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Vendredi 30 novembre 2007
Gérez votre  passage cancéreux...

Un titre qui m'a surpris, qui sonne vraiment américain, sur le titre de l'American Cancer Society. J'y faisais un tour suite à un article du New York Times relatant leur dernière campagne de sensibilisation. Il ne s'agit pas de prévenir tel ou tel cancer par des moyens techniques, mais de plaider pour une meilleure couverture sociale des américains.

cigarettes.jpg

Leur raisonnement est que ce n'est pas la peine de faire de la prévention si les gens ne vont pas chez le médecin, faute d'assurance, au moment où leur cancer pourrait être traité efficacement. Par exemple, une étude a montré que les malades d'un cancer du sein n'ayant pas d'assurance avaient deux fois plus de chances d'être diagnostiqués tardivement - et 16% des américains n'ont pas d'assurance santé.

Un autre article du NYT raconte comment meurt un charpentier de 45 ans faute de couverture médicale, donc de soins.

Je m'attarde un peu sur ça parce qu'on tape sur le modèle français, alors qu'il n'est pas si ringard et reste même en avance sur celui des Etats-Unis, sur les plans de la santé et des retraites. Je devrais dire qu'il était en avance car, lentement, sous la pression de la modernité européenne (la Commission vient de refuser un projet de définition positive des services publics, entre autres), on ronge ce qui avait été construit. Dernier exemple en date avec les franchises médicales, qui ne peuvent que contribuer à éloigner les malades des médecins.

Rassurons-nous, il reste assez d'argent pour supprimer l'impôt de bourse (260 M€/an, 5 000 à 10 000 postes de chercheur). Je crois que nous aurions besoin d'un cours de Managing your euro-Sarkozy experience...

Comme je suis taquin, je voulais mettre une photo de Martin Hirsch bisant Laurence Parisot à l'université du Medef, mais je ne la retrouve pas. Il sert de caution humanitaire à un gouvernement ouvertement réactionnaire...





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Vendredi 2 novembre 2007
Les va et vient privé-public me semblent bien plus pernicieux que les régimes spéciaux (pour le coup, parlons de régime spécial en effet, pour ce privilège qu'ont les fonctionnaires de pouvoir revenir dans le public après avoir raté dans le privé.)

J'avais noté, dans le cas particulier de Mme Van Lerberghe, jusqu'à quel point ces mouvements peuvent induire le soupçon sur les décisions publiques. Ce soupçon se double de perplexité quand je lis, deux ans après, une interview de la même dans le Nouvel Obs :

N. O. - La rigueur et la bonne gestion peuvent-elles rimer avec une médecine hospitalière de très grande qualité ?
R.-M. Van Lerberghe. - Bien sûr. La liaison est même indispensable. Que l'hôpital public coûte cher, c'est normal, puisqu'il reçoit toute la misère du monde. Avec le vieillissement de la population, le coût de plus en plus élevé des nouvelles technologies, nous allons devoir dépenser beaucoup, beaucoup d'argent. C'est un formidable défi ! Pourquoi ne pas faire appel au financement privé, ce qui suppose de rémunérer équitablement les actionnaires ?


Que veut-elle dire ? Le sait-elle elle-même, tant cette phrase est brumeuse. Qui parle ? La manager qui cherche à maximiser son profit ou la future fonctionnaire qui veut conserver une allure moderne ?

Si je comprends bien, après relecture attentive, il s'agit de privatiser l'hôpital public - pour soulager la misère du monde. Le premier qui pense cynisme a perdu.

Pour mémoire, Mme Van Lerberghe a fait du cabinet ministériel, chez Martine Aubry...






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Vendredi 18 mai 2007
Les déclinistes n'ont pas toujours tort de souligner les défauts du système français. Il reste que le modèle français en général - pour ce qu'il en reste - ne s'en sort pas si mal si l'on regarde l'index de développement humain mis au point  par les Nations Unies - voir ici.

La France figure en seizième position, pour cet indicateur, qui se veut un indicateur de bien-être allant au delà de la simple richesse matérielle. Sont ainsi pris en compte le PIB, le PIB par habitant, mais aussi l'espérance de vie à la naissance ou le niveau d'éducation.
Ce qu'il est intéressant de remarquer c'est que tous les autres grands pays européens, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont derrière nous. Ceci dit, non pour se vanter de quoi que ce soit, mais pour relativiser et les louanges adressées à Blair au moment de son départ ainsi que les interrogations sur le déclin français.

Sur la page qui donne les résultats détaillés pour près de 300 indicateurs secondaires, le taux de pauvreté au Royaume-Uni est  de 3% supérieur au taux français.


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Mercredi 6 décembre 2006
Bon, y'a pas que la défense des services publics dans la vie, il faut de temps en temps reconnaître à notre administration une certaine capacité à vouloir ennuyer le monde.

Témoin, cet exemple de contrôle fiscal extravagant, trouvé par hasard sur le site de l'IFRAP, un think-tank anti-étatique.

Le redressé a de l'humour !

Tant que vous serez sur le site de l'IFRAP, lisez un papier sur la composition du Comité pour la rééducation économique des français, c'est assez injuste (pour Piketty par exemple) mais pas trop mal écrit.

 
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Jeudi 30 novembre 2006

Le cochon du mois est un sénateur américain, ainsi désigné par une association de défense des contribuables contre le gaspillage d'argent public (Citizens Against Public Waste).
Les subventions à des programmes bidons, à visée électoraliste, s'appellent là bas des pork barrels, d'où ce titre.

Celui du mois ce novembre 2006, M. Thune donc, a obtenu un prêt de 2,3 milliards de dollars à une compagnie ferroviaire locale.

Je n'imagine pas l'équivalent en France, et, à dire vrai, je ne sais pas si c'est heureux ou pas.
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Jeudi 12 octobre 2006
Vous vous rappelez les gloussements sur l'inculture économique des français qui n'aiment pas le marché ?

Un beau sondage Louis Harris publié dans le Financial Times en juin dernier (Spate of foreign takeovers troubles Britons, poll finds, 19/6/2006) donnait pourtant des résultats surprenants.

A la question "Trouvez trop facile pour des sociétés étrangères de racheter des sociétés de votre pays ?", voilà les réponses données dans quatre pays européens :

Pourcentage de réponses Oui, c'est trop facile :

Royaume-Uni  68%
Allemagne  57%
France  52%
Italie  50%


Ah ben crotte alors ! Les anglais n'ont pas compris que la nationalité des entreprises n'importe plus, que l'Europe de l'énergie/construction/transport etc, se construit  tous les jours etc etc...

Et les français semblent bien moins inquiets que nos voisins (peut-être nos voisins sont-ils inquiets d'avoir été envahis par le défunt Jules de chez What's Next, premier du nom - il me manque, j'aimais bien son hémiplégie totale, talentueuse et ironique).

PS : ce billet était dans mes stocks depuis un moment. Surprise, Jules de What's Next est revenu hier soir, et en plus ils sont cinq maintenant ! Bon retour à eux !
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Samedi 7 octobre 2006
Via le blog excellent du canadien Dave Pollard, une liste des méfaits du surendettement américain.

D'abord un beau graphique, qui donne, en bleu, la croissance des faillites personnelles aux USA depuis la fin des années 60 (de 1 pour 1000 à 7 pour 1000 en quarante années), en jaune l'endettement lié aux crédits à la conso (cartes de crédit), en rouge le taux de faillites personnelles au Canada.



Quelques faits tirés d'un bouquin d'Elizabeth Warren, prof à Harvard, qui compare des données entre 1978 et aujourd'hui :

* 140 millions d'américains (70%) estiment que leur endettement rend leur vie difficile,
* avoir un enfant est l'indicateur le plus sûr qu'une femme se déclarera surendettée,
* une famille sur 7 qui ont des enfants passera en surendettement dans les dix ans,
* il y a plus d'américains qui se déclarent surendettés chaque année que d'américains qui auront une crise cardiaque, vont divorcer ou obtiendront un diplôme universitaire,
* la hausse du logement fait que la famille moyenne avec enfants et deux salaires est moins aisée financièrement qu'une famille moyenne avec enfants et un seul salaire l'était il y a une génération,
* les banques américaines pratiquent des taux d'intérêt à la consommation délirants (plus de 10% au dessus du taux auxquel elles empruntent ; 16% pour Citibank par exemple).

Entre 1978 et 2006, les familles américaines dépensent (après ajustement pour l'inflation) :

21% de moins en habits
22% de moins en nourriture
44% de moins en appareils domestiques divers

Pourtant, leur revenu a crû de 70%. Il est passé en :

Hausses de loyers (100% en moyenne, 600% dans les quartiers avec de bonnes écoles)
frais scolaires (inscription, garde des enfants) et frais médicaux ont tous augmenté de 100% à 500%.

90% des faillites personnelles sont dues à l'un de ces trois facteurs : divorce, perte d'un emploi, problème médical.


Un des facteurs d'explication est l'absence de taux de l'usure aux USA : les banques sont libres de prêter au taux voulu, sans limite supérieure (voir ici les taux maximum français).

L'autre facteur est que tout est payant, toutes les assurances sont privées, il y a très peu de services publics. Ergo, perdre son job c'est aussi perdre sa sécu, l'école des enfants etc, d'où recours au crédit, lequel se paie très cher.

Voilà comment on peut décrire un cercle vicieux, qui est bien l'envers du modèle social français, lequel ne mérite pas l'indignité dont on voudrait le frapper.

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Vendredi 6 octobre 2006
C'est un des enseignements d'un rapport présenté par plusieurs associations familiales.
Ce qui est neuf c'est que 88% de ces enfants sont dans une famille où l'un des parents travaille.
Ils ont aussi moins de soins, de visites médicales etc...
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Mercredi 4 octobre 2006
Cette philosophe politique, chargée de mission à l'Elysée, revient sur le sondage du Pew Center qui signale la réussite du modèle français d'intégration (malgré les efforts de NS pour faire flamber les banlieues ?), dans une interview au Figaro.
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Jeudi 10 août 2006
Embruns signale un sondage montrant clairement que l'intégration à la française ça marche.

extrait : "sur toutes les questions, ou presque, la population musulmane française se distingue des autres pays. On y lit clairement la fameuse intégration."

Ci-dessous en effet, c'est en France que les musulmans se sentent plutôt citoyens français avant d'être musulmans :

Le Capitaine conclut en exprimant des doutes sur le miracle de l'intégration britannique, il est sans doute irresponsable cet homme. Je ne sais pas ce que va faire Jules de What's Next, j'attends avec intérêt...
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Dimanche 6 août 2006
Un quart des jeunes britanniques souhaiteraient vivre ailleurs que chez eux, un chiffre multiplié par deux depuis 2003 nous apprend un article du Monde du 6 août.

Dans ce paradis du libéralisme contemporain, les jeunes regrettent tout ce qui résulte de la loi de la jungle au quotidien : la vie chère, les loyers qui augmentent, la mauvaise qualité des services publics (que des impôts en hausse n'ont pas commencé à enrayer visiblement).
A croire que le laisser faire de Blair et tout le talent de ses spin doctors conseillers en com', ne suffisent pas à démontrer au peuple britannique qu'il est heureux...

Qu'attendent les journaux qui ont fait leurs unes sur l'exil des français pour reprendre ce résultat ?


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Lundi 26 juin 2006
Le système de santé français premier de l'Union européenne, selon un institut de recherche sur la santé !

Dieu du ciel ! Et Jules de What's next qui venait juste de poster avec délectation un extrait de Claude Imbert cité par Giesbert :

"Il est une réalité que tous les somnifères, toutes les défausses détestables de la campagne ne peuvent dissimuler : La France ne va pas bien. Notre pays est l'homme malade de l'Europe. Et malade de la maladie de l'époque, entendez : malade dans sa tête. Malade, d'abord, des mensonges par ommission, malade d'ignorer la dégradation mesurable, patente, de sa puissance économique, malade de la clochardisation de son enseignement et de sa justice, malade de son vieillissement démographique, malade de ses dépenses sociales au point que l'accroissement récurrent des prélèvements obligatoires intervient chaque année comme le symptôme fatal d'une implacable paralysie."

Sont-ils inconscients ces suédois qui ont donc noté les systèmes de santé européens ? Ils doivent l'être (d'ailleurs une partie de leur site est en français).

Voilà pourtant ce qu'ils écrivent : "France emerges as the 2006 winner of the Euro Health Consumer Index, "with a technically efficient and generously providing healthcare system". France scores 576 out of 750 maximum points. 2005 years winner, the Netherlands, now takes the silver position, followed by Germany. Estonia and Slovakia gets the highest ranking in the category "value for money".

Ils ont relevé les points suivants :

- 4 pays sur 25 ont un répertoire des prestataires de soin (et un seul un système de notation)

- les 3/4 des pays ne peuvent soigner un cancer avant trois semaines

- 1/3 des pays offre un accès direct au spécialiste, idem pour le droit d'avoir un deuxième avis médical.

- 1 pays sur deux interdit l'accès au dossier médical
- 2 gouvernements sur trois retardent le lancement de nouveaux médicaments.


Comment donc tout n'irait pas si mal ? Ce serait dommage que Giesbert ait été dégoter un éditorial de Claude Imbert datant de 1988. Allons, on trouvera bien quelque nouvelle bien calamiteuse pour se flageller, c'est si bon !

Heureusement, la presse française ne reprendra rien de ce classement, sauf éventuellement pour en dire du mal. C'est si bon de se détester...


 

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Vendredi 2 juin 2006
Jour de flemme et de remords. Flemme d'écrire un truc consistant et remords de ne rien écrire. Je me contente de signaler une analyse intéressante sur éconoclaste. On y montre assez bien que la mobilité entre générations est plus faible aux USA qu'en Europe. pour le coup, même moi ça m'a étonné... dommage que les résultats n'aient pas été testés pour la France.
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Mercredi 31 mai 2006
Encore l'Atelier BNP Paribas pour une info épatante : Lenovo, ex division portables d'IBM rachetée donc par un groupe chinois, n'aura plus le droit de vendre aux administrations américaines.
Est-ce que vous imaginez la réaction américaine si la France interdisait l'installation d'ordinateurs et de programmes américains dans les administrations françaises ? Outre que ce serait certainement interdit par Bruxelles, que n'entendrait-on pas ?
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Samedi 20 mai 2006
Un bon billet sur Ceteris paribus, qui reprécise les données sur la fameuse fuite des cerveaux français. En fait le cerveau français est plutôt moins mobile que les autres, et il y a plus d'étudiants de l'OCDE en France que d'étudiants français à l'étranger.

L'occasion pour moi de rappeler les résultats tout frais d'une étude de KPMG (choix concurrentiels).

L'objectif est de mesurer les coûts de fonctionnement d'une entreprise dans différents pays : "Les coûts de démarrage et d'exploitation, après impôts, de douze types particuliers d'entreprises ont été comparés sur une période de 10 ans. Les résultats nationaux obtenus reposent sur les données combinées de villes comparables dans chaque pays et sont exprimés sous forme d'indice de référence par rapport aux résultats obtenus par les États-Unis. [...] . Plus de 2 000 cas uniques ont été examinés en se fondant sur plus de 30 000 points de données."

Résultat final... : "La France et les Pays-Bas ont les meilleurs résultats parmi les pays européens. Ces deux pays, qui ont des coûts pratiquement équivalents, offrent un avantage d'environ 4,4 % sur les États-Unis." Le Royaume-Uni n'a que 2% d'avantage par rapport aux USA.

Voilà voilà... Tout cela n'empêchera pas Ségolène de bramer qu'il faut plus de flexibilité, ni What's next de défaillir quand il pose un pied à Paris. Mais c'est quand même intéressant de constater que notre vieux pays pourri reste, par un miracle inexplicable, compétitif au sens le plus comptable du terme...




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Jeudi 18 mai 2006
Un article d'un journal irlandais relate que les irlandais et britanniques vont enfin pouvoir être soignés... en France. Et ceci grâce à une décision de la Cour de justice des communautés européennes.

En gros, après cet arrêt, il devient plus facile pour les victimes du blairisme et du financement insuffisant du National Health Service britannique de venir se faire soigner ailleurs (en l'occurence en... France)

La libre prestation de service est inviquée à l'appui de cette décision. J'y vois un hommage redoutable du vice à la vertu...

Hommage, car après tout démonstration est bien faite que si nous exportons nos jeunes à Londres qui sont contents de ne pas y payer d'impôts, les britanniques vieux sont bien contents de se faire soigner chez nous qui payons tant d'impôts (vous connaissez la cigale et la fourmi ?)...

Redoutable car enfin, si cette mécanique infernale devait durer, il  est évident que nous ne pourrions longtemps conserver une qualité des soins supérieure...
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Mardi 21 mars 2006

Noël 2005. Vacances aux Etats-Unis, New York. J'entre dans un magasin de vêtements sur la cinquième avenue, genre sport et chic : Abercrombie & Fitch. Musique assourdissante – mais excellente -, vendeurs et vendeuses blond(e)s et musclés. Des images aux murs, de jeunes, torses nus : une esthétique qui approche les images de paysans soviétiques des années 30. Remarque rapide : visiblement pas de membre d'une quelconque communauté ethnique.

Retour en France, coup d'oeil sur leur site : même esthétique fascisto-honcho.

 

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Décidant d'enquêter, je tape « A & F racism » sur un moteur de recherche de référence, qui renvoie à un site créé par les avocats des plaignants dans un procès contre A&F, pour discrimination raciale à l'embauche. Abercrombie vient de perdre et devra donc verser à l'ensemble des plaignants, regroupés dans une action collective (class action), 40 Millions de dollars !

Le détail des peines est, à lui tout seul, un reportage sur les Etats-Unis. Selon le jugement rendu en décembre 2005, Abercrombie devra, d'ici 2009 :

  • - fixer des objectifs de recrutement de « femmes, latinos, afro-américains et d'américains d'origine asiatique » ,

  • - cesser de cibler son recrutement sur des « fraternités ou sororités ». Pour le lecteur non averti, ce sont des clubs d'étudiants (un peu comme les corpos) extrêmement fermés, apparemment plutôt blancs comme publics (voir Wikipedia là dessus),

  • - les postes disponibles chez Abercrombie devront être annoncés dans des revues des minorités culturelles des deux genres,

  • - un poste de vice-président en charge de la diversité, rapportant directement au DG d'Abercrombie, sera créé. Il devra rendre compte de l'avancement de la société en matière de mixité à l'embauche,

  • - 25 postes de recruteurs devront être consacrés au recrutement de minorités,

  • - les autres recruteurs devront être formés à la réglementation sur la diversité à l'embauche,

  • - les managers devront être évalués sur leur capacité à diversifier le recrutement,

  • - les publicités pour Abercrombie devront inclure des membres de minorités raciales et de groupes ethniques.

Ce dernier point a été respecté à la lettre, avec sur le site d'A&F une rubrique spéciale "diversity and inclusion", qui comprend quelques membres présentables de minorités ethniques diverses, avec un noir encore moins noir que Michael Jackson ! Ou une asiatique heureusement protégée par un blond bien de chez nous :


Bon, un dernier détail marrant, le siège d'Abercrombie est dans l'Ohio, ce charmant état qui a permis à la planète de bénéficier quatre années de plus des services de George Bush junior. Avec les jolies photos de l'Ohio visibles sur le site, genre petite maison dans la prairie, on comprend mieux. Vu de là, l'Irak, l'Afghanistan...

Tout ça pour dire que certes, les USA sont un pays libéral. Mais ce jugement montre qu'on n'y fait pas n'importe quoi. On peut même le trouver liberticide. La visite du site montre qu'A&F a su jouer avec les requêtes du juge, et ma visite in situ m'a permis de constater que les membres des communautés ethniques, soit n'ont pas encore été recrutés, soit sont confinés au nettoyage le matin et à la logistique...

 

 

 

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Vendredi 27 janvier 2006
Un billet d'éconoclaste commente un article de Thomas Piketty et Emmanuel Saez. Ces deux auteurs montrent une différence colossale d'évolution entre les salaires des 0,1% revenus les plus élevés,  dans deux groupes de pays. Un groupe, au choix, inefficient, ou solidaire - France, Japon - et un groupe au choix efficient ou à injustice croissante - USA, Canada, Royaume-Uni.

Alexandre Delaigue en conclut qu'il faut creuser ce sujet. Il me permettra d'être plus lourdaud : j'y vois la preuve qu'il y a bien des modèles sociaux, des configurations institutionnelles propres à chaque pays, quoi qu'en disent les thuriféraires du one size fits all et autres il n'y a pas d'alternative. J'ajouterais même pour aggraver définitivement mon cas, qu'il est bien compréhensible que les 0,1% français n'aient qu'une envie : que la France rejoigne définitivement le cercle de la raison (et du pognon).

Regardez bien les deux graphiques, le modèle social français est dessus :


PS : pour relativiser le soi-disant succès du modèle britannique, on notera que le Royaume-Uni vient d'avouer ceci : un chiffre "est rarement mis en avant lorsqu'il s'agit d'examiner le marché de l'emploi britannique. Et [...] n'est pas pris en compte dans les statistiques internationales du chômage. 2,63 millions de Britanniques sont considérés comme malades ou handicapés (Incapacity Benefit), soit 7,4 % de la population active." (Libération, 26/1/06)

Vous ajoutez 5% de chômeurs, on obtient 12,4% de "chômeurs et handicapés".

En France, c'est 10% de chômeurs et environ 2,5% de titulaires de l'allocation adulte handicapés, soient 12,5% de "chômeurs et handicapés".

12,4% contre 12,5%, personne n'a de quoi crier victoire...
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