La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses

Long entretien entre Henri Tincq, l'aumonier du Monde, et Henri Madelin, directeur de la revue jésuite Etudes.

Joie partagée entre les deux :

"HT : Présentes dès l'origine de la construction de l'Europe, les religions le sont encore auprès des instances de l'Union. Quelle est la légitimité de cette présence ?

HM : L'article 16 c du traité de Lisbonne leur ouvre des perspectives nouvelles :
"Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Eglises et leurs organisations." Cette reconnaissance peut surprendre des esprits chagrins. Mais des chrétiens, protestants ou catholiques, aujourd'hui des orthodoxes - depuis l'entrée de la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie - ont contribué dès l'origine au développement de la cause européenne et sont reconnus encore pour leur expertise, les valeurs qu'ils servent, les actions de solidarité qu'ils conduisent."

HM : "[...] L'Europe a beaucoup à apprendre des Américains, malgré leurs dérapages, sur la place primoridale de le religion et ses possibilités d'expression dans la vie publique."

Engageant...

HM : "une religion qui change selon les circonstances ne peut pas lutter contre l'islam".

Notez bien, l'islam, voilà l'ennemi, il ne s'agit même pas d'islamisme.

Bref. Pour résumer, l'Europe est un atout stratégique pour l'église catholique dans sa lutte contre l'islam.

Ceux qui ne veulent pas voir où cela nous mène ne verront pas.


Ven 25 jui 2008 9 commentaires
Etonné par les propos que vous citez, j'ai été lire l'interview en question. Je dois dire que votre citation hors contexte est parfaitement réductrice et ne rend pas justice, ni au propos du père Madelin, ni à la tonalité de l'article en général. Quand à votre conclusion, elle n'a tout simplement rien à voir avec les propos développés. J'invite les personnes intéressées à lire l'interview in extenso sur le site du monde.
Pythakos - le 25/07/2008 à 07h58
Je serais ravi de lire votre interprétation, si vous en avez une. Permettez moi de ne pas tirer de vos propos le moindre élément qui pourrait me consuire à changer la mienne.
Effectivement, les lecteurs jugeront (ils pourront ajouter à cette lecture l'article de Blair sur sa fondation pour les religions ou un truc approchant, ça donne un élément de contexte supplémentaire : le temps des croisades est de retour...)
edgar - le 26/07/2008 à 16h06
Il y a effectivement quelques petites malhonetetés intellecuelles de votre part dans votre manière de sortir ces citations du contexte.

Pour ma part, les deux points importants que je tire de cet entretien avec Henri Madelin (qui n'a rien d'un excité) sont les suivants : Il se réjouit de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en Occident, et explique que le Christianisme est en avance sur l'Islam (ce qui est totalement indéniable : connaissez vous par exemple, le sort réservés aux apostats dans la plupart des pays musulmans? peine de mort, rien que ça).
sav - le 28/07/2008 à 12h30
En pratique, combien d'apostats ont été condamnés à mort depuis dix ans et dans quels pays ?
Bert - le 28/07/2008 à 13h29
Merci Bert. Sav, ce serait petit bras que de se contenter de lire platement un entretien avec un jésuite... aucun besoin de solliciter ses positions à outrance pour conclure qu'effectivement l'Europe lui apparaît comme un levier dans une compétition avec l'Islam.
L'avance supposée du christianisme sur l'islam doit beaucoup faire rire à Bagdad.
edgar - le 12/08/2008 à 10h20
Egypte : En 2005, un récent converti au christianisme (Gasir Mohammed Mahmoud) fut interné dans un asile psychiatrique et ne dut sa liberté qu'aux pressions de la communauté internationale.

Soudan : Le 15 juillet 1998 Mekki Kuku est emprisonné à Khartoum et attend son jugement pour l'acte d'apostasie de l'islam vers le christianisme. Le Soudan condamne à mort ceux qui « abandonnent l'islam. »

En Arabie saoudite, l'apostasie est passible de la peine de mort par décapitation au sabre.

Maroc : Jamaâ Aït Bakrim (musulman devenu chrétien) a été condamné fin 2003 à quinze ans de prison pour prosélytisme (article 220 Code Pénal, entre six mois et trois ans) et pour destruction des biens d'autrui (article 581 CP, entre dix et vingt ans).

Iran :De tradition chiite, l'Iran punit de mort (ou d'emprisonnement à vie) l'apostasie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Apostasie_dans_l%27islam



sav - le 01/09/2008 à 10h39
Le Pape condamne l'emploi du préservatif : combien de morts du sida en Afrique ?

...
edgar - le 01/09/2008 à 11h51
Voici une belle idée reçue un poil simpliste : les morts du sida en Afrique sont dues au pape.

Figurez-vous que le pays ou la prévalence de la pandémie est la plus élevée est le Botswana, pays ou le nombre de catholiques est proche de zéro.

Je me rapelle il y a 10 ans, lors d'une mission humanitaire au Cameroun, avoir organisé des réunions de jeunes pour sensibiliser à propos de la maladie : j'ai fait le constat suivant : l'immense majorité des jeunes camerounais ne croyaient tout simplement pas à l'existence de la maladie; ils en rigolaient et beaucoup pensaient qu'il s'agissait d'une invention des blancs pour vendre des préservatifs ou d'un Syndrome Inventé pour Décourager l'Amour (sida).

Depuis les mentalités ont évolué, bien sûr, encore que... il y a à peine 3 ans, Thabo Mbeki, président sud africain, affirmait que pour soigner le sida, il suffisait de... manger de l'ail...

Alors l'influence de Ratzinger ou de son prédécesseur là dedans est tout au moins à nuancer fortement. Trouvez moi un seul jeune, si catho soit-il qui,  qui conscient des dangers qu'il court, n'utilisera pas de préservatif parce que le pape est contre...
D'autant qu'il s'agit d'un simple jugement de valeur sans aucune sanction : pas d'excomunication, rien.
sav - le 01/09/2008 à 18h29
Et l'impact de l'église si elle avait positivement défendu le préservatif au lieu de défendre une idéologie archaïque ?
edgar - le 01/09/2008 à 20h00