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Samedi 10 mai 2008
Une brève pour signaler un article du Financial Times hier. Il résume les conclusions de deux économistes solides, Barry Eichengreen (Berkeley) et Andrea Boltho (Oxford) sur l'impact économique de l'Union européenne : très faible selon les auteurs. Pour certains pays, comme pour l'Italie, l'Europe a même pu avoir un impact négatif. Sans l'Europe, le PIB des pays membres aurait été inférieur de 5% à ce qu'il est avec le grand carcan. Guère plus que la marge d'erreur dans ce genre d'études à mon humble avis. En tout cas pas le prix à payer pour la perte de la démocratie.

Voilà qui rejoint les conclusions d'un test imparable élaboré par mes soins personnels : demander à un partisan de l'Europe qu'est que ce bazar a apporté de si indispensable... Grand silence garanti, juste après un bref "la paix ?" interrogatif.

A lire sur le site du Financial Times, l'article complet sur le site du CEPR.




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Jeudi 17 avril 2008
Il s'est taillé un joli succès de librairie et d'estime avec "la France qui tombe", mais il n'écrira sans doute pas l'Amérique qui tombe : il ne faudrait pas désespérer Versailles...

Car en effet, le phare du monde libre ne va pas si bien que cela. Paul Craig Roberts, ce conservateur à la dent dure, revient sur quelques problèmes américains, et Paul Krugman, ce progressiste qui serait sans doute en France rangé à côté de Mélenchon parmi les affreux populistes, enfonce le clou.

Côté performances économiques brutes, ça ne va pas bien.

L'économie américaine a ainsi perdu presque 100 000 emplois en mars.

Roberts ajoute que ce problème conjoncturel est redoublé par un grave problème structurel: les USA importent, en biens commerciaux, 17% de leur PIB, alors que le secteur manufacturier américain ne produit que 12% du PIB. Modulo des différences de comptabilisation des deux côtés, les USA ont donc un déficit manufacturier structurel d'environ 5% de leur PIB, qui ne se résorbera pas du jour au lendemain (peut être qu'en réorientant la totalité de la production vers du militaire, assez peu importé ?...)





Autre problème pointé par Roberts, celui du bidonnage des statistiques. Là, il faut présenter John Williams (un économiste, pas le compositeur de la BO de Star Wars, merci).

John Williams est un économiste qui a commencé par faire des modèles économétriques pour des sociétés privées. Par exemple, pour une compagnie aérienne, un modèle qui liait la croissance du nombre de pasagers aux évolutions du PIB. Les résultats étaient bons jusqu'à un jour où ça ne collait plus. Williams s'est rendu compte que les évolutions dans la comptabilisation du PIB rendainet nécessaire un reparamétrage du modèle. Bref, depuis, il s'est spécialisé dans le décortiquage des statistiques officielles (une sorte d'Emmanuel Todd qui vivrait de son travail critique en en vendant le résultat à des boîtes privées).

Et bien, selon lui, en conservant les définitions du chômage et de l'infltaion telles qu'elles prévalaient au début des années 80, l'inflation américaine serait aujourd'hui à près de 12% et le chômage à 13% (heureusement, de telles distorsions statistiques, ça ne pourrait pas arriver en France...)

Pas étonnant que le papier de Krugman indique que depuis 44 ans que les américains sont sondés sur ce sujet, ils sont en 2008 un nombre record à estimer que leur situation actuelle est pire que cinq années auparavant.

 Point de vue social, Paul Krugman indique dans un autre article que 35 millions d'américains sont dépourvus d'assurance médicale. On sait cependant que les soins d'urgence sont souvent gratuits. Sauf que ce n'est pas toujours le cas, que certains soins, sans être urgents, sont indispensables mais trop coûteux. Selon un étude citée par Krugman, ce sont près de 27 000 américains qui meurent chaque année faute d'une couverture correcte (pas loin de 1% des non-assurés).

Juste un rappel, les américains dépensent beaucoup plus pour leur santé que les français. près de 3% de leur PIB. Malgré cela, ils ont un système de santé dont tous les indicateurs sont plus mauvais (espérance de vie etc...) Parce que les assureurs privés prélèvent 25% des cotisations en frais de gestion, contre 4% pour la sécu que Sarkozy est en train de démanteler sous les bravos bruxellois.

Bref. J'attends avec impatience de lire "l'Amérique qui tombe", par Nicolas Baverez. J'espère lui avoir fourni au moins deux bonnes sources pour son chapitre introductif...








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Mercredi 2 avril 2008
Telle est, en synthèse, la conclusion de deux papiers intéressants de Paul Craig Roberts. L'homme est ancien secrétaire d'Etat adjoint au Trésor, de Ronald Reagan. C'est un conservateur pas du tout néoconservateur, puisqu'il assimile régulièrement l'équipe Bush à une clique de nazis.

Un premier article sur la fin du dollar rappelle que le dollar valait, dans sa jeunesse (il est né en 1939), 1/35ème d'once d'or. Aujourd'hui, il en vaut 1/1000ème.

Cette baisse du dollar, dont la valeur est rognée par l'inflation, est encore masquée, toujours selon lui, par la sous-évaluation volontaire de l'inflation : pour ne pas avoir à augmenter les pensions et versements sociaux, le gouvernement décrète que "quand le steak augmente le consommateur préfère le hamburger". Exit le steak du panier de la ménagère et welcome le hamburger.
C'est un peu la même chose en France avec l'insuffisante prise en compte de la hausse du coût du logement, non ? (du coup, Gus, pourquoi pas appeler la BCE à la vigilance sur les taux... content ?)

aL guerre en Irak, qui a coûté
selon Joseph Stiglitz, près de 3000 milliards de dollars, est le clou enfoncé qui a accéléré la crise économique générale aux Etats-Unis et celle du dollar en particulier. Celle d'Iran viendrait encore déteriorer la situation.


Deuxième papier, PC Roberts revient sur
la mort de l'ex-espion russe Litvinenko, certainement assassiné par n'importe qui, mais pas par les russes, selon lui. Il fait plutôt un lien avec des tentatives américaines de monter un faux attentat iranien pour pouvoir se lancer dans une nouvelle attaque. Je ne rentre pas dans des théories complotistes, mais quand un ancien officiel de haut rang estime que son gouvernement est dirigé par une clique nazie, j'ai tendance à penser qu'il sait ce qu'il dit. Roberts avance ensuite que la démission de l'Amiral Fallon, qui avait refusé par avance une attaque de l'Iran marque, selon PCR, l'approche du moment fatidique (notre Fallon à nous s'appelle Georgelin et notre Iran c'est l'Afghanistan. Je vous laisse chercher qui joue le rôle de Bush)...

Si PCR a raison, en gros ou dans le détail, ça aura lieu entre maintenant et novembre, date de la présidentielle, pour pouvoir faire jouer un réflexe pro-McCain dans l'électorat apeuré, les démocrates, Obama ou Hillary Clinton, étant soupçonnés de complaisance envers l'Iran et le terrorisme en général (Jean-Philippe Immarigeon s'est
convaincu depuis un bon moment que c'est McCain qui l'emportera).

Si cette guerre a lieu, c'est, selon le premier papier, la fin définitive du dollar, avec les contrecoups qui ne manqueront pas de se faire ressentir en Europe (c'est pour mon billet de demain...)

Bref, rien de bien réjouissant pour les huit mois à venir...




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Mardi 25 mars 2008
Je renoue le temps d'un billet avec mes anciennes amours, l'économie monétaire (personne n'est parfait, et c'était il y a très longtemps, j'ai tout oublié).

Mais il me semble qu'au moment où la réserve fédérale américaine multiplie les interventions pour assurer la stabilité du système financier américain, validant l'idée qu'il y a le feu au lac, il est bon que la BCE ne fasse pas de même. Ce serait là signaler que la déroute est mondiale. Pour le moment, le Wall Street Journal estime ainsi que l'Europe est épargnée par la panique bancaire.

Pour autant, ce n'est pas une validation de la politique monétaire de la BCE. D'une part, on peut estimer que la BCE a trop privilégié la stabilité monétaire au détriment d'objectifs de croissance - les seules réformes dites structurelles étant chargées de créer de l'emploi. Plus fondamentalement, le sens de la création de l'euro, s'il y en a un, est bien de faire contrepoids au dollar. Pour obtenir quoi ? Que signifie équilibrer le rôle du dollar dans le système monétaire et financier international ?

Cela veut dire que l'on incite les autorités américaines à ne pas abuser du privilège que leur confère le rôle de monnaie de réserve du dollar. Donc, par exemple, à ne pas maintenir des déficits abyssaux pendant plusieurs années. Pendant que la BCE et son aréopage conservateur se focalisaient sur la paille de la gestion française, pas un mot sur la poutre des déficits américains.

Peut être la BCE attend-elle avec impatience que les Etats-Unis soient en faillite et que le dollar s'effondre pour claironner qu'elle l'avait bien dit qu'il fallait une gestion rigoureuse. Reste que si l'on en arrive là l'euro sera peut-être en train de se promener quelque part dans les 2,20 dollars...

Et la BCE aura un énorme problème à gérer dont il faudra bien qu'elle se sorte. Qu'elle propose donc un système multilatéral de surveillance des parités de change, un SME international, et elle aura fait un grand pas vers une justification de l'euro. Rien ne sert d'avoir en zone euro un système géré comme un métronome suisse s'il s'insère dans une jungle où tous les coups sont permis. Faute de réguler cette jungle l'euro est voué à l'échec à court/moyen terme...









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Dimanche 13 janvier 2008
Un peu d'économie-minute pour le dimanche :

- Prendre un tableur  (Open Office ou Excel)

- Télécharger sur Eurostat la série "Taux de croissance du PIB en volume - variation en pourcentage par rapport à l'année précédente"

Là, comme d'habitude on donne les taux de croissance par pays, celui de la zone euro et celui de l'Union
européenne à 27. Personne ne s'intéresse au taux de croissance de la zone non euro au sein de l'Union. Ces pays sont en tort et devront rejoindre le lot commun. En attendant ils ne sont pas identifiés.

- D'où l'idée de séparer en deux groupes les pays membres de la zone euro et les pays non membres.

- On calcule ensuite la croissance moyenne dans les deux groupes.

Hop, on obtient le graphique ci-dessous :

undefined
En moyenne les pays non membres de la zone euro ont 1,4% de croissance en plus chaque année...

Bon, c'est de la crash-économie : il faudrait pondérer les taux de croissance des pays par leur PIB, tenir compte du fait que les non membres sont des pays de l'est souvent, donc qui n'ont pas eu l'avantage de passer sous la toise euroïque, ont de très forts taux de croissance (ils rigoleront moins après) etc...

Bref, il y aurait certainement de la part d'Eurostat beaucoup de choses intéressantes à étudier. A eux de le faire. En attendant je retiens que les zones euro et non euro ont des taux de croissance différents...





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Vendredi 7 septembre 2007
Un article que j'avais mis de côté depuis janvier dernier, de l'Economic Policy Institute (un think tank plutôt à gauche selon Wikipedia)".

Le président de ce think tank s'interroge sur un fait massif : de 1979 à 2005,  soit presque un quart de siècle, les salaires américains des non-cadres (80% des salariés américains) ont stagné (+4%) alors que la productivité  a presque doublé (+71%) :

productivite.jpg

L'écart est encore plus fort pour les biens exportables : +131% de productivité, +7% de salaires.

Rappellons que selon les canons de l'économie, les salaires devraient évoluer comme la productivité.


 
Cinq causes de cet écart selon l'EPI :


1. les importations des USA font perdre leurs postes aux ouvriers américains, qui ne retrouvent que des postes moins bien payés ;


2. la concurrence internationale fait baisser les prix des productions industrielles, donc les salaires de ceux qui les produisent [je ne vois pas bien du coup comment la productivité en valeur peut monter] ;


3. les employeurs se servent de l'argument de la concurrence pour comprimer les salaires ;


4. les investissements américains à l'étranger rendent les fabrications non américaines de plus en plus compétitives par rapport aux produits locaux ;


5. les ouvriers qui retrouvent un emploi dans les services vont peser sur les salaires des employés du secteur des services.


Bref, ça va pas fort, en bas de l'échelle des revenus.  En haut, fait meilleur : dans la même période, le top 1% des revenus américains a récupéré  16% des revenus, contre 9% en 1979.


Selon l'EPI, 30% de cette évolution défavorable serait à imputer à la libéralisation des échanges commerciaux.


Plutôt que de recourir à un incantatoire protectionnisme (et encore moins d'attendre qu'il vienne de Peter Mandelson), le président de l'EPI recommande sept mesures.


1. de baisser le dollar dans le cadre d'une gestion internationale des parités ;


2. des investissements dans les domaines de l'énergie, de l'éducation et des nouvelles technologies ;


3. une sécurité sociale universelle ;


4. freiner les programmes d'encouragement à la main d'oeuvre qualifiée au profit d'une formation accrue de la main d'oeuvre locale ;


5. recadrer la zone de libre échange nord américaine, en aidant au développement mexicain ;


6. se servir du FMI et de la banque mondiale pour promouvoir les intérêts des travailleurs américains ;


7. une fois un équilibre macroéconomique ainsi rétabli, inclure systématiquement dans les accords de libre échange des clauses de garantie de droit des salariés, de la même façon que l'on garantit les droits des investisseurs ;



Bon, voilà au moins des idées. La gauche française ne mettra plus en avant de telles analyses. Non pas parce qu'elle manquerait de brillants cerveaux, mais parce que ceux-ci sont gênés aux entournures pour dire le vrai :
la plupart des mesures recommandées ici ne peuvent plus être prises par la France.

La première mesure est une mesure de politique monétaire et de politique de change : l'une et l'autre ont été transférées à la BCE pour la première, et à l'eurogroupe (même si la BCE revendique assez largement une compétence dans cette matière). On pourrait penser que l'union faisant la force, l'UE pèse d'un poids plus lourd dans les négociations monétaires internationales que la France seule. Force est de constater que l'inverse est tout aussi plausible : en matière monétaire et de change, l'UE c'est la BCE, c'est à dire pas grand chose en terme de réflexion stratégique internationale.


La deuxième mesure est encore à peu près ouverte à l'échelon national, modulo le fait que l'aide publique aux investissements privés est très strictement contrainte, et que le secteur de l'énergie est en train d'être désorganisé, avec une constance admirable, par l'UE.


La troisième mesure est déjà en application en France, le système de sécurité sociale fonctionne bien, mais sera certainement démantibulé progressivement sous la pression bruxelloise. Il faudra bien laisser une place croissante aux assureurs privés et aux fonds de pension, sous peine d'entraver la concurrence.


Le point 4 décrit exactement le programme d'immigration choisie, tel que défini dans ses grandes lignes par l'Union européenne et appliqué par Sarkozy. Il n'y a donc pas que des raisons humanitaires de s'y opposer.


L'équivalent du point 5 consisterait, pour la France, à consacrer une part plus importante des fonds qu'elle préfère affecter au financement de l'Union européenne à des pays auxquels l'histoire des migrations la lie plus profondément, et au premier chef le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, avec toute l'Afrique francophone.


Pour le point 6, nous aurons DSK au FMI, que demander de plus ?


Pour le septième point, nous n'avons plus cette compétence, la politique commerciale française relevant de Peter Mandelson.


Voilà. Sur sept mesures importantes pour rééquilibrer la croissance en faveur des salariés, une seule est à peu près envisageable par la France (peser au FMI et à la Banque mondiale).
Tant que la gauche ne prendra pas compte que dans la balance coûts/avantages de la construction européenne, les salariés, qu'elle défend, sont largement perdants, la place sera libre en France pour toutes les aventures, les plus extrêmistes. Avant que le péril ne s'étende à toute l'Europe.









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Mardi 26 juin 2007
Une fondation américaine a publié l'an dernier un rapport comparant les mérites du système de santé américain à ceux d'autres pays industrialisés (rapport modestement intitulé Why not the best ?)

Le rapport est intéressant, on y redécouvre que le système de santé américain est très couteux et peu performant.

Dans l'ensemble, les auteurs du rapport attribuent une mauvaise note au système américain
(pour les sceptiques qui vont rechercher des origines mélenchonistes à ces données, le document était signalé dans la revue ultraconservatrice Forbes). Le rapport vise à comparer les résultats américains aux meilleurs résultats obtenus dans 26 pays développés, et attribue une note finale de 66% aux Etats-Unis.

En matière d'espérance de vie en bonne santé à 60 ans, les USA ont 16,6 années, contre 19,1 pour leurs trois meilleurs "concurrents" (Japon , Suisse et France). Pour la mortalité infantile, les USA sont à 7 décès pour 1 000 naissances vivantes, contre 2,7/1 000 aux trois meilleurs.

En plus, tout ça coûte cher, et les USA "bénéficient" du système le plus coûteux en frais de gestion, puisque 7,5% des dépenses passent en frais de gestion, contre 1,9% en... France.

health-spending.jpg

Conséquence de ces coûts élevés, nombre d'américains ont du mal à payer leurs dettes en matière  de santé (% des 19-64 ans ayant du mal à payer). Evidemment ces difficultés touchent les plus pauvres (47% contre 16% chez les heureux du monde) et, puisqu'on est aux USA, ce sont aussi les noirs qui ont du mal, plus que les blancs.


19-64.jpg



Un autre document du Commonwealth fund donne quelques chiffres intéressants pour des comparaisons USA / France :

Page 14 :  Les USA dépensent près du double par habitant en matière de santé
Page 16 : sur la période 1994-2004, les dépenses médicales progressent moins vite en France que dans la moyenne de l'OCDE
Page 19 : les américains dépensent 4 fois plus en frais non remboursés (out-of-pocket)
Page 21 : les frais de gestion du système de santé sont le plus élevé, en pourcentage des sommes gérées, aux Etats-Unis, puis en France (ce qui contredit le graphique ci-dessus, à mon avis ce deuxième graphique doit comprendre d'autres dépenses)
Page 38 : les américains font, en moyenne, quatre visites chez un médecin par an, contre presque sept en France
Page 40 : les américains sont ceux qui dépensent le plus en médicaments, avec les français juste derrière.


Moralité :

- la concurrence n'est pas toujours synonyme d'efficacité. Le Commonwealth Institute mentionne explicitement que l'assurance médicale intégrée (un système de monopole, no less) coûte moins cher que les contrôles et le marketing que sont obligés de mobiliser des assureurs en compétition ;

- les USA peuvent encore se regarder en face, se comparer à d'autres pour chercher des moyens de s'améliorer. Le français moyen, instruit par le Commissariat au flan, n'a plus, lui, qu'à atteindre les objectifs de Lisbonne puisque c'est là l'alpha et l'oméga de la politique économique, voire de la politique tout court ;

- la concurrence entre les nations n'est pas un mal, c'est un bien pour tous. Les européens ouistes s'effraient de chaque différence entre les 27, ils ont bien tort. Mieux vaut une concurrence régulée qu'une plate uniformité (voilà que je fais du Zaki Laïdi maintenant...)

Au final, il faut savoir moduler concurrence au sein d'une nation et concurrence entre les nations, le tout avec une approche comparative sérieuse (pas de la bouillie pour chats), pour recommencer à faire un peu de politique.











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Samedi 16 juin 2007
Je ne parle pas là de mesquinerie (encore que), il s'agit d'un constat scientifique : les habitant des pays européens sont, en moyenne, plus grand que les américains.

C'est Paul Krugman qui commente ainsi, dans sa dernière chronique ($), un article de la revue Social Science Quarterly, signé John Komlos et Benjamin Lauderdale.

Les américains, qui étaient les plus grands occidentaux au début du XXème siècle, sont maintenant les plus petits.

Habituellement, la plus grande taille d'une population est corrélée à son PIB. Or, le PIB américain par habitant reste le plus élevé et les américains les plus riches restent plus petits que les européens les plus riches.

height.jpg


Krugman relie donc cette taille problématique à deux explications possibles :

1. l'invasion des hamburgers et du fast fooding (pardon my French) ;
2. la moins bonne éducation des enfants.

Il préfère la deuxième explication, et remarque que l'UNICEF avait établi un classement multicritères de la qualité d'éducation des enfants, dans lequel les Pays-Bas ressortaient premiers. Hasard ou pas, toujours est-il que les néerlandais (nos frères en nonisme - ça m'a échappé), sont aussi les plus grands. Et que les américains, sur le classement de l'éducation de leurs enfants, n'étaient qu'en 20ème position.

Je vous laisse la conclusion de Krugman :

Quelle que soit la cause de ce manque de stature américain, notre taille relativement inférieure, comme notre durée de vie plus courte, suggèrent qu'il y a quelque chose de tordu dans notre mode de vie. Un européen un peu critique pourrait conclure que les Etats-Unis sont une terre de parents harassés et d'enfants négligés, où les soins médicaux sont chers et ne vont pas à ceux qui en ont le plus besoin, une société qui, malgré sa richesse, réussit à être brutale, crasse et courte [Krugman reprend les termes même de Hobbes lorsqu'il décrit la vie dans l'état de nature : nasty, brutish and short.]

Dédié aux déclinistes et aux admirateurs de Tony Blair.







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Vendredi 8 juin 2007
Trichet a encore accru les taux,. L'un des motifs en est que "le chômage est en nette baisse et les salariés sont tentés de demander de fortes hausses de salaire, comme cela est le cas en Allemagne, afin de rattraper les années de vache maigre. Ce qui poussera les entreprises à augmenter leur prix."

Tout ça c'est donc la faute aux salariés.

Un tour sur le site d'Eurostat, rubrique "croissance du coût unitaire du travail réel", permet cependant de constater que le coût du travail baisse depuis 1995 :

productivit--.jpg




















En moyenne, le coût du travail a baissé chaque année de 0,6% dans la zone euro, de 0,2% en France et de 0,6% en Allemagne.

Les salariés sont donc assez fondés à demander des hausses de leur rémunération (aux USA, le coût du travail s'est élevé de 0,3% chaque année pendant la même période).

Voilà aussi peut être pourquoi on doit effectivement protester contre les hausses des taux européens, qui contribuent à faire monter l'euro. Si l'Allemagne semble résister à ce mouvement (tout du moins son commerce extérieur), ce serait d'abord parce que ses salariés sont plus "spoliés" que les salariés français. La valeur de leur travail s'érode un peu plus vite chaque année.

La BCE, et donc l'Europe, a donc adopté une politique de gestion économique digne du clysterium donare, qui serait risible si elle ne coûtait pas chaque jour quelques points de chômage que plus personne ne songe à mesurer.

En Europe, aujourd'hui, ideology rules...


Post scriptum : je ne suis qu'économiste amateur, il est donc possible que certains commentaires soient incomplets, voire erronés. J'invite mes lecteurs plus chevronnés en cette matière à commenter librement.





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Mardi 8 mai 2007
La semaine dernière j'ai eu une petite passe d'armes avec Hugues, chez com-vat-com.

Il faut dire que je trouve chez lui (comme chez Jean Quatremer, ou d'autres libéraux égarés à gauche) une bonne partie de ce qui m'avait fait abandonner le PS : arrogance, pensée par clichés, au fond une idéologie d'autant plus forte qu'elle se veut simple réalisme. Les mêmes qui nous expliquent aujourd'hui que l'euro est à son juste niveau (et le sera toujours) pouvaient penser il y a 30 ans que le bilan des pays de l'est était globalement positif.

Sur l'euro donc, Hugues renvoyait au café du commerce ceux qui estimaient que l'euro était trop fort. Je ne nie pas qu'il a un certain style, c'est bien le moins pour être un idéologue chic :

si les affreux petits comptables de Francfort n'étaient pas si obtus, s'ils rétablissaient une parité plus « raisonnable » entre l'euro et le dollar, s'ils acceptaient de placer la Banque Centrale Européenne au service d'une vision plus, comment dire, française, de la politique monétaire de l'Union, c'en serait fini de la crise et du chômage ! L'Europe redeviendrait compétitive, les délocalisations s'interrompraient et la Chine viendrait nous manger dans la main. Vraiment, quel crétin ce Jean-Claude Trichet ! On n'a pas idée ! Même le patron du bistrot où je prends mon café le matin le lui dirait, qu'il faut baisser ces fichus taux d'intérêt !

Comme en commentaire, je citais un article de Christian de Boissieu, dans les Echos, attirant l'attention sur le risque de surévaluation de l'euro, puis un papier de l'OFCE encore plus clair, Hugues a décroché.

Un de ses commentateurs explique que tout ce que visait Hugues c'était de taper sur Sarko, qui voulait contraindre la BCE à baisser ses taux. Quelle erreur ! S'il faut s'empêcher une analyse correcte de la réalité juste pour marquer un petit point face à nos adversaires, en gros dire blanc parce qu'ils disent noir, c'est une vision vouée à l'échec.

Il faut que la gauche se décoince, sorte de sa fascination petitement libérale, en réalité technocratique, pour renouer avec une analyse juste de la réalité. En assumant la part d'idéologie de gauche, qui est de préférer le risque d'une excessive générosité à celui d'un ordre trop rigide.

Pour revenir à l'euro et conclure, j'avais pêché cette citation de l'OFCE sur l'euro :

Faute de gouvernement politique, l’euro ne sert pas le projet européen. La responsabilité de facto univoque de la Banque centrale européenne à l’égard de la politique de change européenne a conduit à une gestion contre-productive de celle-ci, d’autant plus préjudiciable que les douloureuses transformations structurelles induites par la mondialisation contemporaine appellent en retour, de la part des politiques économiques, une facilitation et non un handicap supplémentaire.
Combinée à l’absence de stratégie de croissance commune et d’instruments de coordination macroéconomique, l’auto-sanction européenne résultant d’une politique de change accaparée par l’objectif de stabilité des prix, a donné lieu à la mise en place de politiques de concurrence sociale préjudiciables à la croissance interne
et à la stabilité régionale."

Et puis, ce matin, une interview de Patrick Artus (professeur d'éco à Polytechnique, à Paris I, membre du Conseil d'analyse éco placé auprès du Premier ministre...), dans le Nouvel Obs : "la flambée de l'euro est une catastrophe".

Petit extrait :

Si l'euro monte à 1, 50 face au dollar, des pans entiers de l'industrie seront menacés d'être détruits. L'euro fort va donc accélérer le processus de désindustrialisation en France et en Italie au profit de l'Allemagne et accélérer notre mutation vers une économie de services. [...] José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, vient de déclarer : « L'euro fort, ça reflète simplement la force de l'économie européenne . » Comment peut-on dire une chose pareille ?

Bon, on dirait que l'économie, c'est plus compliqué que deux ou trois mots d'ordre destinés à se démarquer.

Au passage, si on lit bien l'interview de Artus, on peut tout à fait en conclure que l'euro n'est pas viable, à court/moyen terme, en raison des disparités dans les structures économiques nationales. Je dis ça pour les commentateurs bien pensants, ils pourront instruire un procès en hérésie européenne en s'accrochant sur cette dernière pique, ça continuera à les dispenser de réfléchir.





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Vendredi 15 décembre 2006
Voilà qu'Emmanuel Todd remet le protectionnisme à l'honneur. La revue Le Débat ouvre ses pages au sujet, de Villepin lui offre une tribune d'enfer.

Pourtant, je ne crois pas que ce soit une bonne chose - rappel, j'ai voté non au TCE et suis 100% d'accord avec les critiques de la politique de taux d'intérêt menée par Jean-Claude Trichet.

Le protectionnisme c'est un vieux tromblon pointé à la face du reste du monde. Et comme tous les vieux tromblons, ça part dans tous les sens, avec peu d'effets.

Ca part dans tous les sens car rien ne dit quel protectionnisme nous devrons jouer. S'agit-il d'arrêter les magnétoscopes à Poitiers, comme en 1982. C'est à dire, faut-il bloquer des produits finis manufacturés pour donner le temps à nos industriels, qui ont cessé d'en produire, de les fabriquer à nouveau ? Ils iront de toute façon les produire en Pologne ou en République Tchèque, dans le meilleur des cas - nos concurrents les plus capables sont aussi dans l'UE, et je ne pense pas que Todd ait appelé à voter oui pour prôner ensuite l'instauration de barrières douanières intracommunautaires.

Faut-il alors taxer les matières premières et les produits agricoles ? Je crois que nul ne songe à taxer plus l'importantion du pétrole, et que dans le domaine agroalimentaire, toutes sortes de mécanisme de subventions sont déjà en place, qui font que les distorsions du marché sont normalement déjà corrigées.

Faut-il imposer des taxes spéciales à l'encontre des pays qui ne respectent pas des critères de minima sociaux ? Pourquoi pas, mais il faudrait alors définir précisément ces critères, et l'impact économique est ensuite incertain : rien ne dit que nos concurrents les plus durs sont en infraction à ces règles non encore définies.

Bref, le protectionnisme est un tromblon difficile à manier. Ceci avait amené Paul Krugman à renoncer à le défendre, changement de position fort bien expliqué dans son recueil d'articles, "La mondialisation n'est pas coupable".

Il existe aussi d'autres moyens de renforcer les positions d'une économie donnée sans recourir à un protectionnisme aussi mal défini :

    - les taux de change sont aussi une arme commerciale. Todd cherche à le faire oublier, sans doute parce qu'il a soutenu le TCE après avoir refusé Maastricht, mais mettre fin à une surévaluation de l'euro de 10%, c'est la même chose (ou à peu près), que d'imposer des droits de douane de 10% ;

    - la TVA sociale est aussi un moyen d'avantager les productions localisées sur un territoire par rapport aux productions importées. A gauche, cette mesure, avancée par DSK, a été rejetée par ceux qui voulaient lui faire la peau, personne n'en parle plus donc (cf. ce bon site d'introduction au sujet) ;

    - enfin, les Etats-Unis savent très bien faire du protectionnisme en jouant sur les règles de l'OMC, il leur suffit de bloquer un petit nombre de produits stratégiques. Cela oblige cependant à choisir avec précaution les secteurs bénéficiaires, ce qui ouvre une course à l'échalote parmi les industriels concernés. Cf. un bon article très clair et en français, de Stiglitz ici.


Le grand problème du protectionnisme, c'est qu'une fois que nous aurons ouvert cette boite de Pandore, nous risquons d'entrer dans un monde de guerres commerciales permanentes, avec un impact direct sur nos ventes à l'étranger (la Chine achètera-t-elle des Airbus si nous taxons ses produits ?....)

Conclusion claire pour moi : le protectionnisme est une fausse bonne idée. Les solutions (partielles, il n'y a pas de panacée) sont ailleurs, dans des politiques de change plus équilibrées, une TVA différente et une politique commerciale plus rusée peut-être.

Peu de candidats à la Présidence de la République trahiront cependant ce secret : aucune de ces trois politiques ne dépend aujourd'hui des nations. Toutes ont été déléguées à ce monument de technocratie ingérable qu'est l'Union européenne, en lequel Todd a bizarrement placé sa confiance. Todd, avec ce thème du protectionnisme est arrivé à se racheter auprès de la gauche intellectuelle et critique reconnue (Marcel Gauchet etc...), sans doute au prix d'un cruel fourvoiement. Tags : , ,
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Jeudi 19 octobre 2006
On peut faire des travaux très pointus, être pote avec Jean-Paul Fitoussi, recevoir un prix Nobel d'économie et de temps en temps penser par clichés.

Phelps, puisque c'est lui, signe un papier platement binaire et fait une proposition assez étrangement rétrograde.

Le papier du Wall Street Journal fait l'éloge du capitalisme anglo-saxon opposé au capitalisme européen. Les arguments de Phelps sont cependant étonnants. Le modèle européen continental serait caractérisé par des "banques monopolistiques". Je ne sais pas s'il fait référence à l'encadrement du crédit, il faudrait lui écrire pour lui dire que ça a été supprimé en 1984.

Plus loin, il explique que la productivité horaire du salarié américain est supérieure à celle des trois plus gros pays européens, c'est faux. La productivité horaire du salarié français est régulièrement meilleure, encore ici en 2005 selon les stats de l'OCDE (niveau US = 100, France = 101, UK = 83 (cf. sur Blair), Allemagne = 91).

Le reste de l'article allie de l'intéressant à du pas original, pour conclure avec un argument qui mériterait que le concept de jésuitisme eût été créé pour lui. En gros, selon une optique de justice rawlsienne élargie (Rawls, pour faire vite, indique qu'une société juste doit s'assurer que les inégalités bénéficient aux plus démunis - financièrement s'entend), il faut éviter d'entraver les entrepreneurs qui sinon se retrouveraient les plus démunis de "développement personnel".

Bon, mais qui suis-je pour juger un prix Nobel d'économie, avec mon bac+5 ?

De vrais économistes s'étonnent quand même d'une autre proposition de Phelps, qui explique que Bush a eu tort de baisser les impôts des riches, il aurait mieux valu...augmenter les impôts des pauvres !
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Vendredi 13 octobre 2006
Robert Solow, Kenneth Arrow, Clive Granger, Joseph Stiglitz et Lawrence Klein, plus quelques 650 autres économistes, se sont mouillés pour réclamer une hausse du salaire minimum américain. Je ne suis pas sûr que la France soit dans la même situation que les USA, où le salaire minimum a baissé depuis quelques années, mais je vois là la preuve que contrairement à ce que martèlent les tenants des réformes structurelles et de l'absence d'alternative - même à gauche -, le débat économique n'est pas mort.
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Mardi 5 septembre 2006
Un papier de l'EU Observer commente les dégâts de l'économie yoyo, qui commencent à apparaître dans les statistiques. Yoyo ici veut dire "you're on your own", en français poli "vous êtes seuls", en français courant "démerde toi". L'expression sort d'un livre de Jared Bernstein, économiste d'un think tank démocrate américain, titré "Tous ensemble : éléments de bon sens pour une économie juste".

Ce qu'il faut retenir des stats citées dans l'EU Observer :

- le salaire réel horaire moyen a baissé légèrement aux USA, de 15,76$ en 1979 à 15,62$ en 2005
- dans le même temps, le revenu réel des 1% les plus riches a progressé de 184%

l'article donne des éléments qui tendent à conclure que le Royaume-Uni se rapproche de ce modèle :

    - l'espérance de vie y est plus courte qu'en Autriche, Belgique, France, Pays-Bas, Suède...
    - la dépense de santé et d'éducation est en dessous de la moyenne européenne, le Royaume-Uni a moitié moins de médecins par habitants que l'Allemagne, moitié moins de lits d'hopital par habitant que la France
    - la mesure standard de l'inégalité qu'est le coefficient de Gini, est au même niveau en 2006 qu'en 1997, à l'arrivée de Blair.

Bon, l'article a été écrit par un fou furieux, qui pense que la Banque Centrale Européenne doit aussi se soucier de l'emploi. Il en a même fait un livre.

J'oubliais : "Je maintiens ce que j'ai dit sur Tony Blair. On ne doit pas être sclérosés et enfermés dans des référents idéologiques qui nous empêchent de faire bouger les lignes."
Ségolène Royal, Le Parisien, 23 février 2006
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Mercredi 23 août 2006
Un débat passionnant se déroule en ce moment entre deux top gun de l'économie américaine (donc mondiale), Mankiw, ex chef économiste de Bush 2, et Paul Krugman, très démocrate.
Il s'agit de savoir si le biais inégalitaire constaté dans l'évolution des salaires est lié à l'évolution technologique ou à des décisions politiques.

Je ne reprends pas le détail de cette controverse qui enfle mais qui est passionnante. Au fond, la question est aussi du coup celle de savoir ce que peut la politique : pas grand chose si la technologie seule conduit l'évolution des salaires, beaucoup si ce n'est pas le cas...

Voir un courriel de Krugman (pour qui Bush est fort coupable dans la distorsion des revenus en défaveur des bas salaires) à Mankiw (pour qui - pour simplifier - c'est la techno qui commande) :

Government Policy and Income Inequality Yet Again Again

Paul Krugman emails:

I think it's really important to realize that we have only a modest amount of direct evidence that technological change is driving increased income inequality. That is, while there have been a few studies showing some connection between increased use of IT and changes in the wage structure, very little of the conventional wisdom that technology is the culprit is based on those studies.   So why is technology given the credit? Basically because it's the residual category - and as Bob Solow said about the role of technology in growth, the residual is the measure of our ignorance. We estimate the effects of the stuff whose effects we know how to measure - taxes and globalization, mainly - and then attribute the rest to technology.   The point is that it's all too possible that we're attributing to technology rising inequality that may be largely due to hard-to-quantify political and institutional change.   There are several reasons to think that politics plays a big role. One is the broad correlation between the political climate and trends in inequality, which I pointed out in the Times. (By the way, Larry Bartels in Princeton's politics department shows that there's a strong correlation between party control of the White House and inequality trends even in the short run; see http://www.princeton.edu/~bartels/income.pdf. It's kind of a mysterious result, but worth pursuing.)   Another piece of evidence is the wide difference in inequality trends between the US and to a lesser extent the UK, on one side, and everyone else.   Yet another piece of evidence, which I think is very suggestive, is the discontinuous nature of the Great Compression. If you go back to the original Goldin and Margo paper, http://www.nber.org/papers/W3817, they found that there was a drastic reduction in wage inequality over the course of just 5 or 6 years in the 40s, which then stuck for another 30 years. In the paper, they struggle to reconcile this with a supply-and-demand framework, but it sure looks like a change in norms which had sustained effects on market outcomes.   So what are the mechanisms? Unions are probably top of the list; I believe that there's a qualitative difference between wage bargaining in an economy with 11 percent of workers unionized, which is what we had in the early 30s, and one with 35 percent unionization, which is what emerged from World War II. That's discontinuous change, partly driven by a change in political regime. And the process went in reverse under Reagan.   An overall climate of public scrutiny may matter too, especially at the top of the scale.   And don't forget that some taxes affect the pre-personal-tax distribution of income. Taxes on corporate profits went from a minor inconvenience before FDR, to a major source of revenue under Eisenhower, and back again.   The bottom line is that the view that rising inequality reflect forces beyond the reach of politicians may sound sensible, but it's actually a supposition based on very little evidence, and there's a lot of evidence on the other side.


Voir aussi une présentation plus détaillée sur le blog d'Olivier Bouba-Olga : http://obouba.over-blog.com/article-3620188.html

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Mardi 15 août 2006
C'est Jeffrey Sachs qui l'écrit : http://www.project-syndicate.org/commentary/sachs110/French

Extrait : "Dans les pays nordiques, ce sont les gouvernements qui financent le système de sécurité sociale. Il en résulte une espérance de vie plus élevée et un taux de mortalité infantile plus bas qu’aux États-Unis. L’espérance de vie est proche de 80 ans dans les pays nordiques et de 78 ans aux États-Unis, où le gouvernement ne garantit pas l’assurance santé au niveau national et où des millions de familles sont beaucoup trop pauvres pour se l’offrir elles-mêmes. Ironiquement, dans le système américain, la forte confiance placée dans le secteur privé est tellement inefficace que les Américains consacrent une plus grande proportion du PNB à la santé (14 %) que ne le font les Nordiques (11 %), en en tirant moins d’avantages."

Rien de renversant, sinon que Sachs a été conseiller du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OCDE, de l'OMS, de l'ONU (voir wikipedia).

Un peu plus difficile à écarter d'un revers de la main que Mélenchon, la tête de turc des bien-pensants...

On retient enfin que Sachs au passage fait l'éloge de la TVA.
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