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Samedi 26 mai 2007
Il n'y a pas que Zaki Laïdi pour trouver que les français sont arriérés et que notre salut se trouve à Londres. Il y a les Smith et Giddens de l'autre côté du channel.

Ce déclinisme de la gauche libérale n'énerve pas qu'en France. Un professeur canadien de philosophie aligne quelques chiffres pour comparer notre douce France et la perfide Albion (ou la France moisie au swinging London si on préfère) - papier repéré via DeDefensa.

Hé bien, surprise, nous n'avons pas de quoi rougir, et déclarer que le modèle français serait inadapté est "childish".

Je vous laisse faire le tour, juste quelques extraits (non traduits, désolé). Je n'ai pas repris les chiffres en eux-même, allez-y voir, juste les punchy lines. La deuxième rappelle tous les méfaits de Blair en matière de respect de la démocratie et des libertés publiques :


"It is very difficult indeed to find an English commentator who doesn't tell us how France's sky is falling. That gets confusing if you go there. Oddly enough, people seem to go about their lives without obvious catastrophe. There is food. There are medical services. Some people apparently haven't been raped or murdered, despite the heralded collapse of French civil society."

[...]

"Can purportedly intelligent and well-informed people really make such sweeping pronouncements without spending five minutes checking their facts? Apparently so - perhaps you can be intelligent and well-informed, but not adult. In Saunders' case, this impression is reinforced by his political thinking. The guy has the nerve to worry about French authoritarianism before running off to the freedom-loving sanctuary of an English breakfast with Giddens. So a country which puts surveillance cameras all over its landscape, which throws out ancient strictures against self-incrimination, which, in a fit of anti-terror hysteria, allows its special cops to kill a totally innocent man, which cooks evidence to mislead its population into a criminal war, which enacts vague, punitive, class-ridden and evidence-free legal procedures to pillory socially undesirable 'yobs' - this is where you go to get away from the shadow of French authoritarianism? Childish."
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Mercredi 23 mai 2007
Loin de moi cette idée. Mais une professeur de droit y a songé. Elle revient sur les propos de Georges de la jungle : « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société ».

Elle écrit :

[...] Il est bien évident qu'en légitimant et banalisant ainsi le comptage ethnique et sexuel, c'est-à-dire en adoptant ouvertement des conceptions racialistes et sexualistes, l'ensemble de la classe politique française, ainsi que les médias et intellectuels dominants, se privent de tout fondement pour critiquer le propos de Georges Frêche, tout comme ceux d'Alain Finkielkraut sur le même sujet ou de Renaud Camus sur le nombre de journaliste juifs à France-Culture. S'il est légitime de dénoncer des « écrans pâles » en jugeant qu'il n'y a pas assez de Noirs à la télévision, il est tout aussi légitime de dénoncer des équipes de sport « foncées »
et d'y constater une disproportion avec la réalité de la société française. Il sera également tout à fait normal de trouver qu'il n'y pas assez d'hommes dans la magistrature, pas assez de femmes derrière les camions-poubelle ni d'hétérosexuels au ministère de la Culture.

On peut trouver cela d'un goût douteux, moi j'aime bien un peu de mauvais goût de temps en temps.

Comme la dame a la dent dure, elle rajoute cela (c'était en novembre 2006) :

"En 2003, Mme Ségolène Royal avait été chargée de mener l'opposition au projet de révision constitutionnelle sur la décentralisation à l'Assemblée Nationale. Son comportement hystérique et de mauvaise foi durant les débats, allié à une incompétence assez évidente, avait évidemment provoqué les exaspérations et critiques légitimes de certains députés. Ils se sont tous faits accuser de sexisme et de misogynie par l'intéressée !"

Allez, vivent les mécréants !

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Samedi 12 mai 2007

"...Les juifs ont toujours obtenu des scores montrant une intelligence très au dessus de la moyenne depuis qu'ont été testés des populations homogènes de juifs. [...] Les juifs sont à peine à la moyenne pour ce qui est des compétences spatiales et visuelles, mais très au dessus pour ce qui est des compétences orales et intellectuelles. Il est difficile de savoir de combien exactement ils sont au dessus, car il est difficile d'obtenir des groupes de référence juifs parfaitement représentatifs"...

 

Parvenu ici, le lecteur se demande sur quelle revue douteuse je suis tombé (d'aucuns se disent juste qu'on commence par voter non et qu'ensuite...). Gobineau, Adolf H ou autre cerveau dérangé ?

Il s'agit d'un auteur certes controversé, mais dans une revue bien sous tous rapports, libérale tendance néocons, la prestigieuse revue Commentary donc, (ici).

Charles Murray, l'auteur, consacre un long papier à la recherche des causes de l'intelligence juive (forcément génétiques puisque pour lui l'intelligence est génétique ; c'est la thèse de son premier ouvrage, The Bell Curve). Il y avance des hypothèses dont j'ai du mal à ne pas trouver qu'elles sont toutes plus farfelues les unes que les autres.

Ainsi d'une première hypothèse que, peut-être, les juifs sont plus intelligents, mais seulement les ashkénazes, résultat que tente d'établir un autre article, paru dans une revue fort honorable également. Les ashkénazes seraient plus intelligents car ayant dû résister aux agressions depuis le Moyen-âge.

Autre hypothèse pour Murray, les sépharades d'Espagne seraient la source de l'intelligence juive il faudrait la tester :  "on pourrait tester l'hypothèse que chez les sépharades l'intelligence la plus vive se trouve chez ceux qui se trouvent génétiquement les plus proches des sépharades de l'Espagne au temps du Royaume de Grenade, même si ces sépharades restent moins intelligents que des ashkénazes".


Autre idée, l'intelligence juive remonterait à un épisode de l'histoire juive où, en -586, les babyloniens capturèrent et déportèrent les élites juives, pendant que les juifs pauvres (donc moins intelligents, selon Murray, c'est la même chose encore une fois) se seraient, au fil du temps, fondu dans les autres religions. Plus de deux mille ans après, les effets de cette sélection se feraient donc encore sentir.

 

On se demande si on rêve donc, devant tant de candeur pseudo scientifique, d'affirmations à l'emporte-pièce, telle que celle-ci : "nous avons de bonnes raisons de croire que les enfants goys élevés dans des familles juives n'acquièrent pas cette intelligence juive".

 

Qu'en penser ? D'une part, pour répondre au fond du sujet, que sans doute l'éducation juive n'est pas pour rien dans cette supériorité éventuelle : il n'est pas étonnant d'obtenir de bons résultats à des tests portant sur les qualités verbales et le raisonnement si dès l'enfance on a été instruit à apprendre, réciter et réfléchir à des textes sacrés. Sans doute la vision chrétienne, qui parfois se contente d'enseigner que Dieu est amour, aide-t-elle moins à développer une pensée complexe que de débattre le pour et le contre des dix commandements.

Il y a certainement des explications possibles à un phénomène vaguement démontré par Murray, sans recourir à des explications génétiques vaseuses. Je crois surtout que convaincu que Murray est un ultraconservateur, pour qui :

    1. les membres des élites sont les plus intelligents

    2. les plus intelligents le sont du fait de leurs gênes

    3. ergo, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes (en langage économique : la    situation est paréto-optimale)

 

Tout cela peut aussi nous ramener à l'atlantisme de notre président de dans quatre jours, et à ses déclarations sur la génétique, qui seraient sans doute passées parfaitement inaperçues là bas.

J'y vois aussi un signe que contrairement à ce qu'a écrit Thomas Friedman (Le monde est plat), les sociétés occidentales ne convergent peut-être pas inéluctablement vers un mode de pensée uniforme. Je n'imagine ainsi pas qu'un tel article soit traduit dans une revue française, autrement que pour être suivi d'un papier fort critique.

 

Voilà cher lecteur. Le monde n'est peut-être pas si plat, et il en est sans doute mieux ainsi.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 9 mai 2007
Je n'avais pas lu le papier de Michel Lafon dans Libé, sur Ségolène. Je souscris à 100% à ses analyses :

Celle qu'on a osé présenter comme symbole de la modernité politique n'avait-elle pas été plébiscitée lors du vote interne par tout ce que le vieil appareil socialiste compte de ringardise ? [...] Quant au fond du discours, la place exacerbée du JE laisse songeur. Je veux, je ferai, je déciderai. Dire qu'il fut un temps où la gauche s'opposait au pouvoir personnel au nom d'une volonté collective qu'elle jugeait consubstantielle à l'idéal démocratique. [...] Il est temps de hâter le mouvement en débranchant le respirateur artificiel qui maintenait encore un semblant de vie dans un parti fossilisé. Et de dire à Ségolène Royal, et à quelques autres, qu'elle n'est pas habilitée à l'assumer. Car, désormais, grâce à elle, il reste le plus dur : à vivre concrètement cinq ans dans la France de Sarkozy.

Idem pour le papier également bien vu de Luc le Vaillant. Il serait dramatique que Ségolène s'enferre. Il est temps qu'elle mette fin à son ségocirque. Extraits :

Le procès fait à Royal en inconséquence est ridicule. Non seulement, elle a des convictions, mais elles sont bien ancrées et si elle a su en masquer certaines le temps de la campagne, il suffit de revenir aux origines pour en dépister les invariants. Pour faire court, Royal a toujours été social-libérale en matière économique et néo-autoritaire dans le registre sociétal. Blairiste et pudibonde, si vous préférez. [...] Elle est étonnante, cette époque, qui méprise les organisations collectives et sacre les soi-disant rebelles, ces individus du sérail qui se mettent en dehors pour mieux pleurnicher qu'on ne veut pas d'eux. Ce qui, dans une société émotive, leur permet de déclencher la compassion et de rafler la mise. Les adhérents à 20 euros aimaient cette historiette bébête de la pauvre bergère méprisée, bottant les fesses des éléphants aux idées moribondes. En récompense, Royal leur a offert sa démocratie participative, vaste entourloupe pailletée de jérémiades, qui n'a modifié en rien la vision des choses d'une candidate au corpus d'idées déjà très structuré.

Je regrette de ne pas avoir lu de telles diatribes avant, mais j'espère que cela suffira à nous éviter d'avoir à revivre cela : la victoire d'un Berlusconi à la française.







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Mercredi 9 mai 2007
Un bon papier de Daniel Sibony dans Libé : Ségolène a une carrure, une présence, il lui manque un peu de travail et de modestie pour ne pas se prendre pour la France.



Illustration : La France présidente, vue par Hobbes
leviathan2.jpg

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Lundi 7 mai 2007
Maureen Dowd est l'une des chroniqueuses les plus caustiques du New York Times.

Elle publie ce matin un article (payant) consacré à la campagne de Ségolène, intitulé "La campagne, C'est Moi" (en français dans le texte).

J'en retiens ce trait bien ajusté : "le problème [de Ségolène] c'est que sa seule vision  de la France, c'est elle-même. D'où son surnom : Egolène".

Je ne connaissais pas ce surnom.  Suite du papier : "Ségo est plus audacieuse que Hillary Clinton, mais elle se prend les pieds dans le tapis plus souvent ; et, contrairement à Hillary, elle n'a pas révisé en matière de politique étrangère."



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Vendredi 27 avril 2007
Fascinant personnage que Jacques Chirac.

Son départ est salué par Tony Judt, un universitaire américain renommé, auteur de plusieurs livres sur le socialisme en France, les intellectuels français aprés-guerre etc...

Il publie un article long dans le New York Times pour remarquer d'abord que la France n'est pas dans l'état déplorable où les déclinistes veulent la placer :

"Les enfants en bas âge français ont une meilleure chance de survie que les enfants américains. Les français vivent plus vieux et en meilleure santé que les Américains, pour un coût bien inférieur. Ils mieux sont instruits et ont des transports publics de premier ordre. L'écart entre les riches et les pauvres est moins grand qu'aux Etats-Unis ou qu'en Grande-Bretagne, et il y a moins de pauvres. Oui, la France a un chômage des jeunes élevé, du fait d'empêchements institutionalisés à la création d'emplois. Mais la comparaison avec les taux américains est fallacieuse : nos chiffres sont artificiellement abaissés parce que de nombreux hommes noirs âgés de 18 à 30 ans sont en prison diminuent d'autant les chiffres du chômage."
(traduction d'abord Google translate, puis améliorations par mes soins délicats)


Ensuite, il porte au crédit de Chirac ceci :

- il a reconnu enfin, les torts de la France dans la destruction des juifs d'Europe ;
- il a constamment refusé toute alliance avec le FN ;
- il a plaidé pour l'intégration de la Turquie en Europe ;
- il a créé une agence publique contre les discriminations ;
- il a été l'un des premiers et des plus véhéments avocats de la lutte contre le réchauffement de la planète ;
- il a plaidé dès le début contre la guerre en Irak (By standing up to Mr. Bush and instructing his representatives at the United Nations to block a rush to an unprovoked war, the French president saved both the honor of the United Nations and the credibility of the international community.).

Pour finir, Tony Judt compare défavorablement Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy (il est très sévère), à Ségolène Royal et François Bayrou (il l'est à peine moins pour ces deux-là).

Il s'égare enfin, en soulignant l'importance de la cohésion européenne, même s'il note correctement que les nouveaux entrants vont rendre l'union difficile (ils souhaitent bénéficier d'un modèle américain de sociétés à faible fiscalité, compensé par des rentrées financières européennes, tout en continuant à placer leur défense sous le parapluie américain). [j'estime que Tony Judt se trompe car cette division européenne et cette impuissance européennes sont voulues depuis le début, cf. ici].


Comme admiroutes, j'estime qu'à son départ de l'Elysée il serait assez digne qu'on ne fasse pas subir à Jacques Chirac et au pays qu'il n'a pas si mal représenté l'opprobre de poursuites judiciaires malvenues.


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Mardi 10 avril 2007
Une brève pour signaler aux lecteurs anglophones un article long et plutôt très favorable à Bayrou, dans le Los Angeles Times ce matin : ici.

Titre : Bayrou réveille la campagne présidentielle (Bayrou shakes up France's presidential race  - Even if he doesn't make the runoff, the centrist is likely to have an effect on the outcome.)

L'aspect pacificateur de la candidature de Bayrou face à la surenchère Sarko/Ségo est bien mis en évidence.
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Lundi 2 avril 2007
Un très bon article de Frédéric Lordon, sur Oulala.net, recommandé par FMI. J'ai laissé quelques commentaires sur Oulala, que je retranscris ici après avoir résumé (trop grossièrement) son papier.

Lordon recommande le vote Bayrou, supposément centriste, non pas pour réunir les français, mais pour... recréer du clivage.

Face à un jeu UMPS comme dit Le Pen, mais comme dirait Bayrou maintenant avec raison, il convient de dire que plus personne n'est dupe : les deux partis jouent des variations, bien faibles, sur un thème unique (imposé via Bruxelles, mais c'est un autre élément du débat).

Pour Lordon, il est temps de faire exploser cela, et Bayrou fournit une opportunité à saisir, de changer réellement le jeu politique sans passer par la case le Pen. Pour Lordon notamment, Ségolène Royal est aussi à droite que Bayrou, donc voter l'un ou l'autre ne change pas l'effet réel du vote, juste l'étiquette.

Premier commentaire de ma part :

1. Est-on réellement sûr que Ségolène soit aussi à droite que Bayrou ? Je crois qu'elle l'est encore plus pour ma part. Indéniablement le PS reste plus à gauche que l'UDF, mais je ne crois pas que ce soit le cas des candidats qu'il se sont choisis : au sommet, les positions sont inversées à mon sens.

Ensuite, Frédéric Lordon appuie un peu lourdement sur une thématique de renversement philosophique qui voudrait que la renaissance du clivage droite/gauche soit un effet paradoxal de l'élection éventuelle d'un centriste. Je n'y crois pas complètement, au sens où je ne crois pas Bayrou complètement dupe de son centrisme. Deuxième commentaire :

2. Bayrou est-il complètement inconscient de ce phénomène ? Ce n'est pas sûr. Certes, il joue de la rhétorique de l'union et de la réconciliation. Mais ne faut-il pas lui aussi le prendre au mot : le clivage droite-gauche, tel qu'il est aujourd'hui, est dépassé. Constater cela n'est pas nier qu'il faille retracer un clivage (le PS a eu une chance historique de retracer une frontière en mai 2005, il l'a perdue).

A la limite, qu'importe que Bayrou soit ou non conscient de l'effet paradoxal de son positionnement, ce qui compte est ce qui se passe ensuite. Dernier commentaire :

3. Au delà d'un moment d'union important, qui pourrait nous servir à faire le deuil de l'ancien clivage droite/gauche, il serait important de voir comment vont se retracer les clivages, de quels sujets vont s'emparer la droite et la gauche écrasées provisoirement par le tracteur centriste. Lui-même n'indique-t-il pas, en choisissant pour son nouveau parti le terme de "parti démocrate", qu'il espère prendre au PS la place que celui-ci a ravie au PC ?

Pour ma part, deux hypothèses : soit Bayrou s'engage dans une voie de centre gauche claire, maintenant un niveau élevé de services publics, ce qui supposera de s'opposer à Bruxelles rapidement, et je serai tenté de rejoindre son parti, soit c'est la tendance "réduction des déficits" qui l'emporte, et je reste au sein de "la vieille maison", pour voir ce que l'on peut en faire.

En tout cas, après lecture de l'article de Lordon c'est encore plus tranquillement que je voterai Bayrou.


 
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Vendredi 23 mars 2007
Un magnifique article sur Bayrou, de Régis Jauffret, dans Libération d'hier.

A lire ici.

Addendum : je l'ai refondu en un fichier PDF, des fois qu'il devienne payant.

Je pense que Libé permettra à l'un de ses fidèles lecteurs cette entorse au droit de copie...

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Vendredi 16 mars 2007
Le terroriste suspecté aurait avoué de nombreux crimes

François bayrou, qui s'est dit responsable des attaques du 11 septembre, a déclaré avoir décapité le journaliste américain Daniel Pearl de ses mains, selon les minutes d'un interrogatoire qui s'est tenu samedi dernier sur la base de Guantanamo, Cuba. [...] Le suspect a déclaré : "J'ai été responsable des attentats du 11 septembre, de A à Z"

L'administration américaine avait déjà relié M. Bayrou aux attaques du 11 septembre, parmi d'autres, mais sa confession est le premier récit de sa propre bouche de ses activités terroristes mondiales, depuis des projets de bombardement de New York et Londres jusqu'aux assassinats de Jimmy Carter, Bill Clinton ainsi que le pape Jean-Paul II. Certains de ces projets n'avaient jamais été révélés.

Dans sa longue confession, M. Bayrou, l'un des principaux lieutenants de Ben Laden, a raconté que ses actes s'inscrivaient dans une campagne militaire. "je ne suis pas content d'avoir tué 3000 personnes aux Etats-Unis", a-t-il dit en Béarnais. "Je suis même triste. Je n'aime pas tuer les enfants et les jeunes". Il a ajouté que "le langage de la guerre s'exprime en nombre de victimes".












Photo : François Bayrou lors de son arrestation



L'original de ce scoop du New York Times ici, avec la suite, en anglais...



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Vendredi 16 février 2007


Y'a pas que Johny !

Un article récent du New York Times expliquait comment les Rolling Stones vont se reposer sur une fondation de droit néerlandais pour échapper à l'impôt sur les successions.
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Mardi 13 février 2007
J'avais gardé ça de côté, un article (en anglais, sorry) sur l'industrie des prix littéraires en général et du Booker prize en particulier (le Goncourt britannique).

Une définition amusante, bien vue, de la "littérature mondiale", genre très primable :

"Une histoire de rédemption après l'échec, avec des éléments magiques-réalistes [j'ai découvert ce concept littéraire à cette occasion, lire ici, apparemment les français ne brillent pas dans le genre], des familles abusives et dysfonctionnelles, et un dénouement impliquant des vérités spirituelles ou holistiques."

(the features of the world-literature prototype: a trauma-and-recovery story, with magic-realist elements, involving abuse and family dysfunction, that arrives at resolution by the invocation of spiritual or holistic verities.)

Ca me fait penser au Rule of the Bone de Russell Banks.

L'article est de Louis Menand, est titré "All that glitters", et vaut la peine de prendre son temps pour le lire.
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Dimanche 11 février 2007
J'avais gardé ça de côté, un article (en anglais, sorry) sur l'industrie des prix littéraires en général et du Booker prize en particulier (le Goncourt britannique).

Une définition amusante, bien vue, de la "littérature mondiale", genre très primable :

"Une histoire de rédemption après l'échec, avec des éléments magiques-réalistes [j'ai découvert ce concept littéraire à cette occasion, lire ici, apparemment les français ne brillent pas dans le genre], des familles abusives et dysfonctionnelles, et un dénouement impliquant des vérités spirituelles ou holistiques."

(the features of the world-literature prototype: a trauma-and-recovery story, with magic-realist elements, involving abuse and family dysfunction, that arrives at resolution by the invocation of spiritual or holistic verities.)

Ca me fait penser au Rule of the Bone de Russell Banks.

L'article est de Louis Menand, est titré "All that glitters", et vaut la peine de prendre son temps pour le lire.
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Jeudi 18 janvier 2007
Roman Herzog, ancien président de la République fédérale d'Allemagne critique très sévèrement la construction européenne, dans un article du Welt Am Sonntag (je renvoie aussi à un site villiériste, faute de trouver une version française de ce texte. Si JM Fayard s'ennuie..., je m'engage à mettre en ligne sa parution et à la commenter).

Rien dans Libé ni dans Le Monde, ni dans Le Figaro à ce sujet.
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Mercredi 17 janvier 2007
Pas la peine en fait, si l'on en croit le toujours très intéressant site dedefensa, elle va tomber toute seule.

Deux idées fortes dans cet article assez long :

1. On vante l'Union européenne comme s'il s'agissait d'une entité autonome, en réalité il convient d'analyser toujours l'UE avec son pendant qu'est l'OTAN. Car dans un jeu international dominé par les USA, il n'a jamais été question que l'Europe soit autre chose qu'une filiale domestiquée (cf. les explications très claires en ce sens de Zbigniew Brzezinski).

Comme la maison-mère est en plein chaos, l'UE et l'OTAN sont des machines qui tournent à vide.

2. Barroso essaie désespérément de redonner un sens à son action en liant trois thèmes qui n'ont en réalité pas grand chose à voir. Le raisonnement de Barroso est le suivant :
réchauffement de la planète => maîtrise de l'énergie => attention à la Russie => libéralisation du marché de l'énergie.

Où l'on voit qu'en réalité on prétend ainsi combattre l'anarchie climatique peut-être provoquée par le libéralisme désordonné, par un surcroît de libéralisme.

D'où la conclusion, qui est que si la Commission continue dans cette voie, elle tombera bientôt d'elle-même.


C'est très résumé, mais allez-voir vous-mêmes !
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Dimanche 12 novembre 2006
Le site de Marianne (seul hebdo auquel je sois généralement fidèle, malgré son ségolisme) n'est pas génial. Mais le site qu'ils ont monté pour la présidentielle est bien meilleur. J'y ai lu un bon papier sur les réflexions déconcertées d'un français d'aujourd'hui, que je vous conseille.

Extrait :

« mais t'as pas honte de t'en prendre à un homme qui a l'âge d'être ton père ! Merde, après 35 années à New York, il faut que je vienne à Orléans pour me faire attaquer ! ». D'un coup, c'est un autre homme. Il se baisse, me ramasse mes lunettes, me les tend, me dit « t'es cool … t'es de New York ? » Je lui dis, « oui ». Il continue « c'est bien là-bas ! » Il ne pensait plus à me voler. Il voulait parler de l'Amérique...»           suite


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Mercredi 1 novembre 2006
J'avais commenté le livre de Jean Roux, La grande braderie. Un autre papier de l'Observatoire de l'Europe après le Non fait la même chose, en reprenant plus de chiffres.

Ce livre est important car il permet de comprendre que les discussions sur l'efficacité respective du public et du privé ne sont pas que des querelles de théoriciens, mais qu'il y a aussi beaucoup d'argent à gagner - sur le dos du contribuable.

Joseph Stiglitz rappelle ce matin (billet rédigé le 14 septembre dernier, un peu encarafé depuis !)d'ailleurs son opposition à l'absurde privatisation de GDF :

Un prix nobel américain contre la privatisation

L'économiste américain Joseph Stiglitz , prix Nobel de l'Economie en 2001, est venu mardi à la rescousse des opposants à la privatisation de Gaz de France, dont il a dit qu'elle n'avait pas lieu d'être.

"Ne laissez pas l'idéologie conduire la politique économique", a déclaré sur France Inter l'ancien conseiller du président américain Bill Clinton, à l'adresse des dirigeants politiques français.

"La France a la chance d'avoir un secteur de l'énergie extraordinairement efficace et fiable", a-t-il ajouté. "Aux Etats-Unis on dit : si ce n'est pas cassé, ne le répare pas. Notre secteur énergétique est cassé et il l'a été encore plus quand on l'a dérégulé (...) Votre secteur public de l'énergie est plus efficace et plus fiable que ce qu'on a aux Etats-Unis." 

L'économiste de la Banque mondiale a estimé qu'il fallait conserver un "juste équilibre" entre les marchés et le rôle de l'Etat, "parce que les marchés débridés ça ne fonctionne pas".
(pompé sur le site de France 2)


Voilà un économiste dont on se demande s'il a le même métier que Pascal Salin.
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Lundi 30 octobre 2006

J'avais mis de côté cet article du Point, plein de bonnes choses.

Je l'ai retrouvé en ligne sur le blog d'un admirateur de Marcel Gauchet, intellectuel renommé, rédacteur en chef du Débat, classé à gauche tant qu'un eurojusticier ne l'aura pas déclaré suspect.

Une excellente citation :

Regardez ce qui s’est passé avec l’Europe. Le débat sur l’élargissement a été interdit. Résultat : le refoulé a fait retour au moment du référendum sur la Constitution européenne, en dépit des injures et du mépris. De la même façon, il est presque impossible de mettre en doute les vertus du libre-échange sans être disqualifié d’avance. Pourtant, l’état de nos économies devrait susciter quelques questions. Mais non. Naturellement, vous avez le droit d’être trotskiste. Vous êtes alors un marginal toléré. Mais si vous prétendez parler en responsable, c’est inadmissible.

Voilà, dans la face, puisque le terme est à la mode en ce moment, de ceux qui glosent sur l'ignorance des nonistes.

Autre horreur :

La nouvelle religion de l’inégalité promue par les élites européennes réduit la valeur de l’homme du commun à rien. Elle les délivre de l’obligation de contribuer au bien de leurs pays.

Là c'est Alain Minc qui en prend pour son grade, par exemple.

Encore une :

L’économisme a engendré des technocraties aveugles, qui ne connaissent qu’une seule recette et ignorent l’enracinement historique des pratiques collectives. Or les peuples veulent la continuation de leur histoire.

Celle là, spéciale dédicace à Diego, JM fayard, J4M, et autres géomètres, qui voudraient en cinq ans créer une nation européenne, là où il fallu quelques siècles pour parvenir à construire les nations européennes.

Dommage que l'article soit si court.

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Lundi 23 octobre 2006
Dans son bon bouquin sur Blair, Philippe Auclair reconnaissait un point très fort à la Grande-Bretagne : sa capacité à faire vivre plusieurs communautés sur son sol mieux qu'en France. J'avais des doutes sur la supériorité réelle du Royaume-Uni en la matière. De fait, le voile islamique y devient, comme en France, un problème évoqué par Jack Straw, ministre des affaires étrangères.

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