Le programme de Bayrou, sur bien des points, est plus à gauche que celui de Ségolène. Voilà qui est troublant.
Comme tous ceux qui vivent sur leur image "de gauche", qui est le seul moyen pour eux d'oublier que tout le reste - ou presque - est devenu "de droite", Libé se dépêche d'essayer de faire oublier cela.
Donc, haro sur le Bayrou !
Jugeons-en ce matin, Libé du 21 mars page 4, deux articles sur Bayrou et Royal dans les banlieues.
Bayrou d'abord.
Titre : "
Bayrou cultive son jardin banlieusard"
Tout est dit : c'est un plouc, qu'il reste dans sa campagne.
Chapo : "Il multiplie des déplacements très balisés, accréditant l'idée d'un engouement populaire."
"Accréditant l'idée" : c'est que des menteries, les media racontent n'importe quoi, faut-il comprendre (à croire qu'ils vont finir populistes à Libé).
Tout le reste est de la même farine, et Nathalie Raulin nous raconte que la visite de Bayrou a été préparée, horreur ! Elle s'attendait peut-être à ce que Bayrou se lève le matin, regarde la météo et décide d'aller à ici ou là en faisant plouf-plouf sur une carte ?
Il y aurait de quoi relever les petites incises fielleuses, les sous-entendus, les intertitres, bref ce papier est un chef d'oeuvre de parti-pris.
Royal ensuite.
Titre : "
A Pantin, Royal affirme son droit de cité"
Là, plus question de jardin banlieusard, c'est Jeanne d'Arc redonnant de la francitude aux banlieues, ça sent la libération, le couronnement et les Droits de l'Homme.
Là où chez Bayrou les préparateurs des déplacements sont des vendus (genre le mec qui a déjà écrit un livre - traître à sa banlieue donc - qui fait venir ses copains et sa famille pour gonfler l'auditoire et canaliser la presse : le bouffon complet, l'idiot utile, le bidonneur), les préparateurs de Royal sont des éclaireurs (de l'avenir sans doute). On a donc Kamel, qui "
arpente les quartiers" pour "
faire remonter à la candidate les bruits du terrain".
Là, c'est étonnant, Royal, nous dit-on, est ovationnée à son départ. Mais personne pour suspecter une mise en scène avec les copains et les coquins du préparateur local. Pas de maire PCF garantissant que la visite de Bayrou n'est pas bidonnée, que la journaliste se dépêche de neutraliser par trois petits points dubitatifs et un "
si même les communistes le disent" assez puant, pour faire rapide.
Bon, on rigole une dernière fois en comparant les intertitres :
Bayrou :
"
un croyant qui respecte les croyants", "
canaliser les médias"
Traduire : un catho manipulateur
Royal :
"
sensible", "
solution" et "
labourage" (elle est jalouse du tracteur ?)
Associations d'idées : écoute maternelle, bienveillance, productivité
Si Libé continue une couverture aussi hallucinante, je fais grève jusqu'au 2ème tour.
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