Le mal que peut parfois apporter à la société, à une classe, une race, un Etat cette bonté insensée pâlit en comparaison de la lumière qu'irradient les hommes qui en sont doués. Elle est, cette bonté folle, ce qu'il y a d'humain en l'homme, elle est ce qui définit l'homme, elle est le point le plus haut qu'ait atteint l'esprit humain.
La vie n'est pas le mal nous dit-elle.
Cette bonté n'a pas de discours et n'a pas de sens. Elle est instinctive et aveugle. Quand le christianisme lui donna une forme dans l'enseignement des Pères de l'Eglise elle se ternit, le grain se fit paille.
Elle est forte tant qu'elle vit dans l'obscurité du coeur humain, tant qu'elle n'est pas l'instrument et la marchandise des prédicateurs, tant que la pépite d'or ne sert pas à battre la monnaie de la sainteté.
Elle est simple comme la vie. Même l'enseignement du Christ l'a privée de sa force : sa force réside dans le silence du coeur de l'homme.
Les nouvelles réalités économiques sont que chaque continent doit être ouvert à la concurrence globale ou être à la traîne; que chaque continent doit se focaliser sur sa compétitivité et sa flexibilité ou perdre de l'activité économique (business), des emplois, et de la richesse. Par suite […] l'Europe doit définitivement […] s'accorder sur le fait que la concurrence fiscale est la seule base sur laquelle elle peut faire concurrence au reste du monde tout en pouvant bénéficier d’un soutien national.
... je sais trop bien que le divertissement ne tient jamais qu'un temps. Qu'au bout de la plus suave des blondes, on finit toujours par regarder sa montre. Qu'une semaine dans un palace subtropical c'est parfait. Que trois semaines, on n'en peut plus. Que trois mois, on est sous antidépresseurs. Que trois ans, on est à enfermer... Et ainsi, par une espèce de courbe étonnante, on en revient en soupirant d'aise à se réinstaller devant son ordinateur. Parce qu'il n'y a pour un écrivain, tout simplement, rien d'autre à faire.
"Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses".
Il est facile de démissionner d'un club ou d'un parti ordinaire lorsque sa politique cesse de vous plaire ; avec le Parti communiste, avant-garde du prolétariat, incarnation de la volonté même de l'Histoire, c'était tout autre chose. Quiconque le quittait était rejeté extra muros et ne pouvait plus rien dire ni faire qui eût la moindre chance de l'influencer. La seule attitude conforme à la dialectique était de rester à l'intérieur, de la boucler, de ravaler sa bile et d'attendre le jour où, après la défaite de l'ennemi et la victoire de la Révolution mondiale, la Russie et le Komintern seraient disposés à devenir des institutions démocratiques.
Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite.
Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.
Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.
Ils sont achevés, les ciels, la terre et toute leur milice.Elohîms achève au jour septième son ouvrage qu’il avait fait.Il chôme, le jour septième, de tout son ouvrage qu’il avait fait.Elohîms bénit le jour septième, il le consacre:oui, en lui il chôme de tout son ouvrage qu’Elohîms crée pour faire.Voilà les enfantements des ciels et de la terre en leur création,
Le ciel, la terre et tous leurs éléments furent achevés.
Dieu acheva au 7ème jour l'œuvre qu'il avait faite, il arrêta au 7ème jour toute l'œuvre qu'il faisait.
Dieu bénit le 7ème jour et le consacra car il avait alors arrêté toute l'œuvre que lui-même avait créée par son action.
Telle est la naissance du ciel et de la terre lors de leur création. Le jour où le SEIGNEUR Dieu fit la terre et le ciel,
C'est justement l'attitude des humanistes à l'égard du peuple, leur insouciance des réalités qui a enlevé dès l'origine toute possibilité de durée à l'empire d'Erasme et qui a arrêté la force d'action de ses idées ; leur faute ce fut de vouloir instruire le peuple de haut, au lieu d'essayer de le comprendre et de se laisser enseigner par lui.
Ces idéalistes s'imaginaient déjà régner parce que dans tous les pays, dans toutes les cours, dans tous les couvents, diocèses et universités, ils avaient des ministres, des ambassadeurs et des légats, qui leur annonçaient fièrement les succès que l'eruditio et l'eloquentia remportaient dans des shères jusqu'alors rebelles; en fait leur empire était presque tout en surface, ses racines ne plongeaient guère dans le monde des réalités.
Lorsque des lettres de Bohême, de Hongrie et du Portugal lui apportaient chaque jour des nouvelles pleines d'enthousiasme, lorsque les rois, les empereurs et le Pape se disputaient sa faveur, Erasme, enfermé dans son cabinet, pouvait se figurer à certains moments que l'empire de la Raison reposait déjà sur des bases solides et durables. Mais ces épîtres en latin l'empêchaient de prêter attention à la rumeur de plus en plus grande qui montait des profondeurs insondables de la masse. C'est parce que le peuple n'était rien pour lui, c'est parce qu'il jugeait inélégant, indigne de briguer l'appui populaire et d'entrer en rapport avec des gens ignorants, des "barbares", que l'humanisme n'exista pas pour le peuple et ne fut une réalité que pour les happy few ; son platonique empire de l'humanité est resté un édifice construit dans les nuages, qui répandit sa douce clarté pendant un court instant sur notre monde troublé, une pure création de l'esprit en somme.
Mais cette oeuvre artificielle et froide ne pouvait pas résister à un véritable orage - déjà le ciel se couvre - et elle s'écroulera impuissante sous les coups de la destinée.
Stefan Zweig, Erasme, grandeur et décadence d'une idée
Plus de vertus naïves que de manières, tu es un rustre ; plus de manières que de vertus naïves, tu es un cuistre ; autant de manières que de vertus, voilà l'homme de qualité.
Plus il y a d'Europe et moins il y a de démocratieC'est de Raoul Marc Jennar, dans son ouvrage Europe, la trahison des élites.
"L'action menée au niveau européen permet souvent d'éviter les pressions directes des cycles électoraux nationaux."
Romano Prodi, devant le Parlement européen, le 14 septembre 1999.
« Je me demande si on n’est pas un peu sévère avec ce qui s’est passé en mai 68 en le réduisant à l’alternative d’une
idéologie un peu archaïque, qui se manifestait dans la survalorisation du vocabulaire marxiste et une sorte de dimension festive. Il me semble que quelque chose d’autre a été important : la
découverte ou l’émergence de nouveaux objets politiques, de toute une série de domaines de l’existence, de coins de la société, de recoins du vécu qui avaient été jusqu’alors tout à fait oubliés
ou complètement disqualifiés par la pensée politique. »
Michel Foucault, cité par Didier Eribon, D’une révolution conservatrice et de ses
effets sur la gauche française
« je n’ai pas l’impression que les partis politiques aient produit, dans l’ordre de la problématisation de la vie sociale, quoi que ce soit d’intéressant. On peut se demander si les partis politiques ne sont pas l’invention politique la plus stérilisante depuis le XIXème siècle.»
« de la même façon que Kerry aux Etats-Unis n’avait fait que proposer une sorte de bushisme à visage humain, ségolène royal aura été une sorte de sarkozy à visage féminin. »
"Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté ou, tout au moins, tel qu’on nous le laisse connaître, est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle les problèmes. Dix années graves, tant de souffrances endurées, les faillites et le chômage périodique nous ont montré le caractère de cette théorie classique de résignation."
Pierre Mendès-France, OEuvres Complètes,Tome IV, Paris, Gallimard, 1987, p. 273
« L’image qui se dégage de ces analyses est donc celle d’un Parti socialiste qui ne fonctionne plus guère que comme une
machine électorale (et dont la vie s’organise uniquement autour des échéances électorales) destinée à fournir des places et des postes à des énarques.
Les formes d’engagements militants traditionnels (et notamment le dévouement à une cause, l’appartenance à une culture, les valeurs de solidarité et de fraternité, etc.) y ont peu à peu disparu –
et sans doute paraissent-elles mêmes incongrues aux yeux des dirigeants nationaux, désormais insensibles aux problèmes et aspirations des catégories de la population auxquelles ils
n’appartiennent pas.
[...] le Parti socialiste, ayant largement perdu le contact qu’il entretenait avec les réseaux associatifs a fini par ne plus percevoir le monde social que comme un « électorat »,
c’est-à dire ne plus voir dans ses électeurs potentiels qu’un ensemble d’individus isolés dont on sollicite les suffrages mais dont les demandes ainsi rendues « individualistes », voire
« égoïstes », paraissent déroutante à des énarques toujours prompts à déceler dans l’évocation des difficultés banales de la vie quotidienne le signe d’une perte du sentiment civique ou
du sens de la politique. »
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