La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Un dernier lien avant pause : voir la vidéo d'Audrey Pulvar interrogeant courageusement Sarkozy sur sa politique industrielle d'expulsions de sans-papiers.
Bonne fin de semaine !
Je résiste donc, pour cela, à me proclamer alter-quoi que ce soit. Radical au sens de Pierre Mendès-France est déjà bien plus à gauche que pas mal de ce qui se dit de gauche aujourd'hui...
Tentons un bon mot : un capitaliste, c'est quelqu'un qui croit que tout ce qu'il ignore peut être modélisé par une distribution obéissant à une loi normale.
:-)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_Black-Scholes
Voir d'ailleurs la critique de Mandelbrot à ce sujet :
Je ne crois pas que les "alter" aient une idée précise de l'alternative, ni même prétendent en avoir un.
Sur le "radicalisme" de Mendes, je lisais récemment le bouquin de Boulbina sur le colonialisme qui démystifiaient la décolonisation à la Mendès. Pour le reste, n'importe quel politicien même de droite des années 50 était plus à gauche que l'extrême gauche actuelle. Rappelez vous qu ele programme de Laguiller à la dernière présidentielle était de porter l'impôt sur le revenu au niveau ... de ce qu'il était sous Giscard dans les années 1970 - et elle-même disait "ce n'est pas révolutionnaire puisque la droite autrefois le faisait"
Etre à gauche est juste un positionnement différentiel.
A mon humble avis, les alternatives sont connues, et classiques : le socialisme bureaucratique "par en haut", et le socialisme contractualiste "à la base" (avec différents panachages entre les deux).
Ce qui n'est pas connu, c'est une évaluation rationnelle et objective du potentiel de ces deux options
1) parce que ces options sont diabolisées par leurs adversaires, et donc non seulement les expériences tentées sur cette base sont caricaturées, mais même aujourd'hui les gens sont sommés de détester le mot-même qui les désigne, comme en 1810 il était de bon ton de haïr à mort le jacobinisme
2) parce que les rares esprits courageux qui s'en réclament le font souvent avec une certaine mauvaise foi dogmatique et idéaliste qui les condamne à un discours apologétique peu crédible
Beau courage de la journaliste en effet.
L'arrestation au faciès est un facteur de recrudescence du racisme et de nouvelles tensions dans notre pays, c'est indéniable.
Le plus kafkaïen dans tout cela est que moins de 10 % des arrêtés d'obligation de quitter le territoire français sont exécutés !
M. Sarrkozy vous dirant "mais comment voulez vous que je fasse pour réprimer l'immigration clandestine sans faire de l'arrestation au faciès ?"
Réponse qui soulignerait une fois de plus que ce n'est pas la politique de Sarko qui est en cause, mais le système néo-libéral (c'est à dire peut etre le capitalisme tout court) dans lequel nous vivons : un système qui à la fois a besoin des immigrés au gré de la demande du "marché" et a besoin de les réprimer pour préserver un semblant de souveraineté étatique et de cohésion sociale (alors que cette répression ne fait que nuire à l'image de l'Etat et entretenir le racisme)