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Bibliothèque virtuelle

Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /Oct /2007 00:59
Il y a des livres qui m'ont marqué, que j'ai lus il y a longtemps, voire fort longtemps, et pour lesquels je ne saurais rédiger une fiche de lecture au format habituel.

Je vais pourtant essayer de les recenser rapidement pour en dire quelques lignes.

Elias Cannetti, Masse et puissance
Un grand livre. Je défie quiconque de rester indifférent à la lecture du chapitre "Le survivant". La mécanique psychologique et sociale y sont emmêlées de façon éclairante.

Thomas Mann, La montagne magique : les dialogues entre Naphta et Settembrini pour emporter la conviction du jeune Hans Castorp m'ont passionné - même si c'est le seul aspect du livre qui a ennuyé un lecteur pourtant très positif.

Un sac de billes
Mon premier livre "sérieux", lu à 8 ans, après pas mal de oui-oui, club des cinq et clan des sept, des tonnes de Picsou, de Pif Gadget et de bandes dessinées belges. L'escapade des frères Joffo à travers la France jusqu'à l'Italie est un témoignage à la fois poignant et optimiste. Si mon souvenir est exact, ils traversent cette période, dont on comprend qu'elle est injuste et cruelle, en rencontrant des lâches, des policiers, mais aussi pas mal de compréhension, de débrouillardise et d'humanité.

La nef et Sa majesté des mouches, de William Golding.
La Nef narre la folie douce d'un évêque constructeur de cathédrale. Sa majesté des mouches voit deux bandes d'enfants s'organiser. L'une est animée par un enfant organisateur, pacifique, rationnel, l'autre par un leader diviseur, qui soude son équipe en lui désignant des ennemis, internes et externes. Platement résumés, ces deux livres sont des anti-utopies dont je me souviens encore longtemps après.

Le Seigneur des anneaux
Pas grand chose à dire, tout le monde connaît. Autant je supporterais certainement et ai même envie de relire plusieurs des autres bouquins, autant je ne suis pas sûr pour celui-ci.

Le libéralisme économique, de Pierre Rosanvallon
L'un des premiers ouvrages de Rosanvallon. De mémoire, il y développe la thèse d'une grande proximité entre le socialisme et le capitalisme, deux idéologies du progrès par le développement de la production. Il y explicitait aussi un paradoxe important : on croit qu'un état fort crée des individus faibles, c'est l'inverse qui est vrai. Des institutions fortes sont à l'avantage des individus. Par rapport au souvenir que m'a laissé ce livre, j'ai l'impression que Rosanvallon a mis de l'eau dans son vin depuis...

Frederic II, de  Benoist Méchin
Lu à onze ans, ce livre m'a profondément marqué même si aujourd'hui je ne saurais pas dire grand chose sur Frédéric II. J'en retiens le souvenir d'un homme éclairé, rebelle, seul ; d'un enfant curieux de tout et qui, devenu roi, conserve une capacité d'étonnement, de créativité et une ouverture étonnantes.

Adam Smith: philosophie et économie, Jean Mathiot
Un très bon livre où l'on découvre qu'avant d'être économiste, Smith est un philosophe politique des Lumières, libéral qui définit sans problème un rôle positif à l'état.

Spinoza et la politique, Etienne Balibar
En France, Spinoza reste un philosophe connu pour sa métaphysique et sa philosophie athéiste. Dans les pays anglo-saxons, il est aussi connu pour être l'un des pères du libéralisme politique. Etienne Balibar s'attache à cet aspect de la pensée de Spinoza, celle qui pense des institutions politiques démocratiques.

La Peste et la Chute, de Camus. Deux très bon souvenirs, moins remplis du plaisir de la découverte que les autres, car découverts dans le cadre scolaire, mais excellents néanmoins. J'ai moins accroché à l'Etranger, dont la thématique de l'absurde cadre moins avec mon rationalisme.

Sartre, les mots et le mur.
Les nouvelles de Sartre, et spécialement, l'Enfance d'un chef, dans le Mur, sont à lire, sans ennui.

René Girard. Passionnantes lectures, de Mensonge romantique et vérité romanesque, Des choses cachées depuis la fondation du monde et la Violence et le Sacré. Des choses cacdhées est sans doute celui par lequel on peut commencer si on ne connait pas René Girard. C'est un livre d'entretiens, qui fait le tour de pas mal de problématiques de ce professeur, principalement comment on cherche toujours à se définir par rapport au regard de l'autre, et comment, ce faisant, on se plante.

Léon Chestov, Athènes ou Jérusalem. Ou comment le catholicisme en intégrant progressivement religion et science, affaiblit et foi et religion. Un très beau livre, profond.

Stefan Zweig, Erasme. Les biographies de Stefan Zweig sont souvent intéressantes, celle-ci est passionnante. On y découvre comment Erasme s'est désolé de la montée du protestantisme, tout en étant bien conscient des problèmes lourds de l'église catholique. De belles réflexions sur la fin du rêve d'une église universelle.


En écrivant, d'autres titres me reviennnent, Gatsby, de Fitzgerald ; Une prière pour Owen, de John Irving ; Chiens de la nuit, un polar de Kent Anderson ; la série des Fortune de France, de Robert Merle, le poignant Martin cet été, de Bernard Chambaz (la mort d'un fils de seize ans, racontée par son père), Un enfant sage, de Jean-Denis Bredin... J'en trouverais sans doute d'autres en cherchant, sans compter ceux que j'ai lus sans en garder de souvenir autre que leur titre et une vague impression, mais chaque fois que je repense aux livres que j'ai aimés, les titres ci-dessus reviennent immanquablement.

Je serais content de lire en commentaires, ou sur votre blog, votre liste à vous, amis lecteurs...














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