La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Je ressors aujourd'hui cette note de lecture, publiée il y a trois ans.
Entendre parler du Goncourt doit donner envie de courir dans une librairie. Il serait dommage d'y acheter le Houellebecq. J'ai lu un ouvrage et demi de cet auteur mortellement complaisant et ennuyeux, ça m'a suffi. Dame Edgar, courageuse, en train de lire le dernier opus de ce maintenant goncouré, se demande à chaque page quelle sombre idée ont pu avoir les critiques qui ont encensé ce pensum. Quand on lit des articles expliquant que Houellebecq est un génie, on comprend que d'autres (les mêmes ?) puissent estimer que l'Union européenne est un projet démocratique enthousiasmant. Je referme la parenthèse et vous laisse avec cette bonne idée de lecture, le Truoc Nog, de Iegor Gran. Il y a aussi Au secours Houellebecq revient, qui s'impose.
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Je lis trop peu de romans, mais celui-ci m'avait attiré par son style acide (cf. les premières lignes reproduites ci-dessus, on trouve même les trois premières pages sur le site d'un éditeur de livres numériques). On suit pendant deux mois les affres d'un écrivain qui redoute
la croix du Goncourt, passeport vers l'oubli (les dix premiers lauréats : Nau, Frapié, Farrère, Leblond, Pergaud, Châteubriant, Tharaud, Savignon, Moselly, Elder, Miomandre, Benjamin... La liste
de ceux qui ne l'ont pas eu est aussi impressionnante - Camus, Aragon, Gide, Giono, Claudel)
Iegor Gran n'est pas dans la dénonciation, il ne s'agit pas de révéler le dessous des cartes. On devine bien quelques personnages réels derrière ceux que l'on rencontre, mais ce n'est pas
l'objet. C'est juste l'équivalent littéraire d'une vanité, avec beaucoup d'humour. En cette saison, à redécouvrir.