Commentaires

Sélection

lalettrevolee  @  yahoo.fr

W3C

  • Flux RSS des articles

Recherche

Calendrier

Mai 2006
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Mercredi 31 mai 2006
Encore l'Atelier BNP Paribas pour une info épatante : Lenovo, ex division portables d'IBM rachetée donc par un groupe chinois, n'aura plus le droit de vendre aux administrations américaines.
Est-ce que vous imaginez la réaction américaine si la France interdisait l'installation d'ordinateurs et de programmes américains dans les administrations françaises ? Outre que ce serait certainement interdit par Bruxelles, que n'entendrait-on pas ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Le modèle social cocorico
Mercredi 31 mai 2006
Jean Quatremer a bien du courage, il passe un temps fou à ferrailler contre les nonistes. Dans son dernier billet, il se réjouit de l'adoption de la suite de la "directive Bolkestein", et oppose le merveilleux sens du compromis européen au goût trop français de la lutte des classes. J'ai laissé un commentaire sur son site.  Comme le précédent commentaire que j'avais laissé sur son site ne lui convenait pas et qu'il ne l'a pas publié, je le recopie ici :

Imaginons : n'importe qui rentre, tous les matins, à Libé et s'exclame "j'ai un meilleur papier sur l'Europe que M. Quatremer, M. July vous devez 1. le lire 2. me le prendre si je vous le vends moins cher".
Voilà en quelque sorte la philosophie du marché unique et de la concurrence toujours accrue. Vous donnez des exemples évidemment absurdes (il explique que la directive permettra enfin au petit artisan allemand d'aller peindre un bâtiment dans un village belge distant de 10 kilomètres). Mais il ne s'agit pas du peintre en bâtiment avec sa camionnette, sinon on ne voit pas bien en quoi cette directive aurait un quelconque impact économique. Il s'agit (s'agissait, j'espère, 29 mai aidant) d'organiser une concurrence massive de tous par tous, grâce à quoi M. Zacharias, patron de Vinci, pourra continuer à amasser 200 millions d'euros tous les 9 ans (c'était dans Marianne la semaine dernière) et madame  Joelle Villevieille (merci à Libé pour ce superbe portrait, il y a deux jours) pourra craindre de perdre encore une petite fraction de ce qu'ele gagne. Vous avez raison, la lutte des classes c'est ringard. Il faut lire Libé pour l'apprendre ?!

A part ça, j'avais suggéré à J4M dans un courriel de nous expliquer pourquoi toute la presse européenne nous parlait il y a peu des déclarations alarmées d'un conseiller de Barroso, alors que la presse française est silencieuse (cf. un billet ici. Oui, c'est chez moi !). Pas de réponse de sa part, les conseillers de Barroso, c'est sans doute trop "lutte des classes".

ndlr : l'homme est sportif, il a, cette fois, mis en ligne mon commentaire !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Media
Mercredi 31 mai 2006










A la mi-mai les USA ont coulé un vieux porte-avion. Plein d'avantages économiques voire écologiques à la clef. De quoi donner des idées à notre Marine nationale pour en finir avec les ronds dans l'eau du Clémenceau ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Divers
Mardi 30 mai 2006
"Seuls 1% des nonistes regrettent leur choix. Logique si l'on considére que la défiance envers le pouvoir s'est accrue." Renaud Dély, Libération, le 17 mai

Encore un bien pensant qui condescend à vouloir expliquer le "nonisme", en le ravalant à une simple mauvaise humeur contre "le pouvoir". Sachant qu'avec 10% de ouistes qui regrettent et 1% de nonistes, le non aurait pu recueillir près de 60%, on ne peut ramener cela à un vote anti-Chirac...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Mardi 30 mai 2006
Sur le ségoloscope , un sondage bidon pour trouver exemplaire que Ségolène renonce à son futur siège de députée (intellectuellement, le ségoloscope c'est de la bouillie pour chats. C'est parce que Ségolène attend que les idées remontent d'en bas, avec quelques conseillers d'Etat pour la colonne de distillation, et le Saint esprit (elle) en haut. Donc en bas, il faut leur parler gentiment, .)

c'est du foutage de gueule complet. en 2007 c'est la présidentielle qui l'intéresse, pas les législatives.

Et si le cumul est si scandaleux, elle peut démissionner aujourd'hui de son siège de députée, qu'elle cumule déjà avec une présidence de région, là ce serait du courage, et pas du marketing.

Comme si on devait créditer Jospin d'avoir renoncé au cumul des mandats en ne se présentant pas aux législatives de 2002, après son échec à la présidentielle !

Et nos chroniqueurs pondérés de trouver cela moderne et admirable !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Mardi 30 mai 2006
Il faudra créer en France un syndicalisme de masse, pourquoi pas par une adhésion obligatoire au syndicat de son choix", avance l'ancienne ministre socialiste, en expliquant notamment qu'elle ne croit pas aux "réponses rigides" en matière de modulation du temps de travail, mais aux "évolutions négociées".

Cet extrait d'un article du nouvel obs, repéré par Hugues de Commvat , qui fait le point sur les idées sociales de notre Ségolène nationale, est encore mieux si on inverse les deux propositions :


"elle ne croit pas aux "réponses rigides" mais "Il faudra créer en France un syndicalisme de masse, pourquoi pas par une adhésion obligatoire au syndicat de son choix"

Pourquoi pas, en effet ? je ne sais pas vous, mais me sentir obligé d'adhérer à quoi que ce soit, ça ne me plaît pas, et ça me semble bien une réponse rigide...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Media
Mercredi 24 mai 2006
J'avais oublié que Ségolène était experte judiciaire. Elle a montré son tact profond en écrivant à la famille d'un enseignant qui venait de se suicider après avoir été injustement suspecté de pédophilie. Un résumé de l'affaire ici.

Un autre blog consacré à Mme Royal ici, où l'on ne serait pas étonné d'apprendre qu'elle marche aussi sur l'eau.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Politique
Mardi 23 mai 2006
En vrac, pour ne pas oublier quelques films récemment vus :


In her shoes, donc, pris au vidéoclub au départ comme un film léger pour rire, s'est avéré un très bon film, émouvant. Le filem est construit autour de Cameron diaz, excellente, sans laquelle les ados décrocheraient de la première partie. La deuxième partie, qui détricote une histoire familiale autour d'un secret caché, est très émouvante, avec séance de lecture de poème qui n'est pas sans rappeler celui de 4 mariages et un enterrement. Très efficace.

Vu également Peindre ou faire l'amour : déception. C'est daubesque. M. et Mme ont la cinquantaine et voilà qu'un couple d'amis leur fait du gringue : traumatisme. "ils sont dangereux" s'exclame Daniel Auteuil ! Parvenir à cet âge pour avoir encore peur qu'on lui décroche la zézette, c'est assez grave en réalité. Pas grand chose à sauver, si ce n'est l'espoir pour les quinquas d'arriver un jour à devenir ados !


Bonne surprise en revanche pour la doublure ! Du vaudeville ultra léger au départ, mais au final c'est assez jouissif. Il faut voir absolument Daniel Auteuil (encore lui !) en grand patron du CAC 40 enrager contre Gad Elmaleh qui lui prend sa femme.


Idem pour OSS 117, où il faut ne pas rater la scène où Dupontel Dujardin (merci à Raptor) offre au bon égyptien une photo de René Coty en guise de remerciements - on dirait du Gotlib.



Enfin, April Snow est un très bon film. Un peu lent, un peu glaçant, un peu triste mais avec des images superbes et une véritable sympathie pour les hommes qui parlent peu, propre à amadouer tout breton taciturne qui se respecte.
- Voir les 1 commentaires - Publié dans : Films & musique
Lundi 22 mai 2006
Une info de l'excellent Atelier BNP Paribas nous annonce que Deutsche Telekom sera probablement contraint (par la Commission européenne) d'ouvrir à ses concurrents le réseau très haut débit qu'il projette de construire.

Naturellement les concurrents ne seront en rien tenus de participer aux investissements. Il faut bien que DT expie ce pêché capital qu'est sa position d'opérateur historique.

Le résultat de cette conception de la libre concurrence assez proche du parasitage, est que DT pourrait renoncer à son investissement. Et là on rigole, car cela reviendrait à bloquer le progrès technique au nom d'une sorte d'égalitarisme absurde, ce qui est, vous le noterez, très exactement ce que l'on reproche à toutes les formes de collectivisme !

L'européisme est bien une idéologie particulière et d'autant plus pernicieuse qu'elle s'ignore.

ajout du 23/5 : dans le même temps, cela n'empêche pas la Commission de regretter la lenteur des progrès en matière de hauts débits. Pas à une contradiction près...

cf. communiqué sur le site de Viviane Redding :

Bruxelles, le 19 mai 2006

Les TIC au service de la croissance et de l’emploi: la plupart des États membres de l’UE doivent faire preuve de plus d’ambition, souligne la Commission dans son premier rapport annuel d’avancement

Dans son premier rapport annuel d’avancement sur i2010 – volet consacré à l’économie numérique de la stratégie de Lisbonne révisée pour la croissance et l’emploi –, la Commission affirme que, pour tirer pleinement parti des technologies de l’information et des communications (TIC), les États membres de l’UE ont besoin de programmes de mise en œuvre plus ambitieux. Afin de contribuer à relancer la croissance, les États membres doivent intensifier leurs efforts visant à améliorer l'accès à l’internet à haut débit, faciliter la circulation de contenu numérique à l'échelle de l'UE, libérer des fréquences radioélectriques pour de nouvelles applications, intégrer la recherche et l’innovation et moderniser les services publics.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Samedi 20 mai 2006
Un bon billet sur Ceteris paribus, qui reprécise les données sur la fameuse fuite des cerveaux français. En fait le cerveau français est plutôt moins mobile que les autres, et il y a plus d'étudiants de l'OCDE en France que d'étudiants français à l'étranger.

L'occasion pour moi de rappeler les résultats tout frais d'une étude de KPMG (choix concurrentiels).

L'objectif est de mesurer les coûts de fonctionnement d'une entreprise dans différents pays : "Les coûts de démarrage et d'exploitation, après impôts, de douze types particuliers d'entreprises ont été comparés sur une période de 10 ans. Les résultats nationaux obtenus reposent sur les données combinées de villes comparables dans chaque pays et sont exprimés sous forme d'indice de référence par rapport aux résultats obtenus par les États-Unis. [...] . Plus de 2 000 cas uniques ont été examinés en se fondant sur plus de 30 000 points de données."

Résultat final... : "La France et les Pays-Bas ont les meilleurs résultats parmi les pays européens. Ces deux pays, qui ont des coûts pratiquement équivalents, offrent un avantage d'environ 4,4 % sur les États-Unis." Le Royaume-Uni n'a que 2% d'avantage par rapport aux USA.

Voilà voilà... Tout cela n'empêchera pas Ségolène de bramer qu'il faut plus de flexibilité, ni What's next de défaillir quand il pose un pied à Paris. Mais c'est quand même intéressant de constater que notre vieux pays pourri reste, par un miracle inexplicable, compétitif au sens le plus comptable du terme...




Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Le modèle social cocorico
Vendredi 19 mai 2006










Je sais, c'est pas tout neuf, mais le sarko skanking, l'écouter c'est l'adopter...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Blogosphère
Jeudi 18 mai 2006
Un article d'un journal irlandais relate que les irlandais et britanniques vont enfin pouvoir être soignés... en France. Et ceci grâce à une décision de la Cour de justice des communautés européennes.

En gros, après cet arrêt, il devient plus facile pour les victimes du blairisme et du financement insuffisant du National Health Service britannique de venir se faire soigner ailleurs (en l'occurence en... France)

La libre prestation de service est inviquée à l'appui de cette décision. J'y vois un hommage redoutable du vice à la vertu...

Hommage, car après tout démonstration est bien faite que si nous exportons nos jeunes à Londres qui sont contents de ne pas y payer d'impôts, les britanniques vieux sont bien contents de se faire soigner chez nous qui payons tant d'impôts (vous connaissez la cigale et la fourmi ?)...

Redoutable car enfin, si cette mécanique infernale devait durer, il  est évident que nous ne pourrions longtemps conserver une qualité des soins supérieure...
- Voir les 1 commentaires - Publié dans : Le modèle social cocorico
Jeudi 18 mai 2006

Dominique Manotti, qui a écrit quelques bons polars (« nos fantastiques années fric », « kop » ), s'est essayée au genre historique. Ce court résultat est une réussite.

On suit Domecq, un résistant infiltré à la brigade mondaine, dans le Paris de la Collaboration en déroute. Du 6 juin 1944 au 25 août, on parcourt un monde de gestapistes français (Lafont, Deslauriers), d'allemands nazis ou simplement militaires. Tous ont pris des habitudes surréalistes, où l'argent facile et le sexe compensent la brutalité inhumaine infligée aux résistants ou à n'importe quel quidam qui aurait la bêtise de s'opposer à leurs combines en tous genres. Il faut dire que le français occupé n'est pas toujours reluisant (un échange fascinant entre une femme quelconque et un policier : le policier : « vous refusez de collaborer avec la police pour protéger un patron qui vous lâche en pleine guerre ! » La secrétaire : « Nous ne sommes pas en guerre, que je sache » ). Il y a aussi des résistants, et entre les deux, un tas de gens qui passent d'un camp à l'autre, surtout en cette mi-44, de la collaboration à la résistance, en prévision de la défaite allemande.

On se remémore ainsi que la IVème république s'est aussi reconstruite avec des personnalités dont le passé pendant la période 40-44 était loin d'être sans tâche. Il y a certainement quelques personnages à clés, certains sont présentés sous leur vrai nom, comme Joanovici, qui fit fortune comme acteur important du marché noir, ou Lafont, ancien inspecteur devenu pilier de la Gestapo française de la rue Lauriston – laquelle rue gagnerait à être rebaptisée en mémoire de ceux qui y laissèrent leur vie. C'est toute une frange de personnages, Bourseul l'industriel collabo dont le fils est résistant, Dora Belle la demi-mondaine détestée par sa fille qui ignore qu'elle procure quelques renseignements à un ami résistant, qui grouille et traduit bien le désarroi de l'époque. Psychologiquement, c'est moins fin que le très troublant Place de l'étoile, de Modiano, mais c'est écrit sur une trame historique plus précise.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Polars
Mercredi 17 mai 2006
Pas mal. Un polar plaisant, où un tueur copie le scénario d'un jeu vidéo mettant en scène un tueur en série. Le problème est que le jeu n'est même pas encore sorti officiellement, que les meutres s'accumulent et qu'il y en a en tout 17...

Ca n'a pas la profondeur d'un Connelly mais ça se tient bien, avec pas mal de suspense le temps de quelques crimes.

(Paru en 2004 sous le titre Copie Conforme)

- Voir les 0 commentaires - Publié dans : Polars
Mardi 16 mai 2006







"Bonjour,

 

Vous tenez un blog qui traite de sujets européens.

 

L'UDF organise ce 13 mai à Paris un colloque sur ce sujet, annoncé sur http://www.udf.org/participer/colloques.html.

Si vous pouvez être à cette date sur Paris, vous êtes le(la) bienvenu(e).

 

Vous y aurez accès au même titre que les journalistes et pourrez y utiliser une connection wifi. 

Le colloque a lieu au siège de l'UDF, 133 bis rue de l'Université..."


J'ai reçu cette invitation de Frédéric LN. Merci à lui ! Sympa d'inviter un blogueur noniste de la part de l'UDF. Ce sera pour une autre fois...

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Blogosphère
Dimanche 14 mai 2006
SM dans un commentaire fleuri récent semblait lier victoire du non et loi Sarkozy sur l'immigration - je préfère ne pas commenter, je m'égarerais.

Cela me donne plutôt envie de chercher une autre raison possible de la loi Sarkozy, du côté, cette fois-ci, de la Commission européenne.

Je dois dire que le sujet est si complexe que mes recherches ne me permettent que de poser quelques questions ou d'évoquer quelques points sans conclusion.

J'ai tout d'abord relevé qu'il y a bien une politique communautaire de l'immigration, qui est appelée à se substituer progressivement aux droits nationaux (y compris dans la définition de règles uniques pour le droit d'asile, avec vérification de leur application par un Office d’aide européen chargé de surveiller toutes les formes de coopération entre les Etats membres relatives au Système Européen Commun d’Asile.).

L'Union semble ensuite reproduire la même erreur de raisonnement dénoncée (ici) par Alexandre Delaigue, celle qui consiste à faire correspondre l'immigration "choisie", ou "acceptable", à un besoin objectif de main d'oeuvre (cf. sur le site de l'UE : "l'UE a besoin de migrants dans certains secteurs et régions car ces personnes sont une composante des politiques menées pour répondre aux besoins économiques et démographiques de l'Union.")

Le GISTI (groupe d'information et de soutien des immigrés) dénonce cette conception utilitariste de l'immigration, à propos de la loi Sarkozy : "Derrière l’« immigration utile » se cache une conception archaïque de l’humanité selon laquelle certains êtres humains sont, par nature, les outils des autres."

Je me demande donc dans quelle mesure la loi Sarkozy n'est pas qu'un simple décalque de directives adoptées silencieusement à à Bruxelles. Auquel cas ce ne seraient pas les nonistes qui l'auraient provoquée...

Juste pour dire que la remarque de SM ne me paraît pas de nature à ébranler mes convictions, mais qu'elle m'a permis de découvrir un champ nouveau de réflexion (qui d'ailleurs est la raison précise qui m'a amenée à voter non) : la politique française est déjà à 80% commandée par le cadre communautaire, sans que celui-ci soit jamais explicitement rappelé.

J'en termine par une autre remarque.  Un lecteur de Jules (qui a rédigé plusieurs pages d'analyses serrées de la loi Sarko III), attire l'attention sur un article d'Esprit. Ledit article impute la démagogie sarkozyste à une sorte de dépolitisation du débat public. L'argument est fort, et valable. Mais qui dépolitise aujourd'hui le débat politique en France, si ce n'est la construction européenne ? Cf. les débats à ce sujet sur le site de Notre Europe, avec une question posée gravement  : "politiser l'Europe, remède ou poison ?".

J'essaie une conclusion provisoire :

- si, comme pourrait le montrer une étude approfondie de la loi Sarko III, 80% de la décision politique en France est prise dans un cadre bruxellois ;
- si, comme tend à l'écrire Notre Europe, le cadre bruxellois est géré de façon "apolitique" (donc non démocratique) ;
alors c'est bien le oui, assentiment donné à cette mécanique aveugle, qui est anti-démocratique.


- Voir les 0 commentaires - Publié dans : Humeurs diverses
Samedi 13 mai 2006
L'homme se veut toujours plaisant et ses papiers sont rédigés sur un ton alerte et badin qui le rendraient presque sympathique. Pour autant, ne pas croire qu'il est compétent (voir par exemple ce billet sur Ceteris Paribus). Son style est pourtant fait pour convaincre de l'implacabilité de ses thèses. Ainsi la fin de son avant-dernier papier : "La mondialisation bouscule tout. Elle force à prendre la route. Elle ne tue que les immobiles."
Comprendre que ceux que la mondialisation tue sont coupables, évidemment. Avec ça, pas besoin de réfléchir longtemps à quoi que ce soit, juste consentir à ce qui vient, pour éviter de finir écrasé...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Media
Jeudi 11 mai 2006





apparemment le Monde Diplo vend des SICAV européennes... étonnant non ?

Un très bon article de Jacques Bouveresse dans Le Monde Diplomatique de mai. Plus beaucoup d'intellectuels de renom à s'engager en France. Il le fait, pour dénoncer une évolution antidémocratique de l'intelligentsia française. Les sphères intellectuelle et médiatique sont disjointes, désemboitées, et les médias rejettent toute pensée critique. Citation de Perry Anderson pour illustrer le propos : "l'idée la plus courante de ce qu'est un compte rendu [de livre] est, ce qui, ailleurs, ne serait guère plus qu'une réclame. [...] Une discussion franche, soutenue et pertinente d'une oeuvre de fiction, d'un essai ou d'un livre d'histoire est devenue une rareté". Cette phrase m'a marqué, car j'ai encore en tête la bouillie pour chat préparée par Patrick Jarreau, du Monde, à propos de l'excellent (pour le coup je fais de la réclame) livre de Pierre Manent, la Raison des Nations.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Articles signalés
Mercredi 10 mai 2006
Sous ce titre, Serge Federbusch a signé un article dans Libération du 26 avril, qui réclame une baisse de l'Euro. Il y aurait plus à dire sur ce bon papier, mais je me contente de noter que ça fait du bien de temps en temps de lire quelqu'un qui n'attend pas son salut des réformes structurelles...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Mardi 9 mai 2006




Il y a bien une idéologie pro-européenne, véhiculée par un dispositif de propagande associé. J'avais décrit , les efforts de la Commission, et ici le CER, un think tank britannique au goût américain. La liste continuera. Pour la journée de l'Europe, je trouve utile de présenter le Lisbon Council.


Cet intéressant aréopage se veut « a grassroots movement driven by ordinary citizens ». Des quidams donc, des gens de la rue, des citoyens ordinaires, qui entendent « promouvoir une vision de l'Europe comme économie fondée sur la connaissance, la plus compétitive et la plus dynamique, d'ici 2010 ».


Les trois fondateurs de ce machin sympathique sont :



  • Paul Hofheinz un ex-journaliste américain, passé par Time (en début de carrière) puis par les très peu progressistes Fortune Magazine et Wall Street Journal,

  • Ann Mettler, une suédoise qui a tenu des positions dans l’administration américaine et au sein de la direction politique étrangère de l’Union européenne,

  • Tjark Robert Cornelis DE LANGE, un entrepreneur hollandais qui a commencé sa carrière dans la marine marchande.


Ces trois citoyens, dont deux américains ou ayant travaillé pour l'administration américaine, se sont donc pris d'amour pour l'Europe-qui-fera-contrepoids-aux-USA.


Leur phraséologie est étrange. Tels des croisés, ils entendent « parler pour Lisbonne aussi souvent que possible, en expliquant aux gens de façons simple et claire pourquoi Lisbonne est vital pour l'Europe » (« speak up for Lisbon as often as possible, explaining to people in clear and simple terms why Lisbon is vital for Europe », voir ici.)


Pire, les « jeunes leaders pour Lisbonne », un programme spécifique au sein de ce conseil, s'engagent à servir d'ambassadeurs pour l'agenda de Lisbonne, au travail et dans leur vie privée (!!!, je n'invente rien : « agree to serve as Ambassadors for the Lisbon agenda – both at work and in their private lives » ). Je ne sais pas ce qu'est la contraception à la mode de Lisbonne, ou la conception de la parentalité sauce Barroso, ou que sais-je encore, mais c'est bien étrange.


Malgré ces fantaisies, loin de provoquer leur internement, ce programme leur vaut de recevoir rien moins que Guy Verhofstadt, premier ministre belge, dès 2004. Ils croisent également le président du parlement européen, puis d'autres dirigeants européens. Le site du Lisbon Council regorge ainsi de compte rendus de visites de personnalités de très haut niveau.


L'économiste en chef de l'OCDE s'invite aussi chez eux. Pas en vain puisqu'un an après, c'est la sortie d'une étude effectuée par l'OCDE pour le Lisbon Council. Les coupures de presse sur le site de l'OCDE indiquent que selon cette étude, l'Europe va mal, la France tout particulièrement :


  • Une étude de l'OCDE épingle le système éducatif européen - L'Expansion
    13/03/2006 - C'est une claque pour le système éducatif européen en général, et pour celui de la France en particulier. Andreas Schleicher, responsable du département de l'Education de l'OCDE, ne mâche pas ses mots dans une étude publiée lundi pour le compte du Lisbon Council, un laboratoire d'idée bruxellois. (
    Etude OCDE) »


L'étude en question est siglée Lisbon Council, et signée du responsable du département éducation de l'OCDE. Contrairement aux usages en vigueur lorsqu'un membre d'une institution signe dans une publication extérieure, l'étude ne mentionne pas qu'elle n'engage que l'auteur. L'OCDE considère donc que le Lisbon Council est une valeur sûre. Pas mal pour une « grassroots organization » !


Bref, encore une belle organisation citoyenne et européenne qui prône la transparence et qui paraît bien opaque...


Pour finir, une citation de l'un des trois animateurs de ce gentil groupe, après le retrait du CPE : « "What everybody is going to remember is that the streets took on the prime minister and won, and that's a tragedy for France" ; Paul Hofheinz, president of the Lisbon Council, a free-market lobby group. »


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Contact - C.G.U. - Signaler un abus