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Vendredi 11 janvier 2008
echo-park.jpgUn très bon Harry Bosch. Un serial killer arrêté en flagrant délit de transport de morceaux de cadavres s'engage à résoudre quelques crimes non résolus si le procureur s'engage à ne pas requérir la mort contre lui.

C'est excellemment fait, rythmé et tout. Harry Bosch me fait de plus en plus penser à Clint Eastwood. Lisez d'ailleurs ce qu'écrit Alexandre Clément sur PolarNoir (même si je ne suis pas aussi sévère que lui sur La Défense Lincoln, que j'avais bien aimé) au sujet de ce dernier épisode de la série des Bosch :

Quand on pense à Connelly, on pense d’abord à ses personnages, aux histoires bien calées qu’il concocte, mais on ne parle jamais de son style. C’est normal, car le bon style dans un roman policier c’est celui qu’on ne voit pas. Et chez Connelly, le style ne se voit pas. Et pourtant, on pourrait parler pendant des heures de son style. Son originalité peut se décliner en trois volets :
- d’une part, il représente une synthèse entre le roman à énigme et le roman de détective, façon Chandler. Et d’une certaine manière il est l’héritier de Chandler. Ce n’est pas un hasard si c’est très « californien ».
- d’autre part, il y a une minutie qui donne un côté
hyperréaliste à son écriture. Une minutie incroyable dans les détails accompagne le déroulement de l’enquête et donne corps à sa logique inexorable. De ce côté-là, on pourrait dire qu’il est sur la même longueur d’onde que la série The Shield, autre objet noir californien.
- enfin il y a une étude approfondie des caractères sous l’angle psychologique, la solitude, la crainte des objets qui nous entoure et nous paralysent, la difficulté à exprimer des sentiments simplement et sans excès.

Bref, hautement recommandable.




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Dimanche 2 décembre 2007
katz.jpgEtonnant polar. Il est à la fois 30% trop long et réussit à rester intéressant.
Le scénario est assez original, en deux parties, et finalement pas si manichéen ou linéaire que ce qu'annoncent certains passages.

On y suit les aventures d'un psychiatre  (au nom de boxeur plus que de disciple de Sigmund : Ricky Starks) pourchassé par  un tueur en quête de vengeance. Seule difficulté, Starks ne se connaît pas d'ennemi.

C'est donc très malin dans l'ensemble, mais l'intérêt du bouquin réside entièrement dans le "plot", les tours et détours qui vont maintenir le suspense. Assez peu de remarques sociétales, ou d'ambiance, sauf un tout petit peu sur la psychanalyse, mais pour le contenu culturel et le style, c'est plutôt plat.

Et c'est écrit de telle façon qu'il m'est arrivé de sauter jusqu'à deux ou trois pages d'affilée sans avoir l'impression d'avoir manqué quoi que ce soit, ce qui n'est pas du tout dans mes habitudes de lecture - je fais partie des lecteurs affligés d'un sort funeste : il m'est très difficile de sauter ne serait-ce qu'une ligne d'un livre, et tout aussi difficile de ne pas finir un bouquin commencé.

Malgré toutes ces réserves, pas mal.

Paru en français, sous le titre (surprise) de L'analyste.



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Mardi 25 septembre 2007
driftnet.jpgUn excellent polar, assez récent (2003). Il est court (250 pages) et change des machines américaines à grand spectacle.

L’intrigue est menée à partir d’un personnage principal, Rhona Mcleod, spécialiste en médecine légale, et de plusieurs personnages « secondaires ». Ces personnages introduisent un aperçu de la v
ie à Glasgow qui n’est absolument pas la principale caractéristique de ce livre, mais qui en renforce l’intérêt.

Lin Anderson n’a pas cherché à concurrencer les grandes de la médecine légale (Kathie Reichs, Patricia Cornwell) : pas de séances de curage d’os bouillis à la cuillère en bois. Il s’agit, dans ce premier roman, d’un réseau de pédophiles dont l’un des membres a pris goût à des violences d’un genre irrémédiable. C’est très correctement fait, sans temps mort. La fin laisse très clairement augurer d’une suite, perspective fort agréable pour le lecteur. L’auteur(e) a un site internet qui approche le million de visiteurs.



(sorti en 2006 en français sous le titre "la toile sanglante")
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Lundi 10 septembre 2007
supper.jpgDans la catégorie des livres à grand spectacle, celui-ci fait très bonne figure. L'auteur a passé trois années à étudier la vie de Léonard de Vinci et les querelles internes à l'église catholique à la renaissance.

L'arrière de la couverture le relie au Da Vinci Code, on est presque autant dans Le Nom de la Rose et ses querelles théologiques.
L'intrigue repose sur une idée forte : Léonard de Vinci peint, dans un couvent milanais, une oeuvre qui contiendrait une signification peu orthodoxe. Alerté par des lettres anonymes, le Vatican envoie sur place un inquisiteur pour étudier la question.

L'intrigue est complètement enchevêtrée, relativement peu crédible et parfois un peu lente, mais aborde de façon intéressante des sujets historiques. Le plus prenant est la façon dont les peintres du moyen-âge et de la renaissance ont pu sortir doucement des figures imposées de l'imagerie catholique, pour aborder des sujets plus profanes.

L'auteur remercie à la fin une quinzaine de personnes qui ont inspiré la rédaction de l'ouvrage, ça se sent un peu dans la rédaction : pas mal de thèmes différents (les cathares, la renaissance politique, artistique et religieuse), et au final un Léonard de Vinci assez absent.

Le bouquin se laisse lire quand même, mais sur des thèmes proches, je recommande vraiment le passionnant bouquin d'irving Stone sur Michel Ange, The Agony and the ecstasy (La vie ardente de Michel Ange).

En français, le livre de Javier Serra est sorti sous le titre La cène secrète.



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Lundi 3 septembre 2007
vue.jpgExcellent polar. Conditions favorables aidant, je l'ai descendu en une nuit (un "can't put it down", un vrai).

Le commissaire Lanester est sur une affaire dure de meurtres en série quand il est frappé de cécité - il devient aveugle. Ces crimes touchent en fait à son histoire personnelle, et l'on suit donc à la fois ses rencontres avec son psy et les progrès de l'enquête.

Croiser des histoires est classique, mais l'une et l'autre intrigue, l'une policière et l'autre psycho/psychanalytique sont bien faites, le tout s'avale donc fort bien.

Ca fonctionne bien comme un polar : retour à un état stable et compréhensible du monde, après un sommet de complexité.
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Mercredi 8 août 2007

murder-artist.jpgChacun a des problèmes au boulot, d’argent, de couple, d’enfants, de parents, multiples, complexes et enchevêtrés. Un bon polar vous fait croire, pendant quelques heures, que le seul problème qui importe pour l’heure est de retrouver un serial killer, un tueur à gages, un comploteur ou tout autre élément d’une combinaison propice à créer l’intrigue.

Ici, les deux jumeaux d’un journaliste sont enlevés, et, comme une mise en abîme de la situation du lecteur absorbé, on voit ce journaliste tout larguer pour les retrouver.

Sa femme l’a de toute façon plaqué, mais il largue son boulot, malgré une situation financière précaire, pour se consacrer à plein temps à la quête d’un kidnappeur que la police elle-même a renoncé à attraper. C’est excellemment fait et, un peu comme dans The Vanished Man, on évolue dans le monde de la magie. Mais, alors que le polar de Jeffery Deaver s’intéressait à l’habileté extraordinaire des magiciens, John Case insiste plus sur le rôle social de la magie, sa signification et sa proximité de la religion - un passage épatant sur Jésus comme magicien.

Bien vu sur quelques travers de nos sociétés : ses gamins à peine enlevés, notre héros journaliste s'entend conseiller de prendre un agent pour gérer sa communication avec les médias et optimiser sa couverture médiatique...

Un peu long, comme pas mal de grosses machines américaines, mais bon.


(paru en français sous le titre Magie Noire)

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Dimanche 1 juillet 2007
sheldon.jpgDe la daube. Mais j'ai du mal à ne pas finir les bouquins que je commence.

Celui-ci est quand même gratiné : scénario très peu crédible (assassinats de plusieurs salariés de Kingsley International, les veuves sont à la recherche du coupable), écriture poussive (la moitié du livre consacre en gros un chapitre à chaque personnage, avec une finesse psychologique entre Bigard et Magdane).

Quelques passages ridicules : par deux fois, nos héroines s'en sortent grâce au fait que les méchants, en plus d'être débiles, sont obsédés sexuels, ce qui permet de s'en prendre douloureusement à leurs attributs mâles (genre réchauffement à l'eau bouillante). Mais contrairement à du San Antonio, c'est sans humour.

Bon, il faut dire que l'auteur en est à son 17ème polar, à plus de 200 scripts pour la  télé et a vendu plus de 300 millions de livres.


N'empêche que j'aurais pas dû.

Pour ne pas vous infliger un billet trop court, quelques conseils pour choisir un bon polar en anglais, pas suivis dans le cas présent :

    - généralement, en première page de l'édition de poche, il y a des "Praise for", qui donnent des extraits des critiques parues lors de la sortie de l'édition normale. S'il n'y en a pas, mauvais signe.
    - s'il y a des critiques de journaux de deuxième rang, attention.
    - s'il y a des grands journaux, plus quelques prix : ça doit être bon.
    - attention, parfois les éditeurs mettent des éloges glanés par l'auteur pour d'autres livres (dans le cas présent, c'était le chiffre global des ventes sur l'ensemble de sa carrière).
    - j'ai aussi souvenir d'avoir rarement été déçu par le premier polar d'un auteur.

Bons choix futurs. Je reviens à Sidney, après une recherche à son sujet. A sa décharge, un tour sur son site internet m'indique 1. qu'il est mort, 2. qu'il avait 87 ans quand il a écrit celui-ci.
Il lui sera donc pardonné cet ouvrage dispensable...




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Samedi 10 mars 2007
Pas vu le film, mais j'ai lu le livre.

C'est un polar pas mal fait, l'histoire d'un homme hanté par le meurtre de son épouse, huit années auparavant. Elle revient brutalement et prend contact avec lui par email. Est-ce elle ?

Il y a pas mal de clichés propres au polar américain contemporain : le héros est un CSP+ propre sur lui, mais quand ça ne va pas il peut faire appel à de vrais voyous qui sont de bons amis, l'histoire est plus habile que crédible, pas de critique sociale ou de profondeur psychologique. Tout est dans le brio, la capacité de l'auteur à tenir le rythme en insufflant du suspense régulièrement.

Bon, au total, ça marche pas trop mal, mais ça ne marquera pas l'histoire du polar contemporain...
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Mercredi 13 septembre 2006
Un polar très travaillé, de façon soignée. Le commandant Verhoeven, 1,45 mètres de haut, y est aux prises avec un tueur en série cultivé. L'univers du polar est mis à contribution, dans une sorte d'hommage révérencieux. Heureusement, on ne s'ennuie pas car toutes les techniques sont utilisées pour relancer le suspense : goût de la traque, tension croissante, embrouilles, et soupçons au sein de l'équipe d'enquêteurs.

Que peut-on dire de plus sinon confirmer que c'est du travail soigné, et un prix du premier roman policier bien mérité ?

(si, on peut ajouter que - ça faisait longtemps que je n'en  avais pas acheté - les couvertures de la collection du Masque sont à ch...)

A la réflexion on peut aussi dire que la limite du genre est qu'il s'agit avant tout d'un exercice virtuose, avec un aspect un peu gratuit. Pas de critique sociale ni de plongée dans un univers inconnu à découvrir, sauf peut-être, celui du roman policier...


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Mercredi 30 août 2006

Un polar longuet, sur fond de franc-maçonnerie. Un journaliste ayant enquêté sur la franc-maçonnerie et un maçon sous pseudonyme ont écrit ce polar un peu ramolli.

L'intrigue oppose des franc-maçons à une société secrète crypto-nazie, qui rivalisent pour la découverte d'un secret explosif (qui de révèle de faible ampleur assez rapidement).

Le sens de l'ouvrage est plutôt une présentation à but pédagogique de la franc-maçonnerie contemporaine – avec lexique en fin d'ouvrage, bibliographie et liste de sites internet à l'appui.

De ce point de vue « initiatique » si l'on ose dire, le but est atteint, mais de façon très délayée. On comprend, à l'issue de ces pages, que la franc-maçonnerie est diverse, avec des affairistes et des hommes d'une certaine noblesse, et qu'elle a connu des heures glorieuses. Au delà de ce j'en connaissais aupravant, j'ai découvert que les obédiences regroupaient des loges spécialisées par thématiques, ce qui peut constituer un gage d'efficacité.

On ne sent pas complètement cependant l'actualité de ces groupes, divisés entre obédiences diverses, qui ont l'air, faute d'être animés d'un but évident, de se réfugier dans l'observation assez plate des rituels et la justification par un passé glorieux.

On suit tout à fait les auteurs lorsqu'ils protestent, par la bouche de l'un de leurs personnages, contre les projets de déclaration obligatoire d'appartenance à la franc-maçonnerie pour les magistrats par exemple. Après tout, pourquoi ne pas demander cela aussi aux catholiques, aux membres des différents paris politiques etc...

La description qui est faite des cérémonies d'initiation prête à rire. Comme tout rituel ésotérique, le plus grand danger risqué par les franc-maçons en dévoilant leurs rites, est surtout le ridicule. Les auteurs décrivent des cérémonies lourdingues avec des phrases extatiques, comme si le propre de tous les rites, depuis le bizutage d'étudiant en médecine jusqu'aux rites maçons apparemment, n'était pas de créer un clivage artificiel entre initiés et profanes. Dans les débats, abordés par l'ouvrage, entre rationalistes peu soucieux du rituel, et traditionalistes plus sourcilleux, les auteurs se placent plutôt dans le camp des traditions.

Sur le style enfin, c'est un peu long, l'intrigue est un peu plate, et quelques scènes sont d'un érotisme facile. Une trouvaille malgré cela assez réussie, le personnage du jardinier tortionnaire, relance l'intérêt en milieu d'ouvrage. De quoi tuer le temps dans un voyage en train.

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Samedi 3 juin 2006
Une étudiante en histoire de l'art, Finn Ryan découvre une esquisse qu'elle attribue à Michel Ange. Elle est immédiatement chassée par le directeur du musée qui l'emploie, lequel directeur ne tarde pas à mourir assassiné, tout comme de nombreux amateurs d'art. Poursuivie, elle forme un couple avec Michael Valentine (un peu deus ex machina) pour enquêter sur ces disparitions. L'intrigue est décousue, les actions s'enchaînent sans qu'une explication véritable en soit donnée à la fin. Mais l'histoire repose sur certains faits authentiques ou supposés, en tout cas au sujet desquels on peut trouver une abondante documentation : le fils caché de Pie XII, la dispersion d'oeuvres d'art volées par les nazis.

Sur ce thème de la traque d'oeuvres d'art volées pendant la seconde guerre mondiale, Loot, d'Aaron Elkins, était meilleur. Le livre surfe sur la vague du Da Vinci Code, sans en avoir cependant les côtés antipathiques : rien n'est donné pour certain dans les quelques éléments historiques mentionnés à la fin de l'ouvrage et aucun écho de thèses nauséabondes. Un peu mieux qu'à peine moyen quoi...

(sorti en octobre 2006 chez Fleuve Noir)

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Jeudi 18 mai 2006

Dominique Manotti, qui a écrit quelques bons polars (« nos fantastiques années fric », « kop » ), s'est essayée au genre historique. Ce court résultat est une réussite.

On suit Domecq, un résistant infiltré à la brigade mondaine, dans le Paris de la Collaboration en déroute. Du 6 juin 1944 au 25 août, on parcourt un monde de gestapistes français (Lafont, Deslauriers), d'allemands nazis ou simplement militaires. Tous ont pris des habitudes surréalistes, où l'argent facile et le sexe compensent la brutalité inhumaine infligée aux résistants ou à n'importe quel quidam qui aurait la bêtise de s'opposer à leurs combines en tous genres. Il faut dire que le français occupé n'est pas toujours reluisant (un échange fascinant entre une femme quelconque et un policier : le policier : « vous refusez de collaborer avec la police pour protéger un patron qui vous lâche en pleine guerre ! » La secrétaire : « Nous ne sommes pas en guerre, que je sache » ). Il y a aussi des résistants, et entre les deux, un tas de gens qui passent d'un camp à l'autre, surtout en cette mi-44, de la collaboration à la résistance, en prévision de la défaite allemande.

On se remémore ainsi que la IVème république s'est aussi reconstruite avec des personnalités dont le passé pendant la période 40-44 était loin d'être sans tâche. Il y a certainement quelques personnages à clés, certains sont présentés sous leur vrai nom, comme Joanovici, qui fit fortune comme acteur important du marché noir, ou Lafont, ancien inspecteur devenu pilier de la Gestapo française de la rue Lauriston – laquelle rue gagnerait à être rebaptisée en mémoire de ceux qui y laissèrent leur vie. C'est toute une frange de personnages, Bourseul l'industriel collabo dont le fils est résistant, Dora Belle la demi-mondaine détestée par sa fille qui ignore qu'elle procure quelques renseignements à un ami résistant, qui grouille et traduit bien le désarroi de l'époque. Psychologiquement, c'est moins fin que le très troublant Place de l'étoile, de Modiano, mais c'est écrit sur une trame historique plus précise.


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Mercredi 17 mai 2006
Pas mal. Un polar plaisant, où un tueur copie le scénario d'un jeu vidéo mettant en scène un tueur en série. Le problème est que le jeu n'est même pas encore sorti officiellement, que les meutres s'accumulent et qu'il y en a en tout 17...

Ca n'a pas la profondeur d'un Connelly mais ça se tient bien, avec pas mal de suspense le temps de quelques crimes.

(Paru en 2004 sous le titre Copie Conforme)

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Jeudi 16 février 2006

Hieronymus Bosch est de retour au Los Angeles Police Department, dans une section spécialisée dans le traitement des affaires classées non résolues. Un test ADN permet de faire ressortir une empreinte sur le révolver qui a tué une lycéenne en 1988.

Harry et sa co-enquêtrice, Kiz Rider, se lancent à la poursuite du criminel, 17 ans après. Ils aboutissent assez vite dans un milieu proche des néo-nazis et dans des affaires internes à la police. Harry est toujours aussi séduisant, fonceur et têtu, mais on sent une évolution du personnage. Alors que les premiers Bosch le plaçaient clairement dans un entre-deux, entre le monde légal et les hors-la-loi, toujours un peu contestataire et traumatisé par son expérience du Vietnam, on le trouve ici assoiffé de réconciliation avec le monde officiel.


Ca tombe bien, le nouveau patron du LAPD est, comme lui, quelqu'un qui place son travail au dessus des politiques internes. C'est très agréable de suivre Harry Bosch, à deux niveaux : chaque enquête est bien sûr un polar classique, mais plus que d'autres personnages de roman policier, Harry change d'un livre à l'autre, et on attend la suite sans crainte de s'ennuyer. Un bon polar, carré et bien mené.

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Vendredi 10 février 2006

Un bon polar. Un peu comme le très bon "la règle des quatre", on navigue autour de Harvard et d'un livre maudit.

Ici nous sommes cependant au XIXème et le livre en question n'est plus un obscur texte connu des seuls spécialistes, mais bien la Divine comédie, de Dante. Quatre poètes et membres de la meilleure société bostonienne se sont unis pour le traduire en anglais.

Des crimes qui correspondent à des scènes de la divine comédie ne tardent cependant pas à faire réfléchir les membres du club sur l'utilité de poursuivre leur travail. C'est donc un double voyage qui est organisé par l'auteur : chez Dante et à Boston, 1867. La partie Boston est très détaillée, parfois trop. Mais il est intéressant de voir par exemple les traces de la guerre civile à cette époque, ou encore la place de la religion dans l'enseignement de l'époque (une scène d'autodafé assez impressionnante au milieu du livre).

Sur Dante, l'auteur est moins précis, mais arrive cependant à intéresser à la Divine Comédie et à en faire percevoir l'intérêt : la recherche d'une rédemption sur terre et non dans l'au-delà. De la belle ouvrage, quoique un peu trop travaillée par moment.

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Dimanche 1 janvier 2006
Un polar pas mal fait. Une commissaire de la région lyonnaise enquête sur un crime, classé cinq années auparavant. L'intérêt du roman est qu'il est écrit par une commissaire, qui donc, sans se forcer, décrit d'une façon qu'on imagine réaliste l'ambiance d'un commissariat. En revanche, les personnages ne sont pas inoubliables, l'intrigue est correctement tissée, mais sans suspense insoutenable. Correct et classique, sans plus.
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Mercredi 21 décembre 2005
Encore un roman de gare (l'auteur cite lui même l'expression encore plus précise d' "airport thriller"). Ce polar n'est pas mauvais, il est juste un peu trop tout sans jamais aller assez loin. trop de sang pour un thriller psychologique, trop de suspense pour un roman, trop de dialogues pour un James Bond...

Tous réunis pour un enterrement de vie de garçon, d'anciens camarades de collège passent quelques jours à la campagne. Un ami extérieur à ce groupe (le narrateur, surprise), se révèle être de trop pour certain participant.

Il faut dire que la classe de collège a été marquée par un enseignant plus ou moins pédophile, et des histoires qu'on croyait enterrées ressurgissent. Elles ressurgissent cependant un peu trop doucement, et le livre pourraît finalement être plus court et gagner en nervosité.

On finit cependant par se prendre au jeu, et quelques personnages, comme Gubby le psychiatre sont assez intéressants. Et dans quelques passages, la rudesse des rapports entre adolescents n'est pas mal rendue.
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Mardi 20 décembre 2005
Les précédents polars de Denis Lehane m'avaient beaucoup plu : des personnages profondément humains, des intrigues au carré, rythmées - l'univers du polar habituel. Ici, Lehane applique une recette classique en plongeant des acteurs-type du polar (deux détectives) dans un univers autre : un bagne pour prisonniers mentalement dangereux.

Pour que cela réussisse, il faut que l'intrigue tienne la route mais également que l'on découvre et comprenne un univers nouveau. La tentative échoue de ce deuxième point de vue : l'histoire est pleine de rebondissements mais l'aperçu des querelles internes au monde de la psychiatrie criminelle n'est qu'effleuré. "Speaking in Tongues", de Jeffery Deaver, qui faisait également figurer un psy, était aussi décevant, alors que Batya Gour a réussi un superbe "Meurtre du samedi matin", ou que Caleb Carr épatait avec son génial Lazlo Kreisler, aussi bien dans "l'aliéniste" que dans "l'ange des ténèbres".

Un livre très correct, haletant, mais finalement décevant tant la dextérité de l'intrigue prime sur l'enjeu d'un combat entre psychiatres pro-médicament, pro-charcutage chirurgique ou enfin psychiatres adeptes de thérapies humaines, par la parole. Ce sujet aurait pu être passionnant mais n'est que très rapidement abordé et c'est dommage.
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Mardi 13 décembre 2005
Désolé, mais ce roman d'espionnage exceptionnel n'existe pas en français ! L'Histoire d'André Szara, journaliste soviétique juif dans les années 30, est pourtant un grand livre.

On y suit les tribulations, à travers l'Europe des années 30, de ce journaliste qui travaille à l'occasion pour les services soviétiques et doit se méfier à la fois des ennemis nazis, mais aussi se tenir à l'écart des querelles internes meurtrières entre les divers clans de l'URSS d'alors.

L'intrigue est parfaitement menée et, surtout, on perçoit, au fil des pages, quelques-uns des sentiments qu'ont dû vivre les européens des années 30 : le chaos des idées, la brutalité des deux camps, allemand et soviétique, donnent une atmosphère noire dans laquelle on ressent particulièrement la faiblesse des individus. Un grand livre, dont je financerais bien la traduction et l'édition si j'en avais les moyens !
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Dimanche 6 novembre 2005
Paru en français sous le titre "La règle de quatre", le livre est présenté comme un Da Vinci Code pour lecteurs cultivés. C'est assez trompeur heureusement. Nul complot ici (surtout pas de faits inventés présentés comme vrais, comme le fait Dan Brown), juste la tentative de quatre étudiants à Princeton pour décoder un livre ancien, le Hypnerotomachia Polifili.

L'intrigue est un peu lourde, et comme pas mal de livres écrits à quatre mains, on peut trouver l'ensemble indigeste. Les deux auteurs ont noué plus ou moins adroitement une intrigue entre les personnages et une intrigue propre au livre, que l'on découvre jusqu'au dénouement final.

Pour ce qui est du livre, il appartient aux experts de la chose, puisqu'il s'agit d'un livre réel, de dire si le travail des auteurs est sérieux. Pour l'intrigue romanesque, elle n'est pas mauvaise et les états d'âmes de ces quatre étudiants sonnent parfois très juste - avec même une citation intéressante sur le temps. Cependant, dans ce domaine où sont évoqués les rapports ambigus entre des étudiants et leurs maîtres, on peut préférer Le maître des illusions, de Donna Tartt.

On prend plaisir aussi et enfin - même si c'est un peu long et si cela finit par être un cliché propre à ce genre-, aux descriptions des rituels étudiants dans les universités américaines. On découvre là les nude Olympics (voir photo), les clubs et leurs politiques d'admission, bref, tout un univers qui fait que pour bien des américains, leur passage à l'université constitue une expérience dont ils conservent longtemps la nostalgie.


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