Vendredi 10 novembre 2006
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J'avais polémiqué furtivement avec Cacambo, dans des commentaires, au sujet de la mobilité public/privé. Je pense
qu'un fonctionnaire partant dans le privé (j'exclus l'enseignant donnant épisodiquement un cours) devrait démissionner.
C'est une question d'équité : un cadre du privé ne peut changer d'entreprise sans démissionner, et le secteur public lui est interdit.
C'est une question de courage politique : personne ne peut taper sur les avantages indûs des cheminots/enseignants/salariés d'EDF (plus pour longtemps) si dans le même temps la haute fonction
publique continue dans le mélange des genres permanents.
Une brève du Canard enchaîné (18/10/2006) m'incite à revenir sur ce sujet.
Madame Rose-Marie van Lerberghe part dans le privé, "à la tête du groupe Suren, spécialisé dans la prise en charge médicale des personnes
âgées. Coïncidence : elle a oeuvré pour que l'Assistance publique [dont elle abandonne la direction générale] réduise le nombre de ses lits destinés à ce genre de population".
Comment ne pas se réjouir d'une telle mobilité ?
Moi ça me gêne. Et un papier de l'Express de novembre 2003, au moment de la nomination de madame Van
Lerberghe, nous apprend qu'avant de prendre la direction générale de l'Assistance publique de Paris elle sortait de dix années chez BSN, comme DRH.
Ca ne disqualifie pas forcément pour diriger une administration hospitalière mais ça n'a pas forcément de rapport non plus.
Et le Canard nous apprend d'ailleurs que si madame Van Lerberghe quitte l'AP-HP avec des comptes équilibrés, ça n'est dû qu'à des injections de crédits dont le montant est inconnu puisque les
sommes versées à l'AP-HP ne sont plus publiées.
Et quand madame Van Lerberghe sera lasse de du groupe Suren, elle pourra, puisque qu'elle est issue de l'Inspection générale des affaires sociales, prendre un poste de très haut niveau au ministère
du travail, ou, pourquoi pas, à la Santé. Avant de retourner chez un assureur proposant des couvertures médicales par exemple.
A qui fera-t-on croire que ces carrières en zigzags mélangeant politique (j'oubliais un passage en cabinet avec Martine Aubry), affaires et administration sont propices à un partage clair des
responsabilités ?
On ne peut justifier cela qu'au prix d'une vision extraordinairement élitiste, affirmant que le haut fonctionnaire, fort d'une éducation hors norme (agrég. de philo, normale-sup et ENA en
l'espèce), saura résister à toutes les tentations.
Je crois pour ma part, que les fonctions d'encadrement régaliennes devraient être revalorisées dans leur rémunération, mais être assorties d'une obligation de démission en cas de départ dans le
privé.
Et si on veut encourager une véritable mobilité on peut mettre à la tête d'agences publiques des dirigeants pourvus par recrutement ouvert, sur concours.
Qu'en penses-tu, ami lecteur ?
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Publié dans : Politique
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