Il m'arrivait, pour piquer une frite dans l'assiette de mon fils, de lui désigner un oiseau imaginaire histoire de détourner son regard et de plonger dans
son assiette une main dérobeuse.
Faute avouée...
J'ai l'impression que la classe politique joue avec les français à un gros "Oh un oiseau" national, histoire d'escamoter le passage en douce du TCE. J'ai ainsi
entendu ce matin François Hollande qui haranguait ses troupes (de moins en moins siennes), les appellant à la mobilisation pour les municipales. Il n'aurait pas pu crier plus fort si nous
étions à deux doigts d'une guerre mondiale.
Une discussion familiale ce week end me conduit à penser que ma position sur les municipales (je m'abstiens si le PS permet le passage du TCE bis) n'est pas
comprise : il s'agit des municipales, pas d'européennes me répondit-on !
Plusieurs points :
1. Les municipales on s'en fout si c'est pour vivre une démocratie limitée aux questions de troisième ordre. J'ai beaucoup de respect pour la démocratie locale
et les questions citoyennes au quotidien, mais ça ne suffit pas. Et j'ai tendance à penser que s'il faut faire une croix sur la signification des municipales 2008 pour sauver notre régime
républicain, ça en vaut la peine. En d'autres termes, le passage en force du TCE, c'est pour longtemps. Les municipales il y en aura d'autres.
2. Le débat politique local est de plus en plus vidé de son sens parce que la politique nationale n'a plus de sens non plus. Les clivages y sont artificiels et
le nombre de listes qui sont allées pêcher des personnalités dans le camp d'en face (un ex. RPF au PS marseillais, pendant que Gaudin (UMP) récupérait Sanmarco (PS)). Si tout le monde est
d'accord pour appliquer la stratégie de Lisbonne (cf. le rapport Cohen-Tanugi), il ne reste plus beaucoup d'enjeux au
niveau local.
3. Ségolène Royal elle-même a appelé à faire de ces municipales un vote-sanction. Déjà, il ne
s'agit plus que d'adresser un signal à Sarkozy. Comme de toute façon les sondages s'en chargent, je pense que définitivement il faut faire savoir aux candidats aux municipales que notre vote
dépendra du leur, le 4 février. Après, il sera trop tard.
S'il s'agit donc de faire de ces élections autre chose qu'un enjeu municipal, autant faire savoir qu'il s'agit de défendre la démocratie, rien
d'autre.
Ma décision est donc prise à moi aussi, je m'abstiendrai dans le cadre des prochaines élections municipales de mon département et je demande à qui m'aime de me suivre
!
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