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Lundi 6 juillet 2009

C'est un papier du Financial Times ce matin (exporters squeezed by euro strength).

 

Un graphique éloquent est joint, qui met en parallèle la montée de l'euro et la baisse des exportations de la zone euro.

 

 

En conséquence, nos exportateurs se battent pour ouvrir des usines directement dans la zone dollar, accueillis là bas par des aides publiques, ce qui est fort bien pour leurs comptes mais pas pour nos emplois (comme le rappelait Lionel Stoleru récemment). Dans le même temps, leurs usines en zone euro sont considérablement downsizées et restructurées.

 

La BCE a peut-être réussi dans la crise (au sens où l'euro a tenu ?), en tout cas sa politique de non-gestion du taux de change de l'euro nous grille à petit feu, et vaut à la zone euro d'excellentes places dans tous les palmarès de la plus faible croissance économique.

 

Y-a-t'il un économiste au PS qui prendra position sur ce sujet un jour ?

 

L'Union européenne ne nous rend pas plus forts, elle nous englue...

 

 

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Mercredi 1 juillet 2009

Quelques jours de repos au pays des cabines téléphoniques rouges et du gazon vert m'ont amené à lire le Times, par curiosité.

 

J'y suis tombé sur un article signé Anatole Kaletsky, tout à fait irrespectueux envers la Banque Centrale Européenne (How the ECB's fig leaf has completely withered away).

 

Un beau graphique y montre le niveau des liquidités injectées par la BCE et par la Fed américaine (le graphique est introuvable en ligne, mais ne reculant devant aucun sacrifice j'ai scanné la chose) :

 

Donc la BCE, qui nous a sauvés dans la crise mondiale selon les bons esprits, l'a fait en injectant beaucoup plus de liquidités que sa consoeur américaine (Selon les calculs de Kaletsky, compte tenu d'un PIB plus faible de 12% pour la zone euro que pour les Etats-Unis, la BCE a injecté 50% de plus de liquidités que la FED. J'ajoute que tout ça pour obtenir une croissance comme d'habitude toujours plus faible dans la zone euro que partout ailleurs - UK, USA notamment).

Savoir si tout cela est très sain est difficile, ce qui est sûr c'est qu'en plus les contreparties acceptés par la BCE en échange de ses interventions ne sont pas de meilleure qualité que celles de la Fed.

Ce graphique n'est pas en effet le seul enseignement de ce bon papier.

Une des caractéristiques du système économique européen totalement absurde est qu'il interdit à la BCE de "monétiser" la dette des états. Alors que la Fed vient d'acheter massivement des bons du Trésor directement auprès du Trésor américain, la Banque Centrale Européenne, vertueuse, refuse cette horreur.

De la dette étatique ? Fi donc ! Il n'y aura d'état qu'européen, et d'ici là tous les états existants sont des escrocs.

Comme, crise aidant, il a tout de même bien fallu injecter des liquidités pour soutenir l'économie, la BCE accepte de refinancer des titres de plus en plus merdiques à la signature d'une qualité de plus en plus faible. Interdit donc de refinancer les vilains états, mais les gentilles entreprises, on peut. L'entreprise, c'est bien, c'est sain, et parler à des actionnaires est plus simple que d'avoir à écouter des électeurs.

Le plus drôle dans cette opération c'est que les banques européennes ainsi renflouées à coup de liquidités, accordées par la BCE, en contrepartie de titres de très mauvaise qualité, achètent à leur tour des titres de leurs trésors publics nationaux... Voilà donc que réapparaît par le bas - les banques nationales - le mistigri que l'on ne voulait pas voir en haut - à la BCE. La feuille de vigne qui consiste à la BCE d'interdire le financement des états européens a donc disparu aux yeux des spécialistes.

Non contente de nous infliger une politique de change imbécile, la BCE mène donc une politique monétaire finalement plus interventionniste que celle de la Fed, mais de façon totalement opaque et illisible.

Tout ça n'empêchera pas naturellement, les idéologues européens d'expliquer combien l'Union nous a rendus plus forts face à la crise. On en reparlera quand la poussière finira par déborder de sous le tapis...

 

 

 

 

 

 

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Mardi 23 juin 2009
Une brève du Monde, le 18 juin dernier : la présidence tchèque et la Commission saluent les baisses de 20% des salaires publics (imaginez, vous passez de 2000 à 1600 euros du jour au lendemain...)

Après ça, ces imbéciles iront pleurer quand l'extrême-droite fera là-bas des scores impressionnants et iront s'effryarede "tentations nationalistes" !
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Vendredi 12 juin 2009

Pas beaucoup de temps libre, pendant encore quelques jours.

Je signale juste deux papiers intéressants :

- l'un de Jacques Sapir dans Marianne 2, une bonne analyse des résultats des européennes ("Les comentateurs du 7 juin sont aveugles"). Pas encore de solution positive mais analyser correctement la situation est un excellent premier pas ;

- l'autre papier, très complémentaire, est de Malakine, sur Horizons ("L'impossible refondation du PS") ;

- le dernier est de Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS chargé de l'industrie.

Chez ces deux auteurs, comme pour pas mal de monde d'ailleurs, il me semble que le 7 juin a été l'occasion d'un raidissement contre l'Union européenne. Aussi bien Sapir que Malakine ont tenté de promouvoir des solutions européennes et de gauche à la crise, pensant sans doute qu'une sortie de l'Union européenne était chose impossible. J'ai comme l'impression qu'après la baffe du 7 juin, ils se sont libérés des grands desseins européens.

On va pouvoir enfin réfléchir à une politique de gauche dans le seul cadre politique dont nous ayons la maîtrise ("nous" désignant les électeurs français). Même Guillaume Bachelay, cadre du PS, analysant le 7 juin dans Le Monde écrit ceci : "A cet égard, faire l'impasse sur les frontières de l'UE a été une faute collective : l'Europe à vingt-sept ne doit pas seulement être sociale, elle doit être différenciée. Redonner vie à l'ensemble européen dans la mondialisation suppose de lui fixer un cap et des limites."

On peut lire cela comme une invitation pour le PS à refuser l'entrée de la Turquie dans l'Union. J'y vois surtout le constat par un responsable de haut niveau du PS que la construction d'un état européen (réalité cachée derrière l'euphémisme de "construction européenne") n'est pas souhaitable. L'Union européenne a atteint ses limites, ce ne sera jamais au mieux qu'une structure de coopération intergouvernementale, et c'est tant mieux. Pour les démocrates européens, à l'égard de l'Union européenne - ce projet techno-tyrannique - après le containment, voici venu le temps du rollback. Comme l'écrit Sapir "Il faudra bien accepter de revenir sur les directives européennes et rappeler que, si nous ne sommes pas dans une construction fédérale, alors les lois de chaque Nation sont à nouveau supérieures."

*

Il y a comme cela de légères inflexions du discours qui me semblent porteuses de bien plus d'espoir de renouvellement et de progrès que toute la mousse autour des primaires. Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 5 juin 2009

Statewatch est une ONG de défense des libertés publiques. Sa lettre mensuelle est fort bien faite et presque trop riche. Impossible bien évidemment de tout lire, mais j'ai essayé de sortir quelques thèmes des documents les plus intéressants dans la dernière livraison :

 

 

- une note de 40 pages sur la politique de défense contre l'immigration britannique et européenne (les deux convergent), qui relève que la militarisation croissante des interceptions accroit le nombre de morts chez les clandestins (The number of deaths at sea ought to have reduced dramatically as a result of such intensive surveillance of sea traffic by the EU border patrols, the armed forces of Europe and of the southern Mediterranean. But the numbers drowned, or listed as ‘missing’, continue to rise, despite – or in some cases because of – surveillance and interception. Several interceptions have resulted in the deaths of large numbers of passengers as boats have capsized.) ;

 

- une décision du Conseil européen d'avril 2009 créant Europol. L'histoire a l'air affreusement technique puisque Europol existait déjà, mais il s'agit d'un changement de statut. Rien ne dit que les libertés y perdent, rien ne dit non plus qu'elles progressent, force est de constater que cette évolution n'a pas fait les gros titres des journaux. Voir se développer une police européenne qui aura des bureaux nationaux, qui plus est en catimini, ne me réjouit pourtant pas ;

 

- l'agence de protection des frontières européennes, la détestable Frontex, signe un traité de coopération avec son homologue américaine (US Department of homeland security) en matière technologique, de partage d'information etc... Je doute fort que les libertés y gagnent quoi que ce soit ;

 

- un papier de Migreurop qui dénonce une hypocrisie européenne. Les italiens repoussent en effet illégalement des clandestins vers la Lybie, où ils sont internés dans des camps... financés par l'Union européenne. Certainement des camps très bien, les jeunes européens y sont attendus pour un lip dub d'enfer ;

 

- un article du Guardian qui dénonce les brutalités policières croissantes contre les manifestations politiques et alter diverses, et qui les relie à l'existence de manuels policiers européens qui assimilent les manifestants à des terroristes (These guides conflate terrorism and protests as equal threats to security and this viewpoint is reflected in a changed police attitude to protests and public order across the EU.)

 

*

Ce n'est pas la peine de s'en prendre à Sarkozy : Sarkozy c'est l'Europe et l'Europe c'est Sarkozy.

M'est avis que bien des votants dimanche n'ont pas idée de ce pour quoi ils votent en réalité.

 

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Vendredi 5 juin 2009

Quelques infos un peu au hasard de mes dernières lectures, pas le temps de faire des choses très structurées.

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D'abord la vidéo d'un artiste (Martin le Chevallier) qui a tout compris au fonds mythologique en carton-pâte qui anime l'esprit européen. C'est bien une sorte de moyen âge à la Monty Python qui est au coeur de l'idée qu'il y aurait un "peuple européen" qui aspire à voir reconnaître son unité (unity devrais-je dire). Un blog du Monde détaille les intentions de ce brillant esprit.

*

Un papier du M'PEP assez formidable, qui détaille très longuement l'impuissance totale du Parlement européen mais appelle néanmoins à voter au nom d'un cocktail de raisons (à mon sens trois tiers de raisons de voter ne font pas une bonne raison de voter). A lire pour tous ceux qui se seraient laissés convaincre que le Parlement européen ressemble en quoi que ce soit à un Parlement démocratique, et à faire lire à Martine Aubry qui mentait hier effrontément (je suis assez bluffé par sa capacité à raconter n'importe quoi avec un ton de grande sincérité). Martine expliquait en effet qu'il fallait voter PS pour que le 8 juin commence l'Europe sociale. Le Parlement n'ayant aucun pouvoir d'initiative et Barroso étant d'ores et déjà réélu, elle doit parler du 8 juin 2024, peut-être...

 

*

 

Une déclaration très marrante de Vaclav Klaus, président tchèque, qui explique que les élections européennes ne sont pas justifiées. Encore un que les parodies de démocratie n'amusent pas. Même si c'est un ultralibéral, il a ma sympathie. Je préfère quelqu'un qui aime conserver aux mots un sens plutôt que l'enfumage européen usuel.

 

*

 

En parlant d'enfumage, une petite pique pour une déclaration de Florence qui circule, pour appeler à une Europe de la culture (lire ici). Elle commence ainsi : "Chaque année, des millions de membres de l’Union européenne, ceux-là-mêmes qui sont invités à voter le 7 juin, profitent du principe de libre circulation pour découvrir les paysages, les musées, les traces du passé et les œuvres d’art contemporain de leurs voisins européens."

 

C'est bien connu, de Stendhal à André Suarez en passant par Orwell et Picasso, les européens n'avaient pas le droit de voyager à l'étranger avant l'Union européenne. Je pense même qu'avec l'austérité à la sauce BCE, les européens ont moins d'argent pour voyager à l'étranger qu'auparavant...

 

*

 

Le Monde du 5 juin tance "des Martiniquais indifférents malgré une Europe généreuse". C'est bien connu, le nègre est ingrat avec son bienfaiteur... Suit quelques interviews de personnalités locales qui gagnent à le rester, qui louent les bienfaits des fonds européens (600 M€). Comme si ces fonds n'étaient pas partie intégrante des 9 à 10 milliars nets que coûte à la France sa participation à l'Union européenne - voir un très bon billet sur ce sujet, et le commentaire qui précise l'obligation faite par Big Brother l'Union européenne de coller des petits drapeaux européens dès lors que le moindre nid de poule a été rebouché avec l'ajout d'un centime d'euro bruxellois. J'aimerais qu'on mette aussi un drapeau français sur les autoroutes que nous finançons en Roumanie pour acheminer plus vite en France les Renault qu'on y construit (des fois la réalité c'est mesquin, moi aussi, je sais...)

 

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Allez. Profitez bien du bon air dimanche, ne trainez pas dans les préaux d'école...

 

 

 

 

 

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Lundi 1 juin 2009
Une sorte d'illustration de ce que j'écrivais sur ces 15% de français qui ne sont pas convaincus du tout de l'utilité même de l'Union européenne, le UKIP (United Kingdom Independance Party) vient de dépasser le labour dans les sondages. A 19% d'intentions de vote dans les sondages, contre 16% pour les travaillistes, ce parti dont la principale proposition est de sortir de l'Union européenne pourrait créer une surprise.



Il y a certainement des circonstances proprement britanniques à l'émergence d'un tel parti : l'Angleterre est une île ; le récent scandale des notes de frais ; la suspicion traditionnelle du pays à l'égard d'une europe supranationale...

Il y a aussi des diffficultés, notamment la grande difficulté pour des partis autres que Tory et Labour pour s'implanter durablement dans un système électoral où règne le scrutin uninominal à un tour.

Certes, le programme du parti est parsemé de nombreuses mesures de droite.

Il n'empêche qu'une fois sortie de l'Union, la Grande-Bretagne pourra renouer avec de vrais débats politiques et qu'une alternance réelle pourra s'instaurer au lieu d'une suite infinie de clones ne se distinguant que par leur stratégie de communication (genre pondéré à la Henri IV: Bayrou ; jet set 1er empire : Sarko ; Jeanne d'Arc : Ségo...) pendant que Bruxelles enfile ses directives ineptes.

Par ailleurs, il n'est en rien inéluctable que le thème d'une sortie de l'Union européenne tombe à droite en France. La restauration d'une politique de gauche passe forcément par une sortie de l'Union et il n'est pas exclu que le Front de gauche s'en rende compte un jour, par exemple. D'ici là c'est sans doute leur rendre un mauvais service que de les encourager à réclamer de façon assez ridicule une "autre Europe" dont personne ne veut, ou, plus exactement, dont il est impossible qu'elle soit souhaitée par 27 pays simultanément, condition pourtant sine qua non de tout changement européen (même chose pour NDA et DLR, bien évidemment...)

*

J'invite les lecteurs curieux à relire le récit des modifications de l'article UKIP dans wikipedia par l'ambassade américaine à Bruxelles.









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Samedi 30 mai 2009


Cette vidéo s'inscrit dans une longue lignée de "messages" destinés à faire aimer l'Europe.

Immanquablement ils m'amènent tous à questionner plutôt la santé mentale de leurs auteurs. On peut aussi se poser des questions sur l'arrière plan intellectuel de la construction européenne : regroupement des élites de chaque nation contre leurs "barbares intérieurs" ?

L'homme de la rue vu comme un truc dont on condescend à le laisser voter, non sans une grande méfiance qui indique par avance toute la valeur que l'on va accorder aux votes.

Je rappelle, comme toujours, que ces vidéos sont payées avec vos impôts, en échange de la fermeture de quelques lits d'hôpitaux supplémentaires (non je ne suis pas démago...)
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Samedi 23 mai 2009
Difficile de faire confiance au chef du parti abstentionniste pour défendre son camp, c'est l'inconvénient de ce choix. Il nous faut donc nous organiser par nous-mêmes.

Je note donc ici quelques prises de position abstentionnistes pour le 7 juin prochain : je liste le nom de personnalités (ou pas) qui s'abstiendront, et si possible je mets un lien vers l'explication de vote correspondante.

Si vous en avez repéré d'autres, n'hésitez pas, je mettrai à jour...


Il y a donc, pour le moment :

- Jef, "citoyenneté et spectacle" (ajout du 24/5),

- ajout signalé par Dick Turpin, un très bon texte de Denis Collin (sa conclusion : Une liste qui mériterait qu’on se déplace pour voter pour elle proposerait des éléments au moins de retour à l’indépendance nationale (sortie de l’OTAN, droit pour un État de nationaliser les secteurs qu’il estime stratégique et de leur accorder l’aide qui lui semble bonne, exclusion de l’éducation et de la santé, des transports, des télécommunications et de l'énergie des règles du libre échange, etc.). Force est de reconnaître que pour l’heure une telle liste n’existe pas. Les listes existantes soit bavardent sur des luttes qu’elles sont bien incapables d’organiser soit en appellent à une autre Europe pour sortir les peuples de la crise. Et attendant cette autre Europe, qu’est-ce qu’on fait ? Mystère. Pour toutes ces raisons, à l’heure qu’il est, il me semble judicieux de faire comme vont certainement le faire nos concitoyens dans leur majorité, c’est-à-dire voter avec ses pieds.)

- Jean Lévy, de chez Ca n'empêche pas Nicolas,


- Paul Thibaud, philosophe (lire à ce sujet un billet chez Causeur, intitulé Européens de tous les pays, abstenez-vous),

- Luc Rosenzweig, chez Causeur (auteur du billet ci-dessus),

- Jean-Pierre Chevènement, qui appelle à voter blanc ou nul mais comptons-le comme sympathisant,

- Maup, commentateur occasionnel sur ce blog (s'il a changé d'avis, qu'il me corrige !)

- Un blogueur communiste, repéré par une recherche Google sophistiquée ("le 7 juin je m'abstiens")

- Un blog souverainiste, même technique de repérage hautement technologique,

- Michel A., lecteur du Monde en commentaire d'un interview de Marine le Pen dans lequel elle explique que l'abstention fait le jeu de l'UMPS,

- L'appel à l'abstention du Comité Valmy, avec Annie Lacroix-Riz (et Jean Lévy, suscité) et d'autres,

- Le Yéti, dessinateur et blogueur, sur Rue 89 et sur son blog,

- Un abonné au Monde, Fraise des Bois, avec explication de non-vote sur son blog,

- Un blogueur lettré, qui cite la Boétie à l'appui de son choix, sur anarchieévangélique  ("Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de pousser le tyran, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre." Comment dire mieux ?)

- Un journaliste de Slate, qui sans prendre position trouve bien des raisons à l'abstention,

- Un blogueur cheminot de la SNCF, sur Lile-lettree.info,

- Votre serviteur, enfin.

*

Ca me fait penser aux premiers ralliements à de Gaulle à Londres, en 1940. Comme le raconte l'encyclopédie Larousse, reprenant un mot d'un proche de de Gaulle : "
au lieu des ralliements massifs qu'il escomptait, le chef de la « dissidence » ne voit pas arriver ses pairs, mais quelques officiers de réserve, des errants qui rêvent d'en découdre, des hommes de gauche, des israélites, des pêcheurs de l'île de Sein." Des outsiders.


Bon, ça fait une bonne cinquantaine d'abstentionnistes actifs et revendiqués (les signataires du Comité Valmy sont nombreux), je soupçonne qu'il y en a bien d'autres. N'hésitez pas à signaler les billets bien sentis sur ce thème, en commentaire, je les intègrerai.

En tout cas, amis abstentionnistes, sachez que, comme on dit à Manchester Liverpool (j'ai au moins un lecteur qui s'y connaît), "You'll never walk alone"...


*

Aucun d'entre eux, pour finir, n'invoque l'argument poujadiste consistant à dire que les députés se présentent pour des raisons financières. Non, cet argument, je l'ai trouvé chez Eolas ("...ce qui motive tant les partis à solliciter un député de plus, c'est beaucoup plus prosaïque : ça fait un permanent de moins à salarier pour le parti.")








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Jeudi 21 mai 2009

Vincent Peillon, en campagne électorale pour les européennes, a dénoncé le "vent mauvais de la fermeture sur soi, exempt de tout appel à la générosité et porté par une certaine gauche".

On ne comprend pas très bien ce que cela signifie. Une certaine gauche veut quoi ? La générosité européenne est où ? Peu importe...

A défaut de comprendre le sens on peut s'intéresser à ce que cela évoque...

Le "vent mauvais", c'est un discours célèbre de Philippe Pétain, d'août 1941.

A priori, on ne peut soupçonner Vincent Peillon de vouloir se référer, même implicitement au Maréchal, surtout lorsqu'il en appelle à l'ouverture et à la générosité.

Lisons tout de même de quoi parlait Pétain en 1941.

Extrait :

"De plusieurs régions de France, je sens se lever depuis quelques semaines un vent mauvais. [...] Le trouble des esprits n'a pas sa seule origine dans les vicissitudes de notre politique étrangère. Il provient surtout de notre lenteur à reconstruire un ordre nouveau, ou plus exactement à l'imposer. La révolution nationale, dont j'ai, dans mon message du 11 octobre, dessiné les grandes lignes, n'est pas encore entrée dans les faits. [...] Un long délai sera nécessaire pour vaincre la résistance de tous ces adversaires de l'ordre nouveau, mais il nous faut, dés à présent, briser leurs entreprises, en décimant les chefs."

Moralité : en 2009 comme en 1941, le peuple français est un peu lent à comprendre l'ordre nouveau. Voilà pourquoi l'inconscient de Vincent Peillon lui a peut-être joué un mauvais tour...

Sous couvert d'élections européennes, c'est bien à approuver un changement de régime qu'est invité l'électeur du 7 juin prochain. Lire Pierre Rosanvallon pour mieux connaître les contours de cette démocratie nouvelle qu'il est important de refuser.

 

 

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Jeudi 21 mai 2009
L'info m'avait échappé mais grâce à Malakine, j'en ai pris connaissance avec plaisir : Jean-Pierre Chevènement appelle à voter blanc ou nul aux européennes.

Abstention, vote blanc ou nul, peu importe. L'essentiel est de ne pas se laisser abuser et de ne pas prendre l'ouverture des écoles le dimanche assortie de la distribution de bulletins de votes pour une consultation démocratique. La liturgie républicaine est là mais c'est le seul hommage que le vice rendra à la vertu : quel que soit le vote le 7 juin, l'Union européenne se sentira d'autant plus confortée que la participation aura été forte.

Bruno le Maire, secrétaire d'état aux affaires européennes, l'expliquait sur France Inter il y a dix jours : une participation supérieure à celles des européennes de 2004  (57,24%) montrerait que les français se réjouissent de l'adoption du traité de Lisbonne, plus démocratique etc...

C'est bien malheureux parce qu'ils n'ont pas vu le piège, mais tous les participants alignés dans la course le 7 juin sont en piste pour jouer au grand jeu de la construction européenne.

Objectif du 7 juin donc : que l'abstention dépasse les 57%, pour que ni le gouvernement ni Bruxelles ne puissent affirmer que les français ont digéré que leur vote de 2005 ait été bafoué.



Petite citation de Chevènement :

"
M. Sarkozy, à Nîmes, a parlé de politique de change volontariste, de protection communautaire et de politique industrielle commune, mais il sait très bien que le texte du traité de Lisbonne qu’il a fait adopter, l’en empêchera. La même schizophrénie – pour ne pas dire hypocrisie - frappe le Parti socialiste qui a approuvé lui aussi le traité de Lisbonne. D’ores et déjà MM. Brown et Zapatero ont fait savoir que les députés travaillistes anglais et ceux du PSOE espagnol soutiendraient le candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. Cette élection est vide de contenu."



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Mercredi 20 mai 2009

« il apparaît ainsi que les apparats formels de la souveraineté populaire

peuvent rester intacts alors même qu'un étatisme autoritaire,

d'une part, une gouvernance par le capital, de l'autre,

avec, entre les deux une implacable rationalité marchande,

se combinent pour vider de tout contenu le gouvernement par le peuple.»

 

Wendy Brown, Les habits neufs de la politique mondiale.

Editions Les prairies ordinaires.

 

 

Je ne pensais pas avoir un jour à redouter Pierre Rosanvallon. J'en suis pourtant bien là. C'est un de ses articles récents qui m'a alarmé, titré "réinventer la démocratie". L'homme incarne, en France, ce qu'il y a de plus respectable et conforme dans la pensée actuelle de centre-gauche française. Il étudie depuis longtemps les insuffisances, difficultés et transformations des sociétés à travers l'Etat et les institutions démocratiques telles que les élections. Il a, en son temps, été accusé de prôner le libéralisme à travers la fondation Saint-Simon. Sa collection la République des idées paraît un poil plus à gauche. Etonnamment, c'est donc un membre de l'extrême-centre qui publie un article dont le contenu ressemble fort à une théorisation de la dictature.

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Pour justifier l'abandon du côté formel de la démocratie et se débarrasser du poids du suffrage, Pierre Rosanvallon adopte une argumentation aux abords très gauchistes. Il tire argument de l'affaiblissement des états-providence pour rechercher l'appui d'autres structures susceptibles de recréer du lien social. Jusque là, rien de véritablement scabreux.

Il est vrai que le côté formel des droits accordés par une société libérale, y compris le droit de vote, doit être complété par des droits réels, des droits sociaux, du type de ceux qui avaient été inventés au sortir de la deuxième guerre mondiale. Depuis les critiques de Marx sur la société bourgeoise, cette opposition est au cœur des débats politiques.

Rosanvallon tranche cependant avec le discours habituel de la gauche modérée, qui consiste à vouloir concilier les deux aspects, formel et réel, de la démocratie.

Il donne nettement la priorité aux droits réels : «la "question sociale" et la "question démocratique" sont désormais indissociables. C'est la démocratie, comprise dans sa dimension sociétale, qui dessine de la sorte l'avenir du socialisme».

On pourrait croire à une gauchisation de la position de l'auteur. On en est, à mon sens, assez loin, comme le montre la suite de l'article.


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Pour faire vivre cette démocratie nouvelle qu'il tente de définir, Pierre Rosanvallon veut remplacer le suffrage de deux façons.

Il en appelle tout d'abord aux institutions internationales pour faire vivre ce qu'il appelle une «démocratie-monde» : «C'est au-delà des élections qu'il faut donc commencer à activer cette démocratie-monde, en obligeant les grandes institutions internationales à être plus transparentes, à rendre davantage de comptes, à se rapprocher de cette façon des sociétés civiles.»


Que Rosanvallon, sur ce thème de l'internationalisation, constate que l'élection ne peut jouer aucun rôle, c'est normal. Il n'y a pas d'élections à l'ONU, ni à l'OMC, et rien ne permet d'imaginer qu'il y en ait sous peu. Mais l'auteur va plus loin que ce constat et, en réalité, se félicite de l'absence d'élections au niveau international : « Transporté à ce niveau, le principe majoritaire-représentatif ne pourrait d'ailleurs que voir ses inaccomplissements exacerbés ».


Bref, le principe majoritaire-représentatif (comprendre la primauté des élections dans le jeu politique) a fait son temps et les institutions internationales vont aider à le remplacer.

#

De fait, le suffrage a tellement de défauts qu'il convient de compléter ensuite cette tutelle internationale par une tutelle interne et technocratique : « Un pouvoir n'est désormais considéré comme pleinement démocratique que s'il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrentes et complémentaires de l'expression majoritaire. C'est à cela que correspond notamment la montée en puissance d'institutions comme les autorités indépendantes ou les cours constitutionnelles. Mais on ne donnera un caractère véritablement démocratique à ces institutions, à leur mode de composition, à leurs conditions de fonctionnement et de reddition de compte, que si on les pense comme telles. »


On va donc continuer à encadrer le suffrage par des institutions plus sûres que celles qui sont issues des choix de l'électeur. On ne voit pas bien comment on va définir des autorités indépendantes et des cours constitutionnelles en les « pensant comme démocratiques », sachant qu'en plus le suffrage ne semble plus caractériser la démocratie. C'est un vaste chantier que semble ouvrir Rosanvallon. Cela pourrait presque être intéressant mais on lit tout de suite qu'il ne s'agit pas d'aller bien loin. 


Il faut en effet, selon lui, « inventer des formes non électorales de représentation. L'élargissement de la définition du Conseil économique et social, actuellement en débat, s'inscrit dans cette perspective.» Le parangon de la modernité intellectuelle à gauche découvre donc le Conseil économique et social au secours de la démocratie... Avoir ouvert d'aussi vastes perspectives pour découvrir la place d'Iéna ne semble pas plus ridicule que cela à l'auteur. Le lecteur, lui, à moins d'être un convaincu, peut avoir des doutes...

 

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Pourquoi, d'ailleurs, Rosanvallon veut-il ainsi dépasser le suffrage ? Le problème de cette technique serait qu'elle multiplie les «oubliés de la représentation». De fait, Rosanvallon balaie ainsi la fiction du citoyen, de la volonté générale dégagée par le suffrage, exprimée par une assemblée ou par le chef de l'Etat, au profit d'une juxtaposition de représentation d'intérêts. Sous couvert de modernité, il ne fait que passer d'une conception française traditionnelle, plutôt rousseauiste, où l'intérêt général est distinct de la somme des intérêts particuliers, à une conception plus anglo-saxonne où l'intérêt général est une somme - et ici même plus une somme mais une marqueterie - d'intérêts particuliers.


Rien de déshonorant dans cette conception, sauf d'une part qu'elle n'est pas nouvelle du tout, et que, d'autre part, le suffrage chez Rosanvallon finit par devenir un simple accessoire, même plus nécessaire, et même nuisible puisqu'il entend le "dépasser". La démocratie à l'anglo-saxonne n'a, à ma connaissance, pas encore prétendu « dépasser » le suffrage.

#

 

Il y a donc de sérieuses raisons de penser que loin de vouloir compléter le suffrage par des institutions complémentaires, Rosanvallon entend tout bonnement le supprimer.


Voilà qui cadrerait parfaitement avec le fonctionnement nouveau de la «démocratie» à l'européenne, qui s'asseoit sur la volonté des peuples, exprimée par le suffrage, avec une telle régularité qu'elle n'en éprouve plus aucun inconfort.


Rosanvallon rejoint ainsi les délires de Ulrich Beck («Pour un empire européen») et d'un Toni Négri (l'homme du célèbre merde à l'état-nation). Il se place ainsi en pointe, à l'avant-garde, pour donner une justification théorique aux futures entorses à la démocratie que l'Union européenne ne manquera pas de commettre.


Nous nous préparons ainsi, avec l'autorisation de l'un de nos plus brillants intellectuels «de gauche», un avenir de soumission, loin du suffrage, encadré d'une part par des autorités internes cooptées et, de l'autre, par des organismes techniques internationaux.


J'abuse ? J'introduis un lien imaginaire avec l'Union européenne pour laquelle j'ai une détestation particulière ?


Pierre Rosanvallon conclut son article ainsi : «L'Europe ne pourra être chérie par les citoyens que si elle devient également un vivant terrain d'expérience de la démocratie post-électorale.»

Chérir un pouvoir «post-électoral» ? Que l'on appellerait «démocratie» ? Tout devient possible dès lors qu'il s'agit d'Europe.

 

J'ai peur.

 

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Nous entrons donc dans une nouvelle ère. Il y avait auparavant, au centre et jusqu'à l'extrême gauche, des gens convaincus de la nécessité d'allier des droits formels exprimés par le suffrage et des droits sociaux réels. Plus on allait à gauche et plus on voulait de droits réels, et, à l'extrême-gauche on se moquait bien des droits formels.

L'Europe dessine une nouvelle configuration. Le centrisme devient féroce (n'oublions pas que la répression de la Commune par les versaillais fit plus de morts que la terreur révolutionnaire) et ne se soucie plus de droits formels. Il appartiendra sans doute à la gauche extrême de réhabiliter les acquis libéraux - liberté d'expression, primauté du suffrage, comme l'affaire Coupat commence à en faire la démonstration.

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Les élections du 7 juin sont les premières d'une ère nouvelle, celle où le vote est un gadget, un objet décoratif. S'il va dans le sens souhaité par les organismes techniques internationaux et les autorités administratives internes évoqués par Rosanvallon, tout va bien. S'il n'est pas conforme à ce qui est attendu, il est d'ores et déjà nul et non avenu. C'est pour cette raison qu'il est vital de refuser de voter le 7 juin prochain.

 

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Dimanche 17 mai 2009

Le M'PEP envoie un courriel pour lutter contre l'abstention - voir l'argumentaire sur leur site. J'y trouve confirmation qu'il convient en effet absolument de s'abstenir.

Premier point : le M'PEP identifie correctement les "abstentionnistes actifs" : c'est une reconnaissance du phénomène qui est encourageante. L'abstention du 7 juin sera bien identifiée comme une protestation.

Deuxième point, fondamental. Après avoir donné un certain nombre de raisons de ne pas voter (certaines jamais évoquées ici, je vous laisse en prendre connaissance), le M'PEP conclut :

"Ces arguments sont parfaitement valables, mais ils ne tiennent pas compte de la réalité de cette élection. Celle-ci, bien que portant sur l’élection des représentants au Parlement européen, ne se limite pas à ce seul enjeu. Il existe également des enjeux dépassant le simple renouvellement du Parlement européen : le sens de la construction européenne elle-même et la situation politique française (comme dans chaque pays).

Les électeurs, qu’ils en aient conscience ou non, en votant pour telle ou telle liste, voteront aussi pour une certaine conception de la « construction » européenne.
"

Autrement dit, voter c'est accepter le principe de la construction européenne. On peut en choisir les modalités, plus ou moins libérales, mais dans tous les cas chaque bulletin de vote sera un "oui" à la construction européenne. La messe est dite.

C'est en effet parce que la construction européenne, périphrase qui signifie la construction d'un état européen, n'est pas démocratique, 50 ans après ses débuts, qu'il convient d'interrompre l'expérience.

Le M'PEP je crois - comme le front de gauche, les villiéristes, NDA et les autres partis du non - sous-estime totalement le raz-le-bol général à l'égard de la construction européenne.

Comme tant d'autres, le M'PEP n'imagine même pas que la construction européenne, en elle-même, puisse être rejetée, dans son principe. L'opinion est, à mon avis, bien plus mûre que cela, elle est en avance par rapport aux partis censément d'avant garde.

Illustration typique de cette ambiguïté fondamentale. Le site du parti de gauche décrit fort bien comment l'Union européenne est en train de construire, avec l'assentiment du PSE, un grand marché transatlantique (on peut être pour ou contre un tel marché, force est de constater qu'il se construit encore une fois dans le silence le plus complet). Conclusion du billet par le parti de gauche : "Le Front de gauche dénonce cette intégration transatlantique qui aliène la souveraineté européenne."

Que l'on m'excuse, je n'ai pas envie de voter pour un parti censément eurosceptique qui reconnaît en conclusion d'un article qu'il y a d'ores et déjà une souveraineté européenne qu'il ne conviendrait que d'aménager ! Les eurobéats les plus enthousiastes n'en demandent pas tant !

C'est donc toute la construction européenne qui est en jeu en juin prochain.

Au moment où les effets réels et quotidiens de la "construction européenne" se font sentir, les opinions publiques se disent attendez, quand m'a-t-on consulté, quel est cet objet politique que vous nous vendez de force... Les élites répondent "c'est trop tard, c'est comme ça depuis 1957 et de toute façon c'est très bien".

Nous sommes donc à un point où accepter la poursuite de la construction européenne c'est entériner la sortie de la démocratie et admettre la construction européenne subreptice.

Refuser la construction européenne n'est pas un choix, c'est la condition du maintien d'un jeu démocratique.

Je suis surpris de voir que le Parti de gauche se range parmi ceux pour qui la construction européenne et la souveraineté (impériale puisque non démocratique) de l'Europe sont un fait considéré comme acquis et irréversible.

Je suis trop libéral et républicain pour me résigner à cela, pour accepter que l'on puisse imposer par la force la poursuite d'un processus que les français ont voulu interrompre en 2005.

Que le PG lève l'ambiguïté, qu'il appelle à sortir de l'Union européenne, il aura ma voix.

D'ici là, voter le 7 juin, quelle que soit la liste choisie - comme l'écrit fort bien le M'PEP - c'est voter pour la construction européenne.

Sans moi, sans quiconque a conscience du fait qu'aujourd'hui c'est la notion de démocratie qui est en jeu.

 

 

 

 

 

 

 


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Samedi 16 mai 2009

 

Le 7 juin prochain, l'UMP s'apprête à triompher. Il y aura certainement des surprises, mais, considérons que le dernier sondage en date, celui de Paris Match, approche le résultat final.

 

Le 7 juin au soir, les médias nous parleront probablement de ça :

 

 

Et puis, ils nous parleront, à part, du sujet de l'abstention.

Pourtant, la réalité des résultats, ce sera ça :

 

 

Et encore, j'ai supposé une abstention minimale de 45%, il est possible qu'elle soit plus importante. Il est donc tout à fait possible que, le 7 juin, aucune liste ne recueille plus de 10% des voix du corps électoral.

 

Les sceptiques diront que c'est toujours le cas, et qu'il est habituel de réfléchir hors abstention.

 

Sauf qu'au premier tour de la présidentielle de 2007, les résultats, abstention incluse, sont ceux-là :

 

 

 

L'abstention de juin 2007 est sans doute exceptionnelle. Plus qu'en d'autres occasions, il faut souligner qu'il s'agira, chez de nombreux inscrits sur les listes électorales, d'une abstention citoyenne. Et que plus cette abstention sera forte, plus elle aura été revendiquée préalablement, plus elle aura de poids.

 

 

 

 

 

 

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Samedi 9 mai 2009

L'imaginaire européen ne renvoyant à rien qu'au vide ou à d'inavouables envies de s'abandonner entre chrétiens blancs de tous poils, la propagande européenne est vouée à produire du vide...

 

Voici encore un exemple récent, qui s'ajoute à de nombreux précédents) :

Naturellement, c'est en anglais, mais produit par le club de réflexion politique de l'UMP, la Fondapol, donc financé par des fonds publics. Au bout de vingt secondes on a compris le "message", mais ça dure cinq minutes. Il y a tout de même quelques perles, comme cette européenne enthousiaste qui vous explique que l'Europe c'est "comme l'herpès" (heureusement, elle ajoute "mais en bien").

 

Bref, vive l'Europe, bonne fête...

 

 

 

 

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Samedi 9 mai 2009

Sur ce blog, c'est un peu tous les jours la fête de l'Europe.

Mais le 9 mai il était spécialement important de faire un geste. Comme le temps me manque, je reprends un courriel reçu ce jour, de la part du M'PEP (Mouvement politique d'éducation populaire). Le M'PEP (ne me demandez pas pourquoi l'apostrophe) est un mouvement plutôt sympathique, animé par Jacques Nikonoff, entre autres, ancien président d'ATTAC (dont on a beaucoup dit qu'il était très autoritaire, certes).

Le M'PEP donc désespère de l'Europe, et commence à sortir de l'alter européisme qui veut se donner le temps d'attendre que l'Europe aille dans le bon sens jusqu'au dernier salarié de notre dernière usine et jusqu'au dernier de nos services publics.

Donc le M'PEP prône une voie positive et réaliste, la désobéissance européenne.

Avec quelques arguments :

"Le M’PEP a largement démontré dans plusieurs textes qu’il n’est pas possible de mener une véritable politique de gauche dans le cadre de l’Union européenne. Nous pourrions dire sans risque de nous tromper que 95% des propositions de la gauche de gauche se révèlent illégales au regard du droit européen sanctifié dans les traités et la jurisprudence, et qu’il ne figurerait dans les 5% restants que des mesures décoratives.

Les traités européens sont incompatibles avec une politique de gauche
.

Dès lors, les options envisageables sont peu nombreuses :
se résigner à vivre dans une Europe libérale ;
attendre (jusqu’à quand ?) un changement radical d’orientation de l’Union européenne ;
ne plus obéir aux injonctions néolibérales de l’Union.

Bien évidemment, la seule solution acceptable est de s’affranchir des obligations communautaires eurolibérales, ce qui d’un point de vue juridique renvoie à l’idée de désobéissance civile, avec toutefois quelques différences importantes. C’est pourquoi un large débat public est désormais impératif autour d’un concept nouveau et nécessaire proposé par le M’PEP : la « désobéissance européenne ».
En quoi consisterait la désobéissance européenne ?
Comment la désobéissance européenne, qui est une désobéissance civile a grande échelle, peut s’appuyer sur un processus démocratique ?
Comment les partis politiques et les syndicats peuvent-ils clarifier leur position ?
Les communes qui se sont déclarées « Hors AGCS » ne sont-elles pas les premières à avoir montré le chemin ?
Faut-il créer un mouvement de désobéissance européenne ?
"  Lire la suite
 

Sans doute pour des raisons de proximité avec le Parti de gauche, le M'PEP prône, malgré ce discours offensif, la participation au scrutin du 7 juin - ce qui ne paraît guère cohérent. Il faut dire qu'un autre de leurs textes récents s'appelle "Bouger l'Europe ou sortir de l'Union européenne". Ils ont donc sans doute envie de donner à l'Europe une dernière chance, comme le joueur désireux de se refaire dans une dernière partie improbable...

Peu importe, ça va dans la bonne direction.

Concrètement, ça voudrait dire qu'on arrêterait de casser les services publics pour enchanter Bruxelles : "C’est la construction d’un droit national socialement juste et protecteur de l’environnement, de l’industrie et des régimes sociaux, quitte pour ce faire à se mettre dans l’illégalité vis-à-vis du droit communautaire. C’est aussi, par exemple, le refus d’abonder le budget communautaire lorsque ces fonds sont utilisés pour mener des politiques libérales. Bien sûr, la construction revendiquée d’un droit « illégal » implique qu’aucune astreinte ne sera payée en dépit des condamnations qui ne manqueront pas d’arriver de la part de l’Union."

Vous pouvez vous abonner aux lettres du M'PEP, adhérer etc..., ou vous contenter de les suivre de loin en loin...

 

 

 

 

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Mercredi 6 mai 2009

Un de mes billets les plus lus, dans la durée, est consacré aux symboles de l'Europe.

J'y soulignais les origines pour le moins étonnantes de la plupart des symboles dont l'Union s'est affublée.

Un article du Monde du 3/4 mai revient l'un de ces symboles, l'hymne, pour souligner qu'il est étrange que la version officielle de cet hymne soit enregistrée par l'adhérent du parti nazi n°3 430 914, Herbert Von Karajan. L'article est signé Esteban Buch, directeur d'étude à l'EHESS.

J'aurais bien ajouté, à sa place, que Karajan a aussi dirigé un Tristan et Iseult devant Hitler, à Paris, pour fêter la victoire allemande contre la France. Que la neuvième a été jouée par les nazis lors de l'ouverture des JO de Berlin, en 1936, puis reprise comme hymne national allemand de 1952 à 1966.

Je pense que s'il avait ajouté tout cela, d'une part on ne l'aurait sans doute pas cru, d'autre part, par une sorte de réflexe conditionné, on aurait balayé cela d'un revers de main en jugeant que c'était trop gros pour être vrai - ou signifiant.

Je me réjouis que, par petits bouts, filtre tout de même une réalité assez massive : l'imaginaire associé au triomphe de l'idée européenne ne sent pas très bon. A côté d'une intention de départ fort généreuse, par dessus cette idée, flotte un parfum de triomphe de l'empire catholique et blanc qui sent véritablement mauvais. Apparemment je ne suis pas le seul dont les naseaux commencent à frémir...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 6 mai 2009

...Pour les colombes, la situation de la zone euro ne laisse pas de doute quant à la nécessité d'utiliser de façon massive et rapide l'arme monétaire. Mois après mois, le chômage poursuit son ascension dramatique. Aujourd'hui, 14,158 millions de personnes sont sans emploi en Europe (8,9 % de la population active). Et la reprise n'est pas attendue avant 2010. « Si la BCE attend trop avant d'agir, cette reprise hypothétique sera encore retardée », alerte l'économiste Philippe Brossard.

En outre, souligne-t-il, l'attitude de la BCE contribue à faire s'apprécier l'euro par rapport au dollar. « La monnaie unique est hors de prix. C'est peut-être bon pour l'orgueil national, mais c'est très mauvais pour le commerce extérieur », signale-t-il. Pour M. Brossard, la BCE doit donc baisser ses taux. Jusqu'où ? « La seule limite c'est zéro, et encore... », estime-t-il...

C'est la fin d'un article du Monde du 3/4 mai, titré "faucons et colombes à la BCE".

Le fait est que l'euro trop élevé, même de quelques dixièmes de points, a un coût. Comme il pèse sur l'Union européenne une chape de plomb (l'Europe ? Un bienfait vous dis-je...), il est rarissime qu'on en parle. J'attends une étude de l'INSEE sur le coût en chômeurs de la surévaluation de l'euro. Nous attendrons longtemps, il y a sans doute peu de volontaires pour se retrouver directement dans un placard...

*

 

Et ne me dites pas que les élections européennes changeront quoi que ce soit à la gestion de l'euro, la BCE est l'une des banques centrales les plus indépendantes du pouvoir politique - à supposer que le Parlement européen ait un quelconque pouvoir politique.

 

 


 

 

 

 

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Mardi 5 mai 2009

Hier je rendais compte de ma découverte de la formidable association Ensemble pour l'Europe

J'évoquais quelques passages de leur déclaration appellant aux urnes le 7 juin prochain.

J'en avais laissé un de côté, pas piqué des hannetons.

On sait que la subsidiarité devait faire partie de l'Union européenne : les Etats doivent régler à leur niveau ce qui est de leur ressort. En réalité, sous couvert notamment de compétence communautaire en matière de droit à la concurrence, de plus en plus de décisions se prennent au niveau communautaire, à Bruxelles, entre fonctionnaires et lobbyistes. On sait par exemple que lorsque la CJCE favorise la concurrence des salaires par le bas avec les arrêts Laval et Viking, elle est sur un terrain juridique fragile pour s'imposer contre les syndicats et faire prévaloir le libéralisme.

Curieusement, nos braves chrétiens n'en soufflent mot dans leur initiative de chrétiens pour l'Europe. Il faut croire que les empiètements anti-sociaux des organismes communautaires ne les ennuient pas.

Peut-on en déduire que toutes les avancées de la construction européenne leur vont ?

Point du tout.

Il y a un domaine sur lequel ils seront vigilants sur les compétences nationales :

Il faut l'admettre cependant, les institutions européennes ont pu sembler mettre en péril l’intégrité de la cellule familiale. Le risque existe de voir niée l’altérité des sexes et refusée toute différence entre les fonctions paternelles et maternelles. Il importe à cet égard, de souligner que ni les traités européens actuels, ni le traité de Lisbonne n'autorisent l'Union à légiférer en matière de droit de la famille et de droit à la vie : ils continuent à relever de la responsabilité exclusive des Etats.

C'est beau comme du Boutin rédigé par un jésuite (deux jésuites en signataires d'ailleurs, pour la petite histoire). "Le risque existe de voir niée l’altérité des sexes et refusée toute différence entre les fonctions paternelles et maternelles" : les gays ne sont pas prêts d'adopter et là, il n'y aura pas de jurisprudence de la CJCE.

Je rappelle qui sera invité à la fête parisienne des chrétiens pour l'Europe, qui ne sont pas une secte groupusculaire :

Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne
Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement européen-France
Mgr Emmanuel, Métropolite, Président de l’assemblée des Évêques orthodoxes en France,
Pasteur Claude Baty, Président de la Fédération Protestante de France.
Cardinal Vingt-trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France

On interdira donc encore longtemps l'avortement en Irlande, sur ce sujet précis, les églises veilleront à ce que jamais l'Europe n'enfreigne les droits des états. Sur le droit social en revanche...

*

So what ?

Je rappelle qu'il ne suffit pas de balayer l'objection en disant qu'il n'y a pas à voter pour "eux", car "eux" ne présentent pas de liste.

Ces braves chrétiens appellent juste à soutenir l'Union européenne en votant, en mobilisant pour l'élection ("Citoyens européens, participons aux élections de juin 2009.") Tout leur va, toute voix contribuera à crédibiliser cette structure bien plus facilement perméable aux groupes de pression que les états républicains, dans laquelle les églises s'épanouissent.

Au fond l'Union européenne se laisse ainsi voir telle qu'elle est depuis sa création par Jean Monnet, technocrate libéral, et Robert Schuman, catholique ultraconservateur: un empire chrétien et blanc, en formation, qui se veut nouveau coeur de l'Occident.

Pour ma part je ne suis pas citoyen européen, je ne veux pas de cette citoyenneté de pacotille estampillée par la frange conservatrice de l'association des cagots réunis.

Dominus vobiscum...

 

 

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Lundi 4 mai 2009

Il y a quelque temps de cela, je tombe sur une affiche intrigante, non loin de chez moi :

 

 

Je note le caractère général de l'affiche, elliptique, et les douze petites étoiles du logo de la manifestation qui se prépare. Bien évidemment, je veux en être...

Je me rends sans tarder sur www.mrbonheurjeunesse2000.org (c'est un .org, non un .com)

 

Il s'agit donc de week ends organisés par des catholiques, selon une formule trouvée par de jeunes britanniques. So far, so good, même si la perspective de ma participation à cette fête étoilée diminue (je note cependant que l'église catholique se sent dans ces douze étoiles comme un poisson dans l'eau).

 

Continuant néanmoins ma promenade, je remonte à la racine de ce site (le site qui intègre en son sein celui de Mr.bonheur) : www.jeunesse2000.org

 

Très belle iconographie :

 

 

 Bon d'accord, c'est un peu sulpicien mais il en faut pour tous les goûts...

 

A la suite de ces recherches sur M. Bonheur, je tombe sur le site d'Ensemble pour l'Europe. Il s'agit d'un ramassis rassemblement de chrétiens engagés, ben voyons, pour la construction européenne.

 

Ces braves gens miltent pour une... "Europe de la fraternité" (coucou Ségo !)

 

Le 16 mai prochain, ils se rassembleront à la Mutualité (puis soirée festive au Couvent des Bernardins. Qui a souri ?)

 

Il y aura du beau monde pour se réjouir des bienfaits de l'Europe:

 

Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne.
Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement européen-France
Mgr Emmanuel, Métropolite, Président de l’assemblée des Évêques orthodoxes en France,
Pasteur Claude Baty, Président de la Fédération Protestante de France.
Cardinal Vingt-trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France

Bon, je ne résiste pas à vous donner quelques extraits de l'appel que lesdits Chrétiens pour l'Europe ont lancé pour les élections :

 

Malgré l’absence de mention des racines chrétiennes de l’Europe, nous accueillons positivement les affirmations de ce traité qui sont, de fait, inspirées de la pensée et des valeurs chrétiennes. Ainsi, pour la première fois le traité expose explicitement que la dignité humaine est la première des valeurs de l’Europe, devant la liberté, la démocratie, l’égalité.

 

Apparemment les églises préfèrent la dignité humaine à la démocratie. Je comprends vaguement qu'il s'agit d'expliquer au pauvre dont on se contrefiche et dont la voix est méprisée, qu'il reste cependant digne. Je crois pour ma part que la démocratie contient et implique la diginité égale de tous, et qu'elle devrait donc primer.

 

Mais continuons notre lecture...

 

Mettons en oeuvre dès que possible les dispositions du Traité de Lisbonne
Pour permettre à l’Europe, dans ce contexte de crise économique, de jouer pleinement son rôle sur la scène internationale et de se doter d’institutions démocratiques et efficaces, nous invitons tout d’abord nos gouvernements et les citoyens européens à soutenir l'entrée en vigueur du Traité adopté à Lisbonne par les chefs d'Etat et de gouvernement : il donne de réels moyens d’action et un fondement plus solide à la recherche en commun de solutions adaptées. Nous nous réjouissons à cet égard que l’Irlande ait accepté de reconsidérer son vote négatif.

Pas très démocrates en effet les frères chrétiens...

 

Le traité protège le statut des Eglises établies en Europe selon le droit national, il reconnaît leur identité et contribution spécifique, et invite l’Union à maintenir un dialogue ouvert et régulier avec elles.

 

Ca c'est sûr, voilà qui en fait un bon traité...

 

Pour ce qui est de l'économie, on est dans le gloubi-boulga, mais on notera que l'OMC, le FMI, l'entreprise et les valeurs d'efficacité ont toute leur place parmi les valeurs chrétiennes de fraternité. On relève aussi que l'Afrique a une place en dernière ligne de ce paragraphe économique, comme on jette une petite pièce dans la corbeille de la quête à la fin de l'office...

 

Pour éviter de tels déséquilibres, nous sommes plus instamment invités à mettre l'économie au service de l’homme et de tous les hommes. Ce qui signifie valoriser le travail humain, promouvoir l’entreprise [note d'Edgar : il est vrai qu'on a besoin de promouvoir l'entreprise, ces derniers temps la mode est au communisme...] et restaurer le rôle de l’Etat comme gardien de l’intérêt général. Le modèle européen de l’économie sociale du marché doit être modernisé face aux nouvelles réalités. Sa vocation à réconcilier efficacité économique et justice sociale, égalité de chances pour tous et solidarité doit être renforcée. Cette solidarité ne peut s’arrêter aux frontières nationales, mais doit bénéficier de l’irremplaçable expérience communautaire acquise sur le terrain au fil des ans [où donc, grands dieux ? Quelles réalisations à sauver dans l'édifice européen ?] et se montrer plus audacieuse dans la défense des intérêts des plus vulnérables.


De ce fait et compte tenu de son rôle de grande puissance, l’Union Européenne a vocation à promouvoir une politique de régulation mondiale, soutenue par des structures internationales de gouvernance et par le renforcement des instruments de contrôle. Parmi ceux-ci, le FMI, l’OMC, le système des Nations Unies doivent jouer un rôle essentiel, tout en assurant aux pays émergents et aux pays pauvres, et spécialement ceux du continent africain, la part qui doit leur revenir dans les décisions [
la dernière ligne d'un couplet sur l'économie, voilà la juste part de l'Afrique]...

 

Bref, je crois que ces bons chrétiens ont oublié de laisser à César ce qui devrait lui appartenir et qu'ils confondent choix personnels et politique. En clair, je crois que l'Union européenne est un festival pour les lobbies en tous genres, y compris religieux (cf. ce résumé d'un article de Marianne).

 

Bref. Voter le 7 juin est un très mauvais service à rendre à la République (vous noterez que ces braves chrétiens ne disent pas pour qui voter, pour eux voter suffit, cela contribue à donner coprs à leur Union chérie). Je note que Ségolène s'inscrit en plein dans cette effervescence joyeuse des religions à l'approche de l'avènement européen, et que Bayrou se fiche du monde lorsqu'il oublie que ce qui menace le plus la République en France ce n'est pas Sarkozy, c'est l'Union.

 

Amis laïcs, le 7 juin, réfléchissez...

 

 

 

 

 

 

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