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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 00:50
Un article du Monde relate la mise en place d'une relation financière directe entre Bruxelles et une eurorégion pyrénéenne (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon en France, Catalogne, Aragon et Baléares en Espagne).

Ce n'est pas la première fois, l'Alsace ayant déjà obtenu de gérer directement avec Bruxelles ses fonds européens.Là, l'eurorégion ainsi mise en valeur est transfrontalière.

Il y a une volonté systématique de Bruxelles de fracturer les états existants, qui devrait alarmer un peu plus les opinions, à l'heure où la Belgique est toujours en panne et en passe de se scinder.

Ces regroupements artificiels (je sais que les frontières françaises sont artificielles, elles le sont toutes. Certaines plus que d'autres), encouragés à coup de subventions (quel président de région refusera de s'engager pour une opération qui peut rapporter 250 M€ en ces temps de famine budgétaire ?), donnent à l'Europe une allure de gigantesque Clochemerle. Comme le rapporte l'article :
L'atmosphère de la cérémonie a pourtant été assombrie par l'absence de la délégation de l'Aragon - qui a décidé de geler sa participation à l'eurorégion en raison d'une brouille avec la puissante Generalitad (région) de Catalogne voisine, portant sur du mobilier d'art sacré exposé à Lérida dont les Aragonais réclament la restitution...
Georges Frêche a également protesté, son franc-parler usuel lui faisant dire que l'eurorégion était un machin inutile (de la part du redécouvreur de la Septimanie, c'est tout dire). Il a raison d'un point de vue d'usager, mais tort du point devue de Bruxelles. La vision des institutions bruxelloises n'est pas à 5 ans. Il s'agit, toujours dans la lignée de la politique des petits pas, de grignoter morceau après morceau les compétences nationales. Quitte à en rajouter dans un enchevêtrement de compétences territoriales déjà complexe.

Comme l'écrit en commentaire un lecteur chez Versac (billet revenant sur Bourlanges) :

Pour la reprise de l'approfondissement européen, je ne vois guère pour l'instant que la régionalisation à venir (demain la Belgique, après-demain l'Espagne et le Royaume-Uni ?). Les nouveaux "petits" états n'ayant jamais eu accès à certaines compétences (politique étrangère notamment), ils auront je pense moins de mal à en transférer une partie à un échelon où elles sont plus adaptées (politique étrangère de nouveau).

Pour l'heure, à voir la qualité des négociations sur un budget européen en baisse, je pense comme M. Bourlanges que nous sommes arrivés à un pallier.

Rédigé par: YMB
Il a tout compris monsieur YMB : fragmenter les états en créant des sous-états qui devront tout à Bruxelles, voilà la bonne idée. Et la fragmentation belge réjouit YMB, qui y voit l'Europe du futur : chacun chez soi et les vaches seront bien gardées.

Un futur bien archaïque en réalité. En même temps que Bruxelles avance ces pions, nous faisons de grands pas en arrière : l'eurorégion ainsi dessinée ressemblant beaucoup à l'ancien royaume wisigoth, en plus petit.

250px-Royaume-Wisigoths-2.png
Peut-être que ça va quand même avoir un côté réjouissant, ces évolutions, on pourra réclamer à terme un roi pour cette eurorégion, Wamba II par exemple, pour succéder à Wamba Ier, l'un des derniers rois wisigoths.

Y'a pas à dire, l'Europe, c'est formidable, et en plus c'est moderne.

Cf. un billet ancien L'Europe, machine de guerre contre les états européens.


Cf aussi chez Publius



Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
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Commentaires

Pour tes amis européens, la grande cause à combattre c'est la Nation.

C'est la Nation, l'idée de Nation, le désir de Nation qui sont la cause de tous les maux, de tous les totalitarismes, de toutes les guerres... (idée fort commode qui permet de ne pas trop penser le fascisme comme le faisait Pasolini par exemple, ou l'antisémitisme...).

La Nation, c'est la guerre. L'Europe, c'est la paix. Et réciproquement.

L'européen se trouva donc fort dépourvu intellectuellement lorsque la bise communautaire s'est abattue sur nous.

L'européen, sous le tir du snipper croate, bosniaque ou serbe, assure ne pas comprendre, ne RIEN comprendre (souvenons-nous du café du commerce des années 90) et plein de bonne volonté envoie le meilleur des siens : Kouchner.

L'européen ne peut pas penser la haine tribale de ces Wambas II qu'on nous promet, 

trop occupé qu'il est à chasser le national,unique obsession.

Car il faut toujours, inlassablement, dépecer le Moloch (URSS, Yougoslavie, France et la hideuse et haïe Grande-Bretagne).

Là où pourrait s'interroger, et c'est mon deuxième point,

c'est que ces Moloch ont TOUJOURS un rapport avec l'Allemagne.

Ben oui, l'Allemagne, la très amie Allemagne... qui n'a plus de Moloch pour elle-même (elle a même sacrifié son mark) mais encore quelques intérêts et une conscience de soi.

Autre problème : les européens ont appris la géo-politique au patronage du mercredi (ou du jeudi pour certains) et donc ils ne peuvent soupçonner que derrière l'enrobé du concept, il y ait aussi violence et conflit qui dure, qui dure un peu plus longtemps.

Du très très très regretté Fred Chichin à tes amis européens, je rappelle cette phrase : "on n'a pas que de l'amour..."

Commentaire n°1 posté par olivier le 06/12/2007 à 09h54
Ben oui Olivier, le principe de base de la Nation c'est de diaboliser l'extérieur et d'opprimer à l'intérieur. Jean-Luc Mélenchon en est un bon exemple qui méprise tout autant les ploucs lituaniens que les ploucs bretonnants. Pourquoi continuer à baser une société sur un principe aussi ambigü ?
Commentaire n°2 posté par Jean-Michel Fayard le 06/12/2007 à 11h58
JM, ce n'est pas le principe de base de la nation, c'est celui de toute communauté. dès lors que tu définis une communauté, quel que soit le nom que tu lui donnes, tu définis un dehors et un dedans. L'UE fera inévitablement pareil, avec en plus une gouvernance pire que celle des états qu'elle prétend remplacer.

Tu connais frontex ? c'est bien la preuve que malgré le flou conceptuel sur ce qu'est l'Europe, il y a clairement des gens qui en sont exclus et d'autres qui sont dedans.

c'est un peu la réflexion d'hannah arendt sur les apatrides : c'est un luxe de citoyen d'un pays riche que de se moquer du désir d'appartenance à quelque chose.

bref. on voit bien ce que vous reprochez à la France, on voit très mal en quoi l'Europe échappe à des reproches identiques, en dehors des qualités religieuses dont vous la parez...


Commentaire n°3 posté par edgar le 06/12/2007 à 12h14
JMF, tu écris : "le principe de base de la Nation c'est de diaboliser l'extérieur et d'opprimer à l'intérieur". 

Non, pas forcément, pas nécessairement. Dire l'ailleurs, ce n'est pas, en soi, diaboliser l'autre. Dire "nous" et même un "nous autres..." (que j'aime beaucoup) ce n'est pas tyranniser.

La Norvège par exemple, d'hier et d'aujourd'hui. La France de la Libération, ou de De Gaulle, ou de Mitterrand. L'Afrique du Sud, de l'African National Congress. Israël de Ben Gourion. Les Etats-Unis de Roosevelt. Que sais-je ?

Lier par réflexe toute idée nationale à une oppression (des siens ou des autres), c'est en rester à une idée un peu simple de l'histoire.
(le FLN, tu aurais peut-être voulu que, lui aussi, il comprenne ton désir maastrichtien ?)

Et surtout, je m'efforce de te dire tout à fait autre chose - si hors-champs qu'il faut le barrer ? 
(le dépeçage des nations qui laissent d'autres violences apparaître et se développer, le jeu allemand avec la place particulière - historique et géographique - de ce... pays).

Une question, tout de même : Mélenchon, il ne serait pas aussi pédophile et corrompu ?



Commentaire n°4 posté par olivier le 06/12/2007 à 13h59
Merci Edgar pour cette note.
Pour revenir sur sa "bonne foi", sur France-Culture récemment M.Bourlanges disait "non, pas du tout, l'Europe ne cherche pas à détruire les nations par les régions"... C'est amusant, le candidat qui s'est voulu de l'identité nationale cautionne et accelere le processus.

l'UE est une oeuvre de destruction fondamentale et de dislocation pour laisser les personnes dans une totale disponibilité et vulnérabilité à la mondialisation qui vient. A l'echelle des nations, des régions (et des ethnies.. n'oublions pas), ce joue ce que la sociologie à bien étudiée (la foule solitaire).

Tous les tenants du NOn d'ou qu'ils viennent doivent s'aider dans cette loi du silence imposée : écrire à nos députs et sénateurs pour refuser cette forfaiture.
Commentaire n°5 posté par Antoine le 06/12/2007 à 22h22
L'europe cherche t-elle a détruire les nations ou les Etats avec ce que cela implique en terme de capacité à conduire des politiques publiques ?

C'est dommage que ton lien sur l'article du monde soit inacessible à ceux qui n'ont pas d'abonnement, ça m'aurait bien intéressé ... mais à mon avis, ce devait être une fumisterie du genre les programme interreg ou en réalité chacun gère sa petite enveloppe dans son coin.

Les nation ont la vie dure. On peut mettre une enveloppe sur un territoire transnational. Le partage se fera d'abord entre nations, puis il sera affecté sur des projets entre des gens partageant la même langue et un sentiment d'appartenance commun ...
Commentaire n°6 posté par Malakine le 06/12/2007 à 23h10
Je trouve intéressant, Antoine, cette idée de "mise en disponibilité" du citoyen.
Je crois qu'on pourrait fouiller en se demandant : qu'est-ce qui dans une souveraineté nationale protègerait (ou non) de cela ?


Commentaire n°7 posté par olivier le 07/12/2007 à 06h58
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un auteur ayant compris le lien entre certaines proximités culturelles et l'ancien royaume Wisigoth !

Il est vrai qu'il aura fallu des dizaines d'années de lobotomisation républicaine pour détruire le souvenir selon lequelle la barrière entre Langue d'Oï et Langue d'Oc était la frontière entre royaumes wisigoths romanisés et royaumes francs faiblement romanisés.

Exercice amusant : sur cette même carte, tracez l'ancienne ligne de démarcation entre France libre et France occuppée sous Vichy.
Commentaire n°8 posté par Gus le 07/12/2007 à 18h24
" Mélenchon, il ne serait pas aussi pédophile et corrompu ?" : je n'ai pas d'info particulière à ce sujet, ni en faveur ni en opposition à ton hypothèse.

Commentaire n°9 posté par valery le 09/12/2007 à 09h51
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