La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Incroyable ! Lisant comme d'habitude le blog de Jean Quatremer, je tombe sur une critique adressée à Michel Barnier, soupçonné d'euroscepticisme (horreur) car il ose mettre en doute les décomptes de la Commission européenne sur les prises de thon.
Je me dis que c'est comme d'habitude avec Quatremer, la Commission a toujours raison. Je ne vais pas faire un commentaire pour autant, je n'en fais quasiment plus chez J4M, nous avons épuisé nos arguments respectifs.
Stupeur à la lecture d'un commentaire signé Versac, qui exprime exactement ce qui m'a traversé l'esprit :
"En fait, Jean, ce qui me chiffonne, c'est que toi aussi, dans cette affaire, tu épouses un prisme terrible, qui adopte la dialectique européenne habituelle.
Grosso modo, on ne pourrait qu'être eurosceptique (donc contre la commission) ou eurobéat (donc pour la commission).
Le jour où des désaccords du type de celui de Barnier contre la commission sur l'affaire du thon rouge ne soulèveront pas ce genre d'analyses, et où on les acceptera, là, l'Europe aura gagné.
Parce que, quand un président de Région critique une loi, on ne dit pas de lui qu'il est franco-sceptique, mais on se met dans une analyse politique, où on parle du fond.
Barnier est ici dans son rôle, pleinement dans son rôle."
Bon, je n'écarte pas l'idée que le pape (ou sous-pape puisqu'il est derrière Embruns au classement Wikio) de la blogosphère soit étranger à ce commentaire, après tout n'importe qui peut signer un commentaire Versac.
Mais ce qui est écrit en tout cas est très juste : il y a une "dialectique européenne habituelle" qui consiste à revêtir tout ce qui vient de Bruxelles d'une appréciation positive, et à renvoyer toute critique en l'attribuant à un penchant Mélenchonien refoulé.
Bref, si même Versac se met à apprécier l'Europe en fonction de ses réalisations concrètes, la chose n'en a pas pour longtemps : on en aura vite fait le
tour.
mon titre est légèrement survendeur, j'en conviens. il est cependant à la hauteur de ma surprise en lisant des commentaires censés de ta part sur les politiques européennes. Bientôt tu vas critiquer la gestion des taux de la BCE...
Je suis persuadé que si quelqu'un fait froidement l'exercice de décompte des apports de l'Union européenne, sans chercher à compenser par "ce que l'Union pourrait faire si", il est en fort danger d'euroscepticisme.
la grande difficulté avec l'UE aujourd'hui c'est laisser le soufflé se dégonfler doucement, sans paniquer les foules (on a tellement fait croire que l'Union serait utile à quelque chose)
Bon, heureusement, il nous restera le concours de ceux, nombreux, à instrumentaliser l'europe à tant de si diverses fins. Au moins jusqu'aux prochaines européennes et certainement après.
Et tu rentres bien dans la deuxième catégorie. Pour ma part, que la commission fasse des conneries en émettant des règlements un peu cons ne remet pas en permanence le principe de l'UE en question. De la même manière que ça ne remet pas en question la logique d'un Etat français que d'avoir des députés faisant des lois débiles.