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Samedi 8 juillet 2006
Snif !

J'embarque pour des contrées non connectées, donc pas de billets pendant trois semaines...

La photo à gauche a été honteusement piquée sur le photoblog (superbe) d'Eric Schneider. Je ne le connais pas, j'espère qu'il ne m'en voudra pas. Au moindre commentaire de protestation je l'enlève  ... dans trois semaines !
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Samedi 8 juillet 2006











Gros titre en page "Europe et politique" du Monde, le 7 juillet : "l'Allemagne espère reprendre l'avantage économique sur la France". Vision sportivo-mercantiliste de l'économie assez absurde, mais très populaire au Monde, où Eric le Boucher ne cesse de prôner que nous sommes en "guerre" contre le reste de la planète.

En conséquence de cette vision, chaque point de croissance gagné se gagne contre les autres, chinois, allemands ou américains.

La Tribune (6/7) titrait plus justement "l'Allemagne relance la compétition fiscale avec la France".

On est encore, certes, dans la métaphore sportive, mais l'article soulignait bien deux choses :
- cette vision de l'économie comme jeu à somme nulle où les gains des uns se font au détriment des autres est extrêmement réductrice ;
- on oublie notamment, en adoptant ce genre de comportements, que la relance sur l'ensemble de la zone euro serait nettement supérieure à ce dolorisme économique qui nous mène droit au mur.

Voilà que Trichet d'ailleurs s'apprête à relever, encore, les taux d'intérêt.
 Que d'inculture économique, finalement, et au Monde, et à la BCE...
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Samedi 8 juillet 2006
Une bonne illustration de la pauvreté du débat économique : sous l'article sur l'Allemagne précédemment commenté, le Monde se fait l'écho de la création par le Ministre de l'économie et des finances, d'un institut pour favoriser la culture économique des français...

Le CODICE (beurk) aura pour mission de "faire progresser la culture économique dans un pays - la France - où elle est notoirement sous-développée".

Il est déjà choquant ou savoureux, selon l'humeur, de voir un ministre regretter le sous-développement de son pays. On se demande ensuite ce que ce CODICE enseignera.

Au hasard, la hausse des taux d'intérêt :

a. c'est bien, ça stoppe l'inflation qui érode l'épargne  populaire
b . c'est une connerie qui contribue à anémier la croissance.

Encore une. La flexibilité :
a. c'est bien, ça permet aux salaires français de se rapprocher des salaires chinois
b. ça n'a aucun rapport avec la croissance

Bon j'arrête, ce serait long. Les réponses a. seront évidemment propagées, à la mode Le Boucher/déclinistes/pensée du Trésor comme l'écrivait Keynes, par cet institut surnuméraire.

Les réponses b. sont du keynésianisme grossier, mais sur la flexibilité c'est bien une étude de l'OCDE qui vient d'écrire que ça n'avait pas grand impact sur la croissance...

Bref, l'inculture économique n'est pas toujours là où l'on croit...
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Vendredi 7 juillet 2006

Vue aérienne de Camembert, merci l'IGN !

Versac (encore lui !) publie un comparatif Google maps / Geoportail. Une phrase m'énerve, ou m'irrite : "Je passe évidemment sur la vocation purement nationale du site. C'est un peu risible quand on réfléchit vaguement à un niveau européen, on qu'on voyage un peu, ou qu'on habite en zone frontalière, mais bon, c'est l'institut géographique National, monsieur."

Je ne vois pas vraiment l'intérêt de cartes aériennes pour réfléchir, même "vaguement" à un niveau européen, sauf à supposer que Versac songe à envahir l'Allemagne, ou à étudier les échanges de TVA intracommunautaire vus d'avion... Passons...

Puis, continuant à dépieuter mes nouveautés Netvibes, je tombe sur What's next qui enfonce le clou : d'après lui, la comparaison Googlemaps / IGN faite par Versac " vaut presque mieux qu'un grand discours vantant la supériorité du marché sur l'approche étatique et bureaucratique dans certains domaines".

Et là, ça m'énerve et je me dis font ch... les gosses de riches ! Versac est content de repérer ses maisons de campagne grâce à l'IGN (ce que ne permet pas Google maps), n'empêche qu'il crache dessus car, voyez-vous, il n'y a pas d'API.

Jules de What's Next n'a, lui, jamais écrit (depuis que je le lis, c'est vrai) une ligne pour défendre le système de santé français, régulièrement classé très correctement, mais dès qu'il peut il trouve que décidemment le marché écrase l'Etat, comme si l'un ne s'appuyait pas sur l'autre (Polanyi ça lui dit ?), et comme si cela était vrai partout et toujours - et comme si Google Maps avait quoi que ce soit à voir avec le marché au sens classique : c'est un produit gratuit, qui sert à montrer au monde que Google is the best, et dont rien ne dit qu'en soi il est bénéficiaire (d'ici à ce que la Commission l'attaque pour subventions croisées...)

Bref, j'arrête, ça y est, je suis calmé, il est temps d'aller au lit.

Bonne soirée !

 PS : un billet plus intéressant sur Géoportail sur volle.com
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Vendredi 7 juillet 2006
Un article de Zaki Laïdi risible dans le Monde du 5/7. Il s'agit de démontrer la modernité du ségolisme (je ne pensais pas que la démagogie était un produit frais)...

Rien de convaincant sur le ségolisme, mais une bonne explication de la "triangulation" : admettre les prémisses du raisonnement de l'adversaire (de droite) pour amener une conclusion propre (de gauche). Par exemple Ségolène louant l'encadrement militaire des délinquants pour expliquer ensuite que c'est pour mieux les socialiser...

On peut appeler ça aussi jésuitisme... En tout cas, sur le fond de la pensée ségolique, Zaki Laïdi est assez dubitatif et critique le flou de ses positions (ça finit par se voir).
Il écrit quand même une phrase énorme, qui m'a poussé à ce billet et a failli me couper l'envie de lire plus loin - ce qui aurait été dommage.

La phrase, donc : "... Ségolène Royal est la seule personnalité qui suscite la sympathie des blogueurs..."

A croire que Laïdi ne se ballade pas souvent sur le net. Il y aurait vu des blogs anti-ségo (ici et par exemple), une dénonciation des blogs bidons, bref tout sauf cet unanimisme supposé.

Un article complaisant, mélange subtil de flagornerie et d'information réelle...
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Jeudi 6 juillet 2006
Versac a tenté un "coup" éditorial en podcastant (interviewant) Marine le Pen. Je peux comprendre une sorte d'enthousiasme blogosphérique qui fait croire que le medium va transcender le message.
N'empêche qu'une femme d'extrême droite reste une femme d'extrême droite, podcast ou pas.
Et que le FN est ravi d'un entretien décrit comme décontracté, puisqu'il l'a mis sur sa page d'accueil (cherchez le lien vous-mêmes !).

Quand j'ai su cette décision de Versac, j'ai tout de suite employé l'arme atomique en supprimant le lien vers Versac depuis ma page d'accueil (je doute que le trafic de Versac s'effondre à la suite de cela, mais seul le geste compte).

Voilà en effet un homme qui a quasiment traité Mélenchon de nazi pour une mauvaise phrase, et qui interviewe Marine le Pen comme si c'était Claudia Cardinale et voudrait qu'on ne s'en émeuve pas.

Et c'est une société commerciale - sur laquelle était hébergée le fameux interview - qui donne une bonne leçon à Versac en retirant ladite interview. Comme l'écrit son responsable sur PointBlog : "Nous ne souhaitions pas être plus longtemps partenaires d'une discussion souriante et détendue sur fond de thèses humainement inacceptables. Voilà ce que nous appelons "ligne éditoriale".

La prochaine fois que Versac réfléchira à sa ligne éditoriale il pourra s'inspirer de ces propos d'une biblique - mais ô combien efficace - simplicité.

Pour l'anecdote, j'ai proposé à Versac, suite à son appel, de contribuer à Publius - par des articles évidemment eurosceptiques. Pas de réponse. Il préfère podcaster Marine...

Malgré tout, on ne peut que lui souhaiter un bon rétablissement.


PS : je constate dans les commentaires que beaucoup de gens confondent ligne éditoriale et censure. Rien n'oblige un journal papier de gauche à passer des interviews de gens d'extrême-droite. Pourquoi en serait-il différemment sur le web ? Quelle confusion mentale voudrait que Marine ait un droit à être publiée là où elle veut ? Le jour où Libé publie une interview de Marine, je le boycotte une semaine, point barre. Et le fait que Libé n'ait jamais fait une telle interview n'est pas une atteinte à la liberté d'expression. Quel confusionnisme !
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Mardi 4 juillet 2006
Je recherche les déclarations exactes de Ségolène, qui dans un élan de démagogie habituelle chez elle, déclarait vouloir limiter les salaires à 30 000 francs mensuels (c'était en 1995).

Je n'en retrouve pas la trace, sauf dans une interview de Robert Hue, parue dans l'Humanité, où, à la question "Faut-il plafonner les salaires comme le propose Ségolène Royal ?", il répondait 'Une telle mesure ne répond pas aux enjeux actuels.' !

Il ne s'agit pas d'acharnement contre elle, je n'ai pas malheureusement de candidat qui me plaise véritablement en lieu et place de la favorite du moment. Mais j'aime que le débat s'effectue en toute connaissance de cause...

Si quelqu'un a trace de ses déclarations de l'époque, ça m'intéresse !
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Mardi 4 juillet 2006





Sur le blog de Jean Quatremer (qui voit des nazis partout, de Sarkozy à Mélenchon), où je traîne souvent, j'avais consulté une vidéo recommandée par un  intervenant très pro-européen, que je vous laisse apprécier  :


Cette séquence m'avait parue plus sinistre qu'autre chose et je l'avais écrit - ça parait aussi gai qu'une séance du soviet suprême - , ce qui avait fort marri mon interlocuteur.
Au delà de l'anecdote, cette vidéo lugubre, sans traduction, symbolise bien le vide européen. Pas de référence commune réelle, pas d'espace européen propre, pas de langue spécifique, pas de vécu commun.

La présidence finlandaise vient souligner de façon tragi-comique cette quête désespérée d'un symbole d'une affectio societatis inexistante, en publiant un communiqué inaugurant la présidence finlandaise en ... latin !

Là encore, pas de traduction autre qu'en finnois.

Difficile de prouver de façon plus explicite le vide européen.

L'Europe c'est bien, tout comme l'Auvergne ou Windermere, peut-être faut-il cesser tout simplement de rêver que cela pourrait être un projet politique...


PS : le texte en question, pour les amateurs de latin et de plaisanteries surréalistes :

Conspectus rerum Latinus

30 Jun 2006, 08:42

Finnis Unioni Europaeae praesidentibus in morem venit, ut de rebus ad praesidentiam spectantibus Conspectus Latinus divulgaretur. Anno undebismillesimo (1999), cum Finnia praesidentiam teneret, ille conspectus oculos animosque Europaeorum in se convertit atque multis et benignis commentariis apud eos acceptus est. Quae cum ita sint, Conspectus etiam anno bis millesimo sexto (2006) Latine redigitur. Accedit, quod usus linguae Latinae cultui humano Europaeo honorem habet et de radicibus societatis Europaeae usque ad antiquitatem classicam pertinentibus omnes commonefacit.

Conspectus rerum Latinus a Professore Tuomo Pekkanen et Docente Reijo Pitkäranta scribitur, qui ab anno millesimo nongentesimo undenonagesimo (1989) Radiophoniae Finnicae Generali (YLE) nuntios Latinos redigunt.

Conspectus rerum Latinus in paginis interretiariis Praesidentiae Unionis Europaeae divulgatur et fieri potest, ut illum etiam in tuum cursum electronicum mittendum mandes. Mense Iulio bis, a mense Septembri usque ad Decembrem mensem semel singulis septimanis redigetur. Mense Augusto pausa erit aestiva. Dies, quo exit, est Mercurii.

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Dimanche 2 juillet 2006
J'avais déjà relevé l'enthousiasme étonnant, de la part de Jean-François Kahn, pour Ségolène Royal. Crier hourrah à propos de la modernité des positions de  la candidate à  la candidature suppose de passer sur la part très marketing et très calculée de ses discours - ou alors il faut aussi applaudire Sarko pour son discours d'Agen, très "gauchiste".

Voilà que ce soutien exalté se retrouve dans Marianne, le journal de JFK : un dossier sur l'impossibilité des politiques à accepter leurs erreurs se caractérise par l'absence de Ségolène. Pourtant, lors du suicide d'un prof accusé de pédophilie, elle avait, par son attitude, accablé la famille du décédé, plutôt que de reconnaître simplement qu'elle avait été mal informée - plus d'infos ici.

C'est dommage, car les positions de JFK ne se retrouvent généralement pas dans Marianne : son engagement pour le oui n'avait pas empêché de nombreux articles très critiques sur le TCE. Si sa vénération nouvelle pour Ségolène devait marquer tout le journal, ce serait une bonne raison de ne plus lire cet hebdo aussi régulièrement.
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Samedi 1 juillet 2006
Un peu désespérant le paysage politique français en ce moment... Dans le brouillard actuel, une tribune dans Marianne de Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, deux socialistes franciliens, change du blabla usuel. Ils refusent en bloc la politique de quotas mise en place, y compris au PS, pour les investitures aux prochaines législatives.

On a déjà ainsi un quota "femmes", auquel s'ajoute un quota "minorités visibles" ; pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Pourquoi pas un quota "religions non-catholiques" ?

Refusant cette orientation, ils suggèrent, pour ouvrir la représentation nationale à des personnalités d'origines diversifiées, de limiter strictement le cumul des mandats  en instaurant un mandat unique, limité également dans le temps - trois mandats locaux  successifs me semblent suffisants par exemple, et deux nationaux.

L'évolution vers une politique des quotas, qui n'est efficace qu'à très court terme entraîne en effet deux problèmes.

L'un, mineur, permet de relever de fait que les quotas sont utilisés pour bloquer des candidats de courants minoritaires, ou que les personnalités ainsi sélectionnées  sont des parachutés dont l'arrivée passe mal, surtout lorsqu'ils viennent s'imposer face à d'autres personnalités issues, elles-aussi, des  "populations à quota" (quelle infâme terminologie !).

L'autre inconvénient, majeur, est qu'ainsi on fait primer une conception non républicaine de la citoyenneté, où chacun est enfermé dans le "carcan de ses origines", comme l'écrivent Maurel et Guedj. Et, en sens inverse, ils soulignent avec pertinence que plus personne ne s'étonne de l'absence d'ouvriers au sein des candidats PS.

Bref, ce matin cet article m'a mis de bonne humeur, et je voulais tirer mon chapeau à Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel !
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