22 entreprises. Inutile de dire qu'en cas d'accident le grand se défile et que les micro entreprises se révèlent insolvables.

La gauche moderne dira qu'il s'agit là de délires gauchistes, bien entendu, qui ne passeraient pas bien sur TF1. Pourtant le camarade Filoche, certainement déviationniste, suggère que la protection des travailleurs peut être rentable, et cite un rapport japonais sur les mesures de sécurité : elles rapportent 2,7 fois ce qu'elles coûtent. Est également cité un rapport du Bureau International du Travail de 2003 : les accidents du travail tuent plus que les guerres et les accidents de la route.

Autre suggestion : qu'un contrôle des licenciements soit effectué par l'Inspection du travail, ce qui permettrait d'éviter les remises en cause par le juge, plusieurs années après.

Enfin, il rappelle que dans l'application des textes sociaux, les aides sont souvent favorables aux grandes entreprises. Il suggère de ne les maintenir que pour aider les petites entreprises.

Pour finir, un inventaire, à frémir, est dressé des propositions du rapport de Virville, remis à François Fillon en 2004. La plus comique « encourager les votes par intranet dans l'entreprise » (ndlr : aux élections professionnelles). Vous savez, l'intranet de l'entreprise, où on se connecte en mettant nom et prénom... Bref, dans un paysage tout rose où tout le monde est gentil (tout ceux qui ont un cerveau pour voter oui), Gérard Filoche rajoute quelques coloris, en noir et gris.

Le livre est donc vraiment intéressant et riche, et pas du tout daté (un dernier rappel utile : les labos dépensent 20 000 euros/an par médecin en publicité. Qui sont direct récupérés dans le trou de la sécu).

Une conclusion bien sentie : « si la gauche doit se reconstruire, il faut qu'elle tire les leçons de ce qui a manqué dans ses premières lois sur les 35 heures. Tout ce qui se passe avec MM. Chirac, Fillon, de Virville et le MEDEF devrait l'inciter à se doter d'un bon programme pour 2007... »

Aujourd'hui on peut craindre que lorsque le candidat PS aura été choisi, les jeux seront faits, il fera son programme dans son coin, sondages en main...

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Essais / Histoire
Lundi 13 mars 2006
"Ce que veulent les anglo-saxons, c'est une Europe sans rivages, une Europe qui n'aurait plus l'ambition d'être elle-même. L'Europe sans frontières. L'Europe à l'anglaise. L'Europe où l'Angleterre n'aurait pas surmonté elle-même ses vieilles habitudes pour devenir vraiment européenne. C'est, en réalité, l'Europe des Américains. L'Europe des multinationales. Une Europe qui, dans son économie, et davantage encore dans sa défense et dans sa politique, serait placée sous une inexorable hégémonie américaine. Une Europe où chaque pays européen, à commencer par le nôtre, perdrait son âme. Cette Europe, pourquoi y adhérerions-nous ? Il se trouve que la France est la seule à vouloir une Europe qui en soit une, à pouvoir la vouloir. Nos partenaires européens sont plus conciliants que nous avec l'Angleterre et l'Amérique, pour une raison bien simple, c'est qu'ils ne peuvent même pas imaginer de ne pas s'incliner devant la moindre pression de Washington. Le drame de l'Europe, c'est qu'à part nous il n'y a personne qui ait l'ambition d'être vraiment européen".

Charles de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte, le 23 janvier 1963 (C'était de Gaulle, livre 1, ch. III, &13 ; p. 375 de l'édition Quarto, Gallimard)

 43 ans après, rien n'a changé.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Citations
Samedi 11 mars 2006
Extrait d'un rebond de Pascal Bruckner, lundi dernier dans Libé :

"Un tabou a sauté, l'offense n'a pas été inutile. Dieu bénisse le royaume du Danemark et Charlie Hebdo ! S'offusquer de ces dessins en invoquant le respect des cultes n'a aucun sens : pour être respecté, il faut d'abord être respectable. Pourquoi, en Europe, a-t-on le droit de critiquer le judéo-christianisme (c'est même devenu en France un sport national), de se moquer du bouddhisme, voire de l'hindouisme, mais jamais de l'islam, sous peine d'être accusé de racisme ?"

On a entendu partout cet argument selon lequel il serait facile, et fréquent, de se moquer de l'Eglise catholique en France. Il est tout simplement faux.



J'utilise à nouveau cette image, pour rappeler qu'elle a été interdite à l'affichage en FRANCE, récemment - détails ici. Et pas mal d'associations catholiques sont actives devant les tribunaux. Je n'aime pas que Libé publie des articles de merde qui ne passent que parce qu'ils sont signés d'un notoire.

Au passage, parmi les héros de Pascal Bruckner ("Dieu bénisse le royaume du Danemark et Charlie Hebdo"), il a oublié Roberto Calderolli, le ministre italien qui a mis un tee shirt avec une caricature. Ah oui, mais il est d'extrême-droite... Voilà Charlie en belle compagnie...



Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Vendredi 10 mars 2006
Il y a deux jours, lecture d'un éditorial torchonneux de Nicolas Baverez dans Les Echos. Sans doute ses impôts lui sont-ils restés en travers. Au hasard "l'Etat entend cumuler le soutien déterminé à la croissance externe des groupes français à l'international avec le blocage systématique des projets d'acquisitions majeures". Parle-t-il de la politique américaine des Foreign sales companies, qui permettent de subventionner les exportations, et du blocage du rachat d'Unocal ? Que nenni, c'est de la France qui s'agit.

D'ailleurs la France n'est même pas un pays, c'est une maladie contagieuse : "la France menace aujourd'hui directement le grand marché et la monnaie unique par son accès de protectionnisme, qui fait des émules en Italie, en Espagne, voire en Allemagne".

Peut-on exclure que confrontés à un problème identique (conserver un secteur énergétique national), les états-nations européens aient la même réaction ? Baverez l'exclut.

Tapez sur la France, il en restera toujours quelque chose.

Theodore Zeldin a tenté le coup dans Le Figaro, en s'écriant que " la France est l'un des rares pays occidentaux, sinon le seul, où les médecins se mettent en grève ! Ce qui paraît tout bonnement incroyable pour un Britannique ! Que la profession la plus respectée, la plus révérée descende dans la rue stigmatise un vrai problème français."

Et bien, Emmanuel, de Ceteris Paribus a fait des recherches et trouvé au moins sept cas de grèves récentes, ailleurs que dans notre vieux pays. L'effet est terrible.

Qui veut noyer son chien - dans un grand bain européen - l'accuse d'avoir la rage.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Media
Jeudi 9 mars 2006
Charlie Mac Creevy parle de la France comme d'une équipe de foot de cinquième division. Il a annoncé (ci-dessous) que la Commission allait "arrêter les Etats-membres qui auraient des rêves de protectionnisme". Même un ministre ultra-jacobin n'oserait pas parler ainsi d'une collectivité locale française !

F... him !


McCreevy to tackle protectionism

EU commissioner promises to ‘go after’ barriers to cross-border deals

Charlie McCreevy, the EU internal market commissioner, has warned that the commission will “tackle member states who dream up protectionist means or who seek to erect unjustified barriers to prevent cross-border deals.” McCreevy complains that not a day goes by lately “without European governments commenting on, interfering in or trying to bluntly block the free flow of capital – be it banks in or , a steel company in , energy companies in ....”

Source: Thomson News

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Jeudi 9 mars 2006






Un Conseil d'analyse stratégique succède au Commissariat général au Plan. Fort bien. Voyons donc ce qu'a pu mettre en place le gouvernement d'inspiration gaulliste qui est le nôtre...

On trouve donc, comme présentation de la mission de cet organisme, sur le site www.strategie.gouv.fr, la lettre de mission suivante :

"Le Centre d’analyse stratégique est un organisme directement rattaché au Premier ministre. Il a pour mission d’éclairer le Gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou culturelle.

Il prend en compte dans ses différents travaux qui sont rendus publics, les orientations de long terme définies au niveau communautaire, en particulier dans le cadre de la stratégie de Lisbonne."

Donc le conseil stratégique ne fera pas de stratégie, il se contentera d'étudier les modalités d'application de l'excellente stratégie de Lisbonne.

Voilà ce que disait il y a peu Guy Verhofstadt, premier ministre belge, pourtant très europhile, de cette fameuse stratégie : « Pour le moment, nous n'avons qu'une sorte de catalogue d'objectifs, la "stratégie de Lisbonne", qui, en vérité, n'est pas une stratégie. On s'est fixé des buts à atteindre, sans dire comment, et avec quels moyens. » (voir commentaires ici).

Sommes-nous tombés si bas ?



Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Mercredi 8 mars 2006
"En matière de défense, l’Europe démontre la valeur du travail en commun, avec la France et le Royaume-Uni en première ligne. Bien sûr, l’Otan reste la pierre angulaire de la défense commune de l’Europe, mais il est indéniable que l’UE a un rôle particulier à jouer pour faire avancer la paix et la sécurité internationale."

C'est signé Michelle Alliot-Marie, membre d'un parti qui a été gaulliste, dans Le Figaro de ce jour, 8/3/2006.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Lundi 6 mars 2006
Le livre de Jean Roux est touffu, construit de façon maladroite, mais néanmoins utile pour mettre en perspective le véritable gâchis du patrimoine public entamé il y a une trentaine d'années. Deux chiffres permettent de planter le décor : en 1974, la dette de l'Etat est de 30 milliards d'euros. Début 2005, elle atteint 1066 milliards d'euros.

Ce déficit pourrait n'être qu'un matelas amortisseur permettant de faire face à la crise. Il résulte cependant aussi d'une politique publique systématique qui confine au sabotage : privatisations, mépris systématique de l'intérêt public, sur fond d'interventionnisme de la Commission européenne, Jean Roux multiplie les exemples. Il dégage ainsi de la litanie de privatisations décrites par le détail, une sorte de règle commune :


  • on fait tout d'abord accumuler les pertes dans une société publique. Jean Roux rappelle bien que le secteur public n'est pas toujours synonyme de pertes : les réussites techniques de la SNCF, les bons résultats financiers du secteur public (12 milliards d'euros de bénéfices en 2004), autant d'exemples que public n'est pas forcément synonyme de mauvaise gestion. Mais, pour noyer son chien, mieux vaut qu'il ait la rage ;

  • lorsque les déficits sont devenus importants, on décide d'isoler les foyers de pertes dans des structures qui resteront publiques ;

  • la partie qui est destinée à être vendue est, elle, l'objet de toutes les attentions (hausses de tarifs, recapitalisations), qui permettent de la rendre attrayante. La structure bénéficiaire ainsi créée est généralement vendue à un prix d'ami.


Le bilan final de l'opération voit donc le public, les contribuables et usagers subir ainsi des hausses de tarifs, et devoir financer les pertes, aggravées, des sociétés qui sont restées publiques. Les heureux bénéficiaires de la privatisation jouissent, eux, de bénéfices en forte expansion. Toute la première partie de l'ouvrage regorge ainsi d'exemples, connus ou moins connus (SNCF, EDF, TDF, Aérospatiale – transformée en EADS -, SNECMA...)


Faut-il voir dans la générosité du gouvernement Raffarin augmentant le plafond de revenus donnant droit à la Couverture Maladie Universelle, en 2004, la première étape d'un processus d'enterrement de l'assurance maladie sous les pertes, pour conduire à son démantèlement au profit des assurances ? La fin de l'ouvrage pose ouvertement la question.


D'autres exemples de négligences du secteur public sont exposés. Dans l'immobilier, les ventes à la découpe sont ainsi liées également aux mouvements de privatisation et aux besoins financiers d'entreprises publiques à la recherche de liquidités face à l'impécuniosité de l'Etat-actionnaire (France Telecom, la SNCF, jusqu'à la mairie socialiste de Lyon...) Et pour faciliter ces opérations bien peu sociales, les pouvois publics ont dû batailler ferme. En 2001, le domaine public devient aliénable : on peut donc brader le patrimoine national. En 2002, l'obligation d'affecter au logement les locaux administratifs vendus a été supprimée, ce qui va plaire aux investisseurs. Enfin, cerise sur le gâteau, le traité de Maastricht permet de considérer toutes les cessions du domaine public comme des recettes normales, ce qui masque les politiques de bradage engagées. Dans la même veine, en juillet 2004, la procédure d'exportation des oeuvres d'art a été simplifiée par décret, ce qui permettra le départ à l'étranger d'un plus grand nombre de chefs d'oeuvres des collections privées françaises.


Les gouvernements français ne sont pas seuls coupables dans ces opérations, auxquelles la Commission européenne les contraint régulièrement : amendes pour soutien abusif à EDF, refus des aides destinées à sauver Alstom, jusqu'à des mesures ubuesques. La SNCF est ainsi tenue d'acheter, selon Jean Roux, des matériels sans délivrer d'agrément de sécurité, ce qui pourrait « distordre la concurrence ». Il reste à espérer que cela n'ait aucune conséquence en terme de sécurité des passagers !


Dans ce grand mouvement de gâchis organisé, Jean Roux souligne le rôle essentiel et mobilisateur des syndicats. Un chapitre entier est consacré à citer leurs tracts, les cris d'alarmes qu'ils poussent pour éviter la réitération des privatisations désastreuses survenues à l'étranger (on relève ainsi que la privatisation de British Rail se traduit aujourd'hui par une renationalisation subreptice, tant les pertes se sont avérées importantes à terme).


Les derniers exemples qu'il cite sont propres à susciter une mobilisation contre l'affaiblissemnt programmé des Etats, gardiens d'un intérêt commun : la dispersion des actifs de l'Imprimerie Nationale (voir cet article dans Libération), l'incendie du château de Lunéville faute d'entretien des circuits électriques, la misère du Conservatoire du Littoral, dont le budget annuel est inférieur au coût de trois kilomètres d'autoroutes...

On ne peut pas suivre Jean Roux dans tous ses raisonnements - notamment lorsqu'il recherche la cause du manque de capitaux français dans l'ISF, ou, pire, qu'il voit dans l'obligation faite aux maires de réserver aux gens du voyage un site de campement, la cause intentionnelle d'une croissance des vols d'oeuvres d'art -, mais l'accumulation d'exemples finit par provoquer l'envie de lutter contre tant d'impérities.

Jean Roux est donc assurément un homme de droite, que sa colère égare parfois, mais il a un sens de l'intérêt public qui lui fait voir les syndicats avec bienveillance et lui fait décrire ainsi le cadre des luttes à venir : « le mondialisme (le marché mondial, le profit, un centre unique planétaire de décision politique et économique) et l'internationalisme (l'Etat-nation, l'intérêt public et la coopération entre Etats souverains), tels sont les pôles des grands affrontements qui vont marquer ce XXIe siècle naissant. » Il est fascinant de constater qu'il rejoint là, par une approche comptable et très détaillée, les réflexions d'un philosophe slovène contemporain : "La France, avec son universalisme républicain, est de plus en plus perçue comme un phénomène particulier menacé par le processus de globalisation, tandis que les USA, et leur multitude de groupes demandant la reconnaissance de leur identité particulière, spécifique, apparaissent de plus en plus comme le modèle universel." (Slavoj Zizek, Que veut l'Europe ?, Climats, 2005)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Essais / Histoire
Samedi 4 mars 2006
Pour charger ce billet en format PDF, cliquer ici


Un livre brillant dont la fin est légèrement troublante. Pierre Manent commence par une analyse sévère et détaillée des conséquences – délétères - de la construction européenne sur les nations, mais termine son ouvrage par la présentation d'une autre hypothèse : les nations laïques ne sont pas viables telles quelles et ne pourraient se couper de leurs racines religieuses. Une conclusion abruptement retirée de l'ouvrage pourrait donc être : l'Europe est possible, à la condition d'être chrétienne, l'Europe comme nation n'est concevable que comme nation chrétienne (Pourquoi alors, aussi bien, ne pas fusionner l'Europe et les USA dans une République chrétienne ?)

Je n'oublie pas que Pierre Manent, lecteur de Léo Strauss, a pu s'inspirer de son art d'écrire, et ne viser dans son ouvrage que les dérives de la construction européenne, en appelant à une laïcité moins tendue dans ses rapports avec la religion.

C'est en tout cas ainsi que je décide de comprendre son ouvrage, qui s'ouvre sur un constat : la disparition de la nation française crée un sentiment douloureux, que le philosophe se doit d'expliquer : « Si notre nation disparaissait soudainement, et que ce qu'elle tient ensemble se dispersât, chacun de nous deviendrait à l'instant un monstre pour lui-même. Ceux qui se croient le plus émancipés de leur nation vivent encore très largement de sa fécondité. » Ce livre est né de l'inquiétude.

Ce que chacun doit principalement à l'Etat, et qu'il convient donc de ne jamais oublier, c'est la possibilité concrète de l'égalité (« l'Etat souverain est la condition nécessaire de l'égalité des conditions »). Sans Etat qui surplombe chacun, comment en appeler en effet à un arbitre ? Comment imposer la justice sans force1 ? Et sans Etat susceptible, en ramenant tout un chacun à une égale condition, d'instaurer un espace de délibération, point non plus de démocratie (« si l'état souverain peut n'être pas représentatif, le gouvernement représentatif suppose l'état souverain »).

Toutes les conséquences de cet affaissement de l'Etat sont abordées, avec des formules terribles pour stigmatiser l'anomie politique actuelle (cf. ces citations, sur le refoulement de la nation, sur le projet européen - que les surréalistes pourraient appeler « missile à tête chercheuse sans tête chercheuse », ou sur la technocratie d'aujourd'hui).

L'alarme lancée par Pierre Manent est forte, et seuls les mauvais lecteurs minimiseront la portée de ce qu'il décrit.

Vient cependant le chapitre final, intitulé « la religion ». Et là, Pierre Manent opère un glissement dans sa démonstration. Alors que l'Union européenne - mais aussi l'Etat providence, dans une mesure bien moindre – apparaissait comme l'une des causes et des formes principales de l'affaissement des nations européennes, la laïcité est également attaquée. En poussant son raisonnement, le philosophe ferait sienne l'idée que la loi ne peut être que religieuse pour être légitime, et que les nations ne seront solides qu'à la condition d'être assises sur une religion.

L'Etat laïc pour lui, ne peut être assis que sur un sentiment de communauté assis sur le sacré, le religieux (« nous oublions que l'installation de l'Etat neutre et laïque suppose la formation préalable d'une nouvelle communauté sacrée, la nation précisément. [...] pour que l'Etat laïque devînt possible, il était nécessaire que « la France » eût remplacé « la France toute catholique ». »)

Le temps disjoint ce lien entre communauté religieuse, sacrée, et communauté nationale. Et la désacralisation de la nation, quelle qu'en soit la raison, transforme l'Etat en simple échelon technique de gouvernement, pas moins ou pas plus légitime qu'un conseil de quartier, un conseil municipal ou un parlement européen.

En conséquence, « les communautés jusque-là subordonnées à la nation s'en détachent et aspirent à se suffire à elles-mêmes. »

Il suffit d'ouvrir le journal pour comprendre que n'importe quel fait divers révèle aujourd'hui le désarroi national ainsi décrit de façon radicale – au sens premier. Tout incident impliquant un membre d'une communauté, noire, juive ou maghrébine, tend à provoquer de nouvelles querelles communautaires, comme si, déjà, l'arbitrage de l'Etat et de sa justice devait s'avérer insuffisant.

Dans ce chapitre « religion », la cause réelle de l'effondrement de l'Etat devient, non pas l'Europe, mais l'impossible laïcité. Léo Strauss est longuement cité comme ayant, à travers un argument sur l'impossible intégration du peuple juif à une nation non-juive, montré qu'au fond, nation et religion doivent coïncider pour qu'une nation soit stable.

Cela me paraît simplement faux. Peut-être suis-je optimiste, mais je crois que la définition de la démocratie que retient l'auteur conduit à un pessimisme injustifié. Pour lui, suivant en cela Tocqueville, la démocratie c'est l'égalité des conditions. J'en retiens plutôt une définition pratique, celle du règne de la majorité, tempéré par le respect des droits de l'Homme (dans une version stricte, la déclaration de 1789).

Donc, dans une démocratie laïque, naturellement la religion majoritaire est privilégiée, par une sorte de plébiscite de tous les jours (personne en France ne proteste parce que les cantines servent du poisson le vendredi), par les institutions (financement public de l'école privée), par le droit (interdiction de campagnes de publicité « offensantes »).

Et de la même façon, personne n'aurait dû s'insurger parce qu'en Algérie les élections avaient porté le FIS au pouvoir en 1991, et clamer que leur intention d'imposer le voile était une atteinte à la démocratie (au passage, essayez aujourd'hui de porter un short lorsque vous êtes stagiaire en entreprise, en France. Vous serez licencié, comme une aide comptable dont le chemisier transparent était " de nature à susciter un trouble dans l'entreprise " (Chambre sociale de la Cour de cassation, 22 Juillet 1986). Les femmes algériennes auraient pu prendre leur revanche dans une élection ultérieure. Maintenant elles n'ont guère plus de liberté et l'Algérie n'est toujours pas une démocratie.

Pourquoi ce détour ? Parce qu'en quelques pages, Pierre Manent argue que l'Islam serait peu compatible avec la démocratie et qu'en conséquence, la Turquie ne saurait intégrer l'Europe. Même si je trouve absurde la construction européenne, j'inclus la Turquie dans les pays qui devraient intégrer une Union réduite à sa juste place. Après tout, la Turquie est aussi laïque que la France, pas plus brutale en matière policière que d'autres futurs intégrés, et déjà membre, comme la Russie, du Conseil de l'Europe. Bref, je refuse l'idée que l'Europe serait acceptable à condition d'être enfin officiellement un club chrétien – idée que semble caresser Pierre Manent (« [...] il ne s'agit pas de mettre le nom chrétien sur les étendards. Il s'agit de continuer l'aventure européenne [...]). Selon lui, « la promesse de communion contenue dans la proposition chrétienne, et d'abord déployée dans l'empire chrétien et l'Église romaine, chaque nation l'a réfractée dans ses moeurs et dans sa langue pour une appropriation plus intime, jusqu'à absorber l'Église dans la nation chrétienne, jusqu'à transformer la nation en Eglise. » Telle serait la vérité des nations d'Europe. Sans du tout renier l'importance de notre héritage chrétien, qu'à titre personnel j'ai longtemps méconnu, j'inverserais la proposition finale. C'est bien l'Église qui a été transformée en nation(s)2, non l'inverse, et je crois cette transformation durable, pour peu que les églises acceptent le jeu démocratique et laïque. Croyant à ce caractère durable, je ne pense pas que les nations européennes aient besoin de s'appuyer sur une commune âme chrétienne, pour justifier ainsi le mouvement d'intégration entamé en 1957, qui devient chaque jour plus injustifiable. Et je ne suis pas certain que Pierre Manent y croie lui-même.

---


Voir aussi deux autres billets que j'ai rédigés sur Pierre Manent :

Une interview dans Libé en juin 2006,
Un commentaire de son article "la démocratie sans la Nation"
Quelques extraits d'une interview au Monde

Ailleurs,

Voir un long entretien avec Élisabeth Levy, dans Le Point. Elle a lu ce livre et l'a compris. Alexis Lacroix, dans Le Figaro, en donne une interprétation nettement plus « européiste », selon laquelle Pierre Manent n'appellerait au fond qu'à une sorte de « ressaisissement » européen. Je ne crois pas que quelqu'un qui revêt les institutions européennes de l'appellation toute orwellienne, d'« agence humaine centrale », ait en tête des idées aussi banales.

1Ce qui amène Pierre Manent, très logiquement, à voir aussi, dans l'abolition de la peine de mort, une marque du retrait de l'Etat. Et l'église catholique ne soutiendrait, selon lui, l'abolition de la peine de mort que dans le but d'affaiblir les Etats.

2Après d'ailleurs avoir été transformée par Constantinople, puis par Luther, d'Eglise chrétienne en églises catholique, orthodoxe et protestante.

- Voir les 0 commentaires - Publié dans : Essais / Histoire
Samedi 4 mars 2006
"Pendant une longue période, nos nations et l'Europe se développèrent ensemble. A partir d'un point qu'il n'est pas aisé, ni d'ailleurs nécessaire, de situer exactement, mais qu'il est commode de désigner comme le moment de "Maastricht", l'entreprise européenne subit un infléchissement décisif. L'instrument se détacha des corps politiques  nationaux. L'artifice prit une vie propre. "L'Europe" cristallisa en une Idée dotée d'une légitimité supérieure à toute autre et munie de mécanismes institutionnels capables de recomposer tous les aspects de la vie des Européens. Ceux-ci se trouvèrent pris dans une "finalité sans fin" qui n'avait plus de sens politique, et dont le seul avenir était une extension indéfinie que personne ne savait plus ni où ni comment on pourrait l'arrêter. Nous en sommes là."

Pierre Manent, La raison des nations

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Citations
Samedi 4 mars 2006
"Le temps est revenu du despotisme éclairé, désignation exacte pour la somme d'agences, administrations, cours de justice et commissions, qui, dans le désordre mais d'un esprit unanime, nous donnent de plus en plus méticuleusement la règle."

Pierre Manent, la raison des nations.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Citations
Contact - C.G.U. - Signaler un abus