La lettre volée, politique, lectures, Europe et humeurs diverses

L'affaire géorgienne a fait monter les débats autour d'une défense européenne.

Une tribune dans le Monde (Rénover le dialogue transatlantique), en juin 2008, éclaire les contours de ce que serait une défense "européenne".

Elle est signée de Luis Amado, Bernard Kouchner et Miguel Moratinos, trois ministres "socialistes" ou ex-socialistes, qui appellent à une "rénovation" du dialogue transatlantique.

Leur point consacré à la défense est une véritable offre de service adressée aux Etats-Unis :

"Construire un véritable pilier européen de sécurité et de défense. Une politique européenne de sécurité et de défense plus robuste est dans l'intérêt aussi bien de l'Union que des Etats-Unis dans le cadre du système de sécurité et de défense atlantique. Une défense européenne est indispensable à une alliance efficace, et les Américains eux-mêmes nous encouragent dans cette voie. Les Européens devront assurer toute leur part dans la responsabilité globale de maintien de la sécurité et de la stabilité internationales. A condition qu'ils acceptent d'en payer le prix."

Il ne faut pas se leurrer : il n'y aura jamais de défense européenne. Il n'y aurait qu'un pilier européen de la défense atlantique. Le pilier sera européen, le temple restera américain.


Sam 6 sep 2008 3 commentaires
Reste à considérer un détail, déjà compris par les opposants tchadiens : même dépourvue de tout autre moyen d'action que les sophismes de Kouchner, la présence de l'Europe sur la scène internationale sera assurée dans le cadre de Lisbonne tant que le "Président de l'Europe" comme on aime à dire dans la France d'après que le Ministre des Affaires Etrangères de l'Union (ou titre appochant).

Ainsi, en cas de prévisible boulette diplomatique, c'est en direction de l'ensemble de l'Union que se feront les menaces ou sanctions, comme ce fût déjà le cas au Tchad suite au déterminant soutien logistique apporté par l'armée française aux forces loyalistes.

En France, on s'en cogne un peu étant donné la distance qui nous sépare du premier pays non-euopéen sanguin. Mais en Europe,... j'imagine la tronche des débats européens lorsque, par exemple, la Turquie, nouvelle alliée de la Russie, acceptera l'installation de bases militaires russes sur le Bosphore...

Une défense européenne, c'est avant tout une armée, pour rouler des mécaniques par exemple : vingt sept nationalités, trente langues de travail des armées, qui pourrait croire une seule seconde qu'on parviendra à faire quoi que ce soit d'autre, sur le terrain, que se ridiculer ?
Gus - le 08/09/2008 à 18h04
Oui mais on a l'habitude, donc ça n'est pas trop grave.
edgar - le 08/09/2008 à 18h37
Des jacasseries, oui, des vrais pruneaux dans la gueule, moins.

Les nombreux appellés français qui passèrent par la Tchéco à l'époque et ont donc entre 35 et 45 ans aujourd'hui s'en souviennent.
Gus - le 08/09/2008 à 19h40