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Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 08:07

Article de Libé ce matin sur la nouvelle étape de la décentralisation.

Plat de résistance : Lyon devient métropole européenne. Cela implique que le département du Rhône disparaît, remplacé par, d'un côté, ladite métropole, et de l'autre côté les bouseux du Beaujolais, du Val de Saône, des monts du Lyonnais et des monts de Tarare (ajout, suite à un commentaire justifié : les bouseux est à lire entre guillemets, j'ai écrit trop vite. A mon sens, cette partition départementale révèle l'intention profonde du projet européen : séparer la classe européenne, les élus, et les bouseux, les autres, que l'on peut laisser à leur arriération profonde. Mes lecteurs réguliers auront compris, je l'espère, que je ne partage en rien cette vision).

Cela s'inscrit dans une orientation générale dans laquelle chaque région pourra s'organiser comme elle l'entend : ici la compétence école primaire aux communes, là à la région, ailleurs aux départements.

 

pole_metropolitain_lyon.jpg

Une superbe tâche de léopard, annonciatrice de bien des imbroglios politico-administratifs locaux


Tout cela est tellement éloigné des habitudes que cela paraît surréaliste. On voit mal comment, dans un tel schéma, organiser une politique nationale.

Cela sans doute se produit parce que l'idée même d'une politique nationale s'efface, "comme à la limite de la mer un visage de sable".

La France est lâchée à Bruxelles et ses restes sont offerts aux féodaux locaux, qui en frétillent d'avance.

L'effacement des états est la conséquence directe d'une volonté d'oublier qu'un moment il y a eu des citoyens, responsables et comptables de leurs politiques.

L'idée n'est pas exprimée mais elle est si forte que dans un article consacré aux économies de l'état allemand, une journaliste du Monde peut écrire : "Selon le quotidien Rheinische Post, vendredi 4 janvier, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, préparerait ainsi un nouveau train d'économies de 5 à 6 milliards d'euros, grâce à une réduction des dépenses. Objectif : ramener le budget de l'Etat fédéral à zéro d'ici à 2014." Là on n'élimine même plus le déficit, c'est le budget tout entier qui disparaît ! Joli lapsus.

Dans cette ambiance très européenne, qu'attendre ?

Rien de très bon.

Paul Krugman, dans un papier ce matin, écrit que "les leaders européens, qui ont créé une terrible dépression dans les pays endettés sans restaurer la confiance, continuent d'affirmer que la solution passe par plus de sacrifices".

Mark Mazower, professeur d'histoire à Columbia, évoque "Weimar 2013" dans un papier consacré à la fragilisation des démocraties européennes, à commencer par la Grèce.

Jan Werner Müller, dans un article très long d'Eurozine, explique que les intellectuels pro-européens ne savent plus quoi faire pour justifier leur projet : ils viennent de décourvri que l'Union Européenne une fois construite n'est qu'un bête état de plus - encore moins démocratique que les précédents !

*

Alors, la seule chose que l'on puisse souhaiter en 2013, c'est que progresse l'idée d'un retour aux démocraties nationales.

En France, l'UPR progresse, et c'est une très bonne chose. Au Royaume-Uni UKIP met une très grosse pression pour obtenir un référendum de sortie.

Voilà, très honnêtement, les seules voies possibles à mon sens pour une amélioration de notre condition politique en 2013.

A part ça, bonne année !

 


Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Publié dans : Politique
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Commentaires

Oui, c'est ça le plus curieux. L'UE ne veut pas être un Etat avec un budget, une logique, des responsabilité, comme par exemple les USA. Mais ça ne l'empêche pas de vouloir la peau de tous les autres Etats nationaux - le seul qu'elle ne peut atteindre c'est l'Allemagne bien sûr à cause du fait que sa constitution est au-dessus des conneries bruxelloises. 

Résultat il ne reste aus politiques, dépossédés de la politique monétaire, fiscale et budgétaire, plus qu'à légiférer sur le mariage homo ou la dépénalisation du canabis, et bien sûr à faire avec leurs maigres recettes dans la décentralisation de l'école et de la santé.

Il va de soi que l'UE travaille à accroitre les inégalités, entre les riches et les pauvres, mais aussi entre les régions. D'autant que les fonds structurels sont en voiie d'épuisement.

Je pense que la seule solution c'est de prenre la porte, étant donné que les traités ont rendu cette ubuesque institution inréformable, pour rettrouver le sens du politique. Mais il ne semble pas que les peuples aient encore compris cela. j'ai vu le film Khaos sur la Grèce, et il est très curieux que les Grecs justement attendent, non pas de sortir de l'euro qui les tue, mais une évolution de l'UE vers plus de solidarité. ça me rend bien amer et bien pessimiste.

http://alexandre.clement.over-blog.com/article-khaos-panagiotis-grigoriou-ana-dimitrescu-2012-114049994.html

Commentaire n°1 posté par alexandre clément le 08/01/2013 à 10h31

Je viens également de lire l'article de Jan Werner Müller. Mais en réalité, les intellectuels n'ont que très rarement été à la point du progrès. Soit qu'ils prennent le train en route, soit qu'ils sont tout simplement stipendiés. Dans le domaine de l'analyse économique, la Commission européenne a déversé des tonnes de frics ppour payer les chercheurs - même moi j'en ai touché. Disons qu'à 99,9% ils rendaient des rapports conformes pour définir un avenir radieux avec une forte croissance, un budget en équilibre et un chômage quasi nul. Il ne fait aucun doute que quand on vit de cette manière, le sens critique est plus qu'émoussé et qu'on finit par croire que les pauvres sont pauvres parce qu'ils sont fainnéants et pas assez flexibles.

Quant à l'idée de faire de l'UE une nation, un peuple avec des objectif commun, c'est à pleurer de rire quant on voit combien les Grecs haïssent les Allemands - à tel point que ces derniers s'interdisent maintenant d'aller faire du tourisme en Grèce.

Commentaire n°2 posté par alexandre clément le 08/01/2013 à 10h43

Sur le fond, votre inquiétant article est juste, mais les "les bouseux du Beaujolais, du Val de Saône, des monts du Lyonnais et des monts de Tarare" apprécieront le terme....

Commentaire n°3 posté par Pierre Huet le 08/01/2013 à 11h59

Pierre : vous avez parfaitement raison, c'était ironique dans mon esprit mais ça n'apparaissait pas. J'ai précisé mon idée ! merci !

Commentaire n°4 posté par edgar le 08/01/2013 à 12h05

1) quelle est la source de l'info sur Lyon ?

2) l'upr présente t elle une liste aux européennes ?

Commentaire n°5 posté par fd le 08/01/2013 à 23h06

Les amateurs de stats de l'UPR auraient pu souligner aussi que 10 % des nouveaux adhérents de leur liste sont des alsaciens (on sent le ras-le-bol du discours européiste dans ce Land européen). Et une majorité de ces alsaciens n'ont pas un prénom français ce qui confirme que l'UPR n'est pas un parti identitaire... ni d'ailleurs un parti qui ait une identité

Commentaire n°6 posté par fd le 08/01/2013 à 23h12

Fred : sur Lyion, c'est un article payant de Libé.

Mais tu trouveras des détails sur la croix, urba news ajoute une carte que du coup je mets dans l'article, il y a aussi trace de l'inquiétude des mis à l'écart dans le patriote du beaujolais-val-de-saône

 

l'upr compte présenter des candidats aux européennes.

bien vu pour les alsaciens, moins bien pour l'upr 

Commentaire n°7 posté par edgar le 08/01/2013 à 23h19

Ah bon ? je croyais que l'UPR était fière de n'avoir pas d'identité, ou d'avoir pour seule identité d'être "ceux là qui veulent qu'on applique l'article du traité qui permet de sortir du mchin européen", enfin quelque chose dans ce genre. J'ai du rater un épisode.

Les amis des stats noteront que les habitants des provinces de langue occitane-catalane représentent 11 % des adhésions... soit pratiquement autant que les alsaciens (alors qu'ils sont un quart de la population française). Chacun en conclura ce qu'il veut (si je vais au bout de ma démonstration on va encore m'accuser de faire du périphérisme méridional primaire, alors...).

Pour info ce soir sur Arte il y avait un docu sur les anti-européistes britanniques (UKIP, "We demand a referendum" etc) qui sentait presque "L'adieu à la Grande Bretagne"... Un peu comme si on voulait préparer psychologiquement les sujets de notre Reich à la perte des îles britanniques. Avec des arguments du genre "Vous savez, ce n'est pas de leur faute, ils n'ont jamais connu d'occupation étrangère depuis mille ans, ni de totalitarisme, ces gens là n'étaient pas comme nous..."

Commentaire n°8 posté par fd le 08/01/2013 à 23h46

Le livre Le Sablier du siècle écrit en 1999 par le géopoliticien français Pierre Marie Gallois,  semble décrire fatalement la situation actuelle.

http://books.google.fr/books?id=i4mLDcmGLDQC&pg=PA543&lpg=PP1&dq=pierre+marie+gallois+le+sablier+du+si%C3%A8cle&hl=fr

Commentaire n°9 posté par Yannick le 08/01/2013 à 23h54

merci.

Commentaire n°10 posté par edgar le 09/01/2013 à 17h00

Tant mieux, que les anglais se tirent, ça ne rendra que plus probable l'émergence de la fédération européenne.

Personellement je crains désormais moins les eurosceptiques que les partisans fanatiques du status-quo.

Je propose des référendums dans tous les pays pour savoir si les citoyens souhaitent retrouver leur indépendance (Angleterre, France?, ...) ou rejoindre une fédération européenne (dont la constitution sera rédigée par une convention ou constituante ad-hoc) qui regroupera les pays ayant voté OUI.

Commentaire n°11 posté par jmfayard le 11/01/2013 à 11h36

"pour savoir si les citoyens veulent retouver leur indépendance"

Ah bon? "Retouver leur indépendance"? C'est donc que ces peuples l'ont perdue, leur indépendance. Sans qu'on leur ait jamais vraiment demandé leur avis d'ailleurs...

Commentaire n°12 posté par nationalistejacobin le 11/01/2013 à 20h28

nationaliste jacobin : tout juste ! JM Fayard a vendu la mèche avec une franchise qui manquent encore à trop de partisans de l'Union européenne !

Commentaire n°13 posté par edgar le 14/01/2013 à 11h58

nationaliste jacobin : tout juste ! JM Fayard a vendu la mèche avec une franchise qui manque encore à trop de partisans de l'Union européenne !

Commentaire n°14 posté par edgar le 14/01/2013 à 12h11

Dans la page ci-dessous on peut cependant compter la bagatelle 38 référendums positifs ou négatifs sur l'union européenne. Sans compter le référendum permanent que constitue le fait de voter en permanence quasi systamatique pour des partisans de l'union européenne.

http://en.wikipedia.org/wiki/Referendums_related_to_the_European_Union

Merci pour me reconnaitre de la 'franchise'

En revanche le qualificatif de 'partisan de l'Union européenne' je m'y reconnais de moins en moins si on entend par là non pas un soutien de principe envers le principe d'une « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » mais un soutien à l'UE telle qu'elle est actuellement.

Si on veut être objectif elle s'appliquerait plutôt à un Fabius ou à un Mélenchon qui ont

1) plaidé - et avec quelle ferveur - pour le traité de Maastricht qui a posé les baes institutionelles de la fin de l'indépendance national lors d'un référendum que nationaliste jacobin semble avoir oublié

2) confirmé leur vote de 1992 en faisant voter NON au TCE ce qui avait pour effet mécanique de laisser les institutions précédentes en place, comme j'ai dû le rabacher, j'espère que c'est admis maintenant.

3) ne proposent rien depuis de sérieux pour en sortir.

 

Commentaire n°15 posté par jmfayard le 15/01/2013 à 21h25

nationaliste jacobin n'a rien oublié. Et surtout pas le fait que tous les partisans de Maastricht rabâchaient à l'envie que ce Traité ne porterait nullement atteinte à la souveraineté nationale...

Mais pour qu'un peuple accepte ou pas de perdre son indépendance, encore faudrait-il avoir l'honnêteté de lui poser la question franchement. Or les européistes ont toujours éludé la question, parlant de souveraineté "partagée" et non point "transférée" ou "abandonnée". C'est en général après-coup qu'ils admettent à demi-mot avoir menti. Cette malhonnêteté récurrente des tenants du projet européen devrait quand même faire réfléchir les gens de bon sens qui défendent encore l'Union européenne comme le plus bel avenir démocratique qui soit...

Commentaire n°16 posté par nationalistejacobin le 15/01/2013 à 22h14

La souveraineté nationale n'est pas quelquechose de souhaitable en soi. Dépasser le mythe de l'indépendance nationale cela peut signifier accéder à quelquechose de supérieur qui est le stade d'inter-dépendance. Un bouquin que je viens de lire explique cela mieux que je ne saurais le faire :

 


We each begin life as an infant, totally dependent on others. We are directed, nurtured, and sustained by others. Without this nurturing, we would only live for a few hours or a few days at the most.

Then gradually, over the ensuing months and years, we become more and more independent -- physically, mentally, emotionally, and financially -- until eventually we can essentially take care of ourselves, becoming inner-directed and self-reliant.

As we continue to grow and mature, we become increasingly aware that all of nature is interdependent, that there is an ecological system that governs nature, including society. We further discover that the higher reaches of our nature have to do with our relationships with others -- that human life also is interdependent.

Our growth from infancy to adulthood is in accordance with natural law. And there are many dimensions to growth. Reaching our full physical maturity, for example, does not necessarily assure us of simultaneous emotional or mental maturity. On the other hand, a person's physical dependence does not mean that he or she is mentally or emotionally immature.

On the maturity continuum, dependence is the paradigm of you -- you take care of me; you come through for me; you didn't come through; I blame you for the results.

Independence is the paradigm of I -- I can do it; I am responsible; I am self-reliant; I can choose.

Interdependence is the paradigm of we -- we can do it: we can cooperate; we can combine our talents and abilities and create something greater together.

Dependent people need others to get what they want. Independent people can get what they want through their own effort. Interdependent people combine their own efforts with the efforts of others to achieve their greatest success.

 

Commentaire n°17 posté par jmfayard le 15/01/2013 à 22h28

Je vous prie de m'excuser, mais je ne lis pas couramment la langue de Shakespeare, à ma grande honte.

 

Je ne sais pas si la souveraineté nationale est "souhaitable", elle est en tout cas, historiquement, la condition sine qua non de la démocratie. Démocratie moderne et nation sont intimement liées depuis les origines et, progressivement aveuglés par le côté romantique du projet européen, beaucoup d'europhiles n'ont pas pu (ou pas voulu) voir qu'en s'éloignant de la nation, ils tournaient aussi le dos à la démocratie... Les plus cyniques le reconnaissent.

 

Vous me parlez de "quelque chose de supérieur", je vous pose la question: qu'est-ce qui est supérieur à la démocratie?

 

Quant à l' "inter-dépendance", je me demande si à l'heure actuelle les Grecs et les Allemands sont ravis d'être "inter-dépendants"...

 

Cela étant, ne croyez pas que, pour moi, indépendance nationale soit synonyme d'autarcie ou d'isolationnisme. Bien sûr que non. Je suis pour la coopération pacifique entre états, et pour le commerce. Mieux vaut commercer que faire la guerre, n'est-ce pas? De fait, les nations du monde sont inter-dépendantes aujourd'hui, bien au-delà de l'horizon européen. Mais la souveraineté nationale, et notamment monétaire, nous permettra de défendre nos intérêts légitimes, et notamment un secteur productif qui doit être suffisamment développé pour financer notre protection social (pour aller vite). Car, voyez-vous, je ne suis pas convaincu que les Allemands ou les Finlandais aient très envie de financer l'hôpital qui est près de chez moi. Dans la vie, il vaut mieux compter d'abord sur soi-même, ce qui n'empêche pas de faire des choses avec les autres. La souveraineté nous permettra aussi de décider quel degré de coopération nous souhaitons. L' "inter-dépendance" n'aurait de sens qu'entre deux peuples ou deux pays également riches et également peuplés. Sans quoi, l'inter-dépendance se transforme vite en soumission.

 

Je l'admets, la nation, la souveraineté et l'indépendance nationales, tout cela n'est pas de saison. La nation, c'est du sang et des larmes. Cela ne fait plus rêver. Mais la nation, c'est le cadre initiale de la démocratie. Et c'est une grave erreur de croire qu'une démocatie "hors-nation" est possible. L'UE nous prouve tous les jours qu'il n'en est rien...

Commentaire n°18 posté par nationalistejacobin le 15/01/2013 à 22h55

JM :  puisque les nouveaux textes européens reprennent toujours les précédents, un vote non en 2005 pouvait aussi être compris comme un non à l'ensemble de la construction européenne.

Pour ton texte sur l'interdépendance, il est probablement valable au plan individuel, mais on ne peut comparer des démocraties à des individus. Les démocraties sont déjà, par elles-mêmes, des structures coopératives, où l'on accepte de se plier aux lois plutôt que de recourir à la force.

on ne peut pas prouver le besoin d'union européenne. 

Commentaire n°19 posté par edgar le 15/01/2013 à 23h54

ça se confirme pour le référendum de sortie. Excellent, y'a plus qu'à espérer que cet idiot utile de Cameron ne soit pas battu :)

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/01/23/cameron-proposera-un-referendum-sur-le-maintien-ou-non-du-royaume-uni-dans-l-ue-apres-2015_1820960_3214.html

Commentaire n°20 posté par jmfayard le 23/01/2013 à 09h31

il faut surtout espérer deux choses :

1. que les britaniques ne se laissent pas impressionner par le bombardement qui va démarrer dès ce jour sur le thème "si vous quittez l'UE, Big Ben sonnera le Horst Wessel Lied",

2. que s'ils votent non, on respecte leur choix. On a pris l'habitude de faire revoter jusqu'à ce que les peuples trouvent spontanément la bonne solution dans l'UE...

Réponse de Edgar le 24/01/2013 à 00h47
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