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Mardi 26 février 2008
Une vraie capsule spatio-temporelle ce film.

Il faut se plonger avec délice dans ce voyage au pays de quand papa et maman étaient jeunes, avec des cols pelle à tarte et des jupes bleues pétard sur collant rose.

J'ai eu un choc d'ailleurs,en le visionnant. Je fredonnais de temps en temps, "dans les bras de jésus, toute la nuit je danse", sans savoir d'où ça venait. Ben c'est là, dans une scène excellente.

Les acteurs ont l'air de se bidonner à l'idée de faire un tel film, Daniel Prévost est très bon, Paul Préboist louche à souhait, Serrault est sobre et Blier plane.

beau.jpg

Il y a quelques rares passages un peu mous, mais l'ensemble est rythmé, et outre la sensation de remonter le temps, on découvre qu'après la libération des médias en 1981, le retour à l'ordre est de rigueur. Les médias de 2008 ont l'air aussi tenus que ceux des années Giscard.

Il suffit de remplacer radio par télé/radio/presse pour trouver formidablement contemporaine cette satire d'une radio aux ordres.

Et comment ne pas trouver une ressemblance au minimum physique entre l'excellent Jacques François (à droite sur la photo, face à Bernard Blier) et le non moins savoureux Patrick le Lay, l'homme du temps de cerveau disponible - à croire que la formule sera gravée sur sa tombe, sorte de viatique pour l'infini.

tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil-1972-reference.jpg

Jean Yanne se donne un rôle un peu facile, d'homme prêt à affronter toutes les vérités, et en même temps lucide, désespéré, et, dans une impasse : entre le PC manipulateur et des riches qui font tout pour se rendre conformes au mot de Napoléon sur Talleyrand, pas étonnant que Yanne se soit réfugié en Californie. Au moins sans doute savait-il là-bas pourquoi il se sentait étranger. Il reste que, par delà les facilités, certaines idées, comme tester les produits dont la radio va faire la pub, seraient d'application marrante...








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Mardi 25 décembre 2007
American dreamz est une comédie grinçante assez sympathique. On y suit les aventures croisées d'un présentateur de jeux télévisés (Hugh Grant) et d'un président des USA qui a tout de Georges Bush. Ledit président est en effet effrayant de bigoterie, mis en pilotage automatique par son conseiller qui lui souffle ses discours via une oreillette, totalement déconnecté des réalités.

dreamz.jpg


Même si la fin est évidemment gentillette, on sent une envie de mordre, heureusement pas toujours contenue, qui est assez  jubilatoire. Le monde réel sur lequel Bush ne se pense que rarement est évoqué avec un réfugié irakien dont la mère est morte sous les bombardements. Film quand même américain, ce réfugié  est assez vite fasciné par un peuple qu'il devrait haïr. Gentillet, mais pas toujours facile de trouver un vite à voir avec les enfants !


Toujours dans les films "familiaux", j'ai beaucoup aimé
Il était une fois dans l'Oued. Les acteurs y sont d'abord bons, à commencer par Julien Courbey. Le sujet parle de la double appartenance des immigrés du Maghreb en France, à la culture française d'une part, et à leur culture d'origine d'autre part. On y sent la difficulté posée pour les générations nées en France. Au delà de cette trame sociale, parsemée de quelques gags, il y a eu pour moi le choc des images. N'ayant jamais mis un pied en Afrique du nord, j'ai découvert, grâce à des vues aériennes splendides, émouvantes même, la beauté d'Alger, d'Oran. La dimension sympathique du film est ici dépassée et renvoie à la situation tragique de ceux qui ont dû, en 1962, tout quitter, choisir, comme l'écrit Camus, entre leur mère et leur patrie.

oued.jpg


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Mercredi 14 novembre 2007
Extraordinaire film, qui suit une compagnie britannique de la Forpronu  pendant une mission en Yougoslavie, en 1992-1993.

On y perçoit l'horreur véritable des massacres tribaux intervenus là, les assassinats de voisins, les guerres de conquête territoriale menées la nuit, hameau par hameau. Au milieu de cela, la mission britannique est là pour observer et ne doit en aucun cas interférer. Pour les jeunes militaires britanniques, armés  et civilisés, ces promenades au milieu des massacres deviennent insoutenables.

warriors.jpg

Pour le spectateur, comme pour eux, le contraste entre la violence de la guerre civile et la paix britannique est très dur. Je regardais ce film avec à côté de moi mon fils de trois semaines, ça ajoute à l'horreur du spectacle.

A la fin, un documentaire rapide, pas mal fait, revient sur l'histoire de cette guerre (texte intégral sur le site d'Arte). Le commentaire indique un moment que "
Chacune des 6 républiques s'empressent de devenir Etat indépendant, de se faire reconnaître internationalement, et, à l'exception de la Slovénie et de la Macédoine, de se faire la guerre". La guerre pour arrêter les frontières de ces nouvelles entités au plus près des clivages ethnico-religieux.

Curieux, je fais une rapide recherche Wikipédia, confirmée et précisée apparemment chez des québécois, qui m'indique que ce sont le Vatican, puis l'Allemagne et l'Autriche qui ont ouvert la boite de Pandore en reconnaissant la Croatie, alors même que l'Union européenne (celle qui nous rend plus forts), discutait une position commune.


L'idée m'est venue un instant que quelques fonctionnaires allemands du ministère des affaires étrangères auraient pu figurer parmi les criminels de guerre qui ont ensuite été poursuivis. J'ai enfoui en moi cette idée absurde
(notamment je pense que JMFayard aura sans doute des précisions & références sur ce sujet). Puis j'ai repensé à l'actuel conflit belge, qui conserve un côté folklorique mais dont on doit espérer qu'il ne s'enflamme pas.

Et puis j'ai repensé à la Charte européenne des Droits fondamentaux, qui commence comme ceci "Les peuples de l'Europe, en établissant entre eux une union sans cesse plus étroite, ont décidé de partager un avenir pacifique fondé sur des valeurs communes. [...] L'Union contribue à la préservation et au développement de ces valeurs communes dans le respect de la diversité des cultures et des traditions des peuples de l'Europe, ainsi que de l'identité nationale des États membres".

Qui sont ces "peuples" ainsi distingués des "Etats" ? Un peuple européen et des Etats, j'aurai compris, des Etats associés j'aurai compris aussi, mais "des peuples" et "des Etats" sans associer les uns aux autres dans une bijection stricte, je n'aime pas du tout, j'y vois source à des problèmes futurs. Et je conserve en tête que l'idée de guerre aux nations n'est pas absente. Le film montre bien ce qui arrive pourtant quand on joue avec le feu.

Bref, le film vaut d'être vu à deux titres. Le premier, c'est qu'il fait ressortir l'horreur des guerres - peut-être trouverait-on moins de supporters de la guerre en Irak si l'on pouvait de visu en constater les conséquences. Le deuxième c'est qu'il incite, dans l'appréhension des débats actuels européens, à la plus grande prudence.




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Samedi 25 août 2007
C'est, je crois, Il était une fois en Amérique, revu récemment. Emotion donc en lisant  ceci sous la plume de Serge Kaganski, dans un article sur Robert de Niro (les Inrockuptibles, 3/7/2007) :

Dans sa série "un film avec un géant du cinéma - un chef d'oeuvre" déboule en 1984 le sublimissime Il était une fois en Amérique, de Sergio Léone. On ne va pas revenir en détail sur cette saga proustienne régulièrement en tête de mon top 100 imaginaire des plus beaux films du monde. De Niro y est tout simplement splendide, - et James Woods aussi -, passant par tous les sentiments et par tous les âges de la vie, incarnant ce loser qu'est Noodles, un homme qui a raté sa vie par romantisme incurable, par déficit de cynisme et d'ambition, insuffisance d'appétit d'argent et de pouvoir"...

Définitivement le meilleur.
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Samedi 18 août 2007
pieuvres.jpgBeaucoup aimé ce film, tout en impressions, pas bavard, et qui surprend gentiment. La musique est superbe, les plans sont mis en scène comme des photos. Les actrices sont extrêmement bien dirigées. Pas de parents, pas d'école, que le souci de savoir à quel moment s'approcher, reculer, refuser. Vraiment bien.


Vu la même semaine "Dans Paris",en DVD... Gentil aussi (non pas que le film précédent soit juste "gentil", mais il est plein de sympathie pour ses héroïnes, comme dans "Dans Paris". La comparaison s'arrête là), mais quelle prétention. On n'échappe même pas au cours de narratologie déclamé par l'acteur principal en direct de son balcon.
Les acteurs sont quand même plutôt bons. Mais dire que certaines revues l'ont élu film de l'année 2006 ?!



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Lundi 25 juin 2007
Un peu par hasard, j'ai vu récemment le remake de l'extravagant M. Deeds , par Steven Brill. J'ai vu, ensuite, la version initiale de Capra. Je craignais une déception, car le film de Brill, de 2002, était sympathique, et rentrer dans un film en noir et blanc, en famille, est plus difficile (je parle de la fin des deux films par la suite, pour ceux qui détestent les spoilers, passez votre chemin).

De l'avis unanyme, Capra plane très au dessus de son successeur. D'un point de vue cinématographique, je ne suis pas capable de gloser intelligemment sur les raisons qui font qu'un chef d'oeuvre classique est supérieur à une production honnête.

En revanche, ce qui est évident pour le spectateur légèrement politisé, c'est la stérilisation volontaire de la nouvelle version. En 2002, M. Deeds est un héritier qui se découvre soudain riche, et s'en trouve fort embarassé. Il est fort naïf et ne retrouve le repos qu'après, en gros s'être débarassé de sa fortune.

cooper.jpg sandler.jpg
Gary Cooper, 1936 Adam Sandler, 2002


En 1936, M. Deeds n'est pas naïf, il est simple et c'est très différent. Sortant de son village et découvrant New York, l'un de ses premiers désirs est de voir la tombe de Grant. Parvenu là, il médite sur les grands américains et la valeur de leur exemple. Pour faire vite, le Deeds de 2002 a surtout hâte de s'aller murger avec John Mc Enroe.

A l'opposé de cela, le Deeds de 1936 donne sa fortune à des pauvres, de façon organisée, réfléchie. On apprend même qu'il offre à des agriculteurs ruinés une nouvelle terre dès lors qu'ils arriveront à la cultiver pendant trois ans. Et Capra de nous offrir un procès magnifique, sur le thème a-t-on raison de souhaiter donner à son prochain - en ces temps de débât entre moins d'impôt et beaucoup moins d'impôts, c'est un peu décalé. Et le Deeds de 1936 n'est donc pas tant un naïf qu'un homme à principes, simple de goût mais fort avisé - même si, en 1936 aussi, un tel profil éloigne un peu des powers that be.

Il est quand même dommage qu'en 2002, un tel personnage ne puisse plus être représenté, mais qu'on soit obligé d'en faire un benêt pressé d'abandonner toute responsabilité. Nul doute qu'un Deeds plus engagé serait aujourd'hui taxé immédiatement de populisme.



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Vendredi 22 juin 2007
Après la Famille Tenenbaum et nos jours heureux, là encore, deux films proches par leurs thèmes : l'enfance et l'adolescence dans la France contemporaine - n'est-ce pas, mais dans des registres légèrement différents.

Camping à la ferme regroupe quelques jeunes délinquants autour d'un éducateur, envoyés pour une tentative de réinsertion dans un village bien de chez nous. C'est bien vu, très fin, la cohabitation avec les indigènes franchouillards est l'occasion de quelques scènes assez marrantes (l'appel à la prière depuis le clocher de l'église). Ne pas rater l'élue socialiste (ou progressiste), condescendante à souhait. Le DVD contient un reportage excellent sur les acteurs, qui sont retournés dans un quotidien incertain après avoir joué aux stars pendant la durée du tournage - le portable de l'un d'entre eux sonne pendant l'interview, c'est le commissariat...

Le scénario est signé Azouz Begag, une telle réussite est toute à son honneur.




Ensuite, dans un registre plus léger, Nos jours heureux. Une comédie vraiment attachante, où je n'ai jamais vu aussi bien rendu le sentiment de vide qui s'impose brutalement à la fin d'un séjour en collectivité (scout pour moi, colonie ici). Trois semaines à cotoyer des gens qu'on connaît mal au début, et dont on a - certes très illusoirement - l'impression ensuite qu'on ne pourra plus s'en passer.

Là encore, le récit du tournage est bien fait : on comprend mieux la difficulté de réussir un tel film quand on assiste à la mise en place d'une vingtaine de gamins pour une scène de groupe dans un intérieur surchauffé. Le point fort du film c'est que presque toutes les scènes sonnent juste. A regarder, comme l'autre, sans hésitation et en famille.

nos-jours.jpg






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Vendredi 15 juin 2007
Deux films  assez différents dans le style, mais dont on peut rapprocher les thèmes et retenir surtout un plaidoyer pour une certaine tolérance, envers soi tout autant qu'à l'égard des autres.

Le premier, la Famille Tenenbaum, peut être vu par tout le monde. Il s'agit de l'histoire d'une famille  compliquée, avec remariages,  adoptions , névroses et autres joyeusetés.  Ca reste bon enfant, parfois mélancolique, mais on reste dans la comédie américaine où chacun finit par trouver sa place - même lorsque c'est six pieds sous terre.



Shortbus est dans le même esprit, mais pour les grands... Il vaut mieux envoyer les enfants au lit, pour une deuxième partie de soirée où l'on suit les tribulations d'une psy qui n'a jamais connu l'orgasme au milieu d'une communauté gay-décalée new yorkaise. Au fond ça n'est guère plus profond que la Famille Tenenbaum, mais  c'est aussi drôle et invitant à accepter ses proches, soi-même, tel qu'on est, pour en tirer un compromis entre le meilleur et le moins mal.



shortbus.jpg


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Lundi 5 mars 2007

Ce serait pêché que de ne pas voir La vie des autres. Ce film superbe raconte une histoire de rédemption, celle d'un policier de la Stasi est-allemande touché par l"humanité.

On ressent, en le voyant, pas mal de compassion pour l'Allemagne d'aujourd'hui, qui doit vivre avec le souvenir encore tout frais de ces années où chacun devait se méfier de tous et d'abord de ses proches.

Tous les acteurs sont bons, avec leur air fatigué d'un monde gris.

A côté, Je crois que je l'aime, bluette pas méchante en apparence, fait déplacé. Sauf que, dans cette comédie de la France d'aujourd'hui, le film campe, sans presque aucun recul, la vie du chef d'entreprise, martyr et héros de la bataille de l'emploi. Pire, et là on peut mettre cela en contraste avec le film précédent, les héros (acteurs fort sympathiques au demeurant), s'endorment heureux au milieu des micros et des caméras.

En sortant de La vie des autres, une spectatrice nous dit qu'après cela on ne peut pas voter Sarkozy. On ne peut, surtout, pas approuver l'Europe non plus, qui ambitionne ceci :

"La Commission propose d'associer la société civile à la lutte contre le terrorisme. Il s'agit de faire participer les parlements nationaux, les agents économiques, les organisations et tous les citoyens européens à la mise au point d'outils efficaces de lutte contre le terrorisme."



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Dimanche 25 février 2007
L'achat d'un vidéoprojecteur me permet de voir plus de films dans des conditions proches du cinéma. Et j'ai l'impression que plus j'en vois plus je les aime.

Lady Chatterley, vu au ciné, d'abord, est une réussite que le César du meilleur film vient justement récompenser. A priori une scène où une femme et son amant se mettent à courir nus sous la pluie doit êtyre ridicule. Pascale Ferran réussit à la rendre crédible, poignante et belle. C'est un amour physique et spirituel qui est décrit, vraiment bien.






Il était une fois en Amérique, de Sergio Léone, je l'avais vu, à 15 ans, lors de sa sortie. Je me souvenais qu'il m'avait marqué. En le revoyant, j'en fais mon film préféré, sans hésiter. Il est à la fois nostalgique, humain, complexe, avec des personnages ambivalents. C'est presque du David Lynch qui serait resté sur terre. Il y a une scène sublime où Deborah lit à Noodles le Cantique des cantiques, "Ses jambes sont des colonnes de marbre posées sur des bases en or pur". La petite fille sage est ainsi plus forte de ces vers que le voyou, pressé, malgré lui, de retourner se battre dans les rues.


Munich aussi. Beau film (conseillé, je crois, par Olivier dans un commentaire), sur la vengeance, la nation (que lui doit-on, peut-on s'en passer ?), à travers le conflit israélo-palestinien. Je dois dire que la phrase d'un palestinien m'a inspiré quelques réflexions sur les avancées de l'union européenne : "est-ce que tu sais ce que c'est de ne pas avoir de chez soi ?". Je crois que l'UE rend floue la notion de "chez soi",à dessein, et que c'est un jeu extrêmement dangereux - je referme la parenthèse, ça n'est pas l'objet.
 
Spielberg réussit à présenter ce conflit pour ce qu'il est , une tragédie, où ceux qui meurent des deux côtés peuvent être inspirés par le désir de bien faire et se révéler profondément humains. Les acteurs sont bons, parmi lesquels Daniel "James Bond" Craig, Eric Bana, Ciaran "Cesar" Hinds, Matthieu Kassovitz, excellent, sobre.


Enfin, Liberty Heights, de Barry Levinson, un "petit film", très beau, où plusieurs scènes ont des dimensions de parabole. J'y ai découvert qu'en 1954 aux USA on pouvait encore interdire une piscine publique "aux juifs, aux personnes de couleur et aux animaux". Il y a une brochette d'acteurs excellents là aussi, Adrien Brody, Ben Foster et Rebekah Johnson, mais aussi Joe Mantegna et Orlando Jones.


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Mardi 6 février 2007
Un bon film, un peu gâché, ou limité plutôt, sur la fin, par un scenario disons "commercial", avec happy ending obligé et un peu planplan.

L'idée principale est que le héros du film, un étudiant en peinture, rêve parfois qu'il arrête le temps et se promène parmi les personnes stoppées en plein élan, autour de lui. L'idée, très poétique, est parfaitement filmée et mise en scène dans la première moitié du film.

Ca donne quelques passages et idées qui touchent à la métaphysique (si, j'ose), comme une scène où le héros, comme à son habitude, évolue au milieu de personnages arrêtés, lorsque soudain, l'un de ces personnages s'enfuit. J'y ai vu une bonne illustration du fait que quand on se contente d'attendre que ça passe, il y a un moment où ça ne suffit pas, les choses s'échappent.

Un acteur excellent, en patron de supermarché idiot mais pas méchant, du genre à "positiver".

Voilà, pas de quoi fouetter un chat mais un bon film tout de même.
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Lundi 22 janvier 2007
Magnifique film, un peu long de temps en temps, mais très fin et avec des images non pas tant somptueuses, que parfaitement adaptées à l'ambiance du moment.

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Dimanche 14 janvier 2007
Je devais être en Laponie quand ce film est sorti car je n'ai rien lu dessus. Heureusement, je me suis rattrapé : c'est un excellent film, peut-être le meilleur de 2006. De très légères longueurs à déplorer si l'on veut. C'est un mélange de Claire Dolan, pour la froideur des sentiments, et de Match Point pour l'aperçu sur la high life londonienne. Des vies se croisent et se rencontrent, de la haute bourgeoisie complètement perdue, à la prostituée étrangère qui héberge seule sa fille. Pour faire court, le film - galerie d'acteurs excellents - illustre bien le titre d'un disque de ma folle jeunesse : cruel, crazy, beautiful world.

Tant que j'y suis, je me souviens aussi de Le vent se lève : magnifique film de Ken Loach, sur la guerre d'indépendance irlandaise, que je connaissais mal. En rappellant les cruautés des guerres et les brutalités d'une occupation, il vise aussi le Blair de 2005 englué en Irak.

Tant qu'à se souvenir des films à l'atmosphère britannique, The Queen était superbe. J'ai beaucoup aimé les images et l'éclairage bienveillant sur la monarchie britannique, qui a en charge le maintien d'une certaine tradition historique alors que le Premier ministre doit rester populaire au jour le jour.

Borat aussi. On peut ne pas aimer (deux spectateurs sont sortis devant moi au bout de trois minutes), j'ai adoré. Il faut voir ce dadais revenir des toilettes au milieu d'un dîner mondain avec un sac en plastique rempli, le tendre à la maîtresse de maison en lui disant "j'ai fini". Le mieux est que les convives sont choqués, non par cet épisode, mais par l'arrivée ultérieure d'une femme de mauvaise vie. Pas puritains pour rien... Ne pas rater non plus l'hallucinant culte un dimanche matin : il faut voir des américains du XXième siècle, aussi allumés que des talibans, pour le croire.

Pas oublier, au rayon des grands films de 2006, le très beau Azur et Asmar. Encore meilleur que Kirikou.


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Mardi 5 décembre 2006

Beaucoup aimé Les infiltrés. Violent, mais moins que Casino, le film est plein de personnages usés, même quand ils sont jeunes. C'est finalement très noir, en comparaison du plus éclatant Miami Vice. Avec cette histoire symétrique de taupes infiltrées, l'un chez les flics l'autre dans la pègre irlandaise de Boston, Scorsese incite à réfléchir à l'étroitesse de la marge qui sépare les "bons" des "méchants". Pire, les bons sont ennuyeux, dans leurs buildings glacés aux parois de verre, alors que les méchants sont presque plus humains.

Jack Nicholson est excellent, et les deux jeunes, Matt Damon et Di Caprio très forts aussi.

Il y a un filet de mélancolie qui parcourt ce film, et le rend très bon. A voir.
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Mardi 23 mai 2006
En vrac, pour ne pas oublier quelques films récemment vus :


In her shoes, donc, pris au vidéoclub au départ comme un film léger pour rire, s'est avéré un très bon film, émouvant. Le filem est construit autour de Cameron diaz, excellente, sans laquelle les ados décrocheraient de la première partie. La deuxième partie, qui détricote une histoire familiale autour d'un secret caché, est très émouvante, avec séance de lecture de poème qui n'est pas sans rappeler celui de 4 mariages et un enterrement. Très efficace.

Vu également Peindre ou faire l'amour : déception. C'est daubesque. M. et Mme ont la cinquantaine et voilà qu'un couple d'amis leur fait du gringue : traumatisme. "ils sont dangereux" s'exclame Daniel Auteuil ! Parvenir à cet âge pour avoir encore peur qu'on lui décroche la zézette, c'est assez grave en réalité. Pas grand chose à sauver, si ce n'est l'espoir pour les quinquas d'arriver un jour à devenir ados !


Bonne surprise en revanche pour la doublure ! Du vaudeville ultra léger au départ, mais au final c'est assez jouissif. Il faut voir absolument Daniel Auteuil (encore lui !) en grand patron du CAC 40 enrager contre Gad Elmaleh qui lui prend sa femme.


Idem pour OSS 117, où il faut ne pas rater la scène où Dupontel Dujardin (merci à Raptor) offre au bon égyptien une photo de René Coty en guise de remerciements - on dirait du Gotlib.



Enfin, April Snow est un très bon film. Un peu lent, un peu glaçant, un peu triste mais avec des images superbes et une véritable sympathie pour les hommes qui parlent peu, propre à amadouer tout breton taciturne qui se respecte.
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Dimanche 18 septembre 2005
Fort et déprimant. Très formel et touchant. Superbe.
Une histoire de drogues ambitieuse, tirée d'un roman de Hubert Selby Junior. On peut y trouver, un peu comme dans Elephant, de Gus Van Sant, une tentative d'explication d'un fait divers, sauf que les faits divers sont deux ici. Il s'agit du destin d'une mère et de celui de son fils, dont l'un et l'autre vont mal se terminer. La mère est droguée à la télé d'abord, puis aux amphétamines. Le fils se drogue à des choses plus dures. En quatre saisons, de l'été à l'hiver, Aronofsky raconte leur déchéance.

Le message est ambivalent : on peut voir dans le film un simple "la drogue c'est de la merde". Il est cependant très clairement montré que les présentateurs d'émissions débiles, les médecins pressés de faire du fric, contribuent à vider la vie des gens de leur substance. Pas étonnant ensuite que leurs enfants aient du mal à se projeter de façon dynamique dans un futur qui soit le leur.

Il y a beaucoup de très belles scènes, c'est à la limite du formalisme ou du maniérisme de temps en temps, mais c'est un choc. Et les acteurs sont excellents, avec une prestation de Ellen Burstyn spécialement impressionnante - elle a, dans les scènes de la fin, une tête qui tient plus du crâne que de l'humain vivant.
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Vendredi 9 septembre 2005
Tout d’abord, Fahrenheit est plus sobre que d’autres films de Moore. Il contient plus d’informations que dans les précédents. Ces informations sont par ailleurs mises en perspective et permettent de prendre toute la mesure de la puissance de la droite conservatrice américaine : n’importe lequel des mille et uns mensonges de Bush et de son équipe aurait valu une procédure d’impeachment à Bill Clinton. Bush, lui, continue de parader haut dans les sondages à deux mois de la présidentielle.

Un lecteur assidu de la presse n’apprend peut-être pas grand chose, comme l’ont rappelé certains critiques du film et de la palme attribuée à Cannes. Il n’empêche que l’ensemble des faits rappelés, associé aux images choisies par Moore, produisent un effet difficilement descriptible sur le spectateur : l’impression de comprendre, au plus profond de soi, la logique d’un moment de l’histoire – on aimerait trouver l’équivalent pour la construction européenne et l’impasse dans laquelle elle se trouve aujourd’hui...

Trois jours après, de mémoire, je me souviens encore, grâce au film, que l’Arabie Saoudite détient aux Etats-Unis l’équivalent de 7% de Wall Street.

Je me souviens également que c’est un cousin de Bush qui fut le premier à annoncer, sur une chaîne américaine (Fox News), que Bush emportait la Floride - ce qui était probablement faux.

Je me souviens du défilé pathétique de représentants noirs américains, membres du Congrès, annonçant qu’ils n’ont pu trouver aucune signature de sénateur pour demander un recompte des voix en Floride.

Je me souviens d’images atroces de civils irakiens et américains blessés ou tués, qui n’ont plus rien à voir avec les jolis feux d’artifice que l’on présente habituellement au journal télévisé.

Je me souviens de ces recruteurs brillamment costumés qui recrutent sur les parkings des banlieues les plus miteuses de la chair à canons pour l’armée américaine.

Pour toutes ces scènes, le film méritait vraiment la récompense qui lui a été décernée. Et pour prolonger la vision du film, le site de Michael Moore.
 
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