Samedi 1 juillet 2006
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11:58
Un peu désespérant le paysage politique français en ce moment... Dans le brouillard actuel, une tribune dans Marianne de Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, deux socialistes franciliens, change du blabla usuel. Ils refusent en bloc la politique de quotas mise en place, y compris au PS, pour les investitures aux prochaines législatives.
On a déjà ainsi un quota "femmes", auquel s'ajoute un quota "minorités visibles" ; pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Pourquoi pas un quota "religions non-catholiques" ?
Refusant cette orientation, ils suggèrent, pour ouvrir la représentation nationale à des personnalités d'origines diversifiées, de limiter strictement le cumul des mandats en instaurant un mandat unique, limité également dans le temps - trois mandats locaux successifs me semblent suffisants par exemple, et deux nationaux.
L'évolution vers une politique des quotas, qui n'est efficace qu'à très court terme entraîne en effet deux problèmes.
L'un, mineur, permet de relever de fait que les quotas sont utilisés pour bloquer des candidats de courants minoritaires, ou que les personnalités ainsi sélectionnées sont des parachutés dont l'arrivée passe mal, surtout lorsqu'ils viennent s'imposer face à d'autres personnalités issues, elles-aussi, des "populations à quota" (quelle infâme terminologie !).
L'autre inconvénient, majeur, est qu'ainsi on fait primer une conception non républicaine de la citoyenneté, où chacun est enfermé dans le "carcan de ses origines", comme l'écrivent Maurel et Guedj. Et, en sens inverse, ils soulignent avec pertinence que plus personne ne s'étonne de l'absence d'ouvriers au sein des candidats PS.
Bref, ce matin cet article m'a mis de bonne humeur, et je voulais tirer mon chapeau à Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel !
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