Dimanche 7 septembre 2008
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Un article de trois pages cet été dans le Monde 2, qui expliquait le conflit actuel entre RFF (réseau ferré de France, stucture créée pour préparer le passage à la
concurrence en matière ferroviaire) et la SNCF.
La SNCF veut une nouvelle génération de TGV, avec une vitesse plus rapide. RFF ne veut pas car elle prévoit de faire circuler des trains concurrents - pour respecter les contraintes de l'ouverture
du marché etc...
Il y avait auparavant, à l'époque où la SNCF transportait des usagers du service public, une culture du progrès technique. Aujourd'hui le progrès est dans le marketing et le juridique, avec
l'introduction dans toujours plus de secteurs d'un droit de la concurrence sauce Bruxelles.
Question marketing, voilà donc le nouvel esprit SNCF, tel qu'exprimé par une campagne de l'an dernier :
Le train, c'est limite ringard, d'ailleurs les destinations françaises aussi, la SNCF et son site internet se glorifient donc de pouvoir vous envoyer en avion à New York (c'est la même logique qui
veut que les bureaux de poste ne vendront bientôt plus de timbres, mais des CD de musique bretonne). Si vous
voulez vous contenter d'aller à Saint Nazaire en train, vous êtes vraiment bien con. Tapez Saint Nazaire comme destination sur voyages SNCF ils ne connaissent d'ailleurs pas, seul St Nazaire a
l'air de leur parler...
Grâce à cela, le site internet de la SNCF est illisible et plante régulièrement.
Bref. Tous les jours, dans tous les domaines, l'Europe défait un ensemble d'institutions qui avait sa cohérence, pour le remplacer par le vide de quelques règles absurdes de concurrence même sur
des marchés où ça n'a pas de sens.
Mais qui voudrait qu'un tel état de fait perdure ?
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Publié dans : Europe : stop !
Vivement que la concurrence permette aux usagers de profiter de tarifs un peu plus corrects.
La politique actuelle est entièrement dûe à la nécessité de préparer l'arrivée de la concurrence. Notamment le fait que la scission SNCF/RFF permette de transférer les déficits à RFF,la SNCF ayant pour tâche de devenir bénéficiaire (parce que, par la suite, l'état aura le droit de subventionner RFF, mais pas la SNCF).
La SNCF est donc devenue bénéficiaire et les "brillants stratèges" payés à prix d'or peuvent à présent se vanter du succès de leurs mesures. Elle peut maintenand financer de ruineuses campagnes de communication. Seulement, l'addition est à présent payée par l'usager-client et par les régions.
C'est quand même un peu facile de faire des bénéfices lorsqu'on est en situation de monopole : il suffit d'augmenter le prix du billet.
A l'heure actuelle, je ne vois que deux solutions pour rétablir des prix équitables pour l'usager : soit les pouvoirs publics imposent un tarif réglementé, soit l'entrée dans la danse de nouveaux concurrents fait baisser les prix. Mais la situation actuelle (monopole non réglementé) est ce qu'il y a de pire pour l'usager-client.
Nous avions d'ailleurs la SNCF qui a copié l'aérien, voilà que l'aérien vient au rail.
Pouruqoi le gouvernement a-t-il exigé des bénéfices à la sncf et toléré des pertes chez RFF ? Parce qu'il sait qu'il ne pourra plus renflouer la première alors qu'il pourra toujours pour l'autre. et ce en vertu des règles bruxelloises. il y a peu de mystère là dessus.
Le gouvernement a exigé de l'entreprise de redresser ses comptes pour faire des économies... Sans réaliser que ces économies seraient effectuées sur le dos des usagers et des régions.
Aujourd'hui, les régions sont en grande partie à gauche ; la droite a donc tout intérêt se défausser sur elles maximum. Quand aux usagers, l'Etat leur fait ainsi payer un impôt déguisé.
En ce qui concerne RFF, l'entreprise exigera à mon sens de nouvelles augmentations tarifaires de la part des opérateurs pour équilibrer ses comptes.
Mais j'imagine mal un gouvernement inconséquent au point de ne pas avoir la moindre idée de ce que pourrait faire la SNCF pour accroître ses recettes.
Il est tout aussi inconséquent de distribuer à tort et à travers 15 milliards d'euros de paquet fiscal, d'agraver la crise immobilière en subventionnant l'endettement immobilier des ménages alors que le marché était en plein emballement...
Tout aussi inconséquent de laisser pourrir la situation dans les banlieueues, de consacrer la plus grande part de l'effectif des forces de l'ordre à la traque aux sans-papiers...
Mais je ne pense pas que Socrate ait été installé en raison d'une volonté de privatisation : il s'agissait d'amélorer le fonctionnement de réservation en ligne, tout en introduisant une dose de yield management (sur le modèle aérien). Un beau fiasco, je vous l'accorde, mais on ne peut pas en déduire une volonté de privatisation ; tout au plus une volonté de modernisation.
le 4 mars 1993
Quand SOCRATE empoisonne la SNCF
La mise en place, le 12 janvier dernier, du système SOCRATE de vente et de réservation des billets SNCF, présenté comme une révolution technologique, est surtout édifiante quant à la pénétration des critères de rentabilité financière au sein du service public. Avec ce système, ce sont, en effet, les principes d’égalité de tous les usagers et la péréquation tarifaire - deux fondements du service public - qui volent en éclats.
C'était dans l'Humanité, en mars 1993...
J'ajoute un détail : le "madame, monsieur..." qui précède chaque annonce me rappelle le même "madame, monsieur" de la campagne de pub pour la privatisation de Paribas (et oui, les enfants, autrefois Paribas a été publique).
Avec mon compagnon, quand nous entendons ce "madame, monsieur" nous évoquons ce "subliminal privatiseur" qui se glisse là.
Mais qu'allons-nous donc chercher là ?!?!