La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverseshttp://www.lalettrevolee.net/2010-08-31T10:30:44Zover-blog.com Atom 1.0 GeneratorNotes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...http://www.lalettrevolee.net/article-big-brother-fait-des-sondages-56253137.htmlBig Brother fait des sondages !2010-08-31T10:30:44Z2010-08-31T10:18:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
La dernière édition de l'Eurobaromètre, sondage représentatif de l'état de "l'opinion européenne", vient de sortir.
</p>
<p>
Il en ressort que seuls 42% des sondés ont confiance dans l'Union européenne, au lieu de 48% au semestre précédent.
</p>
<p>
A peine 49% des sondés estiment que l'appartenance de leur pays à l'Union européenne est une chose positive.
</p>
<p>
Ces résultats deviennent comiques quand on prend connaissance de la réaction d'un porte-parole de la Commission : ces données montrent que les citoyens européens veulent "plus d'Europe". Viviane
Reding, commissaire en charge de la <span style="text-decoration: line-through;">propagande</span> communication a déduit de ce sondage que l'Union européenne "<em>est vue par les citoyens comme
un élément essentiel dans la résolution de la crise</em>".
</p>
<p>
</p>
<p>
Que vous votiez oui ou non à l'Europe, de toute façon c'est oui, personne ne doit s'étonner que lorsque les sondés répondent non, c'est encore oui. L'Union européenne ne peut, de toute façon,
fonctionner qu'en acceptant une vision orwellienne de la politique.
</p>
<p>
</p>
<p style="text-align: right;">
Source : <a href=
"http://www.euractiv.com/en/pa/europeans-losing-faith-eu-news-497209?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=1fc6414e58-my_google_analytics_key&utm_medium=email">Euractiv</a>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-le-retour-du-deutschemark-56252534.htmlLe retour du Deutschemark...2010-08-31T10:20:27Z2010-08-31T10:07:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
Un site boursier allemand, <a href="http://www.boersennews.de/nachrichten/top-news/boersennewsde-rintroduit-le-cours-des-actions-en-d-mark/4750">Börsennews</a>, vient de faire parler de lui en
offrant à ses utilisateurs la possibilité de consulter les cotations en Deutschemark.
</p>
<p>
Il ne s'agit pas d'un simple coup marketing permettant à ceux qui pensent encore en Deutschemark de suivre ce qui se passe. De la part du site, c'est une véritable déclaration de défiance à
l'égard de l'euro.
</p>
<p>
Comme ils l'écrivent sur leur site, dans une page en français :
</p>
<p>
</p>
<p>
"<em>Même un des défenseurs les plus acharnés de l'euro comme Hans Olaf Henkel, ancien chef du syndicat patronal allemand (Bundesverbandes der Deutschen Industrie) s'exprimait pour l'arrêt de
l'euro et la réintégration du D-Mark. La raison avancée est que le plan de sauvetage de 750 milliards d'euros a fait de la zone euro une simple zone de transfert de capital. Le directeur du
centre de recherche économique IFO, Hans-Werner Sinn voit le plan de sauvetage comme un risque incalculable pour l'Allemagne.</em>
</p>
<p>
<em>De telles critiques sérieuses contre l'euro rendent compréhensibles les angoisses de beaucoup d'allemands. En réintégrant symboliquement le D-Mark, börsennews.de ne souhaite pas participer à
l'abolition de l'euro mais veut seulement accompagner le souhait de beaucoup de citoyens allemands qui s'inquiètent pour leur sécurité économique. Une chose est sûre : le D-Mark est le symbole
d'une allemande forte et saine économiquement. L'euro représente aujourd'hui dans le monde, en Europe mais avant tout pour les allemands, un système économique qui rencontre de graves
difficultés.</em>"
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-l-erreur-de-descartes-56235749.htmlL'erreur de Descartes2010-08-30T22:30:13Z2010-08-30T22:25:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p style="text-align: right;"></p>
<p style="text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;">
<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">« <em>L</em></span><em>’<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">une des variantes de l</span>’<span style=
"mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">erreur de Descartes est de ne pas voir que l</span>’<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">esprit humain est incorporé dans un organisme
biologiquement complexe, mais unique en son genre, fini et fragile ; elle empêche donc de voir la tragédie que représente la prise de conscience de cette fragilité, cette finitude et cette
unicité. Et lorsque les êtres humains sont incapables d</span>’<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">apercevoir la tragédie fondamentale de l</span>’<span style=
"mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">existence consciente, ils sont moins enclins à chercher à l</span>’<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">adoucir, et peuvent, de ce fait,
avoir moins de respect pour la valeur de la vie. [</span>…<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">] La chose la plus indispensable, en tant qu</span>‘<span style=
"mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">êtres humains, que nous puissions faire, chaque jour dans notre vie, est de nous rappeler et de rappeler aux autres notre complexité, notre fragilité,
notre finitude et notre unicité. Et la difficulté, c</span>‘<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">est, bien sûr, ceci : faire passer l</span>‘<span style=
"mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US">esprit de sa position élevée dans l</span>‘<span style="mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US"> « éther » à celle d</span>’</em><span style=
"mso-ansi-language: EN-US;" lang="EN-US"><em>une localisation matérielle, tout en lui conservant une grande considération ; reconnaître son origine humble et sa vulnérabilité, et cependant
continuer à lui attribuer un rôle de direction.</em> »</span>
</p><em>in</em> Antonio Damasio, L'erreur de Descartes : la raison des émotionshttp://www.lalettrevolee.net/article-l-amerique-sombre-55974336.htmlL'Amérique sombre2010-08-26T01:35:20Z2010-08-26T01:07:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
L'ambiguïté du terme va bien à cette traduction approchée du titre d'un article récent de Paul Krugman - <a href="http://www.nytimes.com/2010/08/09/opinion/09krugman.html">America goes Dark</a>.
</p>
<p>
Il revient sur les coupes budgétaires annoncées en Amérique (un tiers de l'éclairage de Colorado Springs éteint, des routes détruites faute d'argent pour les entretenir, les horaires des classes
réduits...)
</p>
<p>
Tout cela parce qu'Obama n'arrive même pas à faire passer des lois abolissant les cadeaux fiscaux faits aux très riches par Bush.
</p>
<p>
Comme dans l'Union européenne, on a ainsi l'impression d'une impossible alternance.
</p>
<p>
Pour des raisons très différentes, l'alternance droite gauche n'a qu'un impact limité en France, dans l'Union européenne et aux Etats-Unis.
</p>
<p>
Aux USA, parce que le Congrès est peuplé en grande partie d'élus sans cesse réélus et financés par divers lobbyes. Dans l'Union européenne parce que les équilibres du pouvoir sont biaisés en
faveur d'une Commission non élue et que, de toute façon, les politiques néolibérales sont inscrites dans la constitution même de l'Union. En France, parce que quelle que soit la couleur du
gouvernement c'est Bruxelles qui décide des grands équilibres. Il y a fort à parier qu'un PS revenu au pouvoir (ou n'importe quel mouvement de gauche ou de droite qui ne rejetterait pas l'Union
européenne, ce qui inclut le NPA aussi bien que le FN ou le Parti de gauche...) se heurterait immédiatement aux mêmes oukazes budgétaires de la part de la Commission que Nicolas Sarkozy.
</p>
<p>
Rien de réjouissant à ce constat. Krugman conclut : <em>America is now on the unlit, unpaved road to nowhere ; l'Amérique est sur une route défoncée et assombrie, en direction de nulle
part...</em>
</p>
<p>
</p>
<p>
<em> </em>
</p>
<p>
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-vacances-54914445.htmlVacances2010-08-04T11:46:05Z2010-08-04T11:43:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
Blog en repos jusqu'au 23 août. A bientôt !
</p>
<p>
</p>
<p>
<img height="487" width="500" src="http://img.over-blog.com/500x487/0/11/19/18/2010/plongeon.jpg" alt="plongeon.jpg" class="CtreTexte">
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-hommage-a-nicolas-sarkozy-54516662.htmlHommage à Nicolas Sarkozy...2010-07-28T12:45:56Z2010-07-27T01:22:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
Oui c'est une blague. Mais pas complètement.
</p>
<p>
Notre bon président a en effet chargé Lionel Stoleru, en juin dernier, d'une mission de réflexion sur les déséquilibres du commerce international.
</p>
<p>
Lionel Stoleru, rappelons-le, souligne depuis un moment les limites du libre-échangisme actuel (cf. mon commentaire sur <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-33018942.html">un article
qu'il signait en juin 2009</a>).
</p>
<p>
Le mois dernier, l'ancien ministre récidivait dans un article publié par le Monde, où il écrivait ceci :
</p>
<p>
"<em>L'Europe va-t-elle enfin reconnaître que ses problèmes viennent plus de la Chine que de la Grèce ? L'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a eu la sagesse d'accueillir la Chine en
2001, est-elle capable d'engager avec elle un dialogue constructif ? Le prochain G20 de Séoul voudra-t-il bien y consacrer plus que cette seule et unique ligne du précédent G20 de Pittsburgh
refusant le protectionnisme ? Le temps passe, le chômage augmente en France, en Europe, en Occident, et ce n'est plus la faute des subprimes.</em>"
</p>
<p>
C'est donc à ce Lionel Stoleru que notre président <a href=
"http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2010/juin/lettre-adressee-a-monsieur-lionel-stoleru.9247.html?search=Stol%C3%A9ru">a demandé</a> d'éclairer la préparation de
la position de la France au prochain G20.
</p>
<p>
Dans la lettre de mission de Lionel Stoleru je vois une ruse et une bêtise. Voilà le passage en question :
</p>
<p>
"<em>Comme il est évident que des déséquilibres de grande ampleur ne peuvent se résoudre, ni par des changements de parités monétaires, ni par des normes sociales ou environnementales, ni a
fortiori par un retour en arrière au protectionnisme, il y a place pour l'établissement en commun d'un diagnostic partagé sur l'évolution des échanges Orient-Occident, et pour la recherche de
solutions ou de régulations définies d'un commun accord dans une conception de développement mondial équilibré à moyen terme.</em>"
</p>
<p>
</p>
<p>
Le lecteur pressé peut se dire que voilà M. Stoleru bien entravé : la première moitié de la phrase semble indiquer qu'il n'a pas le droit de réfléchir à des ajustements de parités (pour lesquels
Stoleru plaidait en juin 2009) ni à des normes sociales. En réalité, en ajoutant "<em>ni a fortiori par un retour au protectionnisme</em>", l'Elysée a l'air de suggérer qu'il faudra bien imposer
à nos interlocuteurs de choisir le moindre des deux maux, et ainsi d'accepter des normes sociales, ou environnementales, ou des ajustements de parités.
</p>
<p>
Voilà à mon sens pour la ruse.
</p>
<p>
La bêtise, elle, est dans la stratégie d'affrontement Orient-Occident clairement désignée par l'Elysée.
</p>
<p>
Il faut en effet rappeler que le yuan chinois n'est pas sous-évalué parce que le chinois est vil. Le yuan est dévalué parce qu'il est <strong>lié au dollar</strong>.
</p>
<p>
Pourquoi donc devrions-nous accepter d'être inclus dans le camp américain alors même qu'une bonne partie de nos problèmes économiques viennent de l'incurie de la gestion américaine, rendue
possible par le privilège de la monnaie de réserve internationale ?
</p>
<p>
On peut donc atendre, pour le G20, quelques propositions intelligentes et originales de notre bon président, via Lionel Stoleru. Elles seront limitées au sens où elles ne remettront pas en
question la gestion américaine de la crise. Mais ça pourrait être suffisant pour repositionner Sarko face à DSK dans le domaine économique, en occupant le terrain de la défense de l'emploi, que
la gauche lui a laissé. Pardon, que la gauche a laissé aux espoirs d'une Europe sociale non définie...
</p>
<p>
</p>
<p>
<em>Post scriptum</em> : A l'heure actuelle j'envisage plus facilement de me couper un bras que de voter Sarkozy. Ca ne m'empêche pas de reconnaître que l'homme est un animal politique fort
habile, qui est très capable, avec quelques propositions du type de celle que j'évoque ici, de faire oublier son absence quasi-totale de bilan. Au passage je souligne la nullité absolue de
l'opposition de gauche, bien incapable de faire valoir une quelconque alternative.
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-copinage-pour-gaza-54404131.htmlCopinage pour Gaza2010-07-24T19:00:10Z2010-07-24T17:34:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
Reçu récemment d'Olyvier, commentateur épisodique de ce blog (il voyage beaucoup), un lien vers une vidéo YouTube. Olyvier me présente cette vidéo ainsi :
</p>
<p>
[...] <em>J'avais vu un film que je trouvais à la fois bien fait, correct, et très émouvant, sur Al Jazeera quand j'étais en voyage. J'en avais oublié le titre et j'ai eu quelques difficultés à
le retrouver, l'actualité l'ayant mis au rencart des "ranks" google ou youtube. Il s'agit de "Gaza, we are coming" - l'histoire d'une petite expédition qui a vaincu le blocus il y a deux
ans.</em><br>
<em>Sur youtube le film est divisé en quatre. Si tu n'as que peu de temps à consacrer à cela, reporte toi directement à la quatrième partie, très émouvante.</em> [...]
</p>
<p>
<em>Si tu peux prendre les dix minutes que ça demande, et peut-être les relayer sur ton blog. Je te précise que l'homme grec est un militant de gauche, universitaire, et l'américain un ancien
soldat US. Et les enfants, et les jeunes, et les hommes de Gaza... si tu voyais cela ! Le peuple de Gaza se massant sur les berges, ou prenant toutes ses barques pour aller à la rencontre du
bateau grec, les gosse sautant dans l'eau... Et quand l'ancien soldat dit "everything that I have done... It's enough..." Ca me tire à chaque fois des larmes d'émotion.</em><br>
<em>Pardon d'insister, pardon de "pousser".</em><br>
<em>(et je crois que ce n'est pas pour rien que ce film n'est pas connu en France, et même dans les milieux palestiniens)</em><br>
<em>tu me diras.</em>
</p>
<p>
</p>
<p>
J'ai donc vu les vidéos en question (ci-dessous). Elles valent vraiment la peine d'être vues, je crois qu'elle dénouent quelque chose dans la vision que l'on peut avoir du conflit
israélo-palestinien.
</p>
<p>
</p>
<p>
L'expédition a eu lieu en août 2008, où deux petits bateaux grecs embarquant 44 activistes de 17 pays ont réussi à aborder à Gaza malgré les difficultés - première arrivée d'un bateau à Gaza
depuis 1967.
</p>
<p>
Pour le spectateur occidental, on voit des gens "normaux", occidentaux, américain, grec, irlandais, israélien, visiblement éduqués, embarqués pour un bateau sur Gaza et arrivant à forcer le
blocus.
</p>
<p>
Les activistes ont tellement été assimilés à des terroristes, à des islamistes fanatisés qu'on est étonné de se retrouver comme en famille, avec des gens insistant simplement sur leur proximité
avec ceux de Gaza.
</p>
<p>
Ces militants racontent, simplement, leur volonté de ne pas oublier les gens de Gaza, de ne pas les abandonner à leur sort. La façon dont différents militants racontent les raisons de leur choix
moral est émouvante de simplicité.
</p>
<p>
</p>
<p>
<img src="http://idata.over-blog.com/0/11/19/18/pipe.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="178" alt="pipe.jpg">
</p>
<p>
</p>
<p>
Et l'on voit les gens de Gaza, les enfants, sauter dans l'eau pour accueillir joyeusement leurs visiteurs - qui n'apportent rien, que de la considération.
</p>
<p>
Très peu de mention d'Israël, pas d'ennemi jeté en pâture à la détestation (juste, fugitivement, une roquette tombant dans la nuit, pour rappeler le contexte).
</p>
<p>
Le spectacle d'une humanité réunie est, à soi seul, un message (peut-être est-ce là la raison de la faible notoriété du film mentionnée par Olyvier au sein des milieux palestiniens : le film
n'est pas <em>militant</em>. Il n'en est que plus fort.)
</p>
<p>
Comme le dit un moment un ancien président de l'assemblée nationale de Chypre, Vassos Lissaridis, qui a aidé au départ des bateaux vers Gaza depuis Chypre : "<em>Bien souvent l'histoire est
écrite par ceux que les sages et les prudents appellent "irréalistes". Les irréalistes sont ceux qui font l'histoire.</em>"
</p>
<p>
</p>
<p>
<img width="300" height="181" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" alt="unreal.jpg" src="http://idata.over-blog.com/0/11/19/18/unreal.jpg">
</p>
<p style="text-align: center;">
<span style="font-size: 8pt;"><strong><em>Vassos Lissaridis</em></strong></span>
</p>
<p style="text-align: center;">
</p>
<p style="text-align: justify;">
<span style="font-size: 10pt;"> C'est sous-titré en anglais. Je confirme le message d'Olyvier : ça vaut la peine d'être vu (et effectivement, la quatrieme partie est la plus importante et se
suffit à elle-même). </span>
</p>
<p style="text-align: justify;">
<span style="font-size: 10pt;">Faites passer !</span>
</p>
<p style="text-align: justify;">
</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<div>
<p style="text-align: center;"></p>
<div>
<span style="font-size: 10pt;"><strong><em><object type="application/x-shockwave-flash" height="350" width="425" data="http://www.youtube.com/v/RZvdZSo_mg0">
<param name="data" value="http://www.youtube.com/v/RZvdZSo_mg0">
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</object></em></strong></span>
</div>
<p style="text-align: center;">
</p>
<div>
<p style="text-align: center;"></p>
<div>
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</div>
<p>
</p>
<div>
<p style="text-align: center;"></p>
<div>
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</object>
</div><br>
<span class="title"> </span>
</div>
</div>
<div>
<p style="text-align: center;"></p>
<div>
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</div><br>
<span class="title"> </span>
</div>
<p>
</p>
</div>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p>
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-l-esprit-de-philadelphie-la-justice-sociale-face-au-marche-total-alain-supiot-53053685.htmlL'esprit de Philadelphie, la justice sociale face au marché total. Alain Supiot2010-07-21T00:05:08Z2010-07-20T21:44:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
<img src="http://idata.over-blog.com/0/11/19/18/2010/supiot.jpg" class="GcheTexte" width="300" height="300" alt="supiot.jpg">Un article d'Alain Supiot, professeur de droit, sur <a href=
"http://www.lalettrevolee.net/article-16287585.html">l'économie communiste de marché</a> dans laquelle nous vivons m'avait bien plu.
</p>
<p>
Il décrivait cette notion ainsi : "<em>ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme
la "démocratie limitée", l'instrumentalisation du droit, l'obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés</em>".
</p>
<p>
</p>
<p>
J'ai donc acquis son dernier ouvrage sans hésitation et n'ai pas été déçu. Son introduction est de très bonne facture et se place à un niveau quasi philosophique.
</p>
<p>
Pour lui, nous revenons actuellement à la sauvagerie des deux guerres mondiales et de la période intermédiaire, dont la caractéristique est d'appliquer aux hommes "<em>les mêmes calculs
d'utilité et les mêmes méthodes industrielles qu'à l'exploitation des ressources naturelles</em>".
</p>
<p>
Deux rappels sur la dureté des années 30 : "<em>Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture du déchet humain.</em>" (Hitler). Cette citation n'étonne pas. Ce
deuxième rappel est moins attendu : "<em>Dans les années 1930, la biologie et l'anthropologie raciale avaient partout pignon sur rue et, à la notable exception du Royaume-Uni (où le Parlement
résista à la propagande scientiste), tous les pays protestants adoptèrent des lois eugéniques</em>".
</p>
<p>
Supiot défend ensuite le droit, comme instrument garantissant les libertés : ni l'état nazi ni le régime soviétique n'étaient des états de droit.
</p>
<p>
C'est d'ailleurs en partie pour cela qu'au sortir de la deuxième guerre mondiale plusieurs textes essayèrent de donner une base juridique à des principes humanitaires - déclaration universelle
des droits de l'homme au premier chef, déclaration de Philadelphie en matière sociale.
</p>
<p>
La déclaration de Philadelphie faisait notamment de la justice sociale "<em>le but central de toute politique nationale et internationale</em>". L'ouvrage s'attache à montrer à quel point cet
objectif est oublié.
</p>
<p>
</p>
<p style="text-align: center;">
*
</p>
<p>
Le premier motif cité par l'auteur pour expliquer la prime actuelle au profit, en tout cas en Europe, est l'élargissement de l'Union intervenu après 1989. Au lieu d'investir pour remettre à
niveau les pays de l'est, on a laissé faire le marché en ouvrant une formidable usine à <em>dumping</em> social à l'échelle européenne.
</p>
<p>
Comme juriste, Supiot donne un éclairage supplémentaire : les juristes et hauts fonctionnaires de l'est, qui ont présidé à l'élargissement, étaient habitués à voir dans le droit un simple
instrument. Ils n'ont donc eu qu'à remplacer la finalité (la conversion libérale à la place de l'édification du communisme) et à continuer à procéder avec une indifférence absolue à l'égard des
populations.
</p>
<p>
De fait, les pays de l'est ont pu aller encore plus loin que l'ouest dans la construction de ce que Supiot appelle une république des affaires (traduction qu'il propose pour le terme de
<em>corporate republic</em> forgé par Galbraith).
</p>
<p>
Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que cette primauté de la loi du profit s'acclimate en France : depuis 2007 selon Supiot, les avocats d'affaires y ont remplacé les énarques au
gouvernement (on notera que dans le même temps un énarque, promu en quelque sorte au rang de sous-avocat d'affaires, a remplacé un médecin à la tête de l'Assistance Publique-Hopitaux de Paris).
</p>
<p>
L'auter souligne enfin que l'Union européenne, avec à sa tête de nombreux dirigeants ex-maoistes (à commencer par Barroso), a une grande facilité pour se passer de l'avis des masses qu'elle
entend bien éclairer, fut-ce contre leur gré.
</p>
<p style="text-align: center;">
*
</p>
<p>
Au chapitre suivant, découvre comment le droit social qu'entendait fonder la déclaration de Philadelphie a été déconstruit philosophiquement avent de l'être en pratique. Il fait un
parallèle (trop rapide malheureusement) entre la déconstruction derridienne, qui entend tout ramener à des désirs individuels, et la déconstruction du droit social. Le droit social en effet
n'accordait aucun crédit au consentement donné par le salarié à un patron en position de force. La justice sociale déconstruite ne voit dans la relation patron/salarié, de façon illusoire, qu'une
simple relation entre deux individus égaux.
</p>
<p>
</p>
<p>
<strong> Tout droit collectif se voit ainsi déconstruit en droits individuels :</strong>
</p>
<p>
</p>
<p>
- le droit du logement devient droit opposable (par un individu) au logement ;
</p>
<p>
- les prélèvements obligatoires, au profit d'un collectif public sont intolérables mais les prélèvements privés au titre de la protection intellectuelle sont devenus sacrés ;
</p>
<p>
- le travail du dimanche et le travail de nuit des femmes cassent la vie familiale mais les parents deviennent individuellement responsables de leurs enfants, à peine de suppression des
allocations ;
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- le travail se précarise à grande vitesse mais les lois protégeant la discrimination se multiplient : ce qui touche l'ensemble des individus, même pour le pire, est légitime, mais pas ce
qui risquerait de singulariser/stigmatiser le moindre des individus.
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Dans le même temps, les institutions considérées autrefois comme égalitaires sont privatisées au profit des élites (les hôpitaux publics ferment dans les campagnes mais Paris conserve ses grands
hôpitaux publics de prestige ; même chose pour les lycées).
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La machine. Dans son troisième chapitre, Supiot montre comment l'humain s'est transformé de fin en moyen - y compris juridiquement. Plus de notion de dignité ou de liberté dans le préambule
des accords de Marrakech créant l'OMC, contrairement aux valeurs qu'affirmait la charte de Philadelphie.
</p>
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A l'échelle internationale, la course est à l'efficacité de court terme maximale, mesurée en termes monétaires.
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Et cette course a sa traduction dans des instruments tels que les indicateurs <em>Doing Business</em> de la Banque Mondiale, qui donnent des bons points aux pays qui réduisent le plus leur
couverture sociale et réduisent au minimum les "charges sociales".
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L'Union européenne contribue (bien entendu) à cette spirale destructrice (cf. cette citation sur <a href=
"http://www.lalettrevolee.net/article-l-union-europeenne-democratie-limitee-53335365.html">l'Europe hayekienne</a>). L'auteur donne des exemples de <a href=
"http://www.lalettrevolee.net/article-darwinisme-normatif-53338396.html">jurisprudence</a> mais renvoie aussi à la méthode ouverte de coordination, qui permet à l'Union européenne de
préselectionner les lois les plus antisociales dans l'éventail juridique de chacun des pays membres.
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Le chapitre quatrième montre en quoi le monde souffre d'une maladie qui transforme lieux, hommes et choses en items quantifiables (on cherche ainsi à quantifier "l'attractivité"
d'une ville par le nombre de ses jardins publics/cliniques/bancs/maison de retraite etc.) Dans des développements passionnants, où l'on retrouve l'Union européenne à la pointe du combat pour la
déshumanisation du monde, à grand coup de méthode ouverte de coordination, Alain Supiot cite Alexandre Zinoviev. On découvre qu'il est parfois bon d'écouter les anciens de l'Europe de l'est qui
expliquent que l'Union européenne a repris certains des travers les plus insupportables de l'ex-URSS.
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<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x50ehg_union-europeenne-la-nouvelle-union_news">Union européenne : la nouvelle union soviétique ?</a></strong><br>
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Après le diagnostic, Alain Supiot en vient aux remèdes. Une courte introduction de sa deuxième partie donne une clé : il faut en finir avec l'idée d'une régulation, qui revient à laisser
la main aux marchés pour qu'ils s'organisent, et reparler de réglementation. La loi qui s'impose aux marchés est forcément contestée par les marchés car elle refuse leur logique : il n'y a pas à
attendre une reconnaissance des marchés pour légiférer.
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De façon plus générale, il faut renouer avec l'idée que la loi s'oppose aux volontés, que la loi est une institution, pas un objet de désir. L'auteur cite un bref passage d'une décision de
la Cour de justice des Communautés européennes (Christine Goodwin c/ Royaume-Uni), dans laquelle les juges proclament "<em>le droit pour chacun d'établir les détails de son identité d'être
humain</em>". Autant écrire qu'il n'y a plus d'identité. Supiot cite Pierre Legendre : "<em>Infliger au sujet d'être pour lui-même le Tiers, c'est non pas le libérer, mais l'écraser, transformer
<strong>politiquement</strong> les relations sociales en foire d'empoigne, sous le masque d'un discours de séduction généralisé</em>".
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Supiot ne cite pas Zygmunt Bauman mais l'esprit y est. Dans un monde qui veut tout fluidifier, on édifie de lourds paravents derrière lesquels on cache ceux qui auraient bien besoin de
stabilité (en Union européenne, Frontex est l'institution méconnue chargée de policer les sauvages, extérieurs à notre paradis sans frontières <em>internes</em>).
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<strong>Cet état de fluidification du monde n'est pas moderne, en réalité il est fortement régressif.</strong> Alain Supiot montre bien que dans le cadre d'un état souverain, la loi vaut
pour tous, également.
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(sur le rôle protecteur de l'état souverain, lire sa définition de la <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-souverainete-53590604.html">souveraineté</a>).
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Dans l'état gazeux actuel, où tout est mou, chacun tente, pour son propre compte, de se rattacher à un point, à une ancre, à une sorte de suzerain féodal (citation de Jean-François Lemarignier,
médiéviste : "<em>tant que le souverain est titulaire d'un pouvoir suprême, qui peut s'exercer directement sur tous ses sujets, le suzerain n'a de prise directe que sur ses propres vassaux et non
pas sur les vassaux de ses propres vassaux</em>").
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Le droit des affaires aujourd'hui s'occupe beaucoup de régir un nombre croissant de liens d'allégeances entre filiales, sous-traitants, prestataires, etc. On s'affaire de plus en plus à chercher
un responsable insaisissable.
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Supiot suggère plusieurs méthodes pour reconstruire un monde habitable parce que stable et régi : limiter le libre échange, pour favoriser ce qu'il appelle la concurrence des
entreprises, non celle des systèmes juridiques (où gagne systématiquement le moins-disant, lire sa description du <a href=
"http://www.lalettrevolee.net/article-darwinisme-normatif-53338396.html">darwinisme normatif</a>). Encourager les actionnaires de long terme d'une entreprise, ceux qui accompagnent sa stratégie,
pas les prédateurs de court terme qui vendent à la moindre inflexion des résultats trimestriels.
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<p>
Enfin, au sein de l'Union européenne, il faut que les cours constitutionnelles européennes sachent renvoyer la Commission dans ses cordes. Supiot rappelle cet arrêt, trop passé sous
silence, de la Cour constitutionnelle allemande invitant l'Union, affligée d'un "<em>déficit structurel de démocratie</em>" à ne pas "<em>outrepasser les compétences qui lui ont été
octroyées</em>".
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Dans un chapitre sur les dangers de la <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-quantification-53478788.html">quantification</a>, un exemple retient l'attention : en imposant
indistinctement le taux de scolarisation des enfants comme un indicateur de développement, les indicateurs du développement humain ont conduit à ce que des enfants, qui apprenaient à travailler
aux côtés de leurs parents, se sont retrouvés entassés dans des hangars surpeuplés où un enseignant fait de la figuration. Les références à d'autres ouvrages ont l'air fort intéressantes.
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Plus loin, des développements juridiques essaient de trouver dans la notion de <em>capacité</em> juridique un instrument de rééquilibrage dans les relations employeurs/employés. Un contrat
n'est viable que si les deux parties sont en capacité d'en comprendre les implications et libres de l'accepter. Un contrat de travail aux conditions lamentables imposé par la pression de la
pénurie d'emplois préserve-t-il la capacité des contractants ? On est là dans des débats qui deviennent techniques, avec une distinction abordée entre capacité et <em>capability</em>
anglo-saxonne dont la portée n'apparaît pas immédiatement.
</p>
<p>
Il faut en passer par exemple par la notion de capacité collective : là où les salariés seuls sont fragilisés face à leurs employeurs, ils retrouvent une marge de négociation dans le cadre de
négociations collectives.
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Malheureusement ces cadres collectifs aujourd'hui disparaissent et les salariés sont isolés face à des employeurs de plus en plus fuyants et difficiles à identifier : donneurs d'ordre lointains,
maison-mère éloignée etc.
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<p>
Une notion de capacité en tout cas bien plus prometteuse que celle, en vogue aujourd'hui dans les institutions européennes, <em>d'employabilité</em>. On voit bien toute la différence entre la
capacité et cette dernière notion où le travailleur n'est que chair à canon.
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L'isolement des salariés est lié à l'irresponsabilité croissante des entreprises. Les grands groupes s'organisent en effet pour n'être engagés en rien vis-à-vis de personne, en filialisant
et délocalisant à tour de bras (Supiot donne l'exemple des naufrages de navire pétroliers, où l'on s'aperçoit généralement que les seuls responsables identifiables sont des intermédiaires sans
poids véritable).
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<p>
Les seules responsabilités que les grands groupes acceptent sont celles qu'ils choisissent et mettent en valeur à travers la notion publicitaire et mensongère de <em>responsabilité sociale
de l'entreprise</em>.
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Pour limiter cette politique d'organisation de leur irresponsabilité, l'auteur suggère de réintroduire de la solidarité au sens juridique du terme : tous les intermédiaires de la chaîne de vente
d'un produit devraient être indifféremment et solidairement responsables du bon respect d'obligations sociales minimales. De la même façon que les Etats-Unis ont su imposer, dans le cadre du
naufrage de l'Exxon-Valdez, que la responsabilité de l'opérateur, du propriétaire du navire et de l'affréteur soient engagées, la responsabilité du vendeur d'un produit devrait impliquer qu'il
rende compte aussi des conditions de fabrication de ce produit.
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<p>
<strong>Dans une comparaison brillante, l'auteur montre que le système de marché sait parfaitement s'intéresser aux conditions de production d'un produit lorsqu'il s'agit de protéger des droits
de propriété intellectuelle. Il devrait en être de même avec la défense des droits sociaux !</strong>
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<p>
L'auteur fragilise sa position, ou introduit un élément de réalisme, lorsqu'il cite plusieurs arrêts de la Cour de Justice des Communautés européennes, de 1993, 1995 et 1996 qui
semblent reconnaître une valeur juridique à la notion de solidarité. On peine évidemment à en voir les effets, et le lecteur se demande alors si le Droit seul peut permettre d'obtenir des
conquêtes sociales. Sans le soutien d'une volonté politique forte, quelques affirmations de principe ne peuvent que rester lettre morte.
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<p style="text-align: center;">
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</p>
<p>
Un dernier chapitre évoque les moyens d'organiser la solidarité. De façon interne, Supiot prône une mutualisation totale du financement - prélèvements par l'Etat, et des dépenses assurées
par des mutuelles. Les mutuelles sont recommandées au terme d'une réflexion sur le fait que l'Etat est éloigné alors que les mutuelles sont plus souples et plus proches - remarque plus juste sans
doute que bien des développements vaseux sur le <em>care</em>. Dans l'ordre international, il serait nécessaire de cesser de faire jouer une concurrence à la baisse des systèmes de protection
sociale, y compris à l'échelle européenne - lire cette citation sur <a href="http://www.lalettrevolee.net/article-le-moins-disant-fiscal-encourage-par-l-union-europeenne-53336342.html">la
concurrence fiscale encouragée par l'Union</a>.
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En conclusion, que retenir de cet ouvrage ? D'abord il est riche et passionnant. Il montre qu'une pensée moderne et actuelle de la solidarité est possible, conduisant à un ensemble
cohérent de règles et de dispositifs dans des domaines tels que le droit du travail ou le commerce international. Par constraste avec le paysage qu'il dessine, la réalité n'en apparaît que plus
brutale. On manque aujourd'hui des moyens, des leviers, nécessaires à un retour à cet Esprit de Philadelphie qui avait tenté de mettre le droit au service des plus fragiles... Alain Supiot
suggère qu'une Europe bismarckienne pourrait jouer ce rôle. Je n'attends évidemment rien de tel. Je crois plus probable que la Chine mette en place une protection sociale correcte, en attendant
que la France puisse reconstruire la sienne.
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Mais ceci est une autre histoire, qui n'était pas l'objet de ce livre dense et utile, ni de ce résumé.
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</p>http://www.lalettrevolee.net/article-souverainete-53590604.htmlSouveraineté2010-07-15T22:33:42Z2010-07-07T22:27:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
La figure cartésienne de l'individu libre de toute attache n'a pu se développer que sous l'égide d'un état souverain (le <em>cogito</em> de Descartes vient quarante ans après que Bodin a fait la
théorie de la souveraineté). Elle ne peut prospérer en effet que si la condition des personnes relève de lois générales et abstraites, uniformément applicables à tous. Dès lors que la condition
de chacun se met à dépendre de sa position dans un réseau plus ou moins dense de liens contractuels, l'autonomie de la volonté individuelle ne peut que décliner. Là où l'Etat disparaît ou se
corrompt, l'illusion de la souveraineté individuelle se dissipe : il faut faire allégeance à plus puissant que soi pour accéder à un minimum de sécurité ou de liberté. Réapparaît alors une
situation bien connue des sociétés traditionnelles, dans laquelle l'importance de chacun se mesure au nombre de ceux sur qui il peut compter.
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<p style="text-align: right;">
Alain Supiot, L'Esprit de Philadelphie
</p>http://www.lalettrevolee.net/article-quantification-53478788.htmlQuantification2010-07-05T21:20:53Z2010-07-05T21:08:00ZEdgarhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-42143.html<p>
"<em>...les indicateurs de politique publique procèdent de la même démarche dogmatique que celle des indicateurs de la planification soviétique et sont gros des mêmes effets : orienter l'action
vers la satisfaction des objectifs quantitatifs plutôt que vers des résultats concrets et masquer la situation réelle de l'économie et de la société à une classe dirigeante déconnectée de ceux
qu'elle dirige.</em>
</p>
<p>
<em>La représentation chiffrée du monde qui gouverne aujourd'hui la gstion des affaires publiques et privées enferme les organisations internationales, les Etats et les entreprises dans un
autisme de la quantification qui les coupe de plus en plus de la réalité de la vie des peuples</em>"
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<p style="text-align: right;">
Alain Supiot, l'Esprit de Philadelphie
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<p style="text-align: right;">
</p>
<p style="text-align: left;">
Juin 2010 : le gouvernement français annonce la fermeture des services de chirurgie qui réalisent moins de 1500 actes par an. Cette décision chiffrée permettra à la France de rentrer dans
les critères dits de Maastricht, jugés imbéciles par certains européens des plus fervent (Mario Monti). C'est indispensable pour calmer les marchés financiers qui exigent le respect des
équilibres financiers (et ils s'y connaissent en matière d'équilibre).
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<p style="text-align: left;">
Les habitants des campagnes qui vivent loin d'un hôpital pourront toujours pleurer sur un temps où la France avait encore une notion de l'aménagement de son territoire...
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