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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /Fév /2008 09:28
Entedu ce matin Philippe Val pontifier sur Inter. Le but du jeu était d'expliquer que les parlementaires nonistes qui ont refusé la validation par le Congrès du TCE étaient des antiparlementaires.

Il leur reprochait notamment d'avoir un QI inférieur à celui d'une souris, qui, elle, est contente quand elle mange son fromage.

Donc le raisonnement de Val est qu'un parlementaire devrait être content de son salaire de parlementaire et se  réjouir systématiquement dès qu'on lui pose une question, même mauvaise. Je vois plutôt de l'antiparlementarisme de bas niveau chez Val, pas chez ceux qui se sont demandés s'ils étaient réellement compétents pour répondre à une question posée dans un autre cadre auparavant. Je rappelle à Philippe Val que même au président de l'association française des constitutionnalistes, Didier Maus, la réponse paraît douteuse. Mais il faudrait que les souris se contentent de leur fromage pour un petit QI. Je rappelle que lorsque Badiou évoque l'homme aux rats à propos de Sarkozy, on hurle à l'antisémitisme. Quid lorsque Val rapproche les parlementaires nonistes de souris ?

Ce n'est pas la première fois que des soixante huitards reconvertis dans la propagande libérale évoquent des arguments de bas étage : Cohn Bendit, à propos du référendum irlandais, s'était écrié "avec toutes les subventions qu'ils ont reçu de l'Union, ils ne peuvent pas voter Non". Voilà Cohn Bendit réduit à acheter les électeurs, sans s'imaginer qu'en plus d'un portefeuille ceux-ci pourraient bien avoir un cerveau.

Val m'avait aussi insupporté la semaine dernière, avec une chronique de dix minutes consacrée aux FARC, pour expliquer qu'ils n'ont pas de cerveau, qu'ils sont pires que totalitaires etc... Je ne suis pas ami des FARC. J'imagine cependant qu'ils ne sont pas nés terroristes totalitaires, et qu'il y a peut-être un contexte en Amérique du sud qui pourrait expliquer leurs actions. Val n'évoquait rien, aucun fait précis, juste des vociférations satisfaites pendant toute sa chronique - ça fait long.

Je n'ai jamais eu, à la radio, autant l'impression d'écouter de la pure propagande : des jugements de valeur enfilés les uns à la suite des autres, sans arguments, sans aucune finesse et avec le plus grand entrain. Colombani à côté sonne comme un journaliste d'investigation aguerri et endurci.

Bref, Philippe Val a atteint le nirvana de la presse : la position d'éditorialiste omniscient, apte à discourir sur tout et n'importe quoi avec la conviction la plus affirmée, en multicanal.

Il serait bon qu'il aille déployer sa satisfaction ailleurs que sur une chaîne de service public, où l'on est en droit d'attendre quelques faits et une certaine complexité dans la réflexion. Je ne sais pas si Demorand est libre du choix de ses invités. Il n'avait pas l'air choqué de ces platitudes. Il est tout de même autrement plus fin habituellement que son hôte du vendredi matin.




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