Mercredi 5 novembre 2008
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J'ai épargné mes lecteurs avec la campagne US, les paris sur qui va gagner, émanant de passionnés de West Wing, ne m'emballant pas.
Mais il faut bien dire qu'un billet sur autre chose serait décalé aujourd'hui. Je vais donc braver les politologues les plus pointus et pronostiquer qu'Obama aura gagné pendant la nuit (j'écris le
mardi soir, 22h).
Et je n'hésite pas à me réjouir de cette victoire, au risque de déchanter par la suite et de contrarier d'autres auteures respectables qui estiment que rien ne va changer.
Obama peut faire plusieurs choses pour les USA et pour le reste du monde :
- donner le signal d'un rééquilibrage des revenus du capital et du travail,
- se retirer de l'Irak et élaborer un plan de retrait en Afghanistan,
- remettre les services publics au goût du jour en instaurant une assurance médicale universelle et en renforçant la retraite par répartition (qui existe aux Etats-Unis, mais n'est qu'une première
couche d'un système reposant sur la capitalisation, comme l'Europe souhaiterait que nous l'adoptions). (il peut le faire, il n'a pas de pacte de stabilité qui lui interdisent un peu de
relance...)
Ces trois orientations, à elles seules, justifieraient son mandat.
Il y a certes bien un système américain, qui perdure par delà les présidents, le Pentagone ne s'évanouira pas comme par enchantement et les grandes entreprises ont massivement soutenu Obama. Je
n'oublie pas que Paul Krugman a soutenu Hillary Clinton jusqu'au bout, trouvant Obama trop tendre avec les intérêts des
assureurs dans le système de santé.
Je n'oublie pas que les démocrates sont souvent plus guerriers que les républicains, par idéalisme, et il est difficile de dire si les récentes incursions américaines en Syrie et au Pakistan cesseront dès aujourd'hui ou si le cynisme dans les détails prévaudra.
Il reste que des inflexions minimes, sur des paquebots énormes, suffisent à changer considérablement leur direction.
Bref, rien n'est assuré avec Obama, mais McCain n'a pas montré que nous pourrions avoir à le regretter.
Et Obama est certainement cent coudées, en termes de complexité, au dessus de son prédécesseur. Au risque de paraître sentimental, cette photo d'Obama entre ses deux grands parents résume assez
bien la nouveauté de cette élection. En soi, l'élection d'un noir à la Maison Blanche est réjouissante mais pas si extraordinaire (je ne suis pas fan des "serions-nous capables d'en
faire autant ?" Nous avons bien élu le fils d'un hongrois, immigré de la première génération). Mais j'ai l'impression que le jeune étudiant à Columbia ci-dessous est capable, plus qu'un autre,
de rejeter des visions du monde par trop manichéennes. Rien que ça, ça ne peut pas faire de mal...
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Publié dans : Politique
En considérant bien que les promesses s'envolent, mais que les dettes sont éternelles.
Je ne vois pas bien pourquoi ils demanderaient l'assistance financière de l'Union européenne ?
Ce sont plutôt la Chine, le Japon et le Moyen Orient qui financent les USA jusqu'à aujourd'hui. Ensuite nous les soutenons de fait depuis longtemps puisque la BCE et l'eurogroupe n'ont jamais dénoncé les dangers de l'endettement américain.
Obama a des mérites indubitables. Mais je crains un phénomène à la Bill Clinton : un présidence trop "sympathique" qui désarme moralement beaucoup de résistances dans le Tiers-Monde, et qui persuade les Européens de se rapprocher encore davantage des Etats-Unis. C'est d'ailleurs l'espoir que caressent de nombreux lobbys nationalistes (j'emploie le terme à dessein) américains, qui ont soutenu Obama.
Voir le point de vue du grand chef politologue de Sciences Po Badie :
"Bertrand Badie : Il y aura bien sûr des changements, des changements de style, des changements à la marge. Mais je maintiens que rien
dans la campagne de Barack Obama n'annonce des changements substantiels, ce "new deal" en politique étrangère dont effectivement tout le
monde aurait besoin.
> > D'abord, et c'est peut-être le plus grave, le discours d'Obama n'énonce pas une vision cohérente qui viendrait s'opposer clairement à
l'idéologie néoconservatrice qui, malgré ses échecs, est la seule à occuper le terrain de la pensée internationale aujourd'hui aux Etats-Unis.
> > Par ailleurs, Barack Obama reste dépendant d'une situation créée par Bush, dont évidemment il ne voulait pas, mais dont il n'a jamais
explicité les moyens dont il pourrait faire usage pour rompre définitivement avec elle.
> > L'exemple afghan est particulièrement éclairant : nous nous trouvons avec ce conflit face aux impasses d'un ordre interventionniste
unilatéralement conçu. Obama ne le remet pas en cause, et annonce même son souhait de poursuivre ce conflit jusque dans l'espace
pakistanais, ce qui, de manière plus qu'évidente, risque de créer une situation encore plus grave que celle connue hier en Irak, et aujourd'hui
en Afghanistan.
> > Enfin, je pense aux dossiers de fond, sur lesquels le candidat démocrate se fait discret : refonte du système financier international ;
redéfinition des relations entre les pays du Nord et ceux du Sud, qui rencontrent une grave crise de gouvernance ; enjeux du développement
(personne n'a vraiment réagi à l'annonce désastreuse que nous avons, en un an, compté 125 millions d'affamés supplémentaires).
> > On pourrait ajouter d'autres questions fondamentales : que signifie une alliance militaire aujourd'hui ? Quelle identité distingue l'Occident
du reste du monde ? Comment penser le rôle nouveau des puissances émergentes ? Comment se redéfinir par rapport à l'Asie, et en
particulier la Chine, l'Inde et le Japon ? Comment repenser le régime périmé de non-prolifération nucléaire ? Et ne parlons pas du conflit
israélo-palestinien sur lequel Obama s'est simplement limité à une surenchère avec l'administration Bush pour reconnaître Jérusalem comme
capitale du seul Etat d'Israël.
> > Certes, Obama sera plus multilatéraliste dans son discours, peut-être plus prompt à consulter ses alliés européens, mais il ne s'est pas
tellement soucié de l'Europe pendant sa campagne. Lorsqu'il était sénateur, tout en ayant en charge la sous-commission chargée des relations
avec l'Europe, il ne n'est guère déplacé dans le Vieux Continent. Aussi sympathique que soit le candidat, je ne vois pas, dans sa posture, une
rupture qui soit à l'échelle des problèmes et des difficultés que rencontre aujourd'hui le leadership américain dans le monde. "
> > http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-829254,55-1106859@51-1101462@45-1,0.html
> >
Pancho : tu me confortes dans l'idée qu'il faudrait fermer tous les paradis fiscaux, à double tour...
Il faudrait aussi penser à lui demander de bien vouloir remettre la Géorgie (et peut-être aussi l'Ukraine) dans l'état dans lequel W Bush l'a trouvée en arrivant.
Je ne partage pas la lıesse de fraternısatıon ınıtıee par l Amerıque embourbee. Parce que les Etats-Unıs en ont trop faıt, et ıl y a pas sı longtemps.
Tu vois, Edgar, tu vas être content : grâce aux économies faites sur nos services publics en France, les américains parviendront à s'en payer un. ça devrait te faire chaud au coeur, non ?
De mieux en mieux :
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La visite d'Etat en Irlande du président tchèque Vaclav Klaus s'est conclue mercredi par un vif incident diplomatique avec Dublin sur le traité de Lisbonne, qui menace de compliquer la recherche d'une issue à la crise européenne née du "non" irlandais en juin dernier.
Alors que le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin a critiqué sur la radio RTE des propos "déplacés" du président tchèque, qui avait soutenu une organisation hostile au traité, M. Klaus a répliqué en termes très peu diplomatiques.
"Une hypocrisie de ce type, je ne l'accepte pas. Si quelqu'un ne me plaît pas, je le lui dirai en face et non derrière son dos", a déclaré à la presse tchèque le président Klaus, dont le pays prendra la présidence tournante de l'Union européenne en janvier.
"J'ai vraiment senti d'immenses problèmes avec la démocratie en train de disparaître en Europe, mais quand je vois les réactions du ministre des Affaires étrangères de l'Irlande et d'une partie de la presse (irlandaise), je pense que c'est encore pire que ce à quoi je m'attendais", a ajouté M. Klaus. A l'origine de cet échange d'amabilités, un dîner organisé mardi soir à Dublin par l'organisation Libertas, l'un des fers de lance du "non" au traité, en présence de M. Klaus et du fondateur de Libertas, l'homme d'affaires Declan Ganley.
Ce dernier avait été l'un des plus ardents défenseurs du "non" au traité de Lisbonne rejeté par plus de 53 % des Irlandais, provoquant une crise institutionnelle majeure dans l'Union européenne.
Le président tchèque a participé à ce dîner dans le cadre de la partie "privée" de sa visite d'Etat de trois jours, entamée lundi, avait insisté son entourage.
Lors d'une conférence de presse commune avec M. Ganley, M. Klaus a déclaré "craindre que la liberté et la démocratie ne sortent pas grandies par la ratification du traité de Lisbonne, au contraire".
"Pour cet aspect des choses, je partage l'opinion de M. Ganley", a-t-il déclaré. "Je dirais que les Tchèques partagent l'opinion des Irlandais."
M. Klaus n'a pas hésité à comparer M. Ganley aux dissidents de son propre pays à l'époque soviétique, notamment son prédécesseur Vaclav Havel. "Je pense que M. Ganley est un dissident, une sorte de dissident dans le dispositif européen actuel", a-t-il estimé.
Le chef de la diplomatie irlandaise, dont le gouvernement a vainement plaidé pour un "oui" au traité de Lisbonne, a dénoncé mercredi des "commentaires très clairement politiques". De tels propos constituent "une intervention déplacée dans le contexte d'une telle visite d'Etat, particulièrement au moment où le gouvernement irlandais discute avec ses partenaires européens au nom du peuple irlandais", selon lui.
Il a toutefois rappelé que M. Klaus, dont l'influence est forte mais les pouvoirs limités dans son pays, "ne représente pas l'opinion du gouvernement tchèque lorsqu'il s'exprime sur l'Europe".
Notoirement eurosceptique, Vaclav Klaus a usé de son influence pendant des mois pour tenter de persuader son pays de ne pas ratifier le traité de Lisbonne, qui selon lui donne trop de pouvoir à Bruxelles.
Mais ses propos à Dublin ont pris un relief inhabituel du fait que la République tchèque doit prendre la présidence tournante de l'Union européenne en janvier prochain, et alors que Dublin réfléchit à la tenue d'un deuxième référendum sur le traité. Le Premier ministre Brian Cowen a promis de présenter des propositions pour sortir de l'impasse au sommet européen de décembre.
De leur côté, la présidence tchèque et le gouvernement négocient actuellement pour définir quel sera le rôle exact du chef de l'Etat pendant ce mandat européen, la Constitution tchèque ne prévoyant rien à ce sujet, selon des sources institutionnelles concordantes à Prague.
J'ai bien conscience que l'axe Klaus/Ganley est certainement très libéral, mais si le libéralisme est aussi la défense de la démocratie, pourquoi ne pas se réjouir des postions de M. Klaus ?
Et quand un Tchèque explique que Bruxelles a remplacé Moscou, même en faisant la part de l'exagération, les européens devraient porter une oreille attentive...