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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 00:39
François Asselineau est un conseiller de Paris (le Conseil de Paris fait office à la fois de Conseil municipal et de Conseil général), ex-UMP. Il a été Directeur de cabinet de Charles Pasqua au Conseil général des Hauts de Seine (oui, LE Charles Pasqua qui trouve que les tests ADN c'est trop). C'est aussi un ami.

Il est fondamentalement gaulliste et évidemment opposé à la construction européenne, laquelle confisque ce qui est à nous, la res publica, pour en faire la chose de groupes de pression ("Mini" traité, 8B2 : "Les institutions entretiennent un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile." Le même mini-traité donne un rôle à mon sens mineur aux partis politiques : "Les partis politiques au niveau européen contribuent à la formation de la conscience politique européenne et à l'expression de la volonté des citoyens de l'Union.")

François Asselineau a constitué un groupe indépendant au Conseil municipal de Paris, baptisé "Paris libre", et entend présenter une liste aux prochaines municipales. Comme il l'écrit lui-même
"Dans ce Conseil de Paris où l'on débat longuement de la situation en Birmanie ou au Darfour mais jamais  de la construction européenne ni  de la souveraineté nationale, l’objectif de ce groupe est précisément de faire entendre la voix de ceux qui ont voté Non à la Constitution européenne et de tous ceux qui veulent que la politique soit d’abord le lieu où se défend l’intérêt général."

Pour cela, d'ailleurs, il lance un parti, l'Union Populaire Républicaine, dont la charte est disponible.

L'une des premières traductions de cette ré-appropriation de ce qui est à nous est la proposition qu'il a faite de municipaliser, lors des prochains renouvellements de concession, la distribution de l'eau parisienne. Argument : les groupes privés qui gèrent cela pour le compte de la mairie se sucrent sur notre dos (30% de marge) et enrichissent en plus des fonds de pension américains !

Je ne suis pas à la place de la majorité de gauche, ni de Bertrand Delanoé, mais ce serait dommage de se faire déborder à gauche par un groupe réputé "de droite"...



CONSEIL DE PARIS DU LUNDI 1
er OCTOBRE 2007
 

GROUPE PARIS LIBRE 

QUESTION D’ACTUALITE POSEE PAR François ASSELINEAU

SUR L’AVENIR DES CONTRATS DE DELEGATION DE SERVICE PUBLIC

POUR LA DISTRIBUTION DE L’EAU A PARIS 
 

Monsieur le Maire, 

Même si le prix de l’eau à Paris reste plutôt dans la moyenne basse de la région parisienne, il n'en a pas moins augmenté de près de 300% en 13 ans. Il s'est encore accru de 23 centimes d’euros par m3 au 1er janvier 2007, et il atteint aujourd'hui 2,69 euros par m3, soit près de 18 F le m3, un prix qui aurait été jugé incroyable il y a une dizaine d’années. 

Cette évolution est due, pour une large part, au fait que la distribution de l'eau à Paris est assurée, depuis 1985, par deux sociétés privées : Eau et Force, filiale de Suez, pour la distribution sur la rive gauche, et la Compagnie des Eaux de Paris, filiale de Veolia, pour la rive droite. L’expérience a révélé que cette situation d’oligopole procure à ces deux sociétés une rente exagérément profitable. C'est en tout cas ce que révèlent les rapports, officiels ou privés, qui se succèdent sur ce sujet. Une récente étude de l’UFC-Que Choisir de janvier 2006 estime d’ailleurs que les sociétés concessionnaires de la ville de Paris bénéficient d'un taux de marge nette considérable, de l’ordre de 28%.  

Naturellement cette flambée du prix de l’eau n’est pas perdue pour tout le monde. Sur les seuls 6 premiers mois de 2007, le résultat net de Veolia s'est par exemple encore accru de +11%. Et il est intéressant de relever que le fonds d’investissement américain Capital Research and Management est devenu, le 10 janvier 2007, le premier actionnaire de Veolia, avec 9,97 % du capital, dépassant même la Caisse des Dépôts. A l’évidence, si les experts californiens de ce fonds américain ont fait ce choix parmi des centaines d’autres, c'est bien parce que Véolia offre des perspectives de rendement proprement anormales.  

Monsieur le Maire, un mouvement de retour à la gestion directe s'amorce en France : un peu partout des municipalités soucieuses de l'intérêt général ont décidé de revenir à la régie directe de l'eau et ont pu répercuter rapidement une baisse importante du prix, de l'ordre de 30%. La question qui se pose est donc claire et nette : entre l’accroissement des revenus servis par le fonds d’investissement américain à ses actionnaires et une diminution du prix de l’eau pour les Parisiens, il va falloir choisir. 

Or ce choix est proche puisque les premiers contrats parisiens de délégation dans le domaine de l’eau arrivent à échéance en 2009. L’exécutif municipal mène actuellement des études et des consultations dont la presse s'est très récemment faite l’écho.  

Le Groupe Paris Libre aimerait savoir quel est l’état de vos réflexions et vers quelle solution vous vous orientez. Il vous informe en tout cas qu'il serait prêt à soutenir une décision argumentée de remunicipalisation de la gestion de l’eau à Paris.





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