"...
dans une réforme institutionnelle, il faudra clarifier et préciser la façon dont les élus pourraient être obligés de rendre des comptes à intervalles réguliers, avec des jurys de citoyens tirés au sort et qui évaluent les politiques publiques, non pas forcément dans un sens de sanction, mais pour améliorer les choses..." Ségolène
citée par Birenbaum
Ca tombe bien, ça s'appelle un
compte rendu de mandat, toutes les bonnes mairies font ça, avec un intérêt fort variable. Mais c'était pas assez chic de dire "
on va étendre les compte rendus de mandat à tous les élus", on a donc droit à un truc aussi glamour que vaporeux, qui nous fait espérer passer nos élus devant un jury populaire.
On frise l'
escroquerie élective...
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Publié dans : Politique
Je m'y perds dans les saillies anti-Ségolène de plus en plus contradictoire. Hier encore, mon ami Mélenchon qui titrait il y a peu d'un anxiogène Et maintenant les 35 heures ! s'est mis tout d'un coup à revendiquer la paternité de cette critiques de l'application des 35 heures : Même Ségolène Royal fait une critique de gauche de l'application des trente cinq heures. D'ailleurs je pense que Julien Dray et Yann Galut ont dû lui donner les 75 amendements que Gérard Filoche avait écrit pour nous, les parlementaires de feu la Gauche Socialiste de l'époque, quand le débat a eu lieu dans les deux assemblées (tous avaient été bloqués... par la présidence du groupe socialiste à l'assemblée,celle du Sénat m'en concédant sept!)
Là où Ségolène continue dans l'esbrouffe c'est qu'elle baptise "jurys populaires"
(et on peut voir du populisme dans l'idée que de tels jurys seraient nécessaires)
des machins dont tout indique qu'en réalité ce ne seront que de simples comptes rendus de mandat devant une assemblée de gens tirés au hasard.
encore une fois, ségolène propose des gadgets et ses adversaires se plantent en les critiquant sur de mauvaises raisons, alors que la seule vraie critique c'est que la plupart des mesures proposées par ségolène, ça ne coûte pas cher mais ça ne sert à rien.
de ce point de vue, DSK n'est pas mieux que Ségolène, il est même encore plus coupable parce qu'il est censé comprendre ce qui se passe, dans le domaine économique. Fabius est même timide de ce point de vue là.
en plus, quand on prend ce genre de positions très critiques on se fait vite remballer sur le thème vous êtes d'affreux gauchistes crypto-nazis.
je suis sur le créneau étroit des sociaux démocrates qui n'ont rien contre le marché, mais trouvent que la construction européenne est une machine non démocratique plutôt aveuglément libérale. on est pas nombreux sur ces positions.
donc ségolène là dedans, je n'ai pas de raison particulière de lui en vouloir. d'un point de vue campagne électorale, elle est même très efficace. Chez DSk, la seule chose qui me plaît c'est qu'il ait Piketty dans son staff.
Je vous invite à lire un de mes contes et nouvelles, un peu grinçant, sur ce même personnage:
CROISIÈRE
Le plus grand paquebot de l’époque faisait route dans l’Atlantique Nord, pour une croisière inaugurale entre l’Europe et le Japon par le Passage du Nord Ouest.
L’armateur avait choisi de faire une croisière à thème, genre Forum de Davos ou Forum de l’OCDE.
Tout le gratin de la finance et de la politique était là. Pour faire bien, on avait aussi invité des leaders syndicaux, et des représentants des ONG. La presse et les leaders d’opinion étaient évidemment dans le coup. lire la suite ...
CROISIERE
J'aurais aimé appeler ce conte
"La traversée des apparences"
mais le titre était déjà pris.
Le plus grand paquebot de l’époque faisait route dans l’Atlantique Nord, pour une croisière inaugurale entre l’Europe et le Japon par le Passage du Nord Ouest.
L’armateur avait choisi de faire une croisière à thème, genre Forum de Davos ou Forum de l’OCDE.
Tout le gratin de la finance et de la politique était là. Pour faire bien, on avait aussi invité des leaders syndicaux, et des représentants des ONG. La presse et les leaders d’opinion étaient évidemment dans le coup.
Entre deux tables rondes, qui en fait se déroulaient sur une table allongée placée bien vue sur une estrade devant un parterre de fauteuils confortables pour la sieste, les passagers se retrouvaient devant des buffets fastueux. Il faut bien que le corps exulte. Des fontaines de champagne faisaient la démonstration de l’excellence du système antiroulis dernier cri qui équipait le navire.
Le soir, selon la grande tradition, on s’habillait pour dîner. L’orchestre jouait des airs à la demande, et les danseuses du Crazy passaient entre les tables pour récolter des fonds au profit de l’adolescence malheureuse.
L’organisateur jubilait. La collecte marchait bien. Beaucoup mieux que celle qu’il avait organisée sur une autre croisière, pour laquelle il avait engagé une troupe de danseuses orientales. Le public, il est vrai, était cette fois là en majorité composé de ressortissants Français et Suisses adeptes des associations fondées par Tariq Ramadan. Cible trop étroite. Une erreur de marketing.
* * *
Dans le poste de commandes, l’enseigne de vaisseau Noël Laverdure était de quart. Il avait enclenché le pilote automatique pour le cap 120° Nord. Le rayon bleuté des radar balayait
les écrans de veille. Aucun point suspect à l’horizon. L’enseigne Laverdure y jeta un coup d'œil désabusé. Il se tourna vers le pupitre des écrans de vidéo surveillance. Ce système avait été rajouté dans le cadre du plan Vigie Pirate, afin de détecter tout rassemblement suspect, conversation séditieuse ou signe de mutinerie. On pouvait écouter et observer toutes les zones sensibles du bateau.
Le dîner de gala en était aux entremets glacés. Le personnel de service impeccable.
Les salles de conférences étaient presque aussi vides que l’Assemblée Nationale en séance de nuit. Seuls quelques drogués de la parole n’arrivaient pas à lâcher le micro.
Sur le pont couvert supérieur, encore plus désert, on devinait deux ombres errantes. Sans doute des noctambules à la recherche de l’âme sœur.
Laverdure allait zapper, quand un début de conversation retint son attention :
Laverdure força le son
* * *
L’enseigne Laverdure était complètement scotché au pupitre de vidéosurveillance. Il en avait complètement oublié les écrans de veille radar.
Marjolaine et Nicolas s’activaient maintenant à ranger les chaises longues sur le pont. Elle de droite à gauche et lui de gauche à droite. Pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre leurs deux praxis.
L’orchestre entama " Reviens veux tu... ".
Une fois debout, elle ressentit une pulsion de mante religieuse.
A ce moment, le paquebot se fracassa contre un iceberg non identifié.
Les hommes sont bien frivoles. On se souvient du nom des navires perdus en mer. Les icebergs de la destinée restent anonymes.
Paris, mai 2006
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