www.Midi-Pyrénées.FR
www.Aquitaine.FR
www.Larégion.FR (c'est le Languedoc Roussillon, propriété de Septiman le
terrible)
www.RhoneAlpes.FR
www.Region-limousin.FR
www.Auvergne.FR
www.Poitou-Charentes.FR
www.paysdelaloire.FR
www.Bretagne.FR
www.regioncentre.FR
www.cr-bourgogne.FR
www.region-haute-normandie.COM
www.cr-basse-normandie.FR
www.iledefrance.FR
www.cr-champagne-ardenne.FR
www.cr-picardie.FR
www.nordpasdecalais.FR
www.region-alsace.EU
www.lorraine.EU
L'Alsace et la Lorraine donc. Deux régions, les seules, à avoir adopté le .EU
Indépendamment des sentiments peu amènes que j'éprouve pour l'EU justement, je trouve fascinant, symptomatique, que ces deux régions là aient fait ce choix
là.
Une façon de clamer urbi et orbi que cette affaire d'union européenne est en réalité tout simplement une réconciliation franco-allemande qui a mal
tourné.
La réconciliation n'a jamais vraiment eu lieu parce que l'Europe, et l'Europe n'aura pas lieu parce que la réconciliation n'a pas vraiment eu lieu.
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"Monsieur le Président, je pose une question à votre conscience. Le Maréchal Pétain a-t-il, d'après vous, trahi la France ?" Alors, le maréchal Pétain se
souleva un peu et quelque chose qui s'apparente à l'anxiété parut sur ses traits. Il y eut un bref silence. "Le maréchal Pétain a trahi son devoir de Français", dit M. Daladier.
26 juillet 1945, procés du maréchal Pétain, in Joseph Kessel, Jugements derniers.
Lisant ce très bon recueil de chroniques de Joseph Kessel, je me demandai quel pouvait bien être aujourd'hui le devoir d'un Français ? Tout aujourd'hui tend à nier que cette question même puisse un
jour avoir un sens. Chacun sait que nous sommes européens et que l'Europe, en toute chose, fait son devoir d'américain. Reste notre devoir de contribuable, qui est encore bien excessif pour
certains, qui n'ont de cesse que d'y échapper. L'armée ne concerne plus que quelques professionnels dont on déplore parfois la disparition en des contrées lointaines, mais cela ne nous concerne
guère. Nous sommes parfaitement immunisés de tout devoir envers le monde (c'est encore envers les arbres, les ruisseaux et la nature que nous nous reconnaissons le plus facilement des devoirs. Ils
ne nous reprocheront jamais rien.)
J'ai pourtant le sentiment d'avoir un jour pensé que la France avait collectivement manqué à son devoir de France. En 2006, lorsqu'Israël est entré au Liban, j'ai pensé qu'un de Gaulle aurait su
protester. Voire qu'un Poincaré aurait envoyé des troupes, défendre un pays allié. Il y a certainement de nombreuses occasions où la France a failli à sa mission, à ses attaches, à ses alliés.
Peut-être au Rwanda, au Darfour, au Congo ou dans d'autres endroits où mes connaissances géopolitiques sont très minces...
La modernité en réalité semble faite pour nous permettre de nous endormir chaque fois plus tranquille sur nos mols oreillers. Nous avons délégué la garde du monde, aux Etats-Unis, lesquels
d'ailleurs l'ont sous-traitée aux plus pauvres d'entre eux. En tant qu'individu privé, je dois m'en féliciter. Comme citoyen, français ou pas, j'ai parfois des doutes...
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Ne me demandez pas où c'est, je ne sais pas, c'est dans le Nord.
Je suis juste tombé sur un papier d'un universitaire consacré aux Pays du Pévèle et à leur renouveau. L'homme est émerveillé du retour à la terre - qui
accompagne le projet européen, avec une introduction qui procède de toutes les idées creuses de notre époque :
"La vague de la mondialisation croissante génère une aspiration au local ; parler de son terroir et s’investir dans celui-ci est porteur de sens. Le
démembrement de certaines contrées en divisions administratives imposées par la révolution française, n’a pas forcément décapité les liens culturels des hommes à leur pays.
Sans ses tutelles anciennes, le territoire retrouve ses points d’ancrage ; la société civile s’empare de ce lieu de vie et le façonne en s’appuyant sur ses ressources. Les acteurs de la vie
locale, à l’instar de l’entreprise, ont besoin de visibilité pour anticiper et agir."
Il y a tout là dedans : le rejet de la Révolution française, avec la fine allusion à la guillotine ; la société civile - cette vaste blague ; la mention des
entreprises comme seuls acteurs de la vie locale. Il ne manque que l'Europe, qui n'apparait pas dans le papier cité.
Mais, en quelque sorte, il ne manque plus qu'elle : la France, structure étatique, est assimilée à la guillotine et ce ne sont pas les pays du Pévèle (36 000
habitants), qui vont affronter la mondialisation (d'ailleurs le site internet de ce pays annonce, à l'heure où je rédige ce billet, une quinzaine de
la sorcellerie et l'arrivée du téléthon.)
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Ce matin, visite de l'expo Babylone au Louvre. J'avais naïvement imaginé que le Louvre étant gratuit et l'expo payante, il y aurait moins de monde. Pas de chance,
c'est l'inverse : il y avait forte affluence.
L'expo est intéressante et présente de superbes pièces : fragments d'écriture, statuettes, bijoux... J'ai aimé aussi les aspects fantasmatiques de Babylone, dans la mémoire occidentale, plus
racontés par les commentaires muraux que par des oeuvres malheureusement. Sauf pour la Tour de Babel, où de nombreux tableaux sont là, peu d'illustrations, par exemple de Babylone comme incarnation
du mal papiste pour les protestants par exemple.
Aucune référence non plus à Adèle Blanc-Sec, lors même que figure une petite statuette du démon Pazuzu, qu' elle eut à affronter via la secte de ses admirateurs.
Et puis, quelque chose m'est apparu, par son absence bientôt entêtante : rien sur l'Irak.
Dans les commentaires muraux qui jalonnent l'expo, c'est à peine si l'Irak est cité une fois, presque par hasard. Dans les notices accompagnant les objets, la provenance est, pour l'Irak :
"Babylonie". Pour les provenances d'Iran en revanche, c'est bien "Iran", et non "Perse". Il y a comme une volonté, peut-être inconsciente, de gommer absolument toute
référence à l'Irak, tout au long de l'exposition.
J'aurais pourtant bien vu quelques passages sur l'Irak d'aujourd'hui et Babylone, qu'en reste-t-il ? Et puis, pour une exposition organisée par trois musées européens, j'aurais bien vu aussi, tout
de même, un petit rappel sur les pillages du musée de Bagdad. Cf. ce qu'écrivait la Libre Belgique à l'époque :
"L'Irak actuel correspond à l'ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations de Sumer, d'Akkad, de Babylone et d'Assyrie. Dans ses musées et sur plus de 10000
sites archéologiques, le pays recèle des quantités fabuleuses d'objets qui retracent les pages d'histoire écrites entre le Tigre et l'Euphrate.
Le musée archéologique de Bagdad renferme des objets qui remontent à Babylone et à Ninive, des statues sumériennes, des coupes et des casques d'argent du
cimetière d'Ur, des bas-reliefs assyriens et 5000 tablettes où sont portées les plus anciennes écritures connues. Fermé au début de la guerre du Golfe, en 1991, le musée avait rouvert ses portes
il y a six mois seulement, après avoir «survécu» aux bombardements de ces trois dernières semaines."
Chez Swissart :
"des experts américains du Moyen-Orient avaient en effet alerté depuis des mois le Pentagone sur les richesses inestimables des musées irakiens et les risques de pillage en cas de guerre,
rapporte lundi le "Washington Post".
En janvier, des universitaires, des directeurs de musées, des collectionneurs et des marchands d´art avaient eu une réunion au Pentagone pour expliquer ces risques aux responsables américains, a
indiqué McGuire Gibson, professeur à l´Institut d´études orientales de l´université de Chicago. "
Du coup, l'exposition m'a paru creuse et mensongère, et j'en suis sorti irrité. Ne reste aujourd'hui de Babylone, selon les musées européens organisateurs, que les fouilles réalisées par les
archéologues occidentaux, un film de DW Griffith "le premier à réconcilier le mythe babylonien et sa réalité" selon l'expo... et puis rien. Le dernier contact avec l'Irak actuel s'arrête à
1958, avec un superbe projet de Frank Lloyd Wright commandé par la famille royale d'Irak chassée peu après par le parti Baas. A croire que les conservateurs n'aiment que les rois...
Babylone a dû s'envoler, perdue à jamais dans les méandres de la mémoire. L'Irak d'aujourd'hui n'est qu'un vaste champ de pétrole dont il convient de se répartir la gestion. Mais de cela, pas un
mot au Louvre.
A croire qu'il est encore bien lourd le fardeau de l'homme blanc.
Le site de l'exposition
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Bon, je risque de recevoir un mail courroucé, mais j'assume.
A lire l'avalanche incroyable d'informations sur le Tibet, sur le nombre de fois où la flamme s'est éteinte ou pas, sur l'opportunité d'envoyer ou pas nos athlètes là bas, on pourrait avoir l'impression que nous frôlons la guerre mondiale et que nos athlètes courront en Chine un danger mortel.
(Ségolène s'est encore illustrée dans cette affaire, elle louait la promptitude des tribunaux chinois il y encore peu de temps, comme le rappelle Valeurs Actuelles. Voilà ce que déclarait en Chine il y a un an celle que d'aucuns voudraient nous infliger encore en
2012 « C'est d'ici que viendra la survie et l'invention du nouveau modèle de développement », celui du « développement durable », avait déclaré la candidate,
« c'est notamment avec la Chine qu'il faut tracer des voies pour l'avenir ». « La Chine est en quelque sorte notre nouvelle frontière, il faut surmonter les craintes,
maîtriser la mondialisation, imposer des règles communes et défendre une nouvelle forme de développement »)
Je crois donc qu'on court surtout le risque d'être parfaitement ridicules.
Il y a tout d'abord un bon moment que les jeux olympiques sont une machine à fric invraisemblable. Pour les amoureux de la liberté, on rappellera qu'on ne pouvait pas rentrer dans les stades à
Athènes aux jeux de 2004 avec une boisson autre que produite par le groupe
Coca-Cola. Le plus simple pour les démocrates véritables c'est donc de ne pas regarder les jeux, où qu'ils se déroulent...
La Chine ensuite ne s'est pas réveillée il y a quinze jours pour devenir un pays brutal et non démocratique. Amnesty international estime que le chiffre officiel de 1010 exécutions de
condamnés à mort en 2006 est probablement sous-estimé d'un facteur 7 ou 8. Et l'on sait que nombre de ces condamnations peuvent être bien plus politiques que criminelles. Donc il ne fallait pas
faire les jeux en Chine, point.. Ou alors estimer que le sport est au dessus de tout cela, mais alors c'est encore le cas.
Il y a certes le cas du Tibet et des brutalités policière chinoises là bas. On peut discuter sur la sinitude du Tibet et sur la nécessaire indépendance, ou non, de cette zone - indépendance que le
Dalaï-Lama, intelligemment, ne demande d'ailleurs pas. Mais l'enthousiasme pour cette région ne semble pas réellement spontané. D'après plusieurs témoignages rapportés notamment par un blog de la droite la plus modérée, ce sont par exemple des tibétains qui se sont engagés dans des violences à
l'égard de chinois.
Le Dalai Lama est-il si gentil que l'on doive aussi invariablement le préférer aux chinois ? Un livre publié par l'université du Texas, co-rédigé par un militaire américain et un ancien directeur à
la Heritage Foundation (difficile pourtant de trouver plus réactionnaire que cette institution, c'est pas le Réseau Voltaire ni Indymédia), the CIA's secret war in Tibet, explique comment le Tibet recouvre "une guerre secrète [contre la Chine] payée d'un sang tibétain sponsorisé par
la CIA".
Je ne suis pas sûr que le Dalai-Lama, sorte de Ladi Di de la religiosité mondiale, ne soit pas avant tout un féodal voulant retrouver sa couronne héréditaire et ses
gens, dont on ne sait pas bien s'il les traitait correctement.
Pour ce qui est des brutalités chinoises, il y a peut être eu dans les 200 morts au Tibet, selon les organisateurs tibétains. Ces
morts sont évidemment de trop. Cela équivaut d'ailleurs à
six jours de morts en Irak, en moyenne, qui sont
également de trop. Et le précedent secrétaire général de l'ONU avait rappelé, en 2004 (cf. article du Guardian), que
l'intervention américaine en Irak était illégale.
Entendez-vous souvent des officiels protester contre cet état de fait ? Vous voyez des banderoles demandant un retrait d'Irak ? A l'heure où l'on s'apprête à envoyer quelques troupes
supplémentaires en Afghanistan, à la demande des USA, j'ai presque tendance à penser que l'on devrait crier plus fort contre cela que contre deux ou trois Tibet simultanés... C'est toujours plus
facile d'aller balayer devant la porte des autres apparemment.
Bref, sur la Chine, fallait pas y aller si l'on voulait lier sport et démocratie. Maintenant qu'on y est c'est un peu extravagant de découvrir que, non, la Chine n'est pas un pays convenable.
Et l'on a vraiment l'impression que, de Darfour en Bétancourt en passant par la banderole anti cht'i et le SMS du président (reviens/j'annule), les médias se laissent balloter par l'actualité la plus évidente, fournie pré-mâchée, en
oubliant d'aller regarder ce qui se passe ailleurs et qui peut avoir un poids bien plus important pour notre avenir collectif.
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