Il y a de cela huit années, Jean-Marie Colombani, justement affligé par l'effondrement des tours du World Trade Center, écrivait dans un éditorial du Monde,
"nous sommes tous américains". La phrase était juste sur le moment et reflétait l'état d'esprit de la population française. Que Georges Bush n'ait pas mérité le crédit illimité qui lui
était offert par l'opinion internationale en 2001 est une autre histoire.
Depuis une semaine, l'actualité nous ofre de contempler des images de cadavres d'enfants palestiniens grisés par la poussière, dans les bras d'un proche en pleurs. Le New York Times ce matin publie
des extraits de rapports de la Croix Rouge à Gaza : ils ont "trouvé quatre enfants en bas âge
auprès du cadavre de leur mère. Ils étaient trop affaiblis pour se tenir debout. Un homme blessé était également dans l'impossibilité de bouger. Douze cadavres étaient étendus sur des
matelas." Ces scènes se passent pas loin de soldats israéliens, qui refusent l'accès à des ambulances. Les blessés doivent donc être amenés à dos d'âne jusqu'aux ambulances.
J'entendais hier Avi Pazner, porte parole du gouvernement israélien, affirmer, sur France Inter, que les opérations militaires à Gaza étaient un succès.
Il y a demain à Paris une manifestation contre les bombardements israéliens à Gaza. Faut-il s'y rendre ? Je n'ai absolument aucune sympathie pour une partie des gens qui s'y trouveront, ceux qui
ont applaudi aux dernières invitations pitoyables de Dieudonné. Mais j'essaierai d'y aller, en souhaitant que surtout personne dans les organisateurs et le service d'ordre ne tolère le moindre
dérapage.
Et je tiens à saluer la présence annoncée d'un blogueur qui m'agace pourtant souvent, membre revendiqué, avec un zeste de provocation, de la gauche libérale. Hugues, de Commmentaires et
Vaticinations, a d'abord publié dimanche un article dans lequel il s'étonnait de la
disproportion entre la couverture médiatique des événements de Gaza et celle d'événements également meurtriers au Congo. Poil de Lama, commentateur fidèle chez Hugues, moins libéral, , lui répondis
"tu m'emmerdes". Poil de Lama refusait l'assimilation trop simpliste : soutien aux palestiniens = révisionnisme et antisémitisme.
Et puis hier, Hugues publie un billet courageux dans lequel il annonce sa présence demain à la
manifestation parisienne, en espérant qu'elle reste digne. Pour le coup, c'est Poil de Lama qui explique qu'il n'ira pas, refusant d'être éventuellement mêlé à des dérapages à la Dieudonné.
J'espère que demain les gens seront nombreux pour refuser simplement que l'on bombarde des populations civiles. Parce qu'aussi Israël c'est nous, parce qu'Israël vient d'être admis comme partenaire
privilégié de l'Union européenne, parce que les liens qui nous unissent à ce pays sont immenses, nous ne devons pas lui permettre ces débordements.
Et il est important de dire qu'en ce moment, pour l'opinion française, de toutes origines, nous sommes tous palestiniens.
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