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Samedi 19 avril 2008
Certes, avec internet on ne peut pas emballer le poisson.

Il reste que sur internet les journalistes sont plus libres. Libres de ne pas faire semblant de transformer leur avis en faits établis.

Ainsi de cet article de bakchich sur la réforme des hopitaux : de la m... libérale, point, et c'est fort bien expliqué. Comparé à l'article contourné du Monde, c'est beaucoup plus satisfaisant. La pauvre journaliste a rédigé un texte où l'on peut percevoir quelques défauts de la réforme, mais à la lecture duquel on est bien en peine de se faire une opinion sur quoi que ce soit tant il est vaseux et inspiré par des philosophies contradictoires.

Le débat c'est l'hopital est-il un secteur marchand ? La réponse est non et le premier article pose bien le problème, en y répondant pour son compte. Au Monde, chez les rois du robinet d'eau tiède, on a une première partie où c'est non, il y a trop de risques à se ranger à des critères marchands, puis une suite où l'on explique benoîtement qu'il faut aussi que l'hôpital public rentre dans la compétition... Beurk.

Voilà. Sur internet, on est pas obligé de plaire à tout le monde.

Article foutraque et un peu court, mais à verser au débat déjà long sur ce sujet presse papier vs web...



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Dimanche 13 avril 2008
Un article de Libé sur internet, anonce que Ségolène Royal a perdu un procès contre deux anciennes collaboratrices.

La version web explique assez bien que ces deux personnes ont obtenu le paiement de plusieurs mois de salaires non payés par la championne de la bravitude.

Mais les lecteurs de la version papier n'auront droit qu'à une version édulcorée, à la lecture de laquelle on se demande bien sur quoi a pu se prononcer la justice. Texte intégral, sous une rubrique intitulée "droit" (pas de politique dans cette info, c'est pas comme si un dirigeant socialiste se comportait comme le premier patron licencieur venu...) :

"La Cour d'appel de Rennes a donné raison hier à deux attachées parlementaires de Ségolène Royal, qui réclamaient le versement de plusieurs mois de salaires non payés. En 1997, après la dissolution de l'Assemblée nationale, Ségolène Royal avait licencié, comme tous les députés, ses collaboratrices attachées parlementaires."

Certes, mais peut être les autres députés avaient-ils pris soin de payer leur dû à ces licencié(e)s. Sans quoi on ne voit pas bien pourquoi ils n'ont pas, eux, été condamnés... Formidable travail d'investigation de la part de Libé...



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Vendredi 22 février 2008
Entedu ce matin Philippe Val pontifier sur Inter. Le but du jeu était d'expliquer que les parlementaires nonistes qui ont refusé la validation par le Congrès du TCE étaient des antiparlementaires.

Il leur reprochait notamment d'avoir un QI inférieur à celui d'une souris, qui, elle, est contente quand elle mange son fromage.

Donc le raisonnement de Val est qu'un parlementaire devrait être content de son salaire de parlementaire et se  réjouir systématiquement dès qu'on lui pose une question, même mauvaise. Je vois plutôt de l'antiparlementarisme de bas niveau chez Val, pas chez ceux qui se sont demandés s'ils étaient réellement compétents pour répondre à une question posée dans un autre cadre auparavant. Je rappelle à Philippe Val que même au président de l'association française des constitutionnalistes, Didier Maus, la réponse paraît douteuse. Mais il faudrait que les souris se contentent de leur fromage pour un petit QI. Je rappelle que lorsque Badiou évoque l'homme aux rats à propos de Sarkozy, on hurle à l'antisémitisme. Quid lorsque Val rapproche les parlementaires nonistes de souris ?

Ce n'est pas la première fois que des soixante huitards reconvertis dans la propagande libérale évoquent des arguments de bas étage : Cohn Bendit, à propos du référendum irlandais, s'était écrié "avec toutes les subventions qu'ils ont reçu de l'Union, ils ne peuvent pas voter Non". Voilà Cohn Bendit réduit à acheter les électeurs, sans s'imaginer qu'en plus d'un portefeuille ceux-ci pourraient bien avoir un cerveau.

Val m'avait aussi insupporté la semaine dernière, avec une chronique de dix minutes consacrée aux FARC, pour expliquer qu'ils n'ont pas de cerveau, qu'ils sont pires que totalitaires etc... Je ne suis pas ami des FARC. J'imagine cependant qu'ils ne sont pas nés terroristes totalitaires, et qu'il y a peut-être un contexte en Amérique du sud qui pourrait expliquer leurs actions. Val n'évoquait rien, aucun fait précis, juste des vociférations satisfaites pendant toute sa chronique - ça fait long.

Je n'ai jamais eu, à la radio, autant l'impression d'écouter de la pure propagande : des jugements de valeur enfilés les uns à la suite des autres, sans arguments, sans aucune finesse et avec le plus grand entrain. Colombani à côté sonne comme un journaliste d'investigation aguerri et endurci.

Bref, Philippe Val a atteint le nirvana de la presse : la position d'éditorialiste omniscient, apte à discourir sur tout et n'importe quoi avec la conviction la plus affirmée, en multicanal.

Il serait bon qu'il aille déployer sa satisfaction ailleurs que sur une chaîne de service public, où l'on est en droit d'attendre quelques faits et une certaine complexité dans la réflexion. Je ne sais pas si Demorand est libre du choix de ses invités. Il n'avait pas l'air choqué de ces platitudes. Il est tout de même autrement plus fin habituellement que son hôte du vendredi matin.




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Samedi 24 novembre 2007
Un titre du Monde au siècle dernier (le 10 novembre 2007, précisément), m'avait beaucoup irrité :  "L'ascension de l'euro accuse les faiblesses de la France".

Ben voyons ! Comme si, à l'époque, les signes du poids croissant de la mauvaise gestion de l'euro n'étaient pas déjà  visibles, et pas seulement pour la France. Même Quatremer s'en était alarmé au moins quinze jours avant  (le 2 novembre, tout seul, en fin d'article, il suggérait que peut-être la BCE devrait devenir raisonnable et ne plus toucher les taux. Le 9, il signale que Trichet a appelé à une stabilisation de l'euro).

Ca ne fait jamais que 12 à 24 mois que tous les signes sont là pour montrer que l'économie américaine est surendettée, déficitaire, mais que le gouvernement américain ne fera rien contre ; que l'euro n'a aucun rôle politique sur la scène monétaire internationale (même le Monde titre sur "L'euro, une monnaie dépolitisée" le 31 octobre dernier) et que donc ça ne va pas s'arranger aisément.

(pour un exemple très concret, un billet de blog sur les délocalisations soft de Michelin aux USA, et de BMW. Ca date déjà d'août.)

one.jpg

Mais non, comme il convient toujours et encore de rappeler
aux français l'inéluctabilité des réformes (toujours dans le même sens d'une vie plus dure aux faibles, rapport aux chinois etc...), il fallait que Le Monde titre sur la nullité de l'économie française même pas foutue de s'adapter à l'euro fort.

Petit problème, le Monde du samedi 24 novembre titre "Berlin s'inquiète, à son tour, de l'euro fort"... Et là, pas de commentaire condescendant sur la nullité de nos voisins.

Une question que l'on peut d'ailleurs se poser, est la suivante : ce retournement subit des allemands n'en dit-il pas plus long sur l'inanité d'une Europe politique que sur l'économie allemande ? Si la France et l'Allemagne ne sont pas foutues de s'accorder à deux sur une communication monétaire, n'est-ce pas, a fortiori, l'indice qu'à 15, et plus tard à 27, ça ne peut pas marcher ? Si les hommes politiques nationaux font des déclarations à usage interne, que ces déclarations sont en décalage temporel fort les unes par rapport aux autres, n'est ce pas le signe qu'il n'y a pas une opinion publique européenne, mais bien des opinions nationales, qui ont chacune une vie, un rythme, un tempo propre ; que la construction européenne a brusqué en voulant aller trop vite ?

Je referme la parenthèse. L'editorialiste du Monde du 24, qui, lui, est plus intelligent que la France et l'Allemagne réunies, conclut son papier par "l'euro fort n'a pas que des inconvénients" (la surdité n'a pas non plus que des inconvénients, elle isole assez bien des bruits du monde réel).

Bref, entre le 10 et le 24 novembre, le gros paquebot qu'est le Monde, commence à changer de direction sur l'euro. Encore 24 mois et il nous expliquera comment l'euro fort a continué à ralentir la croissance européenne dans la période 2003-2007...












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Jeudi 18 octobre 2007
Un courriel d'un journaliste CFDT me demande de relayer une pétition pour soutenir des "propositions pour une presse plus libre". Cette pétition émane de l'intersyndicale des journalistes.

Je relaie bien volontiers, après avoir signé ladite pétition (c'est pas moi qui ai signé Jean Craon, dame pipi, promis).

Quelques remarques :

1. Il s'agit, en gros, pour l'intersyndicale des journalistes, de demander deux choses :

        - que les rédactions aient un droit de regard sur la nomination de leurs chefs, et sur les changements de politique éditoriale,

        - que l'actionnariat des organes de presse soit publié et connu.

Si le deuxième point fait reposer la liberté de la presse sur un principe de transparence auquel je ne crois qu'à moitié, le premier est bien plus important. Il donne systématiquement à l'équipe rédactionnelle un droit de regard collectif sur le contenu du journal, renforçant la clause de conscience
(possibilité pour un journaliste de quitter un journal suite à un changement d'actionnaire en conservant ses indemnités), qui, elle, ne joue qu'individuellement .

Ici, la preuve est renversée : l'équipe rédactionnelle pourra rejeter, par vote, le projet rédactionnel d'un nouveau dirigeant qui ne lui plairait pas. Ce n'est pas tout le pouvoir aux soviets, mais cela vise tout de même à empêcher que l'actionnaire majoritaire d'un journal se sente propriétaire également de sa ligne éditoriale. A mon avis c'est déjà trop pour un Quatremer, et s'il passe un appel à signer cette pétition sur son blog, je lui offre un déjeuner lors de son prochain passage à Paris...


2. Même si ce projet est excellent, il reste encore timide (il y a encore de la marge pour une presse libre).

Si la possiblité de suspendre les aides publiques est évoquée pour faire appliquer les points précédents, rien n'est dit sur l'interdiction pour les groupes vivant de commandes publiques de posséder des organes de presse (si je me souviens bien, Bayrou avait pourtant inscrit une mesure similaire à son programme).

Et le texte évoque bien un statut d'entreprise de presse, mais pour le rejeter au profit d'une simple reconnaissance de la spécificité des entreprises de presse.

Dans l'histoire de Libé, de Pierre Rimbert, j'avais pêché cette citation de Jean Schwoebel, président au début des années 70, de la société des rédacteurs du Monde, qui souhaitait pour la presse un statut d'entreprise à but non lucratif, arguant que "seul un tel type de sociétés peut éloigner de la production de l'information les trafiquants, spéculateurs, marchands de papier et autres chevaliers d'industrie dont la presse, la radio et la télévision n'ont que faire".

3. Dans l'ensemble, face au multiples interférences de Sarkozy dans les diverses rédactions, face au projet de reprise hostile des Echos, face au possible débarquement forcé de Jean-François Kahn, il serait temps de renforcer les contre-pouvoirs au règne le plus brutal, et vulgaire, du pognon.

J'espère donc que vous serez nombreux, amis lecteurs, à signer cette pétition, et que les amis lecteurs-blogueurs prendront aussi le relais de cet appel à signatures ! Mouillez-vous, à grand coup de claviers !

(Si la gauche avait un leader, des idées, un projet, une éthique, des convictions, tout ça..., elle s'emparerait de ce sujet. Peut-être que le nouveau Libé pourra en dire deux mots aussi, entre deux papiers sur l'actualité heureuse...)


Ajout :

Libé, le 16 octobre, titre "les français veulent des médias indépendants". Extraordinaire façon de noyer le poisson pour Joffrin. Plutôt que de donner du détail sur la pétition, son contexte etc..., on a droit à un édito joffrinesque (titré "Combat", il faut bien voir que Joffrin est un vrai résistant, authentique), dans lequel on a une référence à Emile de Girardin - ça ne dérangera personne, mais rien sur la pétition.

Le papier sur le thème de l'indépendance, objet de la Une, commente un ... sondage, cette plaie de l'information sans couilles (à croire que, comme les politiques qui créent une commission pour enterrer une question difficile, les journaux qui veulent traiter d'un sujet délicat commandent un sondage), et les malheureux journalistes qui ont rédigé ce papier n'ont apparemment même pas pu glisser l'adresse internet de la pétition, juste évoquer le "combat mené depuis quelques mois par plusieurs syndicats et sociétés de journalistes qui demandent notamment l’inscription dans la loi de l’indépendance des rédactions". Pas question d'en faire plus, ça emmerderait sans doute les annonceurs...










 
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Dimanche 14 octobre 2007
Interrogé par Le Monde, Laurent Joffrin, humaniste ouvert, explique qu'il s'agit d'en finir avec la  sinistrose (Nous trouvions le journal anxiogène, tourné vers le côté sombre des choses).

Il a raison, après tout, Vive la crise ça ne date que de 1984, on a peut-être pas essayé assez de rigoler sur fond de "préparons-nous au pire, oui, à la guerre".

Va donc pour des pages d'actualité destinées à " apporter de la plus-value", et "mettre en relief les bonnes nouvelles ou les coups de sang". Youpi !

Rassurez-vous, lecteurs, Joffrin ne se soucie pas de votre humeur pour autant.

Ce qu'il souhaite c'est, comme l'écrit le Monde, non sans quelque délectation, "séduire les annonceurs".

Pour contribuer, moi aussi, à la formule de Libé, j'ai donc résolu de présenter mon projet de maquette :




Ca devrait plaire aux annonceurs, non ?




pdv-copie-1.jpg



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Jeudi 11 octobre 2007
escher.jpgDans sa chronique hebdo du 7 octobre, Eric le Boucher invite à lire Repenser l'égalité des chances, de Patrick Savidan, dont la problématique a l'air intéressante. Le débat a lpeut apparemment se présenter ainsi "faut-il se contenter de l'égalité des chances en matière de justice sociale, ou exiger plus ?" Mais peu importe. Ce qui m'intéresse c'est la présentation qu'en fait ELB (le livre est pour lui un prétexte : expédié en fin d'article et en deux trois phrases, le reste sert à faire mousser ELB).

Le Boucher nous apporte sa réponse en début d'article, avec une phrase que je trouve fascinante et vertigineuse , un peu comme un dessin d'Escher.

Voici : "l'individu doit être rétribué en fonction de ses talents, de ses compétences, de ses mérites, de ses efforts, et ainsi obtenir la vie qu'il désire".

Fascinant.

Si le Boucher s'était contenté d'écrire que l'individu est rétribué en fonction de ses "talents", mais que s'il a tiré le mauvais numéro à la naissance, pas de bol pour lui mais c'est la loi du marché, il passait pour un sans coeur. Et il devenait difficile d'écrire que chacun peut "ainsi obtenir la vie qu'il désire". En effet, si les revenus dépendent des "talents", terme proche de "dons naturels" (TLFI, Talent : Disposition donnée, aptitude, capacité physique ou intellectuelle pour réussir en quelque chose.), alors chacun ne peut obtenir que ce qui lui a été donné à la naissance.

S'il avait écrit, plus brutalement,  que l'individu est rétribué en fonction de ses efforts et qu'il peut ainsi obtenir la vie qu'il désire, il passait pour simplificateur, naïf, libéral vulgaire, car chacun sait que la vie n'est peut-être pas si mécanique.

Avec cet extraordinaire glissement du donné à  l'acquis, qui fait reposer les rétributions tout à la fois sur talents, compétences, mérites et efforts, le Boucher réussit à ne rien dire sur la justice du système. Ce qui compte c'est qu'on soit convaincu que le système est viable puisque chacun trouvera des justifications aux rétributions qui permettent d'obtenir la vie qu'on désire.

Au grincheux gauchiste ELB pourra concéder qu'en effet c'est un peu vache de rémunérer sur les "talents", au libéral abruti il pourra expliquer qu'il a mis l'accent sur le mérite, l'effort, tous les trucs qui font que les riches ont vraiment mérité de l'être, et que les pauvres sont vraiment des tire-au-flanc.

Cette habileté me fascine. Style virtuose et fond d'un vide abyssal. Voilà qui peut expliquer pourquoi le Boucher peut paraître talentueux lors même qu'au fond sa "pensée" est surtout toujours ambigüe, préféremment libérale parce que c'est bien porté en ce moment, mais possiblement néo-marxiste, keynésienne ou toute autre doctrine qui pourrait redevenir à la mode.





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Mardi 18 septembre 2007
Cet été, le numéro de Libé du 20 juillet se voulait ouvert : des plumes de droite signaient un bon nombre d'articles. Léger malaise pour le lecteur, qui s'aperçoit que ce n'est en réalité que très marginalement différent de ce qu'il lit tous les jours.

La clé de ce choix était dans l'édito de Joffrin. Pour lui, la ligne éditoriale de Libé c'est "un humanisme ouvert", dont les composantes seraient "tolérance et attention à la différence".

En gros, de la bouillie pour chats. Je ne vois pas bien, en quoi libé peut se distinguer du Figaro, sauf à demander au Figaro de bien vouloir se faire le défenseur d'un "anti-humanisme obtus".

J'avais aussi lu, dans le Plan B cet été, un extrait d'un courrier de Joffrin à Pierre Marcelle, tout empreint d'humanisme ouvert. Joffrin rappelait Marcelle à l'ordre sur deux points :

1) Le contenu de ta chronique est soumis par nature à la relecture du chef de service quelle qu'elle soit... Elle a droit de correction plein et entier, qu'il s'agisse ou non de censure. J'arbitrerai en cas de besoin.
2) Elle ne peut occuper une place supérieure en visibilité et en aura que celle de Schneidermann ou de Duhamel. Tu seras une sorte de Duhamel populiste... Il en faut. Mais pas plus, comme nous en sommes convenus. En tout état de cause, c'est la responsable des pages « Rebonds » qui doit trancher sous mon autorité. Un cours nouveau s'instaure à Libération : le temps de l'autogestion est terminé. Bien sûr, si ces conditions te paraissent insupportables ou draconiennes, le guichet est ouvert. Tel est mon avis, qui correspond à celui de la hiérarchie et de la partie raisonnable du journal...

Voilà donc. Humanisme ouvert à l'extérieur, caporalisme risible à l'intérieur. Grand chic.

J'étais donc curieux de voir ce que seraient les forums de Grenoble organisés par Libé, qui avaient été annoncés avant l'été comme destinés à repenser la gauche. Ca commençait bien, on y annonçait Rachida Dati, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Valérie Pécresse, Xavier Darcos, Fadela Amara et Laurent Wauquiez.

Humanisme ouvert donc. Mais pas ouvert à tout le monde quand même, puisque Judith Bernard le raconte sur le blog d'arrêt sur image, les présumés gauchistes étaient invités à sortir avant la fin des débats :

humanisme-ouvert.jpg Transport humaniste

Comme ça, on pouvait rester entre humanistes ouverts, j'imagine. Et ce matin, Libé concluait ces jours de débat en s'excusant du côté politique et national des débats, en posant que ce serait l'an prochain plus "international et culturel". C'est bien ce que je pensais : Europe et Opéra, voilà la fin ultime de l'humanisme ouvert.








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Lundi 9 juillet 2007
il a fallu agir, en prenant chaque jour le risque inhérent à tout changement : s'éloigner de notre identité en changeant trop ; manquer le mouvement du siècle en ne changeant pas assez.  Jean-Marie Colombani, Le Monde, 4 juillet 2007

C'est ainsi que Jean-Marie Colombani justifie son action à la tête du Monde : il lui fallait être in pour ne pas risquer de manquer ce fameux mouvement, le zeitgeist (traduire : prime aux restructurations financières sur les réflexions de fond, prime à la quantité de lecteurs sur la qualité des articles...)

Je soupçonne fort de nombreux pro-européens d'avoir peur de passer, eux aussi, à côté d'un mouvement inévitable et harmonieux, forcément harmonieux, contre lequel il n'est pas plus sérieux de vouloir se dresser que de vouloir faire pipi contre le sens du vent. Je dois dire qu'il m'arrive parfois d'imaginer que, peut-être, dans longtemps, mes enfants et petits-enfants trouveront ringard leur ancêtre qui a, un moment, eu l'idée de refuser les Etats-Unis d'Europe.

Peut-être en sera-t-il ainsi. Il me semble cependant que le fait d'accepter, une seule minute, de se convaincre que quelque chose est bon, parce que conforme à l'esprit du temps, est l'une des plus grosses fautes que quelqu'un d'exigeant puisse commettre.

Colombani n'a peut-être pas compris pourquoi il devait quitter Le Monde, en tout cas il l'a écrit.






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Lundi 2 juillet 2007
Un article ($) du New York Times revient sur les difficultés actuelles de Bush, ou plus particulièrement, du couple Bush / Cheney.

Aux USA, Cheney est mal car on commence à chercher qui  a engagé les Etats-Unis dans une guerre absurde à l'aide d'arguments truqués. L'article rappelle que bien des points susceptibles de faire scandale avaient été rendus publics longtemps auparavant. Par exemple, le fait que Bush a délégué  un nombre inhabituel de pouvoirs à son  vice-président, qui n'en a pas fait bon usage.

L'auteur s'interroge rapidement sur le fait que ces faits étaient "hiding in plain sight", cachés et pourtant visibles. C'est le principe de la lettre volée, cette nouvelle de Poe qu'il faudra décidemment que je relise un jour.

La presse a un grand rôle, c'est elle qui décide de reprendre ou pas une information. Quand un politique a la baraka, on lui pardonne, on oublie les faits gênants (Giesbert prend des notes sur Chirac mais ne les publie pas). Quand une valeur est à la baisse, tout est bon à prendre qui peut faire scandale (Giesbert sort un bouquin assassin pour Chirac).

Parfois, les journalistes craquent, comme cette journaliste américaine refusant d'ouvrir son journal avec une info sur Paris Hilton, préférant déchirer son papier (via l'excellent DeDefensa, voir la vidéo ici). Si la presse est nulle c'est parce qu'elle est tenue, non par une armée, mais par quelques chiens de garde, bien placés. Parfois il est possible de leur résister.

D'autres fois, l'idéologie est si forte qu'on peut penser que les journalistes délirent de leur plein gré. Par exemple, dans un article du Monde le 20 juin dernier (L'Occident veut renforcer M. Abbas contre le Hamas).

L'auteur de l'article rapporte que l'Union européenne veut reprendre son aide aux Palestiniens. Par parenthèse, c'est ce que la France avait défendu, seule, en mars dernier (j'avais relaté cela ici).

Miracle, l'UE change d'avis. Sans trop d'étonnement, ni d'explication, le journaleux du Monde écrit ceci : "Emboîtant le pas de l'UE, l'administration Bush a également annoncé, lundi, la levée des sanctions financières et diplomatiques imposées depuis plus d'un an au gouvernement palestinien."

Qui peut sérieusement croire que les Etats-Unis sont à la remorque de l'Europe ? L'Europe a baffé la France lorsque le timing n'était pas bon, et le jour où Condi décide qu'il est temps, une annonce conjointe est montée, qui permet au Monde de titrer sur l'Occident (voilà un concept qui ne nous rajeunit pas). (Hey Condi, don't forget to ask the europeans for some support. Sure Sir, I'll phone Barroso).

Voilà. Il y a les journalistes qui sont capables d'écrire sans se poser de questions que l'administration Bush emboîte le pas de l'UE, et les quelques autres. Ils sont trop rares ceux qui pointent les faits gênants, hiding in plain sight.










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Lundi 4 juin 2007

Ce titre en hommage à mes cours de compta : 609 - Rabais, ristournes et remises... Un compte que j'ai toujours trouvé follement poétique.



Je retombe sur des notes prises avant le premier tour. Un éditorial de Dominique Jamet dans France soir, le samedi 14 avril, intitulé l'Omerta. Il s'étonne du silence parisien et de l'hypocrisie entourant le statut matrimonial des trois principaux candidats à la présidentiellle :
 

« tel candidat pose-t-il avec sa femme sur fond de Pyrénées quand nul de ceux qui savent n’ignorent que depuis des années sa vraie vie est à Paris. » ; Pour un autre candidat pour qui la presse avait évoqué rupture puis retrouvailles, « une nouvelle fois la belle a fait ses bagages et planté son présidentiable de mari » ; le compagnon de la troisième serait enfin « l’heureux papa d’un bébé conçu et né en dehors du cercle étroit de la famille ».

Tout cela avait le mérite d'être presque clair, personne n'a repris. Sauf pour Sarko, par exemple dans « Paris Match, Cécilia et les rumeurs », de Daniel Schneidermann - Libération le 20 avril.

Schneidermann écrit alors : « Si […] l’épouse du favori de la présidentielle a bien quitté le domicile conjugal, il semble à la fois légitime et nécessaire que les médias nationaux en informent le public ».

L'épisode montre bien le côté pitoyable de ces considérations. Si Schneidermann est informé, et je ne doute pas qu'il le soit autant que Dominique Jamet, en écrivant sur Sarko, il tait les deux autres "faits", sans doute tout aussi vrais. S'il épargne et Bayrou et Ségolène, à deux jours du premier tour, c'est clairement pour nuire à Sarkozy, avec des arguments de bas niveau.

On voit bien ici, sous couvert de transparence, que l'intention des zorros en peau de lapin, qui se précipitent pour regarder sous les draps, est clairement manipulatrice. Pour un journaliste qui a fait carrière sur le dévoilement, c'est un peu dommage...

Schneidermann ne nie d'ailleurs pas l'incohérence de sa position - voir ici -, mais c'est qu'il a tellement envie d'en dire du mal, du livre de ses consoeurs !



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Lundi 28 mai 2007
Days Japan est un magazine japonais de photo reportages sur l'actualité dure. Il a été fondé par un journaliste japonais frustré de ne jamais voir passer ses photos les plus engagées. Deux exemples ci-dessous, la première est gagnante du prix organisé par la revue en 2007, l'autre est une moins bien classée mais que j'ai trouvée superbe.

hondos.jpg
Chris Hondos/Une nuit en Irak-fin d'une patrouille américaine

daysjapan.jpg
Altaf Qadri/Kashmir: Paradise in Pain
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Jeudi 24 mai 2007
Oui, c'est vulgaire.

Mais comment qualifier les trois pages de Libé ce matin, articulées autour d'un sondage tendant à démontrer que Ségolène reste la reine des sympathisants de gauche ?

Le sondage est le cache-misère des journalistes qui veulent se dissimuler derrière leur petit doigt.

Preuve : Joffrin, dans son édito, explique que les éléphants se doivent de ne pas toucher à Ségolène, car le sondage indique qu'elle reste la préférée des "sympathisants de gauche". En revanche, il n'hésite pas à écrire que "Contrairement à ce que dit ce sondage", Ségolène a une part de responsabilité dans la défaite.

De deux choses l'une : soit les sondages n'ont pas de valeur, et on n'en fait pas ses trois premières pages ; soit ils s'imposent et on les laisse parler. A la limite, les lecteurs peuvent très bien les commenter tout seuls. Si Joffrin voulait faire le bilan de la campagne Royal, qu'il le fasse, mais qu'il laisse tomber les sondages - surtout que le coup de "prenez Ségolène, avec ses sondages c'est la meilleure, on nous l'a déjà fait, on sort d'en prendre.

Les sondages sont donc une des mille ruses inventées par les journalistes pour faire passer leurs idées de façon subreptice.

M'est avis qu'ils feraient mieux d'afficher clairement la couleur, d'expliquer leur parti-pris, plutôt que de poursuivre un idéal absurde d'objectivité.

Le départ de Colombani, de ce point de vue, est réjouissant : il n'a pas su cacher jusqu'au bout qu'au fond, le seul candidat qui l'intéressait c'était lui-même (toujours plus de rachats, de titres, d'événements divers, peu de réflexion indépendante).

Sur ce sujet de l'objectivité journalistique, ils me font rire ceux qui ont dénoncé les recrutements de journalistes par Sarkozy : Comment, Catherine Pégard, du Point, et Myriam Lévy, du Figaro, partent à l'Elysée et à Matignon ?

Moi qui croyais que le Figaro soutenait Arlette et le Point Besancenot !
Il serait plus clair que, tout en respectant la vérité des faits, les journalistes assument clairement la sélection qu'ils présentent parmi les faits, ainsi que les interprétations qu'ils leur attribuent. Mais ne nous étonnons pas qu'ils aient quelques idées dans les domaines politiques, c'est le contraire qui serait inquiétant...

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Mercredi 28 mars 2007
Acrimed relate la façon délirante dont a été attaqué Pierre Bourdieu, accusé par Jean-Claude Milner d'être un antisémite. Pas beaucoup de protestations au Monde et à Libé : en période d'élections, il ne peut pas être mauvais d'assimiler toute gauche trop de gauche à de l'antisémitisme.

C'était de toute façon l'accusation sous-jacente de toute argumentation ouiste bien-pensante : noniste de gauche = rouge-brun.

Peu importe en la matière, une conclusion assez amusante d'Elisabeth Roudinesco, qui, certes, reconnait que Milner a eu tort : "Milner a regretté, dans un débat avec moi, cette parole contre le livre en question. Ne nous transformons pas en policiers de l’inconscient".

Donc on peut traiter n'importe qui d'antisémite à la radio nationale le matin, mais si on se confesse à une grande intellectuelle parisienne, cela vaudra absolution.

Je trouve la famille de Bourdieu digne, qui s'en tient à des protestations sans entamer de procédures judiciaires. Ca n'empêche pas de relever que le microcosme intellectuel parisien manque un peu d'ouverture et a tendance à penser que ses affaires ne regardent que lui. Ca pourrait être le cas, mais alors ne prenez pas la France à témoin... Ou alors, dites que les paroles n'ont pas de poids, de portée, n'engagent à rien, ce qui est un peu paradoxal pour des intellectuels.

Finalement, Milner qui s'en sortirait sans dommage, ne serait-ce pas l'équivalent du patron voyou qui n'aurait rien pendant que le voleur de mobylette part au bagne ?






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Lundi 26 mars 2007
Dans un Rebonds de Libé, ce matin, Joffrin confirme sa totale déconnexion d'avec le monde réel.

Il veut en effet "Réfuter la Bayrou attitude", en un article qui se veut respectueux du vote Bayrou mais passe à côté.

D'abord, il ne s'agit pas d'une attitude : c'est refaire aux électeurs de Bayrou le coup du mépris réservé aux nonistes en 2005. Joffrin suppose, comme le faisait remarquer un commentateur sur je ne sais quel blog, que Bayrou est une marque, un produit, pour lequel une bonne campagne de pub aurait permis un succès fugace et trompeur.

Donc, seuls les centristes ont le droit de voter Bayrou, les électeurs de droite et de gauche ne doivent pas sortir des clous : "si vous êtes de droite ou de gauche, votez selon vos convictions, pour votre famille politique. Au moins le scrutin sera-t-il sincère".

En effet, le programme de Ségolène, pour les gens de gauche, serait "plus social". Moi, je me souviens de ce qu'écrivait Jacques Julliard, dans Libé également, il y a une dizaine de jours : "Ségolène a changé cela: madame 20 euros a tenu d'emblée un discours socialement de gauche et économiquement de droite, selon le voeu de sa nouvelle clientèle." Je ne crois pas que l'on puisse avoir un programme économique de droite et social de gauche.

C'est se moquer du monde que de croire que des mesures sociales trouveront un financement correct avec une politique économique de droite. Je laisse Julliard se dépatouiller avec ce programme pour le moins hétéroclite ; je retiens que de l'avis même des ségolistes, Ségo a un programme que l'on ne peut que difficilement qualifier de "de gauche".

Joffrin s'enfonce ensuite en expliquant que Bayrou, Ségo et Sarko, finalement c'est bonnet blanc et blanc bonnet puisque tout le monde emprunte à tout le monde. Dans ce bazar, la seule planche de salut, comme un mât brisé qui flotterait à grand peine, c'est le clivage droite/gauche. Ouf, je dis clivage droite/gauche et la terre ferme enfin s'offre à mes pieds.

Quelle blague !

La réalité, M. Joffrin, c'est que la mondialisation amplifiée/répercutée par le jeu européen laisse très peu de marges de manoeuvres à un(e) président(e) de la République, quel qu'il soit.

Autant en prendre acte et voter pour celui qui annonce la couleur. Savoir que ce geste me sera pardonné par M. Joffrin si je daigne m'appeler "centriste", ou me sera reproché si je me dis "de gauche", me laisse finalement de marbre.

Il se trouve que de 1988 à 2002 (deuxième tour exclu...), j'ai voté exclusivement PS. Je devais être un centriste égaré. C'est grave M. Joffrin ?




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Mercredi 21 mars 2007
Le programme de Bayrou, sur bien des points, est plus à gauche que celui de Ségolène. Voilà qui est troublant.

Comme tous ceux qui vivent sur leur image "de gauche", qui est le seul moyen pour eux d'oublier que tout le reste - ou presque - est devenu "de droite", Libé se dépêche d'essayer de faire oublier cela.

Donc, haro sur le Bayrou !

Jugeons-en ce matin, Libé du 21 mars page 4, deux articles sur Bayrou et Royal dans les banlieues.

Bayrou d'abord.

Titre :  "Bayrou cultive son jardin banlieusard"

Tout est dit : c'est un plouc, qu'il reste dans sa campagne.

Chapo : "Il multiplie des déplacements très balisés, accréditant l'idée d'un engouement populaire."

"Accréditant l'idée" : c'est que des menteries, les media racontent n'importe quoi, faut-il comprendre (à croire qu'ils vont finir populistes à Libé).

Tout le reste est de la même farine, et Nathalie Raulin nous raconte que la visite de Bayrou a été préparée, horreur ! Elle s'attendait peut-être à ce que Bayrou se lève le matin, regarde la météo et décide d'aller à ici ou là en faisant plouf-plouf sur une carte ?

Il y aurait de quoi relever les petites incises fielleuses, les sous-entendus, les intertitres, bref ce papier est un chef d'oeuvre de parti-pris.

Royal ensuite.

Titre : "A Pantin, Royal affirme son droit de cité"

Là, plus question de jardin banlieusard, c'est Jeanne d'Arc redonnant de la francitude aux banlieues, ça sent la libération, le couronnement et les Droits de l'Homme.

Là où chez Bayrou les préparateurs des déplacements sont des vendus (genre le mec qui a déjà écrit un livre - traître à sa banlieue donc - qui fait venir ses copains et sa famille pour gonfler l'auditoire et canaliser la presse : le bouffon complet, l'idiot utile, le bidonneur), les préparateurs de Royal sont des éclaireurs (de l'avenir sans doute). On a donc Kamel, qui "arpente les quartiers" pour "faire remonter à la candidate les bruits du terrain".

Là, c'est étonnant, Royal, nous dit-on, est ovationnée à son départ. Mais personne pour suspecter une mise en scène avec les copains et les coquins du préparateur local. Pas de maire PCF garantissant que la visite de Bayrou n'est pas bidonnée, que la journaliste se dépêche de neutraliser par trois petits points dubitatifs et un "si même les communistes le disent" assez puant, pour faire rapide.

Bon, on rigole une dernière fois en comparant les intertitres :

Bayrou :

"un croyant qui respecte les croyants", "canaliser les médias"

Traduire : un catho manipulateur

Royal :

"sensible", "solution" et "labourage" (elle est jalouse du tracteur ?)

Associations d'idées : écoute maternelle, bienveillance, productivité



Si Libé continue une couverture aussi hallucinante, je fais grève jusqu'au 2ème tour.


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Vendredi 9 mars 2007
Nicola Sarkozy a annoncé la création de cette structure bizarre. Un ministère de l'immigration, pourquoi pas ? Un ministère de l'identité nationale pourquoi pas non plus, même si cela évoque de drôles de choses - vocabulaire emprunté à Le Pen - et si cela vient d'un homme qui a appelé à voter oui au TCE et veut le faire avaler sans référendum.

Mais lier les deux "dossiers" comme dit Sarkozy, comme si l'identité nationale n'était qu'une question de  tuyaux et comme si les immigrés étaient un danger pour ladite identité, ça ne sent pas bon.

Sans doute est-ce un joli cadeau de bienvenue en Sarkozie pour Simone Veil...

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Jeudi 1 mars 2007
Joyce Hatto était une grande pianiste, qui dût arrêter de jouer en public pour raisons médicales. Elle avait continué, dixit son mari, à enregistrer des disques chez elle.

On vient de découvrir, après sa mort, que les enregistrements de Joyce Hatto n'étaient que des enregistrements d'autres pianistes, dont le tempo avait été modifié.

Un joli papier dans Libé sur cette histoire.

Une dame qui pique des interprétations à gauche et à droite, couvée par son mari, et qui a de la réticence à affronter un public...



Ségolène, la Joyce Hatto du socialisme.




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Samedi 24 février 2007
Je ne suis pas complètement d'accord avec les arguments des Spartacus, ces haut fonctionnaires socialistes qui vont voter bayrou, mais je les rejoins dans leur conclusion.

Et j'ai été atterré par la condescendance étonnante laquelle on a voulu en faire des poujadistes.

(Cf. chez Frédéric Rolin, professeur de droit administratif, son premier billet, suivi d'explications peu convaincantes).

Chez Frédéric Rolin, justement, j'ai laissé le commentaire suivant :

"Il me semble que vous vous défaussez à bon compte. Non seulement vous avez employé le terme poujadiste abruptement, mais vous avez quand même écrit que Bayrou était le "le Pen" des hauts fonctionnaires.

L'analogie est presque injurieuse.

Ceci pour la forme. Sur le fond, votre réaction consiste à dire qu'il conviendrait d'écarter cette bande de déclassés qui entrave le char de la modernité.

Il faudrait peut-être s'interroger deux minutes pour savoir ce que nous avons fait de notre pays pour que nous puissions nous permettre de balayer d'un revers de main l'opinion de nos élites (comme la pétition des 30 professeurs agrégés de droit, qui n'a pas fait plus de lignes dans Le Monde qu'en leur temps les escarpins de Ségolène).

Par ailleurs, il me semble que ces professeurs agrégés comme ces haut fonctionnaires, sont confrontés à un même problème : la France n'est plus, de fait, qu'une grosse collectivité locale pour laquelle les décisions sont prises à Bruxelles et Francfort.