Paul Craig Roberts prédit des temps difficiles pour les Etats-Unis lorsque le dollar ne sera plus accepté comme monnaie de réserve. Une phrase forte :
"les groupes autrefois industriels américains ont été transformés en agence de marketing qui tâchent de vendre des biens fabriqués à l'étranger à des
gens dont le travail a été lui aussi délocalisé."...
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Du coup, je tombe sur un article intéressant sur la crise financière et son origine. La dérégulation vient plus de Clinton que de Reagan
selon Robert Scheer, qui s'oppose à un billet récent de Krugman (Reagan did it). Sur les produits financiers il a sans doute raison : l'essor des dérivés et des transactions hors-bilan a été
encouragé par Greenspan. L'allumette a donc été fournie par Clinton. Mais la poudre a bien été accumulée par Reagan, qui a accumulé des déficits budgétaires, que Clinton a réduit, que Bush a
finalement aggravé jusqu'au point d'entamer aujourd'hui la crédibilité du dollar. Il sera sans soute difficile de trouver le coupable. Comme l'a écrit Hillary, It takes a village...
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Une dernière petite phrase de PC Roberts sur le discours du Caire d'Obama : il a fallu 60 ans à Israël pour aboutir à 3,5 millions de réfugiés palestiniens. 100 jours ont suffi à
Obama pour créer 2 millions de réfugiés au Pakistan...
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Continuant à participer à la modernité la plus avancée, après le compte Twitter ("Edgar Poe" ; pour ceux qui ne connaissent pas : presque aucun intérêt),
le groupe Facebook "le 7 juin je m'abstiens !")
Pour ceux qui ont un compte Facebook et qui veulent faire nombre : bienvenue. Pour les autres, c'est amusant de faire un tour sur Facebook (cf. une introduction sur wikipedia).
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Publié dans : Blogosphère
C'est un billet d'humeur fort bien
senti, sur le site de Causeur.fr, consacré à la grève des universités (contre l'Union
européenne).
Un extrait :
"cette grève, la première qui soit aussi longue et aussi généralisée depuis qu’il y a une université en France, ne vise
pas seulement la réforme qui vient de faire déborder le vase d’exaspération. Elle est l’expression d’un écœurement face au mépris et à l’absence de reconnaissance du travail accompli, tels qu’ils
s’expriment généreusement dans nos journaux.
Cette grève est d’abord
une grève des universitaires, toutes tendances politiques et syndicales confondues, à laquelle se sont ralliés les étudiants et les personnels de l’Université, des parents d’élèves et des
enseignants du secondaire. Cette unanimité, la durée inédite du mouvement (trois mois pour l’instant), le fait que s’y soient joints des présidents d’université généralement peu enclins à
contester, quarante sociétés savantes, des grandes écoles, dont l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, les formes inédites qu’il adopte, avec les démissions de responsabilités
administratives un peu partout, la “ronde des obstinés”, tout cela devrait au moins donner à penser que le problème dépasse le supposé “immobilisme” de l’institution universitaire. Eh bien
non."
La conclusion, en forme de flèche du Parthe :
"Informer de la réalité concrète des choses est sans doute trop demander aux journalistes. On finit par se dire, au vu de
ce qu’ils ont fait de ce mouvement, que l’information n’est pas leur préoccupation première. Il s’agit surtout pour eux de publier ce qu’ils pensent devoir servir à leur lectorat, à leurs
actionnaires ou les deux, et de reproduire, ce faisant, de vieux stéréotypes. La réalité est ailleurs."
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Mercredi 10 décembre 2008
Je suis abonné aux chroniques de Michel Volle depuis très longtemps. C'est un vrai chercheur, au sens propre : il conduit sa
réflexion au fil de ses lectures. Et quand j'ai eu à travailler un peu dans l'informatique, ses articles sur le sujet se sont avérés être passionnants.
Bref, j'avais envie de faire un lien vers son coup de gueule contre l'usage débraillé et généralisé de l'anglais.
Avant de refermer la page, je me suis rendu compte que Google avait adapté les publicités de la colonne de gauche au contenu du long billet de Michel Volle, tout entier voué à promouvoir l'usage du
français contre les abus de l'anglais.
Vu par Google, ça donne ça :
Le combat sera long, et dur... :-)
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Lu ailleurs une bonne petite querelle (en commentaires) comme la blogosphère aime à en
mener (cf. chez Toréador aussi, avec qui je suis entièrement d'accord).
Je ressors quelques idées que j'avais notées sur le sujet, pour l'occasion.
D'une part, les anti-anonymats attaquent les blogs anonymes en avançant l'idée que l'anonymat est synonyme de contenu banal. C'est idiot. Et quand bien même ce serait le cas, personne encore
n'oblige quiconque à lire un blog anonyme.
L'anonymat marquerait des blogs lâches et de piètre qualité. Je crois que cette remarque est vraie pour un commentateur épisodique qui viendrait lâcher quelques injures sur le blog d'un autre,
qu'il n'oserait pas signer de son nom. Mais ce qui est vrai pour un commentaire isolé devient faux pour un blog installé et pérenne.
L'anonymat n'est pas l'absence ni l'irresponsabilité
Sur la durée, l'anonymat s'efface. Peu importe qui signe ici du nom d'Edgar. Il se trouve que, sur ce blog, je réponds de ce que j'écris. Et les quelques commentateurs et lecteurs réguliers me
lisent non pour ce que je suis "dans la vie" mais parce qu'ils apprécient ce qu'ils lisent ici, que cela prenne leurs idées à rebrousse-poil ou vienne conforter leurs propres opinions. Et les
échanges parfois vifs montrent qu'à défaut de nous connaître en vrai nous sommes capables de discussions approfondies.
L'anonymat est relatif
De fait, ce blog est anonyme parce que je n'ai pas envie que n'importe quel client/fournisseur/relation de travail puisse tomber sur mes opinions poitiques en tapant sur Google, et ce pour les
cinquante années à venir. Pour autant, il m'est arrivé de rencontrer les quelques commentateurs avec qui j'ai prolongé des échanges par mail, lorsqu'ils le souhaitaient ou à ma suggestion. Et plus
question d'anonymat dans ce cas, bien évidemment. L'anonymat est donc une protection relative et de premier degré.
Le non-anonymat pèse et entrave
Je pense même, en sens inverse, que certains blogs signés de leur auteur perdent en qualité de ce fait. Comment ne pas penser que le fait de travailler pour une boite de publicité, une société de
service ou autre n'incite pas forcément à une certaine réserve... Au moins le blogueur anonyme n'a-t-il rien à vendre, sinon la mince gloire de figurer à telle ou telle place du classement x ou
Y... Encore ne peut-il même pas en profiter "dans la vraie vie".
Mon pseudo est une personne
Sur la durée donc, je ne crois pas qu'un blog anonyme qui se respecte (qui répond de ses positions, qui engage une discussion avec ses lecteurs) soit de moindre qualité qu'un autre - car c'est bien
de qualité qu'il s'agit dans les reproches qui nous sont faits. Le pseudo devient unepersonne, à laquelle on s'attache et que l'on défend. S'il me venait à l'idée de traîner ici Balmeyer dans la
boue (ce qu'à dieu ne plaise s'agissant d'un de mes blogs préférés), nul doute que ledit Balmeyer engagerait immédiatement une défense de son pseudonyme, auquel il tient certainement presque autant
qu'à son nom réel.
Il y a donc, même sur un blog anonyme, une personnalité qui, pour être virtuelle en apparence, est bien réelle et mérite de ne pas être a priori ramenée à l'insignifiance.
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Publié dans : Blogosphère
Vendredi 5 septembre 2008
Michel Volle publie depuis longtemps une lettre passionnante. Cet informaticien de haut niveau est un passionné de choses très diverses, en dehors de son métier
d'origine, et il publie depuis dix ans notes de lectures et réflexions diverses (un blogueur avant la lettre).
Trois papiers illustrent bien sa vivacité d'esprit, l'intérêt de sa réflexion et la diversité de ses centres d'intérêts :
- un premier papier rédigé par un ami russe de Michel Volle, dans un français parfait, expliquant la situation en Russie. La conclusion est
sévère sur le degré de corruption du pouvoir russe, mais le texte n'exempte pas non plus l'ouest de ses responsabilités. Point important : comme aux Etats-Unis, finalement, une classe corrompue est
au pouvoir et fait appel à des tensions extérieures pour contrôler le peuple (La concurrence politique étant anéantie il ne reste pour [la cate dirigeante
soviétique] qu’un seul danger réel : le peuple russe lui-même. La peur d’une contagion sociale explique leur hystérie face aux événements d’Ukraine et de Géorgie ainsi que les
brutales mais vaines tentatives d’intervenir dans la sphère médiatique de ces anciennes républiques soviétiques et dans leur processus électoral.) Une des solutions esquissées par son
correspondant aux tensions avec la Russie : intégrer simultanément à l'OTAN et à l'Union européenne et la Russie et l'Ukraine et la Géorgie. Très bonne idée.
- un deuxième papier, qui pourra paraître anecdotique. Pour moi il y a deux types de lecteurs de ce genre de billets : ceux qui hausseront
les épaules ne valent pas une heure de peine, les autres sont mes amis (pour faire vite).
- une invitation à lecture des oeuvres de Guy Debord. Je n'ai rien lu de Debord, mais Volle plus Zagdanski aidant, je me dis que je devrais
remédier à cette lacune assez vite...
Bonne lecture !
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Il y a parfois, dans les commentaires, des bijoux de concision, de pertinence ou de connaissances qui épatent jusqu'au rédacteur du billet qui les a suscités.
De temps en temps j'aime bien repartir d'un de ces commentaires. Je voudrais juste ici me contenter de ressusciter (pomper, pour les désobligeants) un commentaire laissé par Antoine Block (qui écrit ailleurs ? commente sous un autre pseudo ?) chez Versac, lors du concours de trolls organisé juste avant la fin de Versac.net. J'ai mis en gras quelques passages bien sentis.
Deux points : d'abord c'est très vache, l'air de rien, et prémonitoire sur la fermeture de Versac.net.
Ensuite, le passage sur le blogueur comme Don Quichotte sur son fauteuil tournant est assez drôle et de nature à ramener sur terre le blogueur enivré par sa progression au classement Wikio...
Une question : Antoine Block, comme Lawrence Block (je recommande "8 millions de façons de mourir") ?
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"C'est curieux, Versac, comme le troll constitue pour vous — comme pour l'ensemble de la blogosphère hyperencéphalotrophiée dont vous êtes l'un des plus beaux représentants (ne voyez là aucune allusion perfide à la disgrâce physique que vous portez au front comme un embryon de corne, sauf le respect dû à Christie), ainsi que vos désormais inombrables sautes d'humeur et vexations l'ont amplement prouvé — l'objet de répulsion absolu et, parallèlement, semble provoquer chez vous une véritable fascination.
En fait, il est assez évident que le troll n'est que le reflet outré et fantasmatique de tout bon blogueur. Il est le parangon de la suffisance, de la rhétorique creuse, de la prétention littéraire la plus grotesque, des velléités journalistiques revendiquées sur le mode "C'est parce que je ne suis pas un journaliste que je fais du meilleur journalisme, les hémorroïdes bien au chaud au fond de mon fauteuil pivotant", du règne de l'arbitraire revendiqué comme la marque ultime de la liberté, des phrases à rallonge, de la schizophrénie (pour ne pas dire tout simplement l'hypocrisie) vis-à-vis de la publicité et de la marchandisation de l'information, du syndrome de Don Quichotte par lequel tout bon blogueur (en particulier estampillé "flatulent", pardon "influent") entend à lui seul et dans le même temps mettre fin au déficit de la sécurité sociale et à l'accointance coupable entre médias et milieux politico-affairistes, de la bobo-attitude la plus conventionnelle et la plus ringarde alors que lui-même est profondément convaincu de la portée révolutionnaire de ses analyses…
Ce n'est d'ailleurs là que la moindre de vos contradictions, la plus flagrante restant la "création" (pardon Picasso, pardon Hugo, pardon Boulez) dont vous êtes le plus fier : la République des Gogues. Outre l'ennui et la vacuité que révèle la passion d'aller pisser ses bières au Pavillon Baltard en ressassant moi-personnellement-je" devant une pauvre webcam basse déf de Seesmic, ne croyez-vous pas qu'il y a une profonde contradiction entre l'apologie hystérique de la communauté virtuelle que vous récitez en permanence comme ma grand-mère son catéchisme et la nécessité (à en croire l'obstination que vous y investissez) de rencontrer les autres blablateurs en chair et en os ? Vous retombez là dans les formules les plus éculées dont on pouvait espérer que le web nous débarrasse à tout jamais : le pot entre potes, le dîner des anciens de la promo, le verre de l'amitié et autres peu ragoûtantes agapes de retraités. Bientôt, vous aussi, vous commencerez à compter les chaises vides… (comment ? c'est déjà commencé ? pardon).
Bref, si par ce concours absurde vous révélez combien le troll est pour vous un objet de désir, peut-être est-ce parce que lui, le troll, persiste à prendre du plaisir, à où vous laissez percez, depuis quelques mois, une lassitude et un manque d'inspiration que vous ne prenez même plus la peine d'essayer de cacher, ainsi que vous le confessiez dans un billet récent.
Les grands, eux, savent se saborder avec panache avant que ce point soit atteint, mais je suis bien certain que, conformément à tous vos micro-engagements nombrilistes passés, vous vous obstinerez et vous enfoncerez dans le dur désir de durer, fut-ce au prix de tous les artifices, afin d'atteindre enfin au statut qui vous obsède, celui du plus jeune parmi les vieux, ou vice-versa.
Quant à vos commentateurs réguliers (je ne parle pas des lopettes puériles qui postent un commentaire pour la première fois aujourd'hui, à l'occasion de ce ridicule concours, sans contenu et sans enjeu), vous n'avez pas manqué de remarquer qu'ils commencent à se détourner de versac.net, à contester la pertinence de vos notulettes, et à découvrir enfin que, oui, le roi est nu.
Rédigé par: Antoine Block | le 01 juillet 2008 à 23:30
Finalement, le roi a refusé sa couronne...