Mercredi 7 novembre 2007
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Chaque année, c’'est la même histoire : à fin août, l'’écrivain français est heureux. Le reste de l'’année, il a des phrases à écrire, des chapitres à boucler, mais là, à fin août,
quand son roman de la rentrée est sur la rampe de lancement, pas encore chez les libraires mais déjà imprimé, il plastronne comme un Hercule, il scintille comme un miraculé. Bientôt il
moissonnera les articles qui parleront de son livre, car il en aura, son éditeur a des relations. Il ne pense pas au Goncourt, l’écrivain français, et il a tort. Il s'imagine que le Goncourt
c'est pour les autres, jamais pour lui. Il se croit au-dessus du lot. Quel prétentieux !
Je lis trop peu de romans, mais celui-ci m'avait attiré par son style acide (cf. les premières lignes reproduites ci-dessus, on trouve même les trois premières pages sur le site d'un éditeur de livres numériques). On suit pendant deux mois les affres d'un écrivain qui redoute la
croix du Goncourt, passeport vers l'oubli (les dix premiers lauréats : Nau, Frapié, Farrère, Leblond, Pergaud, Châteubriant, Tharaud, Savignon, Moselly, Elder, Miomandre, Benjamin... La liste de
ceux qui ne l'ont pas eu est aussi impressionnante - Camus, Aragon, Gide, Giono, Claudel)
Iegor Gran n'est pas dans la dénonciation, il ne s'agit pas de révéler le dessous des cartes. On devine bien quelques personnages réels derrière ceux que l'on rencontre, mais ce n'est pas l'objet.
C'est juste l'équivalent littéraire d'une vanité, avec beaucoup d'humour. En cette saison, à redécouvrir.
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Publié dans : Autres livres
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