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Samedi 14 juillet 2007
L'un des arguments pour défendre l'Europe - genre désespéré - est d'estimer que de toute façon tout est pourri en France, et que donc en encourageant l'Europe on ne peut pas faire pire  (c'était l'idée de quelqu'un que j'aime bien pour le lire depuis longtemps, Michel Volle).

Il y a quand même des fois où l'on peut se demander si c'est vraiment mieux. Ainsi, sur le blog de Jean Quatremer, un Maragojipe défendait l'idée qu'il y a tellement de lobbyistes à Bruxelles que cela en devient démocratique.

Réponse d'un autre commentateur régulier de J4M, le très posé Walter Nepigo :

 

 

à Maragojipe :

"100.000 lobbyistes = démocratie"

Non, là-dessus je ne vous suis pas. Si l'ouverture de l'administration de l'Union est sans commune mesure avec la morgue dont fait état la française, je ne pense pas que toutes les voix se valent. Il doit y avoir au moins six ou sept (xdelcourt? :-)) fois plus de lobbyistes représentant des entreprises à Bruxelles que de représentants d'associations, d'ONG, de syndicats ou de collectivités locales : autrement dit les intérêts du secteur marchand sont six ou sept fois plus représentés que les intérêts du non-marchand auprès des institutions, et ça c'est un vrai problème (ou alors l'intérêt général ne veux plus rien dire d'autre que la guerre des intérêts particuliers, et on sait qui gagne à ce jeu-là). Comme disait l'autre, "entre le fort et le faible, la liberté opprime et la loi libère"...
un exemple : Rolf Linkhor, ex-MEP allemand et ex-conseiller spécial pour l'énergie auprès du Commissaire Piebalgs, a vu son contrat non-renouvelé après que l'on ait prouvé qu'il travaillait pour l'industrie nucléaire (qui pousse fort les feux en ce moment, agenda Kyoto oblige ils se sentent pousser des ailes...).
Un autre exemple : le Groupe de Travail de Haut Niveau sur la Compétitivité, l'énergie et l'Environnement, créé pour conseiller la Commission Européenne en matière de politiques énergétiques et environnementales, comptait, sur ses 18 membres externes, 12 personnes en provenance de l'industrie contre deux seulement venant d'organisations environnementales.
Et on pourrait multiplier les exemples, des gens comme Corporate Europe Observatory font un excellent travail de ce point de vue.

"aux moins ils ne financent pas les élus comme à Washington"

ça c'est justement la grande question... Je ne serais pas aussi catégorique que vous, cf. notamment l'exemple de l'intergroupe parlementaire "Ciel et Espace" dont le secrétariat est financé par l'ASD (Aerospace and Defence Industries Association of Europe), un cache-nez des industries d'armement qui milite pour la libéralisation des marchés spatiaux et d'armement. Où s'arrêtent les facilités offertes aux parlementaires membres du groupe? Mystère!

 

 

 

Bon, par la suite (il y a 130 commentaires au moment où je rédige ce billet, les courageux pourront essayer de suivre le fil ici) le débat continue.

J'aime beaucoup le cri du coeur de Walter Nepigo (l'intérêt général ne peut être la somme des intérêts particuliers, en gros), qui signe irrémédiablement un esprit perdu pour l'Europe, empreint d'une francitude philosophique déplorable.



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Vendredi 22 décembre 2006
Toujours via le canadien Dave Pollard, un autre blog intéressant. J'y tombe sur un billet bien fait qui plaide pour une simplification radicale (en matière de développement informatique).

Il prend comme exemple la quinzaine de méthodes différentes pour éteindre un ordinateur portable, qui pourraient, au fond, être ramenées à une seule, bien conçue. Ceci pourrait résoudre l'angoisse de l'utilisateur.

L'argumentation est intéressante, et je suis sûr qu'elle peut s'appliquer à plein de sujets, en marketing, en conduite de projets etc... (pour les relations sentimentales, à voir ?)

En y réfléchissant, le succès de la console WII, de Nintendo, est aussi lié à ça : pour jouer au tennis, prendre le manche dans les mains, et taper dans la balle... idem pour Google, ou d'autres projets recueillant le succès.
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Vendredi 15 décembre 2006
Un bon blog américain, trouvé via le canadien Dave Pollard. Je tombe sur un billet qui donne une méthode de décontraction... intéressante.

C'est simple : face à une contrariété, un casse-pieds, un contre-temps, s'arrêter une seconde et dire "Hmmmm. C'est intéressant" (rester peut-être en mode "voix intérieure", pour éviter de passer pour un demeuré ou de prendre un pain dans la figure).

D'après l'auteure, trois effets :

- ça ralentit un peu une réaction qui pourrait s'avérer trop rapide,
- ça aide à prendre du recul et à se détacher de la situation,
- ça introduit l'idée qu'il y a peut-être une solution à trouver.

C'est... intéressant, non ?

PS : le look du blog et les photos très fifties m'ont fait penser vaguement à Mélismes.
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Mardi 26 septembre 2006
C'est pas du catch mais c'est sérieux. Pour ceux qui s'en foutaient jusqu'ici, lire le résumé .

Sur le blog de laurent, j'ai laissé un commentaire que je recopie ici, ça fait toujours ça de contenu qui sera pas perdu (ça doit être un vieux fond catholique, ne pas dilapider le contenu riche en potentiel). J'y plaide que l'affaire Natacha QS n'est pas anecdotique :

"Il ne s'agit pas d'enc... de mouche du tout.

Ce qui est génial dans un blog est de pouvoir écrire librement et anonymement si on en a envie, et de doser exactement la part de soi que l'on a envie d'y mettre, tout comme ce que l'on a envie de révéler de sa vie privée.

Et on peut avoir envie d'aller voir en vrai des blogueurs qui ont la même envie, parce que justement c'est petit Paris (pour ceux qui y vivent), pourquoi pas rencontrer tranquillement des gens dont on apprécie la lecture ?

Mais si à ce moment là, précisément, n'importe qui peut vous brandir une webcam sous le nez et révéler ton identité à ton employeur qui te croyait pianiste dans un bordel et te découvre blogueur, merde !

Que Natacha QS, dont le seul mérite en la matière est d'avoir eu le culot et le nokia qui allaient bien à ce moment là, aille se faire voir.

Si elle veut du monde sur son blog elle n'a qu'à écrire des billets intelligents et pleins d'humour comme les miens et ceux du capitaine (si avec ça il ne fait pas un bon gros lien vers mon blog...)

bref, je comprends et soutiens laurent, sans quoi des gens comme koz, Cacambo, ceteris paribus et autres célèbres anonymes qui entendent bien le rester, se tairont, et il n'y aura plus que des natacha pour se videocaster le nombril..."


 

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Mercredi 20 septembre 2006
Intéressant débat entre Philippe Bilger et Maître Eolas. La question posée par Philippe Bilger est celle de savoir si un avocat peut, en tant que partie civile, plaider de façon à entraîner la condamnation à mort d'un prévenu, alors qu'il est opposé à la peine de mort. Bilger semble d'avis qu'il y a un point où les convictions intimes de l'avocat doivent l'amener à refuser de plaider contre elles.

Eolas répond, entre autres arguments, que la position de l'avocat peut, plus facilement, l'amener à plaider sur un terrain moral difficile, tout en sauvant ses valeurs.

Je ne prétends pas prendre partie. Il se trouve juste que figure dans ma bibliothèque un réquisitoire d'un avocat général demandant la mort, tout en étant bien près de s'y avouer opposé.

 Je le recopie ici avec un trackback chez les intéressés, ça m'évitera de le mettre deux fois en commentaires.

C'est à la fois un hommage à son auteur et un voyage dans un autre style :

"Il me reste à remplir un devoir douloureux. Les crimes commis par l'accusé Prado entraînent la peine de Mort. Puisqu'il n'est pas donné à la nature humaine de contempler la vérité éternelle, de posséder la certitude absolue, la loi, oeuvre des hommes, peut-elle décréter la mort, peine irréparable ? Question grave et troublante qui souvent envahit mon esprit, mais que ni vous, messieurs les Jurés, ni moi, ministère public, n'avons le droit de nous poser et de résoudre ici.

Nos sentiments intimes disparaissent absorbés dans la grandeur et la beauté du rôle que la loi nous confie, et je ne connais pas, pour ma part, de spectacle plus affligeant que celui qui serait donné par des magistrats retournant contre la loi l'autorité dont la loi elle-même les investit. Ministres de la loi, soyons durs et froids comme elle. La loi commande, obéissons.

Que la peine de mort soit ou non légitime, quel criminel l'encourut plus justement que l'accusé Prado ? Doué des facultés les plus brillantes, il les a tournées obstinément vers le mal. Intelligence d'élite, imagination de poète, caractère énergique, au lieu de s'élever à la contemplation du beau, de parcourir la voie du bien dont les accès s'ouvraient à lui si faciles, il a donné libre cours à ses indomptables passions.


Il a passé comme un fléau, portant le deuil, le déshonneur, la mort. Ah, quand on considère tant de dons et une telle perversité, une existence encore aussi courte et une aussi longue série de méfaits, on se surprend à douter que la Justice divine ait déposé dans toute conscience humaine la notion primordiale du bien. Mais non ! Comme chacun de nous, cet homme a eu son libre arbitre. La justice humaine a le droit de frapper. Non sans émotion, mais du moins sans faiblesse, puisque la loi ordonne, je requiers contre l'accusé Prado la peine capitale."

Louis Sarrut, Avocat général à la Cour d'assises de la Seine, 12 novembre 1888.

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Samedi 9 septembre 2006
J'avais commis un court billet sur la carte scolaire, il y en a un autre intéressant chez Optimum, avec des commentaires animés. Je ne suis pas d'accord avec le billet initial, mais il est bien écrit et le débat fait rage !
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Jeudi 7 septembre 2006
Un long débat chez Koz, qui regrette que certains tirent argument de leur ignorance. Je lis un vague dégoût de la démocratie et un élitisme subtil dans son discours, même si je partage son appréciation sur la démagogie ahurissante de Ségolène.
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Jeudi 31 août 2006
Parfois je me prends de passion pour un billet, et je suis prêt à laisser dix commentaires tant qu'il me reste un argument. Comme le coucou, je fais alors mon nid chez les autres. C'est dommage quand même tous ces beaux arguments qui se perdent pour mon blog ! J'inaugure donc un noue velle catégorie de ce blog, "chez les autres", qui renverra à ce qui se passe ailleurs, sur des billets aux  commentaires enflammés...

Je résume donc deux échanges récents.

L'un avec Cacambo (il a, comme Versac, repris un personnage de notre littérature classique pour trouver son pseudo - j'ai cherché, spontanément je pensais que c'était une variation autour de la rue Cambon, siège de la Cour des comptes...), sur le sujet de la mobilité des fonctionnaires.

En gros, contrairement à l'éloge de la mobilité public/privé repris par notre anonyme ami, je suis pour une mesure simple : les fonctionnaires qui vont dans le privé doivent démissonner, point. Il y a une vingtaine de commentaires sur son billet initial, et j'ai conclu en constatant qu'il y avait peu de différences entre un fonctionnaire qui veut conserver ses avantages acquis et un cheminot attaché à sa retraite (sauf que généralement c'est le premier qui traite le second d'immobile - ou de moule).

Au passage, en relisant les commentaires, je me suis rendu compte que j'avais parfois emmêlé les commentaires de Cacambo avec ceux de Boah, qui passait par là.

L'autre avec Diego Melchior, qui avait rédigé un billet assez sidérant sur (en gros) "la nation, une erreur historique"  (billet au passage chaudement recommandé par Dominique Reynié, l'homme pour qui nonisme = nazisme). J'ai un peu discuté avec Diego, fort civil, auquel j'ai essayé de faire valoir que c'était bien de projeter l'Europe pour tous, mais que la Nation avait pour elle quelques références. Il m'a renvoyé à 11 lignes (dans wikipedia, sur l'état "post-moderne") qui sont censées justifier l'angélisme des Reynié, Negri et autres Quatremer, pour lesquels le plus simple face au chahut des Nations est de supprimer les nations. Ca me fait irrésistiblement penser au Didi de Tintin, qui voulait lui couper la tête pour l'aider à trouver la voie. Au passage, on apprend comme de bien entendu que le modèle pour l'Europe est bien l'Empire (austro-hongrois pour Melchior, qui reconnait que le multiculturalisme local était assis sur un autoritarisme certain).

Voilà, deux échanges intéressants en tout cas, dont je ne voulais pas priver mes lecteurs !
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