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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 20:00
Un très bon livre, qui se dévore en deux heures. Entre la grande naïveté d'un BHL et les affirmations à l'emporte-pièce d'un Thierry Meyssan, Eric Laurent relie de façon très claire le désastre du 11 septembre au contexte géopolitique de l'époque – qui a peu changé depuis.

Les conclusions que l'on en retire étaient déjà connues plus ou moins, mais il les étaie de façon claire. Pour résumer ce que l'on peut dire du 11 septembre après cette lecture :

- le coup est parti du réseau Al Quaeda, né du soutien américain aux taliban afghans (ces combattants de la liberté, loués par BHL et dont Eric Laurent rappelle, de façon bienvenue, que dès le début ce sont tout sauf des démocrates, y compris le commandant Massoud) ;

- il existe entre ce réseau et l'Arabie Saoudite des liens très forts, pas seulement par l'origine familiale de Ben Laden ;

- le Pakistan est également un soutien important d'Al Quaeda ;

- il existe des liens d'affaires très forts entre le clan Bush et l'Arabie Saoudite1, autour évidemment du pétrole, omniprésent dans le livre2. Accessoirement le trafic de drogue est aussi mentionné comme source de financement des talibans, trafic sur lequel les USA ont délibérement choisi de fermer les yeux ;

- ces liens ont conduit à ce que, dans l'enquête autour du 11 septembre, l'implication éventuelle de membres de la nomenklatura de l'Arabie Saoudite a été complètement occultée. L'auteur rappelle ainsi que le frère de Ben Laden a été autorisé à quitter les USA en septembre 2001, sans être interrogé, alors que les vols civils étaient encore interdits. Il est également rappelé que sur 3 site même du FBI, parmi les 10 ennemis les plus recherchés, figure Ben Laden, sans cependant qu'il soit du tout mis en cause pour les attentats du 11 septembre. Ou encore, l'aveu du chef d'état-major de l'armée américaine en avril 2002, après l'opération militaire en afghanistan : « l'objectif n'a jamais été de capturer Ben Laden ...» ;

- Israël, comme d'autres états, savait que des attentats étaient en préparation. Mais dans l'affaire, Israël ne joue qu'un rôle de spectateur passif, pas mécontent de voir le cousin amléricain se fâcher avec l'Arabie Saoudite et le monde arabo-musulman ;

- d'autres éléments autour du 11 septembre restent inexpliqués : par exemple les opérations boursières qui ont conduit des initiés non identifiés à gagner énormément d'argent en spéculant à la baisse sur les actions de compagnies aériennes concernées par l'attentat quelques jours avant celui-ci. Côté américain, l'enquête semble avoir été particulièrement baclée.


Pas de complot ici, pas de révélation spectaculaire d'un deus ex machina qui tirerait toutes les ficelles, mais la preuve et la confirmation, page après page, qu'en matière de relations internationales, le secret, la duplicité et le mépris de la vie humaine sont de règle. Et l'ensemble des faits collectés représente une somme considérable, avec des références solides. Un seul regret, que l'édition en poche fourmille de coquilles ou de manques de relecture, comme le John Ashcroft orthographié Aschcroft, ou le Mc Donnell transformé en Mac Dowell...

1Voir un autre livre http://www.posner.com/Secrets.htm ou celui d'Eric Laurent « la guerre des Bush ».

2 Eric Laurent rappelle par exemple que le président afghan Hamid Karzaï et l'ambassadeur américain en afghanistan sont d'anciens consultants de la firme pétrolière américaine Unocal.

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