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Vendredi 29 juin 2012 5 29 /06 /Juin /2012 00:48

En quelques semaines, Hollande a normalisé la France et renoncé à tout son programme.

Il y aura bien une austérité renforcée, nous sommes juste débarassés de Sarkozy l'agité (certes, ce n'est pas rien).

Si un accord est trouvé pour aller vers plus de "fédéralisme" (comme l'écrit justement Descartes le blogueur, fédéralisme voulant dire politique budgétaire restrictive pour tous, à l'Allemande), ce sera le règne des technocrates sabreurs de budget.

Nous aurons la décroissance : chaque progrès individuel sera pris à d'autres et non pas gagné sur une croissance collective.

Déjà, le gouverneur de la Banque de France, élu par personne, triomphe dans le Monde, énonçant que "la volonté d'autonomie des états de la zone euro doit s'effacer".

La prochaine étape, si la négociation aboutit à un degré significatif de mutualisation des dettes, est la création d'un Trésor européen et d'un impôt européen.

La crise née de l'euro aboutira à renforcer les pouvoirs européens. Cela réjouira les fédéralistes. Mais toutes ces avancées du pouvoir européen se feront avec un système décisionnel qui reste de qualité plus que médiocre.

*

Il faut lire, dans Euractiv, l'interview d'un lobbyiste européen, avec notamment cette phrase assez terrible : « Le plus petit fonctionnaire européen est devenu le Maître de l’Union ».

Il donne un exemple clair de l'absence complète de contrôle sur les décisions de la Commission, où le refus d'autoriser un médicament va conduire à procéder à des greffes de foie sur des jeunes enfants alors qu'une solution médicamenteuse existe :

Le dossier ORPHACOL. Une combinaison d’opacité et d’habillage juridique qui pose une vraie question : à Bruxelles aujourd’hui qui est le patron ?

Voici près de 40 ans que je pratique les Institutions européennes et je n’ai jamais vu un tel cas qui cumule tous les ingrédients d’une mauvaise gouvernance. D’abord, une opacité sur les motivations de la DG SANCO. Pourquoi une telle obstination à l’encontre d’un médicament qui a fait ses preuves depuis 20 ans et dont la mise sur le marché est soutenue par les plus hautes autorités médicales y compris par l’Agence Européenne des Médicaments à l’unanimité ?

Comment – ensuite – admettre le refus de la Commission de suivre la volonté des Etats-membres exprimée deux fois à la majorité qualifiée d’autoriser la mise sur le marché d’ORPHACOL ? Pire, la Commission représente un nouveau projet de règlement contre la mise sur le marché sans attendre le jugement de la Cour de justice attendu dans les prochaines semaines ?

*

Ne nous y trompons pas. Ce qui est en jeu à travers les marchandages qui risquent d'aboutir à une consolidation temporaire de l'euro au prix d'une austérité renforcée, ce n'est pas la "souveraineté" française. C'est, tout simplement la démocratie.


 

Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Publié dans : Europe : stop !
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Commentaires

Bravo à M.Hollande qui a tenu bon face à Mme.Merkel sur la croissance !

C'est un premier pas, bientôt chacun comprendra qu'on ne peut fonctionner qu'avec un mécanisme de transferts budgétairse entre régions Européennes !

L.L

Commentaire n°1 posté par L.L le 29/06/2012 à 09h02

LL : si vous venez commenter ici pour faire de la propagande de bas niveau, je ne tarderai pas à effacer vos commentaires, en le signalant aux lecteurs et en expliquant pourquoi.

vous parlez comme si le rejet de l'UE ne tenait qu'à un manque de compréhension. je pense que vous ne vous rendez même pas compte du caractère insultant de votre commentaire.

Commentaire n°2 posté par edgar le 29/06/2012 à 09h11

Désolé Edgar, je ne voulait pas vous offenser !

Mais franchement, vous croyez  que la france peut s'en sortir toute seule alors qu'elle va se faire dépasser par le Brésil au classement des puissances ? Et face à la Chine ?  On va se faire écrasé !

Mais je suis d'accord avec vous: pour le moment sa va mal, mais si on fait des transferts budgétaire on pourra aller vers un vrai fédéralisme en gérant l'ensemble de zone, de la croissance et de l'emploi ! Mais les états s'accrochent à leur pouvoir et rester entre deux eaux est la pire des solutions.

L.L

Commentaire n°3 posté par L.L le 29/06/2012 à 09h20

Tu noteras que les fédéralistes comme moi sont plutôt sceptiques sur ce que sont entrain de faire nos dirigeants nationaux. C'est l'Europe des Nations où on ne fait pas décider les citoyens mais leurs dirigeants. Il est urgent de politiser la Commission européenne en la transformant en vrai gouvernement européen responsable devant nos représentants, les parlementaires européens. Cela ne réglera pas tous les problèmes mais ce sera plus clair et plus transparent.

Commentaire n°4 posté par Fabien le 29/06/2012 à 09h40

Ahurissant! Ce ne sont pas les gouvernants qui s'attachent à leur pouvoir, mais les français qui VEULENT conserver leur LIBERTE. Le seul peuple qui ait réussi à créer au fil des siècles un petit peu de vraie démocratie et de limiter les inégalités, contrairement à l'univers anglo-saxon, veut conserver sa liberté. Ce sont les brésiliens et les chinois qui ont à gagner à la continuation de l'histoire "à la française". Ils ont tout à y gagner et ce malgré les vaticinations des  "cabris" imbéciles qui ont avalés toutes les sottises eurocratiques répandues, tant par les possédants français qui souhaitaient de l'aide du dehors pour mater des travailleurs-citoyens trop peu dociles, que par les idéologues bourgeois qui parlent au nom de la "Gauche" et dont le millénarisme décervelé, marxisant ou pas, n'a jamais eu d'autre conséquence réelle que d'asservir les citoyens-travailleurs à des maîtres étrangers, allemands voici 70 ans, allemands encore et étatsuniens aujourd'hui.

Commentaire n°5 posté par DAELIII le 29/06/2012 à 10h07

Fabien : Le principal reproche que je fais aux gens comme toi, c'est de tolérer que l'on transfère plus de compétences à l'union, alors que le système n'est toujours pas démocratique. Il y a, dans vos rangs, comme une satisfaction amère à constater que c'est toujours ça de pris et que des transferts non démocratiques valent mieux que pas de trasfert du tout.

Sauf qu'on finit par avoir un ensemble de compétences pas du tout négligeables, pas du tout démocratiques, dont finalement vous êtes responsables.

Je vous trouverais plus sympathiques, démocrates et cohérents si vous refusiez toute avancée supplémentaire sans renforcement préalable de la démocratie.

Ma conclusion personnelle c'est que ce renforcement n'est pas possible parce qu'il ne peut pas y avoir de débat démocratique au niveau européen, faute de sentiment commun d'appartenance, de volonté de faire société commune.

Vous préférez continuer à avancer plutôt que de voir cela, c'est assez pathétique au fond.

 

Commentaire n°6 posté par edgar le 29/06/2012 à 10h09

Edgar: je ne comprends pas en quoi vous refusez de voir que c'est votre modèle de démocraties nationales s'alliant entre elles qui ne fonctionne pas aujourd'hui.

L'Europe d'aujourd'hui n'est pas la démocratie que je souhaite en tant que fédéraliste, mais pour autant, rien n'a été "volé" aux citoyens de notre continent: ce sont leurs représentants qui votent tout et non pas une Commission hors-sol. Par exemple, sur Schengen, c'est un ministre socialiste qui a voté pour le rétablissement potentiel des frontières nationales... ce qui gêne du reste considérablement les eurodéputés de son camp: http://www.ceuropeens.org/interview/sylvie-guillaume-eurodeputee/il-ne-faut-pas-ecarter-le-parlement-europeen-du-controle-de-s

La question est donc comment on change tout ça. Vous noterez que je suis assez critique sur l'utilisation du mot "Europe fédérale" alors qu'ils ne parlent "que" d'une union bancaire: http://fabiencazenave.eu/2012/06/27/lunion-bancaire-est-ce-leurope-federale/

Commentaire n°7 posté par Fabien le 29/06/2012 à 10h52

je pense en particulier que nos représentants n'avaient pas à accepter de voter en 2008 un texte rejet é en 2005. je pense aussi que dans l'exemple cité par euractiv aucun représentant n'est consulté. je pense enfin que chaque décision de la BCE n'est validée par personne (et que la BCE s'est attribué le pouvoir de gérer le taux de cnahge, contre les traités). et je pense qu'il n'est pas normal que les français ne soient pas consultés régulièrement sur leur volonté de poursuivre en ce sens. ce n'est pas parce qu'un élu une fois a transféré un pouvoir que ce transfert est légitime ad vitam aeternam.

Commentaire n°8 posté par edgar le 29/06/2012 à 11h06

Vous êtes trop bon lecteur de Pierre Manent pour ignorer que la démocratie est inséparable de la souveraineté.

Commentaire n°9 posté par Pierre Noel le 29/06/2012 à 15h15

Pierre Noel : je n'ai pas lu assez pierre manent, notamment pas la cité et l'homme. mais j'avais écrit très nettement ici : http://www.lalettrevolee.net/article-28541164.html que la souveraineté est la condition de la démocratie. J'ai écrit ici un peu rapidement, et en me mettant à la place de nombreux partisans de l'union pour lesquels la souveraineté c'est mal, alors que la démocratie reste une référence (bien pmaltraitée en pratique). mais c'est effectivement une concession que seule la rapidité peut excuser.

Commentaire n°10 posté par edgar le 29/06/2012 à 15h39

ll : la france peut parfaitement passer dea ccords vaec le brésil dans le domaine agricole, avec la chine dans d'autres et ne pas se faire "écraser". le canada, la corée du sud se sortent très bien d'être "seuls". 

Commentaire n°11 posté par edgar le 29/06/2012 à 15h40

"For the architect of the euro, taking macroeconomics away from elected politicians and forcing deregulation were part of the plan"

"Mundell explained to me that, in fact, the euro is of a piece with Reaganomics:

"Monetary discipline forces fiscal discipline on the politicians as well."

And when crises arise, economically disarmed nations have little to do but wipe away government regulations wholesale, privatize state industries en masse, slash taxes and send the European welfare state down the drain."


http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jun/26/robert-mundell-evil-genius-euro

Commentaire n°12 posté par aliena le 29/06/2012 à 20h36

Si on a transféré un pouvoir, c'est qu'on ne l'a pas délégué. Donc le transfert est ad vitam aeternam.

Commentaire n°13 posté par Zozo le 30/06/2012 à 23h42

Mais ces transferts sont délimités par les traités européens, qui peuvent être dénoncés légalement à travers l'Article 50: les transferts ne sont donc pas éternels.

Commentaire n°14 posté par Zebulon Whateley le 01/07/2012 à 12h09
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