Partager l'article ! Entre la Grèce et la France, combien de temps ? Ou, un bilan de l'euro.: Le billet ci-dessous résume la plupart des reproches que l'on peut ...
Le billet ci-dessous résume la plupart des reproches que l'on peut adresser à l'euro, et explique clairement en quoi il est un problème y compris pour des pays différents de la Grèce. J'ai, du coup, souhaité qu'il reste en évidence !
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Les partisans de l'Union européenne ont une habileté extraordinaire pour cadrer les débats d'actualité d'une façon qui les arrange. Par exemple mardi prochain, les députés sont censés voter un traité extraordinairement contraignant, le Mécanisme européen de stabilité (lire les billets sur Les Crises - premier, deuxième, troisième). Le Monde n'a, à ma connaissance, jamais consacré un article de fond à ce sujet, même s'il retrace que le PS s'abstiendra - malheureusement mais sans surprise - de voter ce texte.
Sur la Grèce, c'est un éditorial du Monde du 17 février qui a rappelé la doxa : "La crise de la dette souveraine grecque - qui n'est pas due à l'Europe - a montré les défauts de fabrication de la monnaie unique."
Pour que l'éditorialiste du premier quotidien français se permette ce genre d'affirmation, il a fallu que toute la classe politico-médiatique s'emploie à nier l'impact de l'euro sur les économies des états membres.
Rappelons-donc que la surévaluation de l'euro (estimée très généralement à 30% par rapport au dollar et au yuan chinois), coute très cher en termes de perte de croissance et de déséquilibre des balances commerciales. Une note de l'INSEE en 2008 estimait à 1,7% la perte de PIB à quatre ans d'un euro surévalué de 10%. Et 1,7% du PIB c'est 33 milliards d'euros. Avec 30% de surévaluation, depuis près d'une dizaine d'années, combien de croissance et de recettes fiscales avons-nous perdu ?
Ce premier point, l'impact de la surévaluation de l'euro, commence à être connu. Ce qui l'est moins, c'est l'impact des différentiels d'inflation sur la compétitivité des pays membres de la zone.
Les parités entre les anciennes monnaies de la zone euro ont été figées en 1999. On a donc 11 années d'existence de l'euro pour faire un bilan.
J'ai comparé ces 11 années avec les 11 années précédant le gel des parités, pour voir l'impact sur les balances commerciales des pays membres.
Les données sont celles des balances courantes, telles que publiées par la Banque Mondiale.
J'ai cumulé le solde des balances commerciales sur deux périodes : 1989-1999, onze ans avant l'euro, puis 2000-2010. Ceci pour la France, L'Italie, l'Allemagne, la Grèce et l'Espagne.
Solde cumulé des balances des comptes courants, avant et après l'euro
La France avait donc 152 milliards d'excédents cumulés sur la première période, alors que "grâce" à l'euro-qui-nous-rend-plus-forts, elle est passée à 99 milliards d'euros de déficit. Et rappelons qu'en 2011, nous aurons plus de 70 milliards de déficit commercial. Le phénomène s'aggrave donc.
Même chose pour l'Italie, qui passe de 60 milliards d'excédents à 360 milliards de déficits.
L'Espagne voit également son déficit cumulé multiplié par 7, qui passe de 113 milliards à près de 800 milliards.
Enfin, la Grèce passe de 44 milliards de déficits, soit 4 milliards par an, à 256 milliards de déficits, soit près de 25 milliards par an.
Sur le sujet de la Grèce, rappelons donc que, selon Le Monde, l'euro n'est pour rien dans ses problèmes, qui sont donc dus exclusivement à la paresse, la corruption, la fraude fiscale et autres plaies qui affligent ces attardés. Rappelons également que pour le Front de gauche, le Parti socialiste ou Gérard Filoche, c'est la faute aux banksters ou à un positionnement sur le bas de gamme, puisque ni le PS ni le Front de Gauche ne veulent sortir de l'euro. Ils sont tous, comme l'éditorialiste du Monde, convaincus que l'euro n'est pour rien dans les problèmes de la Grèce. C'est dire la gravité de la situation politique aujourd'hui. Il faudra tout de même qu'on explique comment les défauts qu'on impute à la Grèce ont pu évoluer de façon si spectaculaire, qu'en dix ans ils ont entraîné une multiplication par 5 du déficit extérieur du pays ? Alors que la naissance de l'euro, intervenue dans la même période, n'y serait pour rien !
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C'est bien l'euro qui est pourtant coupable de l'appauvrissement de la plupart des pays membres - essayons de montrer comment.
Traditionnellement, lorsqu'un pays subit des déficits trop importants de sa balance commerciale, il dévalue sa monnaie, pour regagner de la compétitivité.
La principale raison pour laquelle un pays perd de la compétitivité est l'inflation : la hausse des prix rend les biens qu'il produit moins intéressants pour les acquéreurs étrangers.
Le problème de la zone euro est qu'elle empêche les pays qui ont des taux d'inflation différents de procéder ponctuellement à des dévaluations, puisque les taux de change ont été figés.
Hors, les taux d'inflation sont très différents au sein de la zone euro. Prenons les données d'Eurostat sur l'inflation.
Depuis 1999, l'inflation allemande a été, en moyenne annuelle, de 1,6%. En Grèce, elle a été de 3,2%, le double.
Evolution comparée de l'inflation dans 5 pays de la zone euro
Si l'on prend l'année 1999 comme référence, avec tous les prix européens égaux à 100 à cette époque, les prix allemands ont atteint le niveau de 122 en 2011, alors que les prix grecs ont atteint un niveau 148.
Les prix grecs sont donc surévalués en 2011 de 20% à l'égard de son partenaire allemand. Et rappelons que par rapport à l'extérieur de la zone euro, l'euro est également surévalué de 30%. L'euro constitue donc une double peine pour les grecs.
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Il y a bien deux effets néfastes de l'euro : la surévaluation de l'euro par rapport aux autres monnaies est le premier effet, le plus connu, que l'INSEE évaluait dans la note de 2008 citée plus haut. Le deuxième effet est le gel du taux de change entre des partenaires qui connaissent des taux d'inflation différents.
On peut alors établir une typologie des pays membres de la zone euro par rapport à ces deux phénomènes.
D'abord, tous les pays membres sont victimes de la surévaluation de l'euro. Il n'y a aucun miracle à cet égard, même si la classe politico-médiatique tend à croirre que l'Allemagne disposerait d'une recette miracle.
Avec l'extérieur de la zone euro, l'Allemagne est en déficit : elle souffre comme tout le monde de la surévaluation de l'euro. Ce qui masque ce phénomène est que, du fait de son inflation la plus basse de la zone, la compétitivité allemande s'accroît mécaniquement chaque année par rapport à ses partenaires de la zone euro.
Les autres pays sont d'autant plus affectés par le deuxième effet qu'ils ont une inflation supérieure à l'Allemagne.
On constate en effet que la dégradation de la balance commerciale constatée plus haut varie en lien direct aux écarts de taux d'inflation avec l'Allemagne :
| Allemagne | France | Italie | Grèce | Espagne | |
| Différentiel d'inflation avecl'Allemagne | 0,0 | 3,0 | 9,5 | 26,0 | 17,6 |
| Evolution de la balance commerciale entre les deux périodes | +1 436 | -251 | -424 | -212 | -675 |
Prenons le cas français : la France a un taux d'inflation très proche de celui de l'Allemagne, si bien qu'elle ne souffle pas trop du deuxième effet néfaste de l'euro. En revanche, elle souffre de la surévaluation de l'euro vis-à-vis de l'extérieur.
La Grèce, l'Espagne et l'Italie, à des degrés divers, souffrent des deux problèmes de l'euro. Leur déficit commercial a donc explosé depuis l'adoption de l'euro. Pas celui de la France.
Pour revenir au titre de ce billet, la distance entre la France et la Grèce est assez importante au sens où l'inflation française est mieux maîtrisée. En revanche, isoler le cas grec relève de la pensée magique car l'Espagne et l'Italie sont exactement dans la même situation de dégradation rapide de leur compétitivité, sous le double phénomène de la surévaluation de l'euro et de la fixité des parités entre partenaires d'une zone où les taux d'inflation sont divergents.
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Au sein d'une zone où les échanges commerciaux sont développés, la fixité des taux de change est donc directement responsable de la dégradation de la balance commerciale. La surévaluation de l'euro s'ajoute à ce problème de base. Par ailleurs le financement de ces déficits est le principal responsable de la dette.
Il n'y a donc pas de crise de la dette, il y a une crise des balances commerciales. Il n'y a pas non plus de problème grec qui serait isolable des problèmes économiques des autres membres de la zone euro.
Deux points permettent alors de conclure définitivement que l'euro est intrinsèquement néfaste pour les états qui l'ont adopté - sauf pour l'Allemagne, pour qui c'est une véritable martingale. Il s'agit de répondre aux partisans de l'Union qui pourraient suggérer qu'il suffirait d'harmoniser les taux d'inflation pour en finir avec les crises au sein de la zone.
1. Les taux d'inflation résultent des structures profondes d'une économie, et vouloir les harmoniser n'aurait aucun sens.
Il y a des raisons pour que les taux d'inflation soient différents. On peut citer notamment l'effet Samuelson-Balassa, qui explique que les pays en rattrapage au sein d'une zone ont un taux d'inflation supérieur aux autres. On peut aussi trouver normal que l'Allemagne, dont la démographie décline, soit un pays où les pressions inflationnistes sont faibles.
On peut également, enfin, citer les travaux de Layard, Nickell et Jackman sur les structures des négociations salariales : que les négociations salariales dans un pays aient lieu par branche, par entreprise ou au niveau centralisé, les résultats en termes d'inflation seront très différents.
2. Le fait même d'avoir intégré la zone euro empêche les états membres de recourir à un moyen plus simple que le bouleversement complet des structures de leurs économies ou la dévaluation. En effet, avant d'être contraints de dévaluer, les états normaux, libres, ont la possibilité de modérer l'inflation par la hausse des taux d'intérêt. Malheureusement pour les pays membres de la zone euro, ils ont aujourd'hui dévolu cette compétence à la Banque centrale européenne, qui définit un taux d'intérêt et un seul, pour tout le monde.
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Tous les points rappelés ici sont de la macroéconomie de base. Mais les chiffres aident à comprendre que la Grèce n'est en rien un problème isolé au sein de la zone euro. Elle n'est que le maillon le plus faible parce qu'elle a l'inflation la plus élevée de la zone. Les autres maillons sauteront aussi. A moins que la classe des partisans de l'Union - accompagnée des aveugles du Front de gauche et du PS, qui s'imaginent que l'euro est un projet internationaliste - ne réussisse à accroître partout la discipline absurde qu'elle applique à toute la zone. C'est une énigme qu'il appartiendra à d'autres d'éclaircir plus tard. L'aveuglement sur l'euro est notre nouvelle ligne Maginot. Probablement que l'illusion que la construction européenne est internationaliste frappe la gauche - alors qu'il ne s'agit que de la construction à marche forcée d'un état pas plus généreux que les autres.
Bravo. Votre démonstration est éclatante.
Mme Lacroix-Riz dans " Le Choix de la Défaite" montre comment, de 1918 à 1939 les classes possédantes françaises ont oeuvré pour appuyer le développement de l'Allemagne, et bien entendu afin de s'appuyer sur son fonctionnement militarisé pour "mater" les travailleurs français trop indociles. La même stratégie a été reprise dès après 1945, voir Monnet, Schuman, Giscard et consorts. Cette fois elle a pleinement réussi , et porté les fruits amers que nous constatons aujourd'hui : désindustrialisation, à l'instar de Schneider vendant ses possessions industrielles tchèques à l'Allemagne en cours de réarmement à la veille de la seconde guerre mondiale, et inégalités explosant, là encore à l'image des pays anglo-saxons, que l'on songe aux 20% de travailleurs pauvres AUJOURD'HUI en Allemagne.
Et la tragédie est là : le fantasme internationaliste de toute la "gauche", et ici le terme de social-traitre est parfaitement adapté, a concouru parfaitement à cet objectif criminel et destructeur de toute l'identité française.
Y aura-t-il encore un sursaut, un avenir français ?
"du fait de son inflation la plus basse de la zone, la compétitivité allemande s'accroît mécaniquement chaque année"
C'est le point faible de la démonstration amha : "l'inflation la plus basse" ne me semble pas être une sorte de circonstance extérieure due à un heureux hasard tombé sur l'Allemagne. Les explications proposées au point 1, plus bas dans le billet, ne me semblent pas convaincantes non plus. Si l'inflation était due essentiellement à des "structures profondes" de l'économie ou à la démographie, comment expliquer que la France ait connu des périodes très inflationnistes (1982) ou des progrès spectaculaires (avec Delors, 1985) ? L'inflation est certes en partie "importée", mais cela n'explique pas, ou très peu, les différences entre pays européens. Le reste dépend principalement de politiques nationales au sens large : les progrès techniques, d'organisation et de marketing dans les entreprises ; la politique salariale ; le choix pour le financement des services publics (l'équilibre ou le surendettement) ; la concurrence libre et encouragée (Free ;-) ) vs les monopoles, oligopoles et cartels… En d'autres termes, le fatalisme et le "tout pour les riches" sont inflationnistes ; l'esprit d'entreprise combat l'inflation.
Peu importe Frédéric. Tu ne peux pas, du fait de l'euro, forcer toute la zone à adopter un taux d'inflation unique calé sur celui de l'Allemagne. C'est un non-sens.
Par ailleurs les travaux de Layard, Nickell et Jackman font place largement à des explications qui permettent de comprendre d'où sort l'inflation au moins par les salaires. Et ça n'a rien à voir avec l'esprit d'entreprise. L'aversion pour l'inflation de l'Allemagne s'explique aussi par le fait que l'hyperinflation de 1923 est associée à la montée du nazisme. Tu ne peux pas demander à toute l'Europe de vivre avec les terreurs allemandes. Si tu ne vois que cela comme point faible tu n'es pas loin d'être convaincu amha, fais attention...
Excellente note Edgar que j'ai mise en forme de de document pdf téléchargeable ici : http://files.getwebb.org/download.php?id=cre64c8b
pour ceux qui voudrait la diffuser par les moyens qui leur semblerait appropriés.
Etre contre l'inflation ne me semble pas lié à "partager les terreurs allemandes"… L'inflation a été très dommageable en France aussi ! J'en garde un très mauvais souvenir de ma jeunesse, et je n'ai pas vécu la guerre mondiale.
Pour avoir une monnaie commune, il faut avoir tous une inflation basse (ou du moins : homogène, mais en pratique dans le cas européen ça revient au même). C'est sans doute évident pour toi, ça l'est aussi pour les Européens qui ont voté le traité de Maastricht, dans lequel ce critère figure, c'est l'un des cinq "critères de convergence".
Donc oui, je suis pour la stabilité des prix, je pense que le progrès se fait en produisant plus de valeur, et non en faisant payer plus cher les mêmes choses.
Frederic : si, si. je suis très triste que l'inflation des années 80 ait gaché ton enfance, mais je ne pense pas que l'on puisse considérer qu'une inflation annuelle de 3,2 % soit un pêché condamnable. SI c'est le prix à payer pour un rattrapage ou autre raison spécifique au pays en question, je ne vois pas pourquoi un pays y renoncerait avec un prix à payer - se mettre dans les griffes de la troïka - extravagant.
Gilles : merci. je viens de mettre en ligne une version PDF que j'avais commencée mais pas finie !
Très intéressant. Incidemment, si on fait la somme des excédents/déficits des 5 pays que vous comparez, on trouve à peu près la même chose pour les deux périodes (proche de 0). De là à conclure qu'on assiste à jeu à somme nulle dont l'Allemagne est seule gagnante...
Peut-être pourriez-vous ajouter pour comparaison le cas des pays européens hors zone euro.
J'ai l'impression que la défense de Frédéric LN est avant tout idéologique.
Bayrou fervent partisan de l'euro, Frédéric LN se doit de défendre l'euro.
Mais hélas je ne vois aucun argument solide et sérieux dans son argumentation.
Fréféric LN nous parle de l'inflation en 82. La belle affaire. Les socialistes ont fait l'erreur de faire une politique keynésienne de relance en économie ouverte. Quand on dope le revenu de la population et que celle-ci en profite pour acheter des produits allemands ou asiatique...
L'erreur de 81/82 a été de faire de la relance sans dévaluer pour freiner la propension à consommer des produits importés.
Par ailleurs l'inflation n'est pas toujours un signal négatif quant à la santé d'une économie. Il faut regarder parallèlement comment évolue la productivité générale.
Quant aux allemands et l'inflation, je ne crois pas du tout à l'explication de l'épisode d'hyperinflation de 1923. D'abord parce que la République de Weimar a survécu à cet épisode. Je crois à une explication plus prosaïque : les allemands sont un peuple de vieux rentiers.
Toutes les "explications" de la position allemande basée sur de la "psychologie", qu'il s'agisse de l'aversion pour l'inflation en souvenir des années 30, ou de l'âge moyen des allemands, me semblent passer complètement à côté du problème. L'Allemagne voulait la domination européenne depuis un siècle et demi. Elle a échoué à l'obtenir par les armes, mais aujourd'hui elle l'a. Elle l'a obtenu grâce à l'apui répété des anglo-saxons, du refus des réparation de guerre à la France en 20-30, au même refus répété en 40 - 50, au sabotage du traité de l'Elysée comme aux efforts répétés des classes possédantes françaises depuis près d'un siècle pour assoir leur pouvoir par l'appui sur une dictature externe. Tout le reste est littérature vide de sens ! Il y a peu le directeur du HMI de Berlin en sabbatique au labo, me disait en souriant à demi :" Nous n'avons pas réussi à avoir Dantzig par les armes, nous l'achèterons". Il avait bien sûr plus Paris que la Pologne en tête, et nous en sommes bien là !
Au moins De Gaulle était -il conscient de la démarche lorsqu'il soulignait que le "Machin" européen n'avait pas d'autre finalité que d'asservir la France et le continent européen à une domination américaine relayée localement par le gendarme allemand que les mêmes américains avaient reconstruit au plus vite. Et il n'avait pas plus d'illusion sur la volonté des centristes et autres MRP de se "coucher" en tant que de besoin atlantique.
Par ailleurs il serait bon que les contempteurs de l'inflation nous expliquent en quoi il s'agissait d'un drame alors que la France a réussi de 45 à 75, en gro, a mener une reconstruction admirable, et dont nous tirons aujourd'hui d'Airbus en Aréva les derniers fruits. Alors que depuis que nous avons commencé à détruire nos spécificités françaises pour nous concillier les européo-atlantistes la dégringolade est continue.
Vous avez raison Daeli, c'est un facteur de plus, et peut être même le plus important.
Dans son livre La France est-elle finie ? Chevènement exposait comment Helmut Kohl a racheté l'unité allemand à une URSS exangue.
Mais je pense que le fond du problème est que les élites françaises ont sabordé notre industrie (les usines ça pue, c'est moche et pleins de grévistes...) au contraire de l'Allemagne.
Très interessant.
Je ne suis pas loin, bien que ouiiste, d'être totalement ce point de vue, à quelques détails près.
PS : Merci pour le lien vers la note de l'Insee que je cherchais depuis un certain temps.
De rien SAV, toujours ravi de contribuer à éroder le soutien passif à l'UE !
Cher Edgar, ton article est excellent. Il rejoint largement ma propre analyse avec des données bien plus complètes. Le graphique montrant l'évolution des balances commerciales éclaire totalement le problème.
merci rené !
Après guerre l'industrie allemande a reçu une aide américaine qui a permis de renouveler un appareil productif repartant de presque zero alors qu'en comparaison le Plan Marshall pour la France a tout juste payé la guerre coloniale du Vietnam. D autre part le différentiel d'inflation ne résulte t il pas aussi des dépenses militaires dont la coûteuse politique de dissuasion nucléaire?
Je poste ici -cela me semble le plus adapté - le lien pour des vidéo des interventions de Jacque Sapir, Markus Kerber (Université de Berlin) et Philippe Murer (Sorbonne) lors des universités d'été de D.LR.
http://www.dailymotion.com/dlrtv#video=xtf4b3
Les calculs sont grossiers, mais ils parlent suffisamment. On va finir - grâce à la crise de la dette et de l'euro - que cette monnaie unique fonctionne comme un impôt de l'Allemagne sur le reste de l'Europe. Il y a de quoi ranimé une nouvelle guerre !!! Le Nobel de la paix donné à l'UE est une vaste mascarad, à mon sens c'est plutôt un facteur latent de guerre.
Les calculs sont grossiers, mais ils parlent suffisamment. On va finir - grâce à la crise de la dette et de l'euro - que cette monnaie unique fonctionne comme un impôt de l'Allemagne sur le reste de l'Europe. Il y a de quoi ranimé une nouvelle guerre !!! Le Nobel de la paix donné à l'UE est une vaste mascarad, à mon sens c'est plutôt un facteur latent de guerre.
Bonjour,
Vous m'avez l'air très bien renseigné mais je suis surpris que vous vous contentiez de cette seule variable d'explication, car, si vous aviez fait la même étude sur le Royaume-Uni, les USA, ou l'Islande - qui ne sont pas dans la zone Euro, vous auriez trouvé exactement les mêmes tendances: une explosion des déficits commerciaux à partir des années 2000 dans les pays développés.
Le principal facteur explicatif de ce phénomène est bien connu: il s'agit de la mondialisation et de la montée en puissance des pays émergents en général et de la Chine en pariculier.
Dans la zone Euro, d'autres facteurs se sont ajoutés à ce puissant mécanisme, dont, la surévaluation de l'euro, mais également, dans le cas de la France, les accords de libre échange avec les ex pays de l'Est, le confort illusoire que procurait des taux réels extrêmement faibles et la formation de la bulle immobilière.
Bref, pour la France, l'euro fort n'est qu'un facteur parmi tant d'autres et se situe bien loin derrière la mondialisation.
Pour les pays du Sud (Grêce, Espagne, Portugal), la situation est un peu différente et le "rôle" de l'euro probablement plus éminent, notamment par le biais d'un "effet richesse" illusoire. Cependant, dans ce cas également, il reste très largement inférieur à celui de la mondialisation. Et comme par ailleurs c'est le projet européen qui a aidé ces pays à se sortir rapidement de la misère, la balance reste probablement positive. Après tout, en Espagne le taux de chômage est à peine supérieur à ce qu'il était au début des années 1990 (bien avant l'euro donc) et le niveau de vie infiniment supérieur.
M. odp. Je n'aime pas votre incipit : "vous m'avez l'air bien renseigné" tend à faire soupçonner au lecteur que les arguments présentés ici proviendraient d'une quelconque officine. Comme j'ai pris la peine de donner mes sources, que chacun peut vérifier, pas la peine d'aller soupçonner quoi que ce soit.
Sur le fond, je ne vois pas pourquoi vous voudriez que j'inclue l'Islande à côté des USA ou du Royaume-Uni.
Pour les USA, les déficits cumulés ont fait *4.5 sur la période. C'est en effet lié aussi à la montée de la Chine.
Mais les USA n'ont pas de problème de financement de leur balance commerciale : ils émettent la monnaie de réserve internationale. Donc le creusement du déficit ne les alarme pas.
Pour le Royaume-Uni, ils étaient déjà en déficit sur la première période, et le restent ensuite, avec un déficit qui fait *2,5.
Je rappelle que ce "ratio de déterioration" est de *6 en Grèce et de *7 en Espagne (en Italie, on passe de l'excédent au déficit, le ratio ne marche pas).
Pour la Suède, hors zone euro, les excédents ont été multipliés par 27. Tout le monde n'est pas touché par la mondialisation.
Par ailleurs, et sur un autre plan, on ne peut pas faire comme si la mondialisation était tombée sur l'UE comme un phénomène météo non maîtrisable. Avec sa concurrence libre et non faussée, quand le préambule du TFUE proclame les signataires : "DÉSIREUX de contribuer, grâce à une politique commerciale commune, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux," (http://europa.eu/lisbon_treaty/full_text/index_fr.htm)
Même chose sur les accords français de libre échange avec les pays de l'Est, que j'imagine assez mal être déconnectés de l'UE.
Pour le reste de vos affirmations péremptoires, qui culminent avec un niveau de vie espagnol qui serait "infiniment supérieur", elles attestent plus du caractère dogmatique de vos convictions que d'une recherche personnelle d'arguments précis.
Au plaisir.
Monsieur,
Je ne sais pas ce qui, dans mon commentaire, a pu vous irriter de la sorte et me valoir un accueil aussi peu amical mais telle n'était pas mon intention. Quand je mentionnais le fait que vous me paraissiez bien renseigné je faisais justement référence aux divers graphiques et tableaux dont vous émaillez votre post et qui illustrent de mon point de vue une connaissance assez fine de ces sujets. Peut-être le plus simple, pour la fluidité des échanges, est de partir du principe que je ne suis ni stupide, ni même mal intentionné.
Sur le fond, si vous lisez bien mon commentaire, vous verrez que je n’ai jamais dit que l’euro n’avait pas joué un rôle dans l’accroissement des déficits commerciaux des pays que vous citez, mais simplement qu’il n’a été qu’un facteur parmi d’autres et probablement pas le plus important, notamment dans le cas de la France.
En en effet, en ce qui concerne le commerce extérieur français, je me permettrai d’abord de vous faire remarquer :
que le déficit commercial est le mal chronique de l’économie française depuis le XVIIIème siècle (Braudel dirait depuis le Moyen-âge) ;
que la période que vous avez choisi comme point de comparaison à la période « euro » correspond, avec les années 1959-1962, à la seule période depuis 1950 au cours de laquelle notre pays a su dégager une balance commerciale significativement positive (cf. Annexe I) ;
que, ironie de l’histoire, cette période intègre celle dite du « Franc Fort », où les autorités françaises, emmenées par JC Trichet et Pierre Bérégovoy, ont tout fait pour arrimer le Franc au Mark et que le mérite de ce « miracle du commerce extérieur » comme qu’on l’a appelé à l’époque a été attribué à cette « désinflation compétitive », fruit de l’intégration européenne, plutôt qu’à une quelconque faiblesse de la monnaie ;
que la situation actuelle, quoique particulièrement grave est, en ce qui concerne la balance commerciale, tout à fait similaire à celle qu’a connu la France à la fin des années 70 et au début des années 80 ;
que si la France a en effet perdu des parts de marchés à l’international depuis 2000 (près de 15% entre 2000 et 2008 d’après l’OFCE), cette forte dégradation s’est effectuée à parts à peu près égale entre les pays hors zone euro et ceux de la zone euro (http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/2-106.pdf) ;
que le taux de change actuel de l’euro contre le dollar à 1.30 n’est pas si éloigné de sa moyenne depuis la fin des accords de Bretton Woods (1.17) et est similaire à celui qui a prévalu au cours de la 2ème moitié des années 70 et de la 1ère moitié des années 90. A cette aune d’ailleurs, il apparaît que la 2ème moitié des années 90, celle justement au cours l’excédent commercial français a atteint son pic historique, correspond à une période de force exceptionnelle du dollar, probablement alimentée par la bulle internet et ne saurait donc être considéré une norme (cf. Annexe II) ; et enfin
ODP : je vous ai répondu dans un billet à part.
Suite de mon précédent commentaire qui n'a pas pu passer la première fois
que la dégradation de la balance commerciale à partir des années 2000 est une caractéristique commune à l’ensemble des grandes économies développées à l’exception de l’Allemagne. A ce titre, plutôt que de procéder par l’analyse de ce que vous appelez « le coefficient de dégradation » et qui pose d’évidents problèmes méthodologiques (comment comparer des chiffres en dollar courants à 10 ans d’intervalle ? que faire si, sur la période considérée, le cumul passe de positif à négatif ? ou s’il est, sur l’une des 2 périodes, très proche de zéro ?), je vous recommande plutôt de regarder le mouvement moyen en points de PIB. Et vous verrez que, parmi les 6 premières économies développées de la planète (USA, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) le mouvement est, sur la période considérée et à l’exception de l’Allemagne, à une dégradation très homogène de la balance commerciale: -3.0% du PIB en moyenne pour les USA, -2.8% pour le Royaume-Uni, -2.0% pour la France, -1.8% pour l’Italie et -0.8% pour le Japon. 5 économies, 4 zones monétaires, le même phénomène (cf. Annexe 3)...
Au vu de tout cela, les épaules de l’euro fort me paraissent définitivement bien frêles pour endosser, en ce qui concerne la France, un phénomène récurrent depuis plus de 2 siècles quel que soit le contexte monétaire, et, pour ce qui est de la période récente, commun à toutes les économies de structures similaires, quelle que soit la zone monétaire dans laquelle elles évoluent.
Au risque de me répéter, il semble bien que l’euro ne soit qu’un facteur de second ordre, loin derrière la mondialisation et l’émergence de la Chine. Corrélation n’est pas causalité. Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie vers un rapport très documenté du Conseil d’Analyse Economique qui montre l’explosion des exportations chinoises à partir de la fin des années 1990 (puisqu’elles passent de €24 milliards en dollars en 2000 à 298 milliards de dollars en 2008) et en contrepartie l’explosion des importations de la zone euro hors Allemagne, des USA et du Royaume-Uni (http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/098.pdf).
Enfin, en ce qui concerne plus particulièrement la France, il semblerait que la fameuse compétitivité « hors prix » (c'est-à-dire la qualité perçue) ait également participé aux pertes de parts de marché de l’industrie française. A ce titre, la rupture économétrique constatée dans la très intéressante étude précitée de l’OFCE à partir du début des années 2000 est éclairante sur le caractère « inopérant » des variables explicatives traditionnelles (et notamment la force relative de la monnaie nationale) pour déterminer le niveau des exportations françaises.
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Certes me dites-vous, mais l’euro et la mondialisation, c’est la même chose !
Et bien non vous répondrais-je : même si ce sont souvent les mêmes qui ont travaillé à la création de l’euro et à l’ouverture des marchés dans et hors de l’UE (à ce titre, la figure de Jean-Claude Trichet est celle qui vient immédiatement et naturellement à l’esprit), l’un ne va pas automatiquement avec l’autre et l’on peut tout à fait envisager le retour d’une forme de protectionnisme aux frontières de la zone euro.
Je ne dis pas que c’est ce qui va se passer, car, comme dirait l’autre, l’art de la prédiction est probablement, parmi les activités humaines, la plus futile et la moins productive qui soit. En revanche, c’est clairement possible, et d’ailleurs probablement plus facile à mettre en œuvre dans le cadre d’une zone monétaire élargie (donc par définition plus auto-suffisante) comme la zone euro que dans un cadre strictement national, fût-il français.
Bref, de mon point de vue vous vous trompez de cible, le problème, c’est le déséquilibre des échanges avec les pays émergents, pas l’euro.
Au plaisir,
OdP
Post-scriptum : bien que ce soit à
Suite de la suite
Post-scriptum :
Bien que ce soit à leur sujet que vous m’ayez gratifié de vos remarques les plus désobligeantes (péremptoire… dogmatique…), je n’ai pas traité en détail, dans ce commentaire, le cas des pays de l’Europe du Sud (Espagne, Portugal et Grèce). Je pourrai le faire ultérieurement si vous le souhaitez. Néanmoins, pour trancher notre querelle sur le niveau de vie des espagnols je me permettrai de vous renvoyer au PIB par habitant qui en est généralement considéré comme un bon indicateur.
Il était pour l’Espagne de $9,023 en 1984 et de $15,428 en 2011 (exprimé en $ constant de 2000 – source World Bank, les chiffres pour 2012 n’étant pas encore connus). Cela fait une augmentation de 70% sur la période. Ce n’est certes pas l’infini (mais de nos jours qui croit à l’infini ?) mais ce n’est tout de même pas négligeable. Pour la France, une augmentation du PIB par habitant de cet ordre s’est produite entre 1969 et 1990 ou entre 1961 et 1973. Pas si mal, vous en conviendrez ! En ce qui concerne le Portugal, sur la période 1984-2011, l’augmentation est de 78% et même la Grèce ne s’en tire pas trop mal avec une augmentation de 37%.
Pour ces 3 pays, l’euro reprend, certes dans la douleur, une partie de ce qu’il a donné, mais la balance reste tout de même largement positive.
La Chine n'a fait qu'arrimer le cours du yuan sur le dollar. c'est de la sous-évaluation du dollar que nous souffrons, et l'UE n'a rien fait pour ce problème.
Pour l'espagne, très loin d'être infinie, c'est une croissance annuelle de moins de 2% que vous décrivez. Pas de quoi suater au plafond, surtout que la chute n'est pas terminée.
Admettons que le PIB soit l'instrument approprié de mesure, qu'aurait été l'augmentation de ce dernier en Espagne si ce pays avait conservé la pessetas ?
Ce n'est pas parce qu'il y a une paix (relative d'ailleurs) en Europe qu'il faut l'attribuer à l'UE, mais plutôt que la folie UE n'a pu s'accomplir que grace à la paix et à la propérité héritée de l'histoire antérieure. L'UE à gaspillé d'une façon inimaginable les atouts de l'Europe, et cela dans une proportion inverse à la lattitude géographique. La richesse s'en allant, la guerre reviendra, si tant est qu'elle ait jamais cessé sous une forme économique.
Pour revenir à l'Espagne noujsavons un début de réponse en observant la Pologne.
"le retour d’une forme de protectionnisme aux frontières de la zone euro"
ODP, le protectionnisme aux frontières de la zone euro ne sert à rien pour les raisons que 1) la zone euro a une balance "commerciale équilibrée" 2) l'euro cause des déséquilibres à l'intérieur même de la zone et que ces déséquilibres ne peuvent être résorbés que par des transferts financiers entre pays ou par un retour à des monnaies nationales qu'on laisserait s'apprécier ou se déprécier jusqu'à atteindre l'équilibre de la balance des transactions courantes dans chaque pays. Vu que l'Allemagne a toujours refusé une union de transferts...
JE HAIS LES EUOPEISTES !
Il y a une explication plus claire. EURO = Nantissement ou dit autrement Effet Commercial permettant une prise immediate d hypthèque sur un pays de la zone... cf Dollar Argentine etc
voir un site intrigant la ligue chrétienne et guilde des metiers ou il faut chercher mai ou on trouve diverses pistes sur escroquerie EURO