Mercredi 22 août 2007
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Il est de bon ton de villipender les milices privées qui renaîtraient en Russie.
Que penser d'un état qui ferait d'une agence de protection de ses frontières une autorité "indépendante et spécialisée" ?
Laquelle agence placerait, dans sa devise, la sécurité avant la justice ("liberté, sécurité, justice") ?
Laquelle agence décrirait, comme quatrième de ses missions, la recherche de renseignements, en assurant qu'à cet effet ses salariés
"seront bien payés" ?
Qui place en tête de ses tâches "l'analyse de risques", comme si, au-delà des frontières n'existait que le risque ? N'est-ce
pas là une approche infâme de la diversité humaine ? Et une preuve de l'inhumanité européenne, qui n'est pas plus proche de l'universel que ne le serait la France, seule.
Qui, en matière de coopération, assure qu'elle "will pay attention" (en français : fera "grand cas", sourire ironique inclus) des pays tiers à l'Union concernés par son action ?
Oui, je décris donc Frontex, agence européenne au sujet de laquelle j'avais déjà écrit qu'elle inspirait la politique d'immigration
Sarkozy/Hortefeux.
Qu'ajouter à cela sinon que les offres de recrutement spécifient que seul l'anglais est requis comme compétence linguistique.
Que le site internet, comme celui de la Banque Centrale européenne n'est qu'en anglais, alors que l'Union européenne promeut l'emploi des
langues régionales les plus étonnantes.
Je me souviens d'avoir lu un passage d'Alain Finkielkraut, dans lequel il employait comme image de la barbarie celle de bottes frappant éternellement le même visage. Et bien l'Europe, chaque jour,
frappe les nations démocratiques au visage, et avance vers un monde où les bureaux ne seront plus dérangés par la rue. Chaque jour qui passe voit ce projet inexorablement avancer, en anglais, dans
le silence le plus absolu.
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Publié dans : Europe : stop !
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