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Dimanche 5 juillet 2009
Un très bon billet sur causeur.fr

Un extrait, juste pour le côté jouissif :

Que s’apprêtait à faire Manuel Zelaya ? À organiser un référendum constitutionnel l’autorisant à se représenter. Les observateurs estiment qu’il allait le gagner de manière écrasante. Manuel Zelaya, contrairement à Nicolas Sarkozy, quand il veut changer sa constitution, le demande à son peuple. Il ne compte pas sur une unique voix de majorité au Congrès, celle d’un ex-futur ministre d’ouverture qui paraît-il est toujours socialiste. Mais demander son avis au peuple, pour le néo-libéral alexandradlerisé, et surtout depuis le référendum de 2005, c’est populiste. D’ailleurs, c’est bien connu, tous les chefs d’Etats bolivariens sont populistes. Populiste, dans la novlangue de l’Empire du Bien, fait partie du tiercé de la disqualification, juste après antisémite et pédophile. Plus généralement, il y aura, à l’avenir, une histoire à écrire du traitement de la révolution bolivarienne par les médias français. Les “spécialistes” du Monde
par exemple, comme Marie Delcas ou Paulo Paranagua, écrivent sur la question des articles tellement caricaturaux qu’ils seraient refusés par la CIA qui trouverait ça un peu gros, même pour une opération de déstabilisation à l’ancienne.


Plsu sérieusement, l'auteur, Jérôme Leroy, estime qu'il serait temps de s'intéresser sérieusement  aux choses intéressantes qui se passent en Amérique du sud.

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Dimanche 7 juin 2009

Paul Craig Roberts prédit des temps difficiles pour les Etats-Unis lorsque le dollar ne sera plus accepté comme monnaie de réserve. Une phrase forte : "les groupes autrefois industriels américains ont été transformés en agence de marketing qui tâchent de vendre des biens fabriqués à l'étranger à des gens dont le travail a été lui aussi délocalisé."...

*

Du coup, je tombe sur un article intéressant sur la crise financière et son origine. La dérégulation vient plus de Clinton que de Reagan selon Robert Scheer, qui s'oppose à un billet récent de Krugman (Reagan did it). Sur les produits financiers il a sans doute raison : l'essor des dérivés et des transactions hors-bilan a été encouragé par Greenspan. L'allumette a donc été fournie par Clinton. Mais la poudre a bien été accumulée par Reagan, qui a accumulé des déficits budgétaires, que Clinton a réduit, que Bush a finalement aggravé jusqu'au point d'entamer aujourd'hui la crédibilité du dollar. Il sera sans soute difficile de trouver le coupable. Comme l'a écrit Hillary, It takes a village...

*

Une dernière petite phrase de PC Roberts sur le discours du Caire d'Obama : il a fallu 60 ans à Israël pour aboutir à 3,5 millions de réfugiés palestiniens. 100 jours ont suffi à Obama pour créer 2 millions de réfugiés au Pakistan...

 

 

 

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Jeudi 14 mai 2009

Continuant à participer à la modernité la plus avancée, après le compte Twitter ("Edgar Poe" ; pour ceux qui ne connaissent pas : presque aucun intérêt), le groupe Facebook "le 7 juin je m'abstiens !")

Pour ceux qui ont un compte Facebook et qui veulent faire nombre : bienvenue. Pour les autres, c'est amusant de faire un tour sur Facebook (cf. une introduction sur wikipedia).

 

 

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Lundi 27 avril 2009
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Mardi 21 avril 2009

C'est un billet d'humeur fort bien senti, sur le site de Causeur.fr, consacré à la grève des universités (contre l'Union européenne).

Un extrait :

"cette grève, la première qui soit aussi longue et aussi généralisée depuis qu’il y a une université en France, ne vise pas seulement la réforme qui vient de faire déborder le vase d’exaspération. Elle est l’expression d’un écœurement face au mépris et à l’absence de reconnaissance du travail accompli, tels qu’ils s’expriment généreusement dans nos journaux. 

Cette grève est d’abord une grève des universitaires, toutes tendances politiques et syndicales confondues, à laquelle se sont ralliés les étudiants et les personnels de l’Université, des parents d’élèves et des enseignants du secondaire. Cette unanimité, la durée inédite du mouvement (trois mois pour l’instant), le fait que s’y soient joints des présidents d’université généralement peu enclins à contester, quarante sociétés savantes, des grandes écoles, dont l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, les formes inédites qu’il adopte, avec les démissions de responsabilités administratives un peu partout, la “ronde des obstinés”, tout cela devrait au moins donner à penser que le problème dépasse le supposé “immobilisme” de l’institution universitaire. Eh bien non.
"

La conclusion, en forme de flèche du Parthe :

"Informer de la réalité concrète des choses est sans doute trop demander aux journalistes. On finit par se dire, au vu de ce qu’ils ont fait de ce mouvement, que l’information n’est pas leur préoccupation première. Il s’agit surtout pour eux de publier ce qu’ils pensent devoir servir à leur lectorat, à leurs actionnaires ou les deux, et de reproduire, ce faisant, de vieux stéréotypes. La réalité est ailleurs."



 

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Lundi 30 mars 2009
Amusant récit des tractations autour de la constitution de la liste sud-ouest. Les listes PS pour le Parlement européen ressemblent plus au radeau de sauvetage d'apparatchikis, qu'à un groupe de gens motivés et compétents...








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Mardi 24 mars 2009
Ce sont deux arrêts antisociaux de la CJCE, où la cour européenne outrepasse ses compétences en entrant dans le domaine du droit social. Une analyse fort complète chez Rénovez maintenant, qui remplace avantageusement celle qu'Eolas n'a jamais faite.

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Vendredi 13 mars 2009
Un article très élogieux sur le pacte des pirates. Malgré cela, je reste très sceptique sur les ambiguités de ce pacte.

J'ai laissé un commentaire sur le Blogo Numericus :

Très d’accord avec les messages de fond. Un détail vous a échappé peut-être. Vous soulignez "la source du problème qui n’est pas seulement une question de législation, mais d’abord de légitimité et de gouvernance."

Quelle étrange idée de la part des Pirates d’invoquer comme remède à ce manque de légitimité l’Union européenne ! Qui a quelques difficultés en termes de légitimité...

Par ailleurs, de la part d’acteurs dont la plupart sont engagés, y compris économiquement, dans le web 2.0 ; en appeler au projet de e-participation de l’Union européenne, c’est presque un chèque qu’ils se signent à eux-mêmes.

Notez que le vote électronique n’est même pas clairement rejeté par ces "pirates".

Bref, ce pacte est un mélange de bien vu et d’opportunisme qui mérite un retour plus critique sur l’initiative des pirates... Je me permets de renvoyer à un argument plus long sur mon site.

Bien à vous.



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Mardi 10 mars 2009
C'est ici.

Extraits :

« c’est une crise de la mondialisation libérale, c’est-à-dire que c’est une crise de cette perspective – qui m’a toujours paru une utopie – selon laquelle les hommes pouvaient être directement acteurs sur un marché mondial sans passer par la médiation d’un marché national. Or historiquement, le capitalisme s’est développé dans les marchés nationaux. C’est un point que les historiens de l’économie ont bien documenté. Le capitalisme ne s’est pas développé par le commerce international principalement. Il s’est développé dans les marchés nationaux.

...

La tâche que nous avons devant nous est de réarticuler les marchés, non pas tant à des régulations, parce qu’on peut toujours contourner les régulations, mais de les réarticuler à des cadres politiques. Je crois que c’est vraiment cela qui va être difficile. On va bien le voir en Europe ; par rapport à quoi va-t-on réarticuler les marchés européens ? Est-ce que c’est par rapport aux nations européennes principalement, aux nations qui partagent l’euro, par rapport à l’Union européenne ? Voila les questions vraiment difficiles. Et je ne pense pas que ces questions mettent en cause les principes en général du libéralisme, ni de l’économie de marché, mais elles mettent en cause la question du cadre dans lequel les principes libéraux sont mis en œuvre. »


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Dimanche 15 février 2009
Tombant un jour sur une note de lecture sur la Montagne Magique, je découvrais par là-même les notules dominicales de Philippe Didion.

Cet amateur de Perrec adresse chaque semaine à ses abonnés, quelques notes de lecture, remarques d'étonnement diverses et considérations sur le temps qui passe et l'avantage qu'il y a à avoir eu des filles quand on est du genre tranquille, plutôt que des garçons qui vous font construire des cabanes sous la pluie.

Bref, vous pouvez vous abonner à sa lettre, ça vous permettra peut-être de découvrir quelques livres à lire. Par exemple, cette semaine :

L'Iliade et l'Odyssée (Homer's The Iliad and the Odyssey. A Biography, Alberto Manguel, 2007; Bayard, coll. La mémoire des oeuvres, 2008 pour la traduction française, traduit de l'anglais par Christine Le Boeuf; 256 p., 20 €) C'est la première fois, je crois, qu'un auteur vu à la télévision me donne envie d'acheter son livre. Alberto Manguel était l'invité de l'émission La grande librairie en novembre dernier et son érudition tranquille m'avait semblé irrésistible. C'est bien simple, face à lui, l'autre invité, auteur lui aussi d'un livre dans lequel il était question d'Ulysse, un certain Eric-Emmanuel Schmitt pourtant familier des plateaux et à l'aise pour vendre sa prose, n'avait pas existé. Restait à savoir si le plaisir d'écouter Manguel se retrouverait dans sa lecture... La suite sur le site la semaine prochaine...

Vous pouvez même vous désabonner, l'auteur ne vous en voudra pas :

DIMANCHE.
Courriel.
Une demande de désabonnement aux notules. Argumentée : "Je les ai lues avec intérêt jusqu'à présent, mais mon enthousiasme faiblit, c'est ainsi." Comme je comprends cela. Le nombre de blogs et de lettres de diffusion dont j'ai été un lecteur avide, assidu, fidèle, automatique, habitué, passif, avant de considérer que j'y perdais mon temps et de m'en aller.


N'oubliez pas de vous abonner avant de vous désabonner...



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Lundi 2 février 2009
Un bon billet sur le blog/site Rénovez Maintenant. L'auteur y compare la vindicativité éclairée des syndicats allemands (qui savent tirer du constat de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée une demande d'augmentation de 8% des salaires) à la passivité de leurs homologues français - passivité qui est en train, semble-t-il, de s'émousser tout de même.

A lire aussi un blog consacré exclusivement aux dessous de l'Allemagne, qui entend bien montrer quel est le prix réel, payé par les salariés, de la "compétitivité" allemande. Lire par exemple l'affaire des chauffeurs de bus payés à 2 euros de l'heure...





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Samedi 31 janvier 2009
Un billet de Philippe Bilger, procureur à Paris (avocat général à la Cour d'appel plus précisément).

Il s'étonne de l'omniprésence de BHL, intervenu récemment dans l'affaire Siné contre Val.

Extrait :

Si le judiciaire semble s'être sorti à son avantage des avancées imprudentes de BHL, je suis stupéfié, en revanche, par la complaisance médiatique. Il est vrai qu'au sujet de BHL, on l'a souvent évoquée ; mais dans ces péripéties lyonnaises, elle atteint son comble. Des journaux les ont narrées sans insister mais pour décrire leur caractère à la fois ridicule et dangereux, personne ne s'est levé. Il fait peur apparemment. J'admets ses puissances secrètes, l'étendue de son emprise, les clientélismes qui s'abreuvent à sa source, son aura indéniable et inquiétante. Il n'y a pas qu'en économie que les "maîtres du monde" sont à craindre. Il suffit de lire le récit de son cher ami Enthoven sur la vie festive et occulte de BHL et de son épouse à Tanger pour percevoir qu'on ne fait pas le poids, que les médias, pour la plupart, rampent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Pas tous les médias heureusement, mais si peu de lucidité pour tant d'ivresse. Un article à la fois informé et d'une pertinente distance critique de Fabrice Arfi dans Mediapart. Un billet percutant de Philippe Cohen dans Marianne 2 qui éclaire la contradiction entre le soutien à Salman Rushdie et la chasse à Siné. C'est tout. Je songe à Marguerite Duras qui, en dépit de son génie, ne s'était jamais vraiment remise de son "forcément sublime" au sujet de Christine Villemin que son intuition erratique sentait coupable. Ce qu'elle a subi, le ridicule qui l'a atteinte, le discrédit dont elle a été victime, BHL, pour bien plus, en est toujours indemne. Pourquoi ?

Je partage l'opinion de Bilger sur la crédibilité de BHL, qui tend vers le zéro. Sur la forme, certains termes de Bilger font appel au vocable traditionnel de la droite la plus extrême ("puissances secrètes", "vie festive et occulte", "emprise", "maîtres du monde"...)



Post scriptum : le temps manquant, je ferai plus fréquemment des billets signalant ou commentant rapidement d'autres billets ou articles...

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Vendredi 30 janvier 2009
Discutant par courriel avec un lecteur au sujet du livre de Sloterdijk, il m'écrit que au moins, grâce peut-être à l'Europe (c'était avec un peu d'ironie), on n'entendrait plus parler des Sudètes.

Par curiosité, je vérifie, tape "revendication allemagne sudètes" dans google actualités, et tombe sur un article de l'observatoire de l'Europe après le non.

Il se trouve que le parlement Tchèque est en train de s'interroger sur les bienfaits du TCE et de la charte des droits ethniques qui l'accompagne. En effet, il est fort vraisemblable, la Cour de justice des communautés ayant tendance à s'asseoir sur les droits nationaux, que les revendications allemandes sur les biens des allemands expulsés par Benes en 1945 soient jugées recevables par ladite CJE. Ce qui inquiète fort la république Tchèque, qui jusqu'ici rendait seule la justice en cette matière.



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Jeudi 29 janvier 2009
Un très bon papier sur l'excellent blog d'André Gunthert, enseignant à l'EHESS, qui traite d'images, de médias et d'actualité.

Il dénonce la politique de Sarkozy dans l'enseignement supérieur, tout en expliquant qu'en réalité, Sarkozy ne fait qu'appliquer platement la stratégie de Lisbonne pour l'enseignement supérieur.

Encore un petit effort pour être républicains messieurs les professeurs, arrêtez de vous obnubiler sur l'arbre Sarkozy, qui cache la forêt européenne : dans 95% des cas, les mesures imbéciles du gouvernement sont directement issues des contraintes européennes, soit réglementaires, soit budgétaires. Il serait temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent.


Extrait du billet :

Faut-il noter les chercheurs? C'était le pari de Lisbonne il y a dix ans, bien avant la crise et la faillite des agences de notation financières, dont les appréciations sont aujourd'hui dénoncées par les économistes comme relevant de la «fumisterie» pure et simple. Non, les universitaires n'ont pas peur d'être évalués ni même notés. Comme dans les cas de manipulation qu'on a pu observer récemment dans les domaines du chômage ou de la criminalité, ils craignent en revanche que ces indicateurs ne servent qu'à organiser la pénurie, habiller des décisions déjà prises et afficher des bilans truqués.

Sarkozy, qui ignore tout de la recherche, ne sait ni comment elle fonctionne, ni même à quoi elle peut servir. La seule notion qu'il mobilise pour en juger se résume à sa mesure politique: le prestige national. Mais soyons sérieux. Qu'est-ce que c'est que cette absurdité de «bataille pour l'intelligence»? Le président s'est-il cru dans un stage de motivation pour cadres?




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Samedi 17 janvier 2009
Olyvier, commentateur régulier ici, revient de Syrie, après son voyage en Anatolie.

Juste un message rapide à ce propos pour signaler qu'il a mis en ligne une centaine de photos très prenantes sur un deuxième blog photos.

La Syrie fait partie de ces rogue states dont on ne parle qu'avec un dédain mêlé de suspicion (on devrait ajouter Israël à la liste des rogue states, ce ne serait que justice...)

Les photos nous rappellent que la Syrie est peuplée d'humains, d'écoliers, de femmes, de paysans. Elles disent la normalité avant tout, et en ces temps d'anathèmes c'est déjà beaucoup.

Bref, j'ai beaucoup aimé. Allez voir.

J'ai extrait trois photos parmi d'autres :









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Mercredi 10 décembre 2008
Je suis abonné aux chroniques de Michel Volle depuis très longtemps. C'est un vrai chercheur, au sens propre : il conduit sa réflexion au fil de ses lectures. Et quand j'ai eu à travailler un peu dans l'informatique, ses articles sur le sujet se sont avérés être passionnants.

Bref, j'avais envie de faire un lien vers son coup de gueule contre l'usage débraillé et généralisé de l'anglais.

Avant de refermer la page, je me suis rendu compte que Google avait adapté les publicités de la colonne de gauche au contenu du long billet de Michel Volle, tout entier voué à promouvoir l'usage du français contre les abus de l'anglais.

Vu par Google, ça donne ça :



Le combat sera long, et dur...     :-)



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Mercredi 22 octobre 2008
Lu ailleurs une bonne petite querelle (en commentaires) comme la blogosphère aime à en mener (cf. chez Toréador aussi, avec qui je suis entièrement d'accord).

Je ressors quelques idées que j'avais notées sur le sujet, pour l'occasion.

D'une part, les anti-anonymats attaquent les blogs anonymes en avançant l'idée que l'anonymat est synonyme de contenu banal. C'est idiot. Et quand bien même ce serait le cas, personne encore n'oblige quiconque à lire un blog anonyme.

L'anonymat marquerait des blogs lâches et de piètre qualité. Je crois que cette remarque est vraie pour un commentateur épisodique qui viendrait lâcher quelques injures sur le blog d'un autre, qu'il n'oserait pas signer de son nom. Mais ce qui est vrai pour un commentaire isolé devient faux pour un blog installé et pérenne.

L'anonymat n'est pas l'absence ni l'irresponsabilité

Sur la durée, l'anonymat s'efface. Peu importe qui signe ici du nom d'Edgar. Il se trouve que, sur ce blog, je réponds de ce que j'écris. Et les quelques commentateurs et lecteurs réguliers me lisent non pour ce que je suis "dans la vie" mais parce qu'ils apprécient ce qu'ils lisent ici, que cela prenne leurs idées à rebrousse-poil ou vienne conforter leurs propres opinions. Et les échanges parfois vifs montrent qu'à défaut de nous connaître en vrai nous sommes capables de discussions approfondies.

L'anonymat est relatif

De fait, ce blog est anonyme parce que je n'ai pas envie que n'importe quel client/fournisseur/relation de travail puisse tomber sur mes opinions poitiques en tapant sur Google, et ce pour les cinquante années à venir. Pour autant, il m'est arrivé de rencontrer les quelques commentateurs avec qui j'ai prolongé des échanges par mail, lorsqu'ils le souhaitaient ou à ma suggestion. Et plus question d'anonymat dans ce cas, bien évidemment. L'anonymat est donc une protection relative et de premier degré.

Le non-anonymat pèse et entrave


Je pense même, en sens inverse, que certains blogs signés de leur auteur perdent en qualité de ce fait. Comment ne pas penser que le fait de travailler pour une boite de publicité, une société de service ou autre n'incite pas forcément à une certaine réserve... Au moins le blogueur anonyme n'a-t-il rien à vendre, sinon la mince gloire de figurer à telle ou telle place du classement x ou Y... Encore ne peut-il même pas en profiter "dans la vraie vie".

Mon pseudo est une personne

Sur la durée donc, je ne crois pas qu'un blog anonyme qui se respecte (qui répond de ses positions, qui engage une discussion avec ses lecteurs) soit de moindre qualité qu'un autre - car c'est bien de qualité qu'il s'agit dans les reproches qui nous sont faits. Le pseudo devient unepersonne, à laquelle on s'attache et que l'on défend. S'il me venait à l'idée de traîner ici Balmeyer dans la boue (ce qu'à dieu ne plaise s'agissant d'un de mes blogs préférés), nul doute que ledit Balmeyer engagerait immédiatement une défense de son pseudonyme, auquel il tient certainement presque autant qu'à son nom réel.

Il y a donc, même sur un blog anonyme, une personnalité qui, pour être virtuelle en apparence, est bien réelle et mérite de ne pas être a priori ramenée à l'insignifiance.












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Lundi 6 octobre 2008
Aujourd'hui c'est deux fois vacances : d'abord parce que mon billet sera très court, ensuite parce qu'il s'agit de présenter le blog d'Olyvier, où il narre son voyage au Kurdistan.

Je n'ai pas tout lu, loin de là, mais c'est du Olyvier garanti : précis, bref et sec le plus souvent, avec parfois des passages enflammés et avant tout une profonde empathie pour la matière humaine. Ca donne envie de découvrir le Kurdistan.

Un très bon carnet de route, encore en cours d'ailleurs.

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Vendredi 5 septembre 2008
Michel Volle publie depuis longtemps une lettre passionnante. Cet informaticien de haut niveau est un passionné de choses très diverses, en dehors de son métier d'origine, et il publie depuis dix ans notes de lectures et réflexions diverses (un blogueur avant la lettre).

Trois papiers illustrent bien sa vivacité d'esprit, l'intérêt de sa réflexion et la diversité de ses centres d'intérêts :

- un premier papier rédigé par un ami russe de Michel Volle, dans un français parfait, expliquant la situation en Russie. La conclusion est sévère sur le degré de corruption du pouvoir russe, mais le texte n'exempte pas non plus l'ouest de ses responsabilités. Point important : comme aux Etats-Unis, finalement, une classe corrompue est au pouvoir et fait appel à des tensions extérieures pour contrôler le peuple (La concurrence politique étant anéantie il ne reste pour [la cate dirigeante soviétique] qu’un seul danger réel : le peuple russe lui-même. La peur d’une contagion sociale explique leur hystérie face aux événements d’Ukraine et de Géorgie ainsi que les brutales mais vaines tentatives d’intervenir dans la sphère médiatique de ces anciennes républiques soviétiques et dans leur processus électoral.) Une des solutions esquissées par son correspondant aux tensions avec la Russie : intégrer simultanément à l'OTAN et à l'Union européenne et la Russie et l'Ukraine et la Géorgie. Très bonne idée.

- un deuxième papier, qui pourra paraître anecdotique. Pour moi il y a deux types de lecteurs de ce genre de billets : ceux qui hausseront les épaules ne valent pas une heure de peine, les autres sont mes amis (pour faire vite).

- une invitation à lecture des oeuvres de Guy Debord. Je n'ai rien lu de Debord, mais Volle plus Zagdanski aidant, je me dis que je devrais remédier à cette lacune assez vite...


Bonne lecture !







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Vendredi 11 juillet 2008

Il y a parfois, dans les commentaires, des bijoux de concision, de pertinence ou de connaissances qui épatent jusqu'au rédacteur du billet qui les a suscités.


De temps en temps j'aime bien repartir d'un de ces commentaires. Je voudrais juste ici me contenter de ressusciter (pomper, pour les désobligeants) un commentaire laissé par Antoine Block (qui écrit ailleurs ? commente sous un autre pseudo ?) chez Versac, lors du concours de trolls organisé juste avant la fin de Versac.net. J'ai mis en gras quelques passages bien sentis.


Deux points : d'abord c'est très vache, l'air de rien, et prémonitoire sur la fermeture de Versac.net.

Ensuite, le passage sur le blogueur comme Don Quichotte sur son fauteuil tournant est assez drôle et de nature à ramener sur terre le blogueur enivré par sa progression au classement Wikio...


Une question : Antoine Block, comme Lawrence Block (je recommande "8 millions de façons de mourir") ?

 

*


"C'est curieux, Versac, comme le troll constitue pour vous — comme pour l'ensemble de la blogosphère hyperencéphalotrophiée dont vous êtes l'un des plus beaux représentants (ne voyez là aucune allusion perfide à la disgrâce physique que vous portez au front comme un embryon de corne, sauf le respect dû à Christie), ainsi que vos désormais inombrables sautes d'humeur et vexations l'ont amplement prouvé — l'objet de répulsion absolu et, parallèlement, semble provoquer chez vous une véritable fascination.

En fait, il est assez évident que le troll n'est que le reflet outré et fantasmatique de tout bon blogueur. Il est le parangon de la suffisance, de la rhétorique creuse, de la prétention littéraire la plus grotesque, des velléités journalistiques revendiquées sur le mode "C'est parce que je ne suis pas un journaliste que je fais du meilleur journalisme, les hémorroïdes bien au chaud au fond de mon fauteuil pivotant", du règne de l'arbitraire revendiqué comme la marque ultime de la liberté, des phrases à rallonge, de la schizophrénie (pour ne pas dire tout simplement l'hypocrisie) vis-à-vis de la publicité et de la marchandisation de l'information, du syndrome de Don Quichotte par lequel tout bon blogueur (en particulier estampillé "flatulent", pardon "influent") entend à lui seul et dans le même temps mettre fin au déficit de la sécurité sociale et à l'accointance coupable entre médias et milieux politico-affairistes, de la bobo-attitude la plus conventionnelle et la plus ringarde alors que lui-même est profondément convaincu de la portée révolutionnaire de ses analyses…

Ce n'est d'ailleurs là que la moindre de vos contradictions, la plus flagrante restant la "création" (pardon Picasso, pardon Hugo, pardon Boulez) dont vous êtes le plus fier : la République des Gogues. Outre l'ennui et la vacuité que révèle la passion d'aller pisser ses bières au Pavillon Baltard en ressassant moi-personnellement-je" devant une pauvre webcam basse déf de Seesmic, ne croyez-vous pas qu'il y a une profonde contradiction entre l'apologie hystérique de la communauté virtuelle que vous récitez en permanence comme ma grand-mère son catéchisme et la nécessité (à en croire l'obstination que vous y investissez) de rencontrer les autres blablateurs en chair et en os ? Vous retombez là dans les formules les plus éculées dont on pouvait espérer que le web nous débarrasse à tout jamais : le pot entre potes, le dîner des anciens de la promo, le verre de l'amitié et autres peu ragoûtantes agapes de retraités. Bientôt, vous aussi, vous commencerez à compter les chaises vides… (comment ? c'est déjà commencé ? pardon).

Bref, si par ce concours absurde vous révélez combien le troll est pour vous un objet de désir, peut-être est-ce parce que lui, le troll, persiste à prendre du plaisir, à où vous laissez percez, depuis quelques mois, une lassitude et un manque d'inspiration que vous ne prenez même plus la peine d'essayer de cacher, ainsi que vous le confessiez dans un billet récent.

Les grands, eux, savent se saborder avec panache avant que ce point soit atteint, mais je suis bien certain que, conformément à tous vos micro-engagements nombrilistes passés, vous vous obstinerez et vous enfoncerez dans le dur désir de durer, fut-ce au prix de tous les artifices, afin d'atteindre enfin au statut qui vous obsède, celui du plus jeune parmi les vieux, ou vice-versa.

Quant à vos commentateurs réguliers (je ne parle pas des lopettes puériles qui postent un commentaire pour la première fois aujourd'hui, à l'occasion de ce ridicule concours, sans contenu et sans enjeu), vous n'avez pas manqué de remarquer qu'ils commencent à se détourner de versac.net, à contester la pertinence de vos notulettes, et à découvrir enfin que, oui, le roi est nu.

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