La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses
Un article bref dans le Canard Enchaîné hier matin...
Bruxelles a harmonisé les taux de pesticides et autres insecticides autorisés dans les fruits et légumes. Initialement, en 2005, les taux retenus devaient être les plus bas de tous les pays de l'Union. Quelques coups de lobbying plus tard, ce sont les plus hauts qui ont été retenus...
On pourra donc, selon le Canard, en France, manger des agrumes contenant 40 fois plus de Fénoxycarbe qu'avant. Malheureusement, on devra se contenter de dix fois plus de Cléthodime dans les tomates - un herbicide. Au rayon fongicide, on mangera à peine cinq fois plus de Cyprodynil dans le raisin de table, 2,5 fois dans les fraises, etc...
Voilà pourquoi l'Union européenne est néfaste :
1. grâce à elle, votre prochain enfant aura trois bras...
2. l'Union part de l'idée que la diversité des systèmes nationaux est néfaste. Ce serait vrai si le système offert par l'Union était plus performant (en gros, si l'histoire était finie et qu'un point de vue supérieur pouvait être tenu sur les affaires publiques). En réalité le système de décision européen est bien plus perméables aux lobbies que la plupart des systèmes nationaux qu'il prétend remplacer. D'où le remplacement de législations nationales parfois poussives et parfois excellentes par une réglementation toujours médiocre - avec en plus l'impossibilité de revenir en arrière compte tenu des processus de décision.
Il faudra donc sortir de ce carcan infernal. Quand la gauche s'éveillera...
Bruxelles a harmonisé les taux de pesticides et autres insecticides autorisés dans les fruits et légumes. Initialement, en 2005, les taux retenus devaient être les plus bas de tous les pays de l'Union. Quelques coups de lobbying plus tard, ce sont les plus hauts qui ont été retenus...
On pourra donc, selon le Canard, en France, manger des agrumes contenant 40 fois plus de Fénoxycarbe qu'avant. Malheureusement, on devra se contenter de dix fois plus de Cléthodime dans les tomates - un herbicide. Au rayon fongicide, on mangera à peine cinq fois plus de Cyprodynil dans le raisin de table, 2,5 fois dans les fraises, etc...
Voilà pourquoi l'Union européenne est néfaste :
1. grâce à elle, votre prochain enfant aura trois bras...
2. l'Union part de l'idée que la diversité des systèmes nationaux est néfaste. Ce serait vrai si le système offert par l'Union était plus performant (en gros, si l'histoire était finie et qu'un point de vue supérieur pouvait être tenu sur les affaires publiques). En réalité le système de décision européen est bien plus perméables aux lobbies que la plupart des systèmes nationaux qu'il prétend remplacer. D'où le remplacement de législations nationales parfois poussives et parfois excellentes par une réglementation toujours médiocre - avec en plus l'impossibilité de revenir en arrière compte tenu des processus de décision.
Il faudra donc sortir de ce carcan infernal. Quand la gauche s'éveillera...
Jeu 4 sep 2008
20 commentaires
le fait est que la réglementation européenne en la matière est pire que la réglementation nationale antérieure.
Il suffit d'un peu de curiosité pour s'apercevoir (sur corporate europe, chez laurent guerby, sur la technique et la peur...) que le processus de décision est sans doute plus perméable aux intérêts privés en tout cas que ne l'est l'administartion française en général.
Mais on peut toujours attendre que les choses s'améliorent...
Il suffit d'un peu de curiosité pour s'apercevoir (sur corporate europe, chez laurent guerby, sur la technique et la peur...) que le processus de décision est sans doute plus perméable aux intérêts privés en tout cas que ne l'est l'administartion française en général.
Mais on peut toujours attendre que les choses s'améliorent...
edgar - le 04/09/2008 à 13h15
Mais tu sais bien, Edgar : toutes ces insuffisances de l'Europe actuelle rendent nécessaire un nouveau "supplément" d'Europe...
Une cuillère pour Papa Delors, une autre pour tonton Prodi...
(je tiens à signaler la réapparition de Diego Melchior ; dans une de ces analyses au scalpel que nous lui connaissons, il revient (!!!) sur la nécessité de plus d'Europe, nécessité que la Gauche doit accepter...etc etc etc)
Une cuillère pour Papa Delors, une autre pour tonton Prodi...
(je tiens à signaler la réapparition de Diego Melchior ; dans une de ces analyses au scalpel que nous lui connaissons, il revient (!!!) sur la nécessité de plus d'Europe, nécessité que la Gauche doit accepter...etc etc etc)
olyvier - le 04/09/2008 à 14h30
Les grands groupes chimiques européens ont été mis au pas par la directive Reach. L'Europe impose aux automobiles des normes de pollution de plus en plus contraignantes (Euro 1, 2, 3, 4, 5). Les constructeurs d'automobiles trop émetrices de CO2 seront bientôt mis à l'amende (les lobbies tentent de repousser le délai, espérons qu'ils n'y arriveront pas).
L'Union européenne est la région du monde la plus contraignante en matière environnementale. Il y a encore énormément de chemin à faire, mais les avancées sont indéniables.
Alors ce taux de pesticides autorisé constitue en effet un recul scandaleux par rapport à la situation qui prévalait précédement en France. Mais dans de nombreux autres, domaines, l'UE a eu une influence positive sur les normes environnementales françaises : pollution des rivières, taux de nitrates en Bretagne...
L'Union européenne est la région du monde la plus contraignante en matière environnementale. Il y a encore énormément de chemin à faire, mais les avancées sont indéniables.
Alors ce taux de pesticides autorisé constitue en effet un recul scandaleux par rapport à la situation qui prévalait précédement en France. Mais dans de nombreux autres, domaines, l'UE a eu une influence positive sur les normes environnementales françaises : pollution des rivières, taux de nitrates en Bretagne...
sav - le 04/09/2008 à 15h36
Oui, en ce qui concerne l'administration française, c'est possible, mais qu'en est-il des autres pays, moins bien dotés que le nôtre ? Ils n'ont qu'à se débrouiller ?
Outre le problème éthique (oups ! un gros mot !) que cela pose, laisser la situation se dégrader à nos frontières n'est pas une solution durable. Tôt ou tard, les avancées du lobby pharmaco-sanitaro-militaro-industriel mettront une telle pression que la France — malgré sa grandeur — ne sera pas en mesure de résister, seule contre le reste du monde.
Plus d'Europe ? Disons, mieux d'Europe. En tout cas, pas moins, car qu'on le veuille ou non, sortir de l'Europe n'est ni réaliste ni même souhaitable.
Si je peux faire un parallèle, c'est un peu comme si vous me disiez que le TPI est partial et imparfait, et que par conséquence, il vaudrait mieux le supprimer. Pour ma part, je préfère croire que les institutions imparfaites doivent être réformées et améliorées.
Outre le problème éthique (oups ! un gros mot !) que cela pose, laisser la situation se dégrader à nos frontières n'est pas une solution durable. Tôt ou tard, les avancées du lobby pharmaco-sanitaro-militaro-industriel mettront une telle pression que la France — malgré sa grandeur — ne sera pas en mesure de résister, seule contre le reste du monde.
Plus d'Europe ? Disons, mieux d'Europe. En tout cas, pas moins, car qu'on le veuille ou non, sortir de l'Europe n'est ni réaliste ni même souhaitable.
Si je peux faire un parallèle, c'est un peu comme si vous me disiez que le TPI est partial et imparfait, et que par conséquence, il vaudrait mieux le supprimer. Pour ma part, je préfère croire que les institutions imparfaites doivent être réformées et améliorées.
Antoine Block - le 04/09/2008 à 15h43
Sav, sur Reach, jugement à la fois pondéré et très sceptique ici : http://www.eauxglacees.com/Reglement-REACH-progres-ou-recul
Antoine, "qu'on le veuille ou non, sortir de l'Europe n'est ni réaliste ni même souhaitable." C'est votre avis, et votre conclusion. J'ai l'avis inverse. Je pense que vous l'avez compris :-)
J'ai tendance à me croire réaliste. Et je croisque depuis une cinquantaine d'années a fait la preuve de son incapacité à se réformer. Et personne ne peut me convaincre qu'il est bon que mes enfants s'empoisonnent en mangeant des pommes, parce que ce sera beaucoup mieux quand l'Union européenne aura amélioré son mode de fonctionnement...
Une institution plus mauvaise que celles qu'elle prétend remplacer doit être supprimée, oui. C'est l'évidence. Vous êtes pour tout conserver ? Pas moi.
Antoine, "qu'on le veuille ou non, sortir de l'Europe n'est ni réaliste ni même souhaitable." C'est votre avis, et votre conclusion. J'ai l'avis inverse. Je pense que vous l'avez compris :-)
J'ai tendance à me croire réaliste. Et je croisque depuis une cinquantaine d'années a fait la preuve de son incapacité à se réformer. Et personne ne peut me convaincre qu'il est bon que mes enfants s'empoisonnent en mangeant des pommes, parce que ce sera beaucoup mieux quand l'Union européenne aura amélioré son mode de fonctionnement...
Une institution plus mauvaise que celles qu'elle prétend remplacer doit être supprimée, oui. C'est l'évidence. Vous êtes pour tout conserver ? Pas moi.
edgar - le 04/09/2008 à 15h59
Ce n'est pas la première fois que vous déclarez : "personne ne peut me convaincre…" Dans ce cas, effectivement, le dialogue tourne court. Quoi qu'il arrive et quoi qu'on puisse vous dire, vous resterez sur vos positions. Mais cela s'apparente alors davantage à un credo dogmatique qu'à un avis raisonnable.
Vous estimez encore qu' "une institution plus mauvaise que celles qu'elle prétend remplacer doit être supprimée". Tout dépend : plus mauvaise pour qui et pour quoi ? L'Europe a-t-elle été une si mauvaise institution pour l'Espagne, pour l'Italie, pour l'Irlande, pour les pays de l'Est ? Bien sûr, on peut toujours dire : au diable les autres, seul importe mon confort personnel. Mais ce n'est pas ma conception de la vie ni de la politique (ce serait plus celle des isolationnistes, souverainistes et autres préférences nationales, tendance FN).
Ensuite : mauvaise pour quoi ? Les objections de Sav me semblent pleine de justesse. Oui, l'Europe apporte des régressions sur certains points (je suis moi-même noniste !), mais aussi des progrès sur beaucoup d'autres.
Supprime-t-on les tribunaux parce que la justice est imparfaite ? Les entreprises parce qu'elles sont pour la plupart inhumaines et ne recherchent que leur profit ? Les hôpitaux parce qu'ils ne sont pas fichus de guérir tous les malades ? etc.
Le raisonnement me paraît curieux.
Vous estimez encore qu' "une institution plus mauvaise que celles qu'elle prétend remplacer doit être supprimée". Tout dépend : plus mauvaise pour qui et pour quoi ? L'Europe a-t-elle été une si mauvaise institution pour l'Espagne, pour l'Italie, pour l'Irlande, pour les pays de l'Est ? Bien sûr, on peut toujours dire : au diable les autres, seul importe mon confort personnel. Mais ce n'est pas ma conception de la vie ni de la politique (ce serait plus celle des isolationnistes, souverainistes et autres préférences nationales, tendance FN).
Ensuite : mauvaise pour quoi ? Les objections de Sav me semblent pleine de justesse. Oui, l'Europe apporte des régressions sur certains points (je suis moi-même noniste !), mais aussi des progrès sur beaucoup d'autres.
Supprime-t-on les tribunaux parce que la justice est imparfaite ? Les entreprises parce qu'elles sont pour la plupart inhumaines et ne recherchent que leur profit ? Les hôpitaux parce qu'ils ne sont pas fichus de guérir tous les malades ? etc.
Le raisonnement me paraît curieux.
Antoine Block - le 04/09/2008 à 16h17
sauf que, sur les pesticides, ce sont les seuils les plus hauts qui ont été retenus : donc personne n'y gagne.
dans d'autres domaines, oui, les nouveaux entrants bénéficient d'une sorte de free lunch : ce sont les subvention des uns qui financent les autoroutes des autres. En ce qui me concerne, j'estime que les subventions françaises seraient mieux employées en afrique du nord et francophone plutôt qu'en lettonie. Cela peut vous apparaître comme souverainiste. Je me suis aussi trouvé sur la place de Taormina, entre deux boutiques de luxe, devant un panneau annonçant que les pavés étaient dûs à un financement FEDER.
Et sur le fait que globalement l'Europe serait altruiste, je demande à voir. Je n'en vois pas les avantages, ni pour la France, ni pour d'autres pays. Si ça sert aux pays d'europe de l'est à narguer la russie pour créer une nouvelle guerre demain, qui gagne quoi ?
et, en matière de démocratie, il y a des degrés dans la perfection. A partir d'un certain degré, une démocratie trop imparfaite devient une tyrannie. Sur ce point, je laisserai la conclusion à Laurent Guerby, un bon blogueur : La commission européenne a le monopole de l'initiative législative européenne : un cas unique dans le monde 27 personnes seulement qui proposent des lois qui s'appliquent à 500 millions de citoyens avec un processus parlementaire atrophié (pour ne pas dire inexistant, une seule directive rejetée dans toute l'histoire) c'est plus simple, non ?
dans d'autres domaines, oui, les nouveaux entrants bénéficient d'une sorte de free lunch : ce sont les subvention des uns qui financent les autoroutes des autres. En ce qui me concerne, j'estime que les subventions françaises seraient mieux employées en afrique du nord et francophone plutôt qu'en lettonie. Cela peut vous apparaître comme souverainiste. Je me suis aussi trouvé sur la place de Taormina, entre deux boutiques de luxe, devant un panneau annonçant que les pavés étaient dûs à un financement FEDER.
Et sur le fait que globalement l'Europe serait altruiste, je demande à voir. Je n'en vois pas les avantages, ni pour la France, ni pour d'autres pays. Si ça sert aux pays d'europe de l'est à narguer la russie pour créer une nouvelle guerre demain, qui gagne quoi ?
et, en matière de démocratie, il y a des degrés dans la perfection. A partir d'un certain degré, une démocratie trop imparfaite devient une tyrannie. Sur ce point, je laisserai la conclusion à Laurent Guerby, un bon blogueur : La commission européenne a le monopole de l'initiative législative européenne : un cas unique dans le monde 27 personnes seulement qui proposent des lois qui s'appliquent à 500 millions de citoyens avec un processus parlementaire atrophié (pour ne pas dire inexistant, une seule directive rejetée dans toute l'histoire) c'est plus simple, non ?
Le comportement de la commission européenne est tout simplement extraordinaire : il est difficile de trouver un fossoyeur plus efficace de l'Europe politique et citoyenne.
Donc oui, sortir de cela, parce que ni l'Union européenne ni les USA ne sont la fin de l'histoire.
edgar - le 04/09/2008 à 16h43
disons : jusqu'ici, personne ne m'a convaincu
:-)
:-)
edgar - le 04/09/2008 à 16h44
Antoine,
J'avais aussi trouvé le "personne ne me convaincra..." peu engageant, sauf à penser à ces lutteurs de foire, bravaches et moustachus, qui lancent à la foule un "à qui le tour?" - en général, il y a toujours un autre brave pour prolonger la soirée...
Imaginaire cinéma mis à part... je me permets de vous répondre sur un point : l'idée que la question européenne serait "raisonnable".
Je sais, y compris ici, que je suis à peu près le seul à avoir ce point de vue. Il m'a valu quelques épaules haussées, mais je vous le livre tout de même.
L'idée qu'une question éthique, politique, nationale, puisse être (ou non) raisonnable, me semble une idée totalement anti-démocratique, et même, quand on y songe, un début de totalitarisme.
Ce que je reproche au OUI c'est de transformer une espérance légitime en opinion seule autorisée, et de faire de son axyomatique, non pas seulement un pré-supposé, mais aussi, et même surtout, l'aboutissement d'un raisonnement.
Au commencement, il fallait plus d'Europe. En conclusion, il faut plus d'Europe... et tout personne qui ne partirait pas d'un même présupposé, et ne parviendrais pas à la même conclusion serait soit inintelligente, soit de de mauvaise foi (expression savoureuse).
C'est ce que j'avais essayé de d'écrire ici à un autre OUIste :
je ne lui donnais pas tort de croire que l'Europe ceci, cela,
je demandais seulement qu'il nous autorise à lire tous les démentis que le réel oppose à sa foi, et de ne pas répondre, face au miracle qui ne se produit pas, que nous serions, nous les sceptiques, des aveugles, des sourds, des handicapés de la chose publique.
Il me semble qu'Edgar s'autorise à lire à haute voix les démentis du réel. Je partage sa "mauvaise" foi.
J'avais aussi trouvé le "personne ne me convaincra..." peu engageant, sauf à penser à ces lutteurs de foire, bravaches et moustachus, qui lancent à la foule un "à qui le tour?" - en général, il y a toujours un autre brave pour prolonger la soirée...
Imaginaire cinéma mis à part... je me permets de vous répondre sur un point : l'idée que la question européenne serait "raisonnable".
Je sais, y compris ici, que je suis à peu près le seul à avoir ce point de vue. Il m'a valu quelques épaules haussées, mais je vous le livre tout de même.
L'idée qu'une question éthique, politique, nationale, puisse être (ou non) raisonnable, me semble une idée totalement anti-démocratique, et même, quand on y songe, un début de totalitarisme.
Ce que je reproche au OUI c'est de transformer une espérance légitime en opinion seule autorisée, et de faire de son axyomatique, non pas seulement un pré-supposé, mais aussi, et même surtout, l'aboutissement d'un raisonnement.
Au commencement, il fallait plus d'Europe. En conclusion, il faut plus d'Europe... et tout personne qui ne partirait pas d'un même présupposé, et ne parviendrais pas à la même conclusion serait soit inintelligente, soit de de mauvaise foi (expression savoureuse).
C'est ce que j'avais essayé de d'écrire ici à un autre OUIste :
je ne lui donnais pas tort de croire que l'Europe ceci, cela,
je demandais seulement qu'il nous autorise à lire tous les démentis que le réel oppose à sa foi, et de ne pas répondre, face au miracle qui ne se produit pas, que nous serions, nous les sceptiques, des aveugles, des sourds, des handicapés de la chose publique.
Il me semble qu'Edgar s'autorise à lire à haute voix les démentis du réel. Je partage sa "mauvaise" foi.
olyvier - le 04/09/2008 à 17h33
En particulier, rien ne permet d'affirmer que "le système de décision européen est bien plus perméables aux lobbies que la plupart des systèmes nationaux". Les lobbies en question sont d'autant plus puissants qu'ils ne se limitent pas à un fabriquant national mais fédèrent de grandes marques multinationales qui ont globalisé leur stratégie. Il me semble que, pour espérer être en mesure de résister à ces stratégies, les Etats n'ont aucun intérêt à jouer la division et le chacun pour soi.
L'UE est une chance de construire une entité politique assez puissante pour être en mesure de tenir tête aux lobbies privés. Qu'elle n'y parvienne encore qu'imparfaitement est une chose, mais dire qu'elle est vouée à l'impuissance par nature en est une autre.