Quantcast

Recommander

Sélection

lalettrevolee  @  yahoo.fr

W3C

  • Flux RSS des articles

Recherche

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Archives

Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /Sep /2006 19:31
Lisant l'Etrange défaite, de Marc Bloch, une citation retient mon attention. Il déplore en effet l'inculture ou le manque d'intérêt pour l'actualité de ses collègues hauts fonctionnaires - militaires pour l'occasion, et signale ainsi que personne ne lui a emprunté le livre de Strasser sur Hitler.

Curieux d'en savoir plus, je consulte la fiche d'Otto Strasser sur Wikipedia.

Je savais que les frères Strasser avaient été parmi les créateurs du parti nazi, dont ils ont représenté l'aile gauche (et non-antisémite). Wikipedia m'apprend qu'ils sont restés au NSDAP jusqu'en 1930 tout de même, alors que les nazis étaient déjà un groupement violent.

La suite de la fiche m'indique qu'Otto Strasser a vécu jusqu'en 1974, prônant "l’unification de la Nation Européenne et sur la construction d’un parti européen. À ce titre, il fut membre fondateur du Mouvement populaire européen qui préfigura Jeune Europe".

Rien de bien nouveau, on sait qu'il y eut en France le mouvement Occident, très favorable à une Europe d'extrême-droite. Je ne suis pas spécialiste de l'extrême-droite, mais une part importante de ce mouvement est pro-européen, c'est connu - et un peu oublié des contempteurs du nonisme, mais on les comprend.

Ce qui m'a laissé assis en revanche, c'est la suite de la notice de Strasser : "il fut assigné à résidence dans une petite ville du Québec, et cette assignation dura jusqu’en 1954 malgré une intervention en sa faveur du Président du conseil français Robert Schuman."

Donc, Schuman, en sus d'avoir été membre du premier gouvernement Pétain, conservait des liens avec l'un des fondateurs du parti nazi, au point de soutenir son retour en Allemagne ?

Voilà de quoi complexifier la vision gentillette  de l'Europe défendue par certains (lire l'ensemble des billets de Jean Quatremer, mais particulièrement ce sommet de sentimentalisme unioniste)...
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
Retour à l'accueil

Commentaires

Ben oui, il y avait deux camp le 29 mai 2005 :

- les nazis non antisémites (Strasser-Schuman-Quatremer) qui ont voté OUI (45% de la population)
- les nazis antisémites qui ont voté NON (55% de la population, voir le livre de Dominique Reynié)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_Godwin
Commentaire n°1 posté par jmfayard le 17/09/2006 à 10h13
Une chose est sûre Monsieur Fayard, Mélenchon n'a pas été ministre de Pétain et n'a pas demandé non plus le retour de Strasser en Allemagne.

Schuman l'a fait, c'est un simple constat qui vient complexifier un peu la vision du monde très binaire des gentils ouistes. Oui, il y a bien une extrême droite européiste (genre Europe aryenne), et pas d'un côté les belles âmes et de l'autre les affreux compromis.
Bien à vous !
Réponse de EP le 17/09/2006 à 13h57
Cher Edgar (Allan Poe ?),

si vous n'avez pas d'idée de prochain billet, je serais intéressé par savoir ce qu'un fervent nonniste intergouvernementaliste comme vous pense de cette analyse du vote NON de Robert Rochefort ?

"Une société de défiance"
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Utilisateur:Jmfayard-fauxnez&oldid=10020737

Bien à vous.
Commentaire n°2 posté par jmfayard le 17/09/2006 à 16h39
Je l'imprime et je vous en fais un commentaire précis, on verra bien si ça a du sens.

A priori, après lecture de l'introduction et rapide survol, je n'en dirai pas grand chose de bien. Encore un qui cherche dans le non autre chose que le non a un mauvais projet - très soixante-huitard finalement, cette façon de déconstruire le Non comme si ce n'était qu'un symptôme d'autre chose.

J'ai entendu une fois un Conseiller d'Etat dire quelque chose qui m'a bien plu : nul n'est censé ignorer la loi, c'est vrai. Tout le monde sait que c'est un mythe, mais chacun sait à peuprès comment, en France, s'élabore la loi. Avec l'Europe, non seulement personne ne connait les lois (réglements, directives), mais de plus personne n'est même capable d'expliquer d'où ça sort.

Je crois donc, fort sincèrement, qu'il y autant de gens qui oint voté oui pour autre chose (parce qu'il faisait beau, parce qu'ils vivent de leurs commentaires béats sur l'eurobaromètre, parce que la France c'est tout petit, etc...) que de non-symptômes.

La vraie raison du Non c'est que les électeurs n'ont pas voulu de ce traité.

Mais je n'oublie pas votre papier.

bien à vous.

Edgar (Allan Poe : oui, c'est en effet un pseudonyme, on ne peut rien vous cacher !)
.

Réponse de EP le 17/09/2006 à 17h05
Pour continuer dans le trollesque:

Il y a plusieurs bons ouvrages sur le Nazisme et la construction Européenne:

Les Architectes de l'Extermination de Gotz Aly Et Suzanne Heim chez Calman Levy

Comment Hitler a acheté les allemands chez Flammarion de Gotz Aly

Le continent des Ténèbres de Mark Mazoyer chez Complexe

Le Fascisme en action de Robert Paxton chez Seuil

Ces ouvrages évoquent les projets d'unification Européenne imaginés par les Nazi: Mark Mazoyer et Gotz Aly mais aussi Paxton souligne leur ressemblence avec l'architecture actuelle de l'union Européenne.

Aly est le plus précis sur le sujet, Mazoyer pointe les liens entre les anciens technocrates nazi, rassemblés autour d' Albert Speer, qui souvent ne furent pas épurés et s'intègre tel quel dans la haute fonction publique Allemande et Européenne.

Commentaire n°3 posté par blob le 24/09/2006 à 13h36
C'est pas troll du tout !

le premier bouquin a l'air très bien d'après la fiche Amazon, et Gotz Haly a un CV haute pointure (Biographie de l'auteur
Né en 1947, Götz Aly a acquis une renommée mondiale pour ses travaux sur l'histoire du nazisme.
Actuellement professeur invité à l'institut Fritz Sauer de Francfort, il occupe la chaire de recherche
interdisciplinaire sur la Shoah. Il a reçu le prestigieux prix littéraire Heinrich-Main et le prix Marion-Samuel décerné aux auteurs dont les écrits contribuent à lutter contre l'oubli ou la relativisation des crimes nazis.)

Pour le continent des ténèrbes, ça a l'air pas mal aussi (mais c'est Mazower).

cf. :
Présentation de l'éditeur
L'on n'a jamais tant répété que l'Europe est le continent par excellence de la démocratie, des valeurs de paix et de coopération, d'une diplomatie transparente et multilatérale. Certaines âmes naïves pourraient même croire qu'il s'agit là d'une vieille tradition. Mark Mazower, historien britannique connu d'un large public dans son pays, s'emploie à démythifier cette idée trop agréable en choisissant comme fil conducteur, dans cette histoire du XXe siècle européen, la question de la démocratie : ses hauts et ses bas, ses erreurs et ses succès (parfois immérités), et les fluctuations de son attrait auprès des populations européennes et de leurs leaders ; le tout sans indulgence mais aussi sans acrimonie, et dans une grande limpidité d'écriture. Il nous rappelle un certain nombre d'horreurs 100 % européennes que nous nous plaisons souvent à oublier. Et il nous offre, dans ce cadre, une histoire qui saisit le continent dans son entier, puisant ses exemples tant en Hongrie ou au Danemark qu'en Allemagne ou en France, et déployant devant nous les grands événements politiques et l'évolution des sociétés depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ce livre présente notamment l'intérêt, comme le livre d'Eric Hobsbawm, L'Âge des extrêmes, de s'adresser à deux larges publics : des lecteurs « généralistes » qui, le long d'une trame historique qu'ils connaissent déjà plus ou moins, prendront intérêt à une structuration de la réflexion et à un éclairage nouveaux qui leur permettront de mettre de l'ordre dans des connaissances et des idées souvent éparses ; et des lecteurs aux motivations plus scolaires, qui trouveront ici l'une des synthèses essentielles à la poursuite de leurs études. Quant aux historiens, ils y trouveront d'une part des informations intéressantes qui auront pu leur échapper, tant l'étendue des lectures de l'auteur est vaste, d'autre part une analyse solide, à épouser ou à contester mais toujours cohérente et enrichissante ; la bibliographie très étendue et diversifiée leur sera également d'une grande utilité, de même qu'aux étudiants.

L'auteur vu par l'éditeur
Mark Mazower est professeur d'Histoire à l'université de Columbia et au Birkbeck College de Londres. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont certains, comme Inside Hitler's Greece et The Balkans : A Short History, ont été traduits en français. Ce dernier livre a part ailleurs gagné le « Wolfson Prize for History ». Mark Mazower écrit également régulièrement pour le Financial Times et pour d'autres journaux.


Merci !
Réponse de EP le 24/09/2006 à 17h10
désolé pour la faute d'orthographe sur le nom de Mazower.

Ce dernier est plutot un conservateur anglais, Aly est lui proche de la gauche allemande et des écologistes.
Commentaire n°4 posté par blob le 24/09/2006 à 18h08
n'avez pas à vous désoler. au moins vous avez lu ces bouquins, pas moi !
Réponse de EP le 24/09/2006 à 18h36
D'ailleurs le deuxième bouquins de Aly est peut être plus proche de votre interrogation.
Commentaire n°5 posté par blob le 24/09/2006 à 18h38
Cher EP, (pseudo qui m'est très sympathique, EP est l'un de mes auteurs favoris...)

J'ai oublié de vous signaler un ouvrage de Mme
Annie Lacroix Ruiz

Le choix de la Défaite chez Armand Collin

L'ouvrage  enquête sur le défaitisme du patronat Françaisà la veille de la seconde guerre mondiale.

En fait, Mme Lacroix Ruiz rebondit sur certaines remarques de Marc Bloch, qui évoquaient une possible trahison organisée de la Haute Bourgeoisie Française.

Elle prétend avoir mis en évidence cette trahison: je vous avoue ne pas être convaincu.
 
Par contre l'ouvrage est remarquable par les nombreux exemples tirés des archives, montrant la volonté du patronat de préserver, par tout les moyens sa domination sur la  France, au point d'accepter la collaboration pour  nombres d'entre eux....
Commentaire n°6 posté par blob le 25/09/2006 à 14h22
J'avais vu celui-ci. Il y a en effet quelques allusions aux nécessaires procès du défaitisme d'avant guerre dans le passionnant "l'étrange défaite", de Marc Bloch. Il fait d'ailleurs grand cas d'une indiscrétion par laquelle il entendit un des généraux les plus importants de l'armée français parler d'un armistice au début de l'année 40.
le bouquin d'annie lacroix-riz doit être intéressant. je doute avoir le temps de le lire un jour. son précédent sur la diplomatie vaticane doit être intéressant aussi.
Réponse de EP le 25/09/2006 à 14h35
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés